Chapitre 15

Chapitre 15


- Est-ce que tu veux que je m'en aille? Demande-t-elle.
- J'ai aussi des choses à dire, indique-t-il.


- Ok, acquiesce-t-elle la gorge serrée.


- Avant de te rencontrer, commence-t-il, j'étais quelqu'un de tout à fait banal, sans grand intérêt. Monsieur tout le monde, quoi. Et puis... le jour où on s'est rencontrés, lorsque je suis venu te dépanner, quand ta voiture était en rade... j'ai eu l'impression de renaître. Sincèrement.


- Nous avons vécu sept superbes années d'amitié, même si j'étais amoureux de toi, depuis que j'avais posé mon regard sur toi la première fois que je t'ai vu, explique-t-il. Bien sûr, il y a eu la période où je t'ai enfin avoué mes sentiments, qu'à cette époque-là, tu étais avec James, et tu m'avais dit ne pas être amoureuse de moi. Mais que lorsque tu es revenue de BridgePort, et que tu es venue me trouver chez moi, pour me dire, pour la première fois, que toi aussi tu m'aimais, ça a été l'un des plus beaux et magiques moments de toute ma vie.


- Nous sommes devenus un couple, poursuit-il. Nous avons eu Valérie, nous nous sommes mariés, et notre vie était une série d'aventures et de merveilleux moments. Et il a fallu que tout bascule, parce que tu n'as pas parlé de ce qui te tourmentait. Parce que tu m'as caché des choses importantes, et parce que tu as osé me tromper, alors que tu ne donnais absolument aucune nouvelle et que j'étais fou d'inquiétude pour toi. Dans toute ma vie, je ne me suis jamais autant senti trahi et blessé.


- Aujourd'hui, je ne sais pas si je serais en mesure de reprendre confiance en toi, et d'accepter qu'un jour, peut-être, il y ait un risque que tu partes retrouver ton ex en cachette, pour me tromper, ou un autre homme que tu auras rencontré. Je trouve horrible de me poser des questions comme celle-là, parce que si tout cela n'était pas arrivé, que tu m'avais parlé, jamais je n'aurais douté de toi, lâche-t-il.


- Je n'aurais pas assez du reste de ma vie pour me faire pardonner, je le sais, appuie-t-elle au bord des larmes. Mais c'est fait, et je suis obligée d'assumer ce que j'ai provoqué, ajoute-t-elle avant de se lever et de sortir dans le jardin.

Après quelques courtes minutes, Vincent se lève et sort à son tour. Il voit Marianne qui est au fond du terrain...

… et il la rejoint.


- Je n'ai pas fini ce que j'avais à dire, relance-t-il.


- Finalement, rétorque-t-elle en se retournant et en baissant la tête, à quoi bon? Je n'ai fait que te faire du mal, j'ai tout gâché entre nous, et...


- Mais je t'aime, l'interrompt-il, et je t'aimerai jusqu'à mon dernier soupir. Marianne, tu es le grand amour de ma vie, et je suis incapable de vivre sans toi. Tu représentes tellement à mes yeux, qu'aucun mot n'a été inventé pour le décrire réellement. J'avais besoin de toi avant, mais ce n'est rien comparé au besoin de t'avoir auprès de moi aujourd'hui, et le reste de ma vie. Alors, je ne peux pas prédire l'avenir, et te dire avec certitude que tout ira bien, que j'oublierai le passé, et qu'on passera facilement à autre chose. Mais si tu le veux, on pourrait tenter de se reconstruire et de reprendre le cours de nos vies.


- Je ne le mérite pas. Tu es trop exceptionnel pour moi, rétorque-t-elle.


- Et tu es trop exceptionnellement merveilleuse pour moi, appuie-t-il. Maintenant, c'est à toi de voir. Je suis prêt à te garder à mes côtés, à traverser les épreuves, et à tout faire pour te rendre heureuse.


- Je n'en vaux pas la peine, lâche-t-elle tristement.
- Arrête, réclame-t-il. Je suis prêt à tout reconstruire avec toi. Un nouveau départ pourrait nous aider. Mais tout dépend si tu en as envie, et... si tu m'aimes encore.


- Oh, bien sûr que je t'aime encore! S'exclame-t-elle en l'enlaçant.


- Je suis incapable d'aimer qui que ce soit d'autre, ajoute-t-elle en le serrant fort.


- Par contre, relance-t-il en se détachant un peu d'elle, soyons bien d'accord. Plus aucun mensonge, plus aucune cachotterie, et quand quelque chose ne va pas, même si c'est un simple détail, on en parle avant de risquer que ça empire.


- Je te le promets, assure-t-elle avant de l'embrasser.

Peu après, et main dans la main, le couple retourne à l'intérieur, avec Polo qui les suit.

- Tu veux qu'on appelle Christine, pour qu'elle nous ramène la petite? Propose-t-elle. Ou tu veux qu'on aille la chercher nous-même?
- En fait... je lui ai demandé de la garder jusqu'à demain, indique-t-il. Maintenant que nous sommes bien ensemble, et que tout va bien, je voudrais pouvoir profiter à fond de nos retrouvailles. Qu'en penses-tu?
- Aucune objection, répond-elle en souriant.

En début de soirée...

… le couple, à nouveau réuni, prépare le repas en discutant tranquillement.

Puis, ils passent à table, éclairés à la bougie et avec une petite musique d'ambiance.


- Chéri, relance-t-elle en posant sa main sur celle de son mari, je voudrais te dire... que... je te remercie de me donner une chance, et je te promets que je ne te décevrais pas. Mais pour être totalement honnête, si la situation avait été inversée, je ne sais pas si j'aurais pu te pardonner. Ça doit faire tellement mal.


- Je te le confirme, appuie-t-il. Et sincèrement, je ne me savais pas la force d'arriver à pardonner une faute pareille. Mais je suis incapable de vivre sans toi. Tu es toute ma vie, Marianne.
- Oh, Vincent... tu es tellement plus que ça, à mes yeux, dit-elle touchée.

Un peu plus tard, après le repas et la vaisselle, le couple s'installe devant un film.


- C'est sûrement stupide de dire ça, mais... j'ai l'impression de te retrouver vraiment, lance-t-elle en lui caressant la joue. Depuis des mois, ce n'était plus tellement pareil, et là, ça fait un bien fou d'être avec toi, comme avant.
- Je suis d'accord, c'est vraiment agréable, plussoie-t-il.


- Tu sais, poursuit-elle, je me sens tellement bien à tes côtés, que je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi j'ai failli tout détruire.


- Essayons de ne plus trop en parler, pour le moment, suggère-t-il. Tu sais... je ne crois pas que je serais capable de pardonner une seconde fois, alors... j'espère juste que ça n'arrivera plus.


- Plus jamais, promet-elle en posant sa tête sur l'épaule de son mari. J'en fais le serment, mon amour, plus jamais.

Quelques jours plus tard.

Au domicile Odonel.

Polo et Pepsi jouent ensemble dans le jardin...

… tandis que mère et fille sont dans la seconde véranda. Cette dernière joue avec sa table de jeu...

… alors que Marianne est en train de chercher du travail.

Elle y passe plusieurs heures par jour, mais pour l'instant, elle ne trouve rien.

Le téléphone portable de la jeune femme se met à sonner, alors elle se lève, prend son téléphone et répond.


- Allô? Dit Marianne en décrochant.
- Salut, commence Marylou d'une petite voix. Tu vas bien?
- Ça va, répond simplement Marianne.
- J'ai euh... j'ai reçu un appel de Vincent, et... il m'a dit que vous étiez à nouveau ensemble, relance Marylou.


- En effet, confirme Marianne.
- Écoute... euh... je te demande pardon pour avoir réagi aussi mal avec toi, reprend Marylou. Je n'ai aucune excuse, mais... je ne sais pas ce qui m'a pris.
- Tu n'as pas à te faire pardonner quoi que ce soit, appuie Marianne, c'est moi qui ai enchaîné les conneries.
- Je te sens énervée contre moi, poursuit Marylou. Et ça fait bizarre.


- Désolée, s'excuse Marianne, mais... même si c'est moi qui ai fait n'importe quoi, tu m'as totalement abandonnée, alors ça fait très mal.
- Je le comprends, appuie Marylou, et je te demande pardon, mais... pour ma défense, je ne voulais pas que tu perdes tout ce que tu avais, parce que... parce qu'il t'a fallu des années pour trouver le bonheur. J'ai vraiment eu peur. Pardon.


- Ok, accepte Marianne.
- Merci, merci beaucoup grande sœur, remercie Marylou soulagée. Est-ce que tu veux laisser passer du temps pour parler de ce qui s'est passé avec Kevin?
- En fait... j'ai du mal à comprendre pourquoi tout est parti en vrille. J'ai été à deux doigts de tout perdre. Je m'en voudrais toute ma vie d'avoir trompé Vincent. C'est... c'est trop horrible de lui avoir fait une chose pareille, dit Marianne.


- Tu sais... tu ne pourras pas revenir en arrière, relance Marylou. Il faudra bien que tu apprennes à vivre avec, même si ce n'est pas facile. Et puis... si tu avais osé douter de l'amour de Vincent, je pense qu'en te pardonnant, il t'a largement prouvé à quel point il t'aime, non?
- Oui, confirme Marianne en regardant son alliance. Mais sache que je n'ai jamais douté de ses sentiments. C'est juste que... je ne le mérite pas.
- Ne dis pas ça, bien sûr que tu mérites cet homme, assure Marylou. L'erreur est humaine, et il ne faut pas que tu t'enfonces dans la déprime à cause de tout ça. Si Vincent a su te pardonner, tu dois pouvoir te pardonner à toi-même.
- J'y travaille, dit Marianne. Mais il y a autre chose que je ne me pardonne pas.
- C'est quoi? Réclame Marylou.
- Si tu ne m'en as pas encore parlé, c'est que Vincent ne t'a rien dit, rétorque Marianne. Alors voilà... j'étais enceinte de plus de trois semaines, et... j'ai perdu le bébé. Ça s'est passé il y a quelques jours, avant qu'on se remette ensemble.
- Quoi? Lâche Marylou choquée. Mais enfin... pourquoi tu ne m'as pas parlé de ta grossesse? Ça m'aurait fait plaisir de te savoir enceinte en même temps que moi.
- Je n'ai rien dit parce que je l'ignorais, indique Marianne. Je ne l'ai appris que lorsque le médecin me l'a dit... une fois que je l'avais perdu.
- Et tu ne t'en doutais pas? Interroge Marylou. Avec des douleurs, ou retard de rè...
- Non, l'interrompt Marianne. Depuis la naissance de Valérie, mes règles sont détraquées, alors... je ne peux pas me fier à ça. Enfin bref... je vis très mal la perte du bébé, même si je fais tout pour que Vincent ne le remarque pas.
- Alors là, je t'arrête tout de suite, relance Marylou, il faut que tu lui en parles. Tu sais ce que tu risques en lui cachant la vérité, non? Et puis... ce n'est pas de ta faute. Malheureusement, la perte d'un bébé, c'est... ça arrive.
- Sauf que je suis sûre que c'est de ma faute, appuie Marianne. J'ai fait n'importe quoi avec Kevin, et j'étais en état de stress permanent pendant des mois.
- Ce n'est pas de ta faute, assure Marylou. Mais quoi qu'il en soit, tu dois en parler avec Vincent. C'est important pour toi, et pour votre couple aussi.
- Oui, tu as sûrement raison, dit Marianne. Bon, et de ton côté?


- Oh... tout va bien, répond Marylou. Si ce n'est que tu me manques.
- J'étais chez toi l'autre jour, rappelle Marianne.
- Je sais, mais... le contexte ne se prêtait pas vraiment à des retrouvailles entre sœurs, rétorque Marylou.
- Je suis désolée, s'excuse Marianne.
- Non, surtout pas, reprend Marylou. Oublions tout ça. J'espère juste te voir vite.
- Moi aussi, plussoie Marianne. D'autant que...
- Maman! L'interrompt Valérie en tapotant la jambe de Marianne.
- Ah, le devoir t'appelle, lance Marylou.


- Exactement, appuie Marianne. On se rappelle.
- Pas de souci, à très vite grande sœur. Bisous, conclut Marylou en raccrochant.


- Alors, ma chérie, dit Marianne en s'accroupissant et en prenant sa fille dans les bras, qu'est-ce que tu as?
- Je veux jouer, répond la petite fille.
- Et tu n'étais pas en train de jouer jusqu'à maintenant? Interroge Marianne.


- Mais je veux jouer avec toi! Appuie Valérie.
- Aaah, d'accord, acquiesce Marianne. Alors allons-y.

Mère et fille sortent de la véranda, et pendant un long moment, elles jouent ensemble.




Puis, Madame Odonel arrête un peu le jeu, afin de poursuivre l’entraînement à la marche de sa fille, tandis que Polo et Pepsi se papouillent non loin d'elles.




Un peu plus tard, Marianne installe sa fille dans la balancelle, où celle-ci s'endort rapidement. La jeune femme récupère son ordinateur portable, s'installe par terre, et reprend ses recherches de travail, tandis que Polo est sagement couché près d'une chaise longue, et que Pepsi est auprès de Marianne.

En début de soirée.

Il est un peu plus de 20h, et la plage Sud est à présent déserte.

Dès que Vincent et Marc se sont changés, ils vont au parking pour que chacun récupère son pick-up.

- […] Ça va être un sacré moment, alors? Lance Marc.
- Je ne sais pas, répond Vincent. Je l'espère.
- En tout cas, il faut que tu me tiennes au courant, réclame Marc.
- On en parlera demain, dit simplement Vincent.


- Ça marche, rétorque Marc. Alors à demain!
- À demain, répète Vincent avant de monter dans son pick-up. Bonne soirée!
- Bonne soirée aussi, conclut Marc en montant dans le sien.

Juste après, Vincent démarre et se met en route pour rentrer chez lui.

Près d'une demi-heure plus tard, il arrive à destination, et stationne dans le garage, avant de sortir de son pick-up pour rentrer dans la maison.

Le beau sauveteur passe la porte d'entrée, et en se dirigeant vers le canapé...

… il y découvre une bien jolie scène.

Polo et Pepsi tendrement endormis, l'un contre l'autre...

… et sa femme et sa fille qui en font de même, à l'autre bout du canapé.

Monsieur Odonel les trouve tellement belles et attendrissantes, qu'il n'a clairement pas envie de les réveiller. Il profite de chaque seconde à les observer, jusqu'à ce que le chien se lève doucement, descende du canapé...

… et se mette à léchouiller son maître.

- [petit aboiement]

- Oh non, chuuuut, réclame Vincent en parlant tout bas.


- Sois sage, ajoute Vincent en le caressant.
- Bonsoir, rétorque Marianne en se réveillant et en se relevant.
- Oh non, je vous ai réveillé, dit-il dégoûté.
- Ce n'est pas grave, appuie Marianne en lui passant Valérie, il fallait bien qu'on se lève, au bout d'un moment, non?


- Oui, sûrement, répond-il. Mais ça m'embête quand même de vous avoir réveillé.
- Ne t'en fais pas, lance Marianne en souriant.
- Câlin! Réclame Valérie en ouvrant ses bras.


- Voilà, ma chérie, voilààà, dit-il en la serrant contre lui et en la berçant.


- Longue journée? Interroge-t-il.
- Un peu, répond Marianne. Mais je suis contente que tu sois là.
- Moi aussi, plussoie-t-il. Ma récompense de la journée, c'est de vous retrouver.
- C'est adorable, dit la jeune femme touchée.
- Je le pense. Bon allez, je vais faire le repas, indique-t-il.
- Pas question, refuse Marianne. Tu as travaillé toute la journée, alors je m'en charge. Profite de ta fille, ajoute-t-elle avant d'aller dans la cuisine.

Le couple dîne tranquillement...

… puis, un peu après, Vincent part coucher sa fille.

Par la suite, le beau jeune homme rejoint sa femme dans le séjour, tandis que celle-ci est devant la porte qui mène au jardin, à observer Polo.


- Elle s'est endormi très vite, indique-t-il.
- Nous avons beaucoup joué, répond Marianne. Et nous sommes allées au parc, ce matin. Elle a couru et elle s'est amusé avec d'autres enfants, ça l'a fatiguée.
- C'est très bien, appuie-t-il. Au moins, il y a peu de chances qu'elle nous réveille pendant la nuit.


- Sûrement, acquiesce-t-elle en se retournant. Je voudrais te parler d'un truc.


- Moi aussi, rétorque-t-il. Mais je t'en prie, commence.


- Nous euh... nous n'en avons pas discuté plus que ça, mais... je me sens vraiment coupable d'avoir perdu notre bébé, lance-t-elle difficilement.
- Ce n'est pas de ta faute, assure-t-il.
- Je crois que si, appuie-t-elle fermement. Je me suis fait tellement de soucis... j'ai été tellement stressée et mal, que j'ai fait n'importe quoi, et je n'ai pas été capable de garder le bébé. Notre bébé. Je m'en veux... et... ça me fait vraiment très mal de l'avoir perdu.


- Tu n'as pas le droit de t'en vouloir de cette façon, relance-t-il. Tu ne savais même pas que tu étais enceinte. Et même si tu le savais, ce sont des choses qui peuvent arriver, et tu n'y peux rien. C'est ainsi.


- En réalité... et pour être honnête, je... je n'avais pas réfléchi à l'idée d'avoir un autre bébé, parce que... parce que je suis bien tel que nous sommes, mais... lorsque j'ai appris que j'avais été enceinte, je... je me suis rendu compte que je voulais avoir un autre enfant, avoue-t-elle.
- Ça, ça peut toujours s'arranger, lance-t-il en souriant.
- Vincent, reprend-elle, chéri... il y a autre chose, et ça... tu risques de ne pas apprécier du tout, mais... on s'est promis de tout se dire, alors... voilà... je... je veux déménager. Je veux quitter Roaring.


- Mais... pourquoi ça? Réclame-t-il en la soutenant.
- [silence]

- Tu dois me parler, appuie-t-il. C'est... c'est à cause de Kevin?


- Oui, avoue-t-elle en détournant le regard.
- Tu crois qu'il y a un risque pour que tu retournes vers lui, s'il est dans le coin? Interroge le beau sauveteur.
- Non, répond-elle immédiatement. Aucun risque pour ça. Mais repasser devant sa propriété, son garage... ou de le recroiser n'importe où... ça me rappellera sans cesse la plus grande erreur de ma vie, le fait que j'ai failli te perdre, toi et Valérie. Et... je veux essayer de laisser tout ça derrière moi.


- Et tu voudrais aller où? Interroge-t-il.
- Je n'en sais rien, répond-elle. On s'est endetté pour avoir cette maison, alors... je me doute que c'est impossible de...
- Rassure-toi, l'interrompt-il en souriant, nous en rediscuterons, et tu verras que les choses ne seront pas toujours aussi faciles que cette fois-ci.
- Je ne comprends pas, rétorque-t-elle.
- Je t'expliquerai, dit-il avant de l'embrasser.


- Et maintenant, j'ai une surprise, reprend-il en se détachant un peu d'elle.
- Je ne le mérite pas, lâche-t-elle.
- S'il te plaît, cesse d'être négative, réclame-t-il. Parce que oui, tu le mérites, et bien plus que quiconque.


- Très bien... et qu'est-ce que c'est? Interroge-t-elle.


- Je vais le chercher, je l'ai laissé dans le pick-up, indique-t-il. Alors tu ne bouges pas d'ici, et je reviens très vite.
- D'accord, accepte-t-elle.
- À tout de suite, dit-il avant de sortir.

Monsieur Odonel entre dans le garage, ouvre son pick-up, prend le paquet...

… puis, il quitte le garage et retourne auprès de sa femme.


- Et voilà! Lance-t-il en lui donnant le paquet et en souriant.


- Mais... qu'est-ce que c'est? Interroge-t-elle.
- Ouvre-le, suggère-t-il.
- Ok, accepte-t-elle en s'exécutant avant de découvrir le contenu du paquet.


- C'est... ce n'est pas possible, lâche-t-elle totalement sous le choc. Ce n'est pas... ça ne peut pas être...


- Ce n'est pas lui... n'est-ce pas? Réclame-t-elle sans savoir quoi dire.
- Tu crois? Interroge-t-il en souriant.
- Mais... comment? Demande-t-elle. Comment il peut être là, entre mes mains? Je n'avais plus aucune nouvelle, ils m'avaient laissé tomber!


- Personne ne t'a laissé tomber, assure-t-il en souriant.
- Explique-moi, parce que... je suis totalement perdue, dit-elle.
- Hé bien... lorsque tu as baissé les bras et décidé d'arrêter d'écrire, j'ai voulu appeler ton éditeur, mais je n'y arrivais pas. J'ai alors appelé Karim, et il a fait le nécessaire pour que ton éditeur, Emerson, en personne, me rappelle. Il m'a alors expliqué tous les problèmes qu'ils avaient dans leur boîte, mais ça, je te laisse le soin de le rappeler, parce que je n'ai pas tout compris. Quoi qu'il en soit, poursuit-il, il m'a dit qu'il était hors de question qu'ils passent à côté de ton sublime roman, qu'il a décrit comme un chef-d’œuvre, et je lui ai demandé qu'il m'envoie le tout premier exemplaire, afin de te faire la surprise.


- Il est arrivé ce matin dans un point relais, et... le voilà, ajoute-t-il en souriant.

Madame Odonel ne dit rien, se retourne et pose son roman sur un des poufs.

- Ça ne va pas? Demande-t-il.
- Oh, ça va super, lâche-t-elle ironiquement. C'est vrai, quoi. Tu te démènes pour me faire plaisir, pour me permettre de continuer de poursuivre ma passion, et moi, je t'ai menti, trompé...


- Stop, réclame-t-il en l'interrompant. Cessons de parler du passé, ou tout du moins, de ce qui s'est passé dernièrement. Sinon, on avancera jamais. J'ai voulu avoir des réponses, et... quand j'ai su que ton roman était sur le point d'être publié, j'ai voulu te faire la surprise. Et tu sais... Marylou, Chris, Marc, Michelle, Karim et sa femme, ton éditeur, tous tes fans, et ton fan numéro un, c'est-à-dire moi... nous espérons tous que tu vas reprendre l'écriture et ton roman suivant.


- Je... je ne sais pas quoi dire, tellement je... je suis heureuse, rétorque-t-elle en se retournant complètement abasourdie.
- Je veux te dire autre chose. Approche, suggère-t-il.
- Ok, accepte-t-elle en s'exécutant. Je t'écoute.


- Il y a moins de deux semaines, commence-t-il, j'ai sauvé la vie d'un homme qui se noyait. Jusque-là, rien d'exceptionnel. Pour moi, tu sais que c'est la routine. Mais en fait... il voulait me donner de l'argent pour remercier, parce qu'il est riche. J'ai refusé, parce que le principal, c'est qu'il soit en vie. Mais voilà, il a réussi à convaincre Marc de trouver et lui donner mes coordonnées bancaires, et j'ai reçu un virement de 150000$. Je l'ai recontacté pour dire que je n'en voulais pas, mais il a dit que si je lui renvoyais, il ne se lasserait pas de faire pareil. Bref, tout ça pour dire que... avec cet argent et la vente de la maison, on doit pouvoir déménager, à peu près n'importe où, c'est toi qui décides. Valérie et moi suivrons.


- Oh! S'exclame-t-elle en lui sautant dans les bras.


- Merci! Merci merci merci! Répète-t-elle sans cesse. Je n'arrive pas à y croire.


- Pourtant, tu peux y croire, appuie-t-il. Nous ne risquons pas d'avoir des problèmes d'argent avant longtemps, et bientôt, nous déménagerons. Une belle vie s'offre à nous. Et d'ailleurs, j'aimerais que tu viennes avec moi, ajoute-t-il en la posant par terre en lui prenant la main et en l'emmenant dehors.



- Chérie, reprend-il en l'enlaçant et en la regardant droit dans les yeux, mon cœur... je voudrais te demander quelque chose.
- Je t'écoute, dit-elle simplement.


- Épouse-moi, réclame-t-il.


- Quoi? Demande-t-elle. Mais nous sommes déjà mariés, tu le sais.


- Chérie... je voudrais renouveler mes vœux, indique-t-il. Je n'ai pas envie d'une grande cérémonie où on inviterait notre famille et nos amis pour faire une grande fête. Je veux renouveler mes vœux devant le maire, mais je veux que ce soit intime. Rien que toi et moi. Et... si tu es d'accord, je voudrais le faire le mois prochain, pour nos deux ans de mariage. Tu en penses quoi?


- Je pense que c'est fou... mais ça me plaît. C'est tellement romantique... et en fait... j'adore cette idée, appuie-t-elle en souriant.
- Ça veut dire oui? Interroge-t-il.
- Oui! Oui, je veux t'épouser! Accepte-t-elle.
- Merveilleux, dit-il avant de l'embrasser tendrement.


- Bien, reprend-il en lui prenant les mains, nous allons devoir organiser tout ça, contacter le maire, réserver la date, et voir avec Christine pour qu'elle nous garde la petite quelques jours, si c'est possible, mais nous avons autre chose à faire avant quoi que ce soit d'autre.
- Et quoi? Demande-t-elle sans comprendre.
- Tu ne devines pas? Interroge-t-il en la penchant en arrière pour l'embrasser.



- Tu ne vois toujours pas? Réclame-t-il.
- Désolée, mais non, répond-elle en réfléchissant. Je ne sais pas de quoi tu parles.
- Nous devons travailler sur un petit frère ou une petite sœur pour Valérie, relance-t-il. Ce bébé ne se fera pas tout seul. Allez, viens, ajoute-t-il avant de l'emmener dans leur chambre.

Dès qu'ils y sont, Vincent se met à l'embrasser directement, tandis qu'elle est légèrement surprise par autant de fougue, mais elle adore ça.

Petit à petit, ils se déshabillent mutuellement, et ils continuent de s'embrasser et se caresser avec passion et désir.

Après presque une quarantaine de minutes de préliminaires délicieux, ils sont totalement nus et ils commencent à faire l'amour dans plusieurs positions, où ils ressentent beaucoup de plaisir. D'autant que c'est la première fois qu'ils refont l'amour, depuis qu'ils se sont remis ensemble. Et c'est plutôt intense.








Près d'une heure après, ils se rhabillent légèrement, et très amoureusement, ils se couchent pour dormir, tendrement enlacés...

… et ils passent une douce nuit sans se lâcher.

Environ deux semaines plus tard.

Marianne et Vincent sont dans leur chambre, enlacés dans un fauteuil, et ils discutent.

- […] C'est tellement bon de t'avoir dans mes bras, avant de partir travailler, rétorque-t-il en lui caressant le bras.
- C'est vrai, confirme-t-elle. Je t'aime, tu sais?


- Oh oui, je le sais, appuie-t-il en fermant les yeux. Et moi aussi, je t'aime.
- Aaah, soupire-t-elle, je n'ai tellement pas envie que tu partes travailler.
- J'avoue que moi non plus, plussoie-t-il. Mais tu sais que ce n'est que pour encore une semaine, et ensuite, je serai à la recherche d'un boulot dans notre nouvelle ville. Alors tu vas m'avoir dans les pattes pendant un moment.
- Cool, rétorque-t-elle en souriant.


- Mais... plus sérieusement, reprend-il, ce soir, nous devons confirmer la ville aux déménageurs, alors... est-ce que tu es bien sûre de toi? Sunset Valley?
- Oui, confirme-t-elle immédiatement. Lorsque j'y suis allée avec Marylou, il y a quelques années, nous avions adoré cette jolie ville. Je pense qu'on y sera bien.


- En ce qui me concerne, c'est certain, puisque tu seras avec moi, dit-il.
- C'est trop mignon, rétorque-t-elle touchée.
- Bon allez, ce n'est pas que ça m'enchante, mais... je dois y aller, indique-t-il.
- D'accord. Alors à ce soir, lance-t-elle.
- À ce soir, mon cœur, répète-t-il avant de l'embrasser tendrement sur la joue.

Juste après, le beau sauveteur va dans le garage, sort son pick-up, puis, il se met en route en direction de la plage Sud, pour sa journée de travail.

Pendant ce temps, Marianne rejoint sa fille dans la chambre de celle-ci, et lui fait prendre son bain, avant de l'habiller.


- Et voilà! Lance Marianne en prenant sa fille dans les bras. On va manger?
- Oui! S'exclame joyeusement Valérie.
- Alors on y va, rétorque Marianne.
- Mais je veux un bisou d'abord! Réclame la petite fille.
- Ah, je vois, mais c'était prévu, assure Marianne en souriant et en s'exécutant.

Un peu plus tard, mère et fille vont dans le jardin, et elles se passent le ballon...

… tandis que Polo et Pepsi s'amusent à se courir après.

Dans l'après-midi, Madame Odonel installe sa fille dans le parc...

… et celle-ci se met immédiatement à jouer, tandis que Marianne nourrit son poisson rouge et sa tortue.

Peu après avoir terminé, son téléphone portable se met à sonner, et en regardant l'écran, elle découvre qu'il s'agit de Marylou, sa petite sœur.


- Oui allô? Dit Marianne en décrochant.
- Bonjour! Lance joyeusement Marylou.
- Salut, rétorque Marianne. Comment tu vas?
- Super bien! Chris et moi sortons de l'échographie, et nous venons de découvrir le sexe du bébé, indique Marylou.
- Ah, cool! Et alors? Réclame Marianne.
- C'est un garçon, annonce Marylou.
- Très bien! Et vous avez une idée de prénom? Interroge Marianne.
- Chris pense à l'appeler Logan, tu sais... par rapport à sa saga favorite, répond Marylou. Quant à moi, je pensais plutôt à Josh. J'aime bien, et ça commence par la même lettre que Joey. Tu en dis quoi, toi?
- Les deux idées sont chouettes. Après, pour le fait que ce soit la même lettre, c'est une belle idée, mais c'est vrai que j'aime bien Logan, avoue Marianne.
- D'accord, acquiesce Marylou. On en reparlera avec Chris, alors je te dirais ça. Et sinon, comment ça va de ton côté? Contente de te remarier?
- Ce n'est pas vraiment le terme... nous allons simplement renouveler nos vœux, pour notre anniversaire de mariage, précise Marianne.
- Oui, pardon, mais tu m'avais comprise. Tu en es contente? Interroge Marylou.
- Oui, totalement, et c'est une idée si belle et romantique, lance Marianne.
- C'est exactement le mot que je voulais employer, romantique, dit Marylou. En tout cas, Vincent te prouve tout le temps à quel point il t'aime et veut te rendre heureuse. Entre le fait qu'il t'a pardonné, ce qu'il a fait pour ton roman, et maintenant ce renouvellement de vœux devant le maire... c'est... waouh.
- Je suis tout à fait d'accord, appuie Marianne. Mais... il y a autre chose dont je ne t'ai pas encore parlé.


- Bien sûr, je t'écoute, dit simplement Marylou.
- Voilà... par rapport à ce qui s'est passé avec Kevin, je... j'ai demandé à Vincent de partir. Enfin... de déménager et quitter Roaring, explique Marianne.
- Tu es sérieuse? Demande Marylou surprise.
- Oui, confirme Marianne. Je sais que ça paraît bizarre, mais... l'idée de pouvoir croiser Kevin en allant à la plage, en faisant les courses ou en allant n'importe où en ville, c'est loin de me plaire. Nous avons longuement discuté à ce sujet, et... il accepte de partir, et... après notre renouvellement de vœux, nous commencerons les cartons. On donne d'ailleurs confirmation aux déménageurs ce soir.
- Je vois, acquiesce Marylou quelque peu perturbée. Et vous partez où?


- À Sunset Valley, annonce Marianne. Tu te souviens?
- Waouh! Ouiii, oui, je me souviens, confirme Marylou. C'est une excellente idée!


- C'est vrai? Tu le penses vraiment? Réclame Marianne.
- Absolument, assure Marylou. Si vous tenez vraiment à partir, je pense que Sunset Valley est l'endroit idéal. Je me rappelle combien on a adoré cette ville, toi et moi. Et ce sera une superbe occasion de la revoir quand on viendra chez vous.
- Je suis très contente que tu le prennes comme ça, dit Marianne.
- Bien. Il faut que je te laisse, mais... tu me tiens au courant dès que vous êtes installés, hein? Interroge Marylou.
- C'est promis, appuie Marianne. À très bientôt.
- À bientôt, grande sœur, bisous, conclut Marylou avant de raccrocher.

Juste après, Marianne prend un peu de temps pour s'amuser avec sa fille...

… puis, lorsque Valérie se remet à jouer avec son boulier, dans son parc, la jeune femme s'installe devant l'ordinateur, afin de poursuivre son nouveau roman.

Pendant ce temps, à la plage Sud.

Vincent Odonel surveille la plage et les environs.

Et dès que c'est nécessaire, il fonce en intervention sauvetage pour sauver les personnes qui se noient ou qui sont en difficulté.


Moins de deux semaines plus tard.

C'est le grand jour pour Marianne et Vincent. Pour cette belle occasion, ce dernier a sorti sa voiture de course, du temps où il était pilote, pour se rendre à leur cérémonie intime. Le couple a demandé à Christine Vans, la nounou, de venir chercher leur fille pour une semaine, afin qu'il puisse profiter de quelques jours au calme, en amoureux, mais aussi pour commencer les cartons pour le déménagement.

Lorsque Christine a les affaires de Valérie, et celle-ci, dans sa voiture, la nounou se met en route, sous les yeux de Marianne et Vincent.



- Ça y est... c'est bientôt l'heure, lance-t-il. On va se préparer?


- Oui, répond-elle en souriant. Allons-y.

En moins d'une demi-heure, Marianne et Vincent se changent pour la cérémonie, dans des tenues plutôt classiques...

… puis, ils montent à bord de la voiture de course de Vincent, et se mettent en route.

Après environ une demi-heure de trajet, ils arrivent à destination et rejoignent le maire.

- Bonjour, commence le maire.
- Bonjour, répètent Marianne et Vincent.
- Quand vous parliez de cérémonie intime, relance le maire, j'ai mal compris, ou vos invités sont tous en retard?


- Il n'y a aucun retard, assure la jeune femme.
- Il n'y a que nous deux, ajoute Vincent.


- Très bien, acquiesce le maire. Dans ce cas, si vous êtes prêts...
- Nous sommes prêts, l'interrompt Vincent en souriant.

Juste après, le maire se met en place, derrière l'arche...

… tandis que Marianne s'avance dans l'allée, au bras de Vincent.

L'un et l'autre sourient de bonheur, tout en avançant silencieusement.

Et lorsqu'ils sont sous l'arche, Vincent prend les mains de sa femme.

- Nous sommes réunis ici pour unir à nouveau, Vincent et Marianne, par les liens du mariage, lance le maire. Vincent, c'est à vous.


- Marianne... il y a exactement deux ans, à la même heure, et ici même, nous nous sommes mariés, commence Vincent. Avec notre fille et notre vie commune, c'est tout ce qui me manquait pour être l'homme le plus heureux de tous les temps. Je me souviens t'avoir dit que j'étais fou de toi, que mon cœur battait pour toi, que je t'aimais plus que tout au monde et que je voulais finir ma vie avec toi. Mais aujourd'hui, je veux te dire que je le pense encore plus qu'à ce moment-là. J'ai besoin de toi, et ce ne sont pas de simples mots, je suis très sérieux. Je me suis bien rendu compte que sans toi, je ne suis plus rien. Je ne veux pas te perdre, je ferai tout ce que je peux pour te rendre heureuse et que tu ne manques jamais de rien. Je t'en fais la promesse, à toi, l'unique amour de ma vie.


- Vincent, tout ce que tu viens de me dire me touche énormément. J'ai fait des erreurs impardonnables dernièrement. J'ai cru te perdre par mon unique faute. J'ai réfléchi, et en vérité, j'ai mis notre amour en danger, parce que... parce que notre vie est parfaite. Une vie trop parfaite. J'aurais dû être comblé, et je l'étais, mais j'ai déraillé, et j'ai perdu le contrôle total sur moi-même. Mais pourtant, malgré ce qui s'est passé, tu m'as pardonné, tu m'as redonné confiance en moi-même, et tu m'as amplement prouvé que tes sentiments pour moi sont vrais et forts. Je souhaite te dire que mon amour est sans limite, c'est un amour inconditionnel, et je ferai tout, vraiment tout pour te prouver que plus jamais il n'y aura d'erreur, et que pour le reste de ma vie, il n'y aura que toi, rien que toi, appuie-t-elle émue. Alors je te fais cette promesse, celle de continuer de t'aimer, de te chérir, de t'être fidèle, et de rester à tes côtés, pour toujours et à jamais.


- Par les pouvoirs qui me sont donnés, je vous déclare mari et femme, dit le maire.


- Vous pouvez embrasser la mariée, ajoute le maire en se reculant.

Avec amour et tendresse, Vincent prend sa femme dans les bras et l'embrasse.


- Joyeux anniversaire, mon cœur, dit-il en enlaçant sa femme.
- Joyeux anniversaire, mon amour, répète-t-elle en souriant.


- Je t'aime, Marianne.
- Je t'aime, Vincent.

FIN DE L'HISTOIRE

Chapitre 14

Chapitre 14

Après avoir appelé les secours, Marc retourne auprès de Vincent et de Marianne, qui est toujours inconsciente.

Après quelques minutes, la sirène d'une ambulance se fait attendre, et Marc avertit son collègue qu'elle vient pour eux.

Les ambulanciers installent Marianne dans le véhicule, et tandis que Marc reste à son poste, à la plage Sud, Vincent monte dans son pick-up et suit l'ambulance.

Dès qu'ils arrivent à l'hôpital, Marianne est immédiatement prise en charge...

… tandis que Vincent attend longuement dans une salle d'attente. Seul et angoissé.

Le beau sauveteur réfléchit à ce qui s'est passé ces derniers temps, et il réalise à quel point il a pu être dur avec Marianne. Elle lui a fait beaucoup de mal, mais il se dit qu'il aurait pu se comporter autrement avec elle. Parce qu'il ne sait pas ce qui a traversé l'esprit de Marianne, et si elle a tenté de se suicider. Mais il est véritablement affolé, comme jamais auparavant, et il se sent responsable.

Près de deux heures plus tard.

- Monsieur Odonel? Demande une doctoresse en arrivant.


- Oui! S'exclame-t-il en se levant d'un bond. Comment va-t-elle? Comment va ma femme? Elle est réveillée? Est-ce qu'elle...


- Attendez, réclame-t-elle en l'interrompant. Venez dans mon bureau, nous serons plus au calme pour discuter. Vous voulez bien?
- Oui, oui, je vous suis, rétorque-t-il en s'exécutant.


- Je vous en prie, dites-moi comment elle va? Demande-t-il immédiatement.
- Rassurez-vous, elle va mieux, et elle est en train de s'habiller, indique-t-elle.
- Aaah, lâche-t-il soulagé, merci... merci. Mais... que lui est-il arrivé? Parce que... son pouls était vraiment très faible, alors... vous le savez?


- Hé bien... votre femme m'a avoué avoir dormi sur la plage ces deux dernières nuits, commence-t-elle. Les nuits ne sont pas glaciales ici, vous le savez. Mais... avec ce qu'elle a eu... le stress, et l'accumulation de fatigue... son corps n'a pas supporté le choc.
- Mais... je ne comprends pas... qu'est-ce qu'elle a eu? Interroge-t-il inquiet.
- Monsieur Odonel... votre femme était enceinte. Elle a perdu le bébé cette nuit, annonce la doctoresse.


- Qu... qu... quoi? Réclame-t-il sous le choc.


- Elle l'ignorait aussi, indique-t-elle. Si vous vous souvenez, vous l'avez accompagné pour une prise de sang, parce qu'elle était plutôt fatiguée, et vous ne trouviez pas ça normal. Et c'est suite à ses résultats, que cela fait plus de deux semaines que j'essayais de la joindre pour le lui annoncer. Je suis vraiment désolée.


- Elle va s'en remettre? Demande-t-il perdu.


- Oui, affirme-t-elle. Mais pour cela, il lui faut du calme, beaucoup de repos, et surtout, il faut lui éviter les états de stress. Et je pense qu'il n'est pas nécessaire de préciser qu'il serait préférable qu'elle ne dorme plus dehors, n'est-ce pas?


- J'y veillerai, assure Vincent. Je vais m'occuper d'elle, c'est promis.
- Bien, alors surveillez-la, laissez-la reprendre des forces, et si vous avez le moindre doute ou une question, n'hésitez pas à m'appeler, rétorque-t-elle.


- D'accord, acquiesce Vincent en lui tendant la main. Et merci pour tout.
- Je vous en prie, dit-elle en la lui serrant. Au-revoir, Monsieur Odonel.
- Au-revoir, répète-t-il avant de sortir du bureau.

Juste après, le beau sauveteur retourne dans la salle d'attente.

À peine quelques minutes après, Marianne passe sans remarquer son mari...

… mais celui-ci la voit et bondit pour la rejoindre.

- Marianne! S'exclame-t-il en courant.

Vincent retourne sa femme et la prend dans les bras en l'enlaçant fort contre lui, tandis qu'elle ne réagit pas beaucoup.

Après quelques secondes, il cesse leur étreinte et lui prend les mains.

- J'ai eu tellement peur, lance-t-il sans la quitter des yeux.


- Je vais mieux, dit-elle sans oser le regarder. Je te remercie d'être resté, mais... tu peux retourner travailler, ajoute-t-elle en se détachant de lui et en partant.


- Attends! Réclame-t-il en courant pour la rejoindre dehors.


- Où est-ce que tu vas? Demande-t-il.


- Je vais louer une chambre dans un hôtel, répond-elle. Le Docteur Xander m'a défendu de dormir dehors, donc je vais faire ce qu'il faut pour l'éviter. Ne te mets pas plus en retard par ma faute, je vais me débrouiller.


- Ne dis pas de bêtises, reprend-il, et viens avec moi.
- Où ça? Interroge-t-elle.
- À la maison, indique-t-il.


- Je ne comprends pas, poursuit-elle.


- Accompagne-moi, insiste-t-il. S'il te plaît.
- Très bien, cède-t-elle.

Vincent aide sa femme à monter dans son pick-up, puis, ils se mettent en route...

… mais le trajet est totalement silencieux.

Après presque trois quarts d'heure, ils arrivent à destination et Vincent stationne.


- Je ne peux pas, lâche-t-elle en descendant du pick-up.
- Quoi dont? Réclame-t-il en faisant le tour du véhicule.


- Ce n'est pas une bonne idée, indique-t-elle.
- Pourquoi? Interroge-t-il.
- Parce que je ne mérite pas de franchir cette porte, de revivre ici, ou de revoir ma fille. Je regrette tellement de ne pas être morte cette nuit, lâche-t-elle.


- Je t'interdis de dire une chose aussi monstrueuse, relance-t-il choqué en se précipitant jusqu'à elle et en la maintenant près de lui.
- C'est la vérité, appuie-t-elle. C'est ce que je ressens.
- Non, pas du tout, rétorque-t-il.


- Si, maintient-elle. J'ai fait n'importe quoi, je ne pourrais jamais rattraper mes erreurs passées, et effacer le mal que je t'ai fait.


- Écoute-moi, réclame-t-il en lui relevant légèrement le visage. Il faut que tu te calmes et que tu te reposes, comme le Docteur l'a demandé. Donc, tu vas m'accompagner à l'intérieur, et tu vas t'installer pour essayer de dormir.


- Je suis incapable d'entrer dans cette maison, après ce que je t'ai fait, dit-elle.


- Nous en parlerons calmement plus tard, et j'écouterai ce que tu as à me dire, ajoute-t-il en lui prenant la main. Mais pour l'heure, tu vas rentrer avec moi, et tu vas te reposer. D'accord?
- Je ne peux pas, poursuit-elle, j'ai...
- D'accord? Insiste-t-il en l'interrompant.
- Ok, accepte-t-elle enfin.

Quelques instants après, ils entrent dans la maison, puis, ils traversent le séjour...

… pour sortir dans le jardin, afin de retrouver la nounou, Valérie et les animaux.

- […] Ouiii, bravo! Félicite Christine.
- Et lui? Interroge la petite fille en montrant un cube.
- Ah, je ne sais pas, rétorque Christine en voyant ses patrons arriver. Mais je pense que tu devrais regarder juste derrière toi.

Valérie s'exécute, et en découvrant sa maman, elle se lève et se précipite jusqu'à elle.

- Maman! S'exclame la petite fille en essayant de se dépêcher.
- Ma chérie! Dit Marianne en s'accroupissant et en ouvrant ses bras.


- Tu m'as trop manqué! Lance Valérie en approchant.


- Toi aussi! S'exclame Marianne en la prenant dans ses bras.


- Toi aussi, tu m'as manqué, ajoute Marianne en serrant fort sa fille contre elle et en laissant échapper une larme de bonheur.


- Ça ira pour aujourd'hui, rétorque Vincent tout bas, vous pouvez rentrer. Oubliez mon comportement de ces derniers jours, et... excusez-moi.


- Ce n'est pas grave, chuchote Christine. Je suis contente que ça se soit arrangé.
- Moi aussi, plussoie-t-il. Bonne journée.
- Bonne journée à vous, répète-t-elle avant de partir.

Peu après le départ de la nounou, Marianne emmène sa fille dans le parc...

… puis, elle part dans la chambre d'amis sans rien dire, tandis que Vincent l'observe.

Mais en voyant qu'elle ne revient pas, il décide d'y aller et frappe à la porte. La jeune femme vient lui ouvrir et il entre.

- Je ne veux pas te déranger, lance-t-il, mais... qu'est-ce que tu fais?


- Est-ce que j'ai mal compris, quand tu parlais de rentrer à la maison pour me reposer? Réclame-t-elle.


- Non non, assure-t-il. Mais tu as oublié où se trouve ta chambre?


- Ce n'est pas ma chambre, rétorque-t-elle. Et même si tu insistais pour que j'y aille, je refuserai.


- Pourquoi ça? Interroge-t-il. C'est bel et bien ta chambre, et tu le sais.


- Je me sens trop mal à cause de ce que je t'ai fait. Et je n'oserais pas y retourner. Je pense que... qu'il faut que nous ayons une discussion pour mettre les choses à plat, poursuit-elle. Mais pour l'instant, je reste ici.


- Bien, c'est comme tu veux. Je te laisse te reposer. Appelle-moi si tu as besoin de quelque chose, termine-t-il avant de commencer à partir.


- D'accord, merci, dit-elle avant d'aller s'allonger.

Devant la porte, Vincent hésite à sortir.

Quelque chose le tracasse, et même s'il se doute que ce n'est pas le bon moment...

… il retourne auprès de Marianne.

- Est-ce que je peux te poser une question? Demande-t-il.


- Bien sûr, rétorque-t-elle simplement.


- Sais-tu de qui était le bébé? Ton ex, ou moi? Interroge-t-il en s'asseyant.


- C'était le tien, annonce-t-elle.
- Tu en es sûre? Réclame-t-il.
- Oui, confirme-t-elle. J'étais enceinte de plus de trois semaines, je n'ai couché qu'une seule fois avec Kevin, et ça remonte à trois jours.


- D'accord, acquiesce-t-il tristement. Reposes-toi autant que tu peux.

Juste après, le beau sauveteur quitte la chambre d'amis et revient dans le séjour, perturbé et triste à l'idée que Marianne était enceinte de leur deuxième enfant, sans qu'aucun d'eux ne le sache. Il ne peut qu'imaginer ce par quoi elle est passé en perdant ce bébé, et il se sent vraiment mal pour elle.

Alors après un moment, il prend son téléphone et envoie un message.

Vincent : Est-ce que tu as pu me faire remplacer?
Marc : Oui, aucun problème. Paul est ici, ne t'en fais pas. Comment va Marianne?
Vincent : Nous venons de rentrer. Elle va mieux, mais elle a besoin de repos. Je vais rester avec elle les prochains jours. Tu penses que tu peux voir avec Paul, Florent ou Nico pour vous organiser sans moi?
Marc : Ok, je vais en parler avec eux. Je te tiens au courant si on galère.
Vincent : D'accord. Merci beaucoup.

Quelques minutes après, Vincent va se changer, puis, il revient s'occuper de sa fille.

- Alors, ma chérie, commence-t-il en la prenant dans ses bras, tu veux faire quoi?


- Je veux maman, réclame-t-elle.
- Non, ce n'est pas possible, répond-il. Maman est fatiguée, elle doit dormir. Tu veux qu'on aille faire une promenade?
- Je veux maman! S'exclame-t-elle.
- Calme-toi, ma chérie, s'il te plaît, maman doit se reposer, insiste-t-il.


- JE VEUX MAMAN! Crie la petite fille.


- Que se passe-t-il? Demande Marianne en arrivant. Quelque chose ne va pas?
- Elle veut être avec toi, répond-il.
- Maman! Je veux partir avec toi! S'écrit Valérie.
- Mais je ne vais nulle part, assure Marianne. Je vais juste dormir.
- Je veux venir! Insiste la petite fille.
- Est-ce que je peux la prendre avec moi? Interroge Marianne à son mari.


- Ne me demande plus jamais l'autorisation, rétorque-t-il en lui donnant Valérie. C'est ta fille, et je n'avais aucun droit d'agir comme je l'ai fait.


- Je comprends ta réaction, appuie Marianne.

Immédiatement après, Marianne emmène sa fille dans la chambre d'amis avec elle, et elles s'installent pour se reposer.

Un peu plus tard.

Vincent tourne en rond dans la maison, et il ne sait absolument pas quoi faire.

Alors il se décide à aller voir si Valérie s'est calmée, et si elle veut aller se promener. Le beau jeune homme se rend dans la chambre d'amis, et entre sans faire de bruit.

C'est alors qu'il découvre mère et fille endormies, tendrement enlacées.

Monsieur Odonel s'appuie doucement contre la porte et les observe pendant un moment.

Il réalise alors qu'en s'obstinant contre la femme qu'il aime, il a bien failli ne plus jamais assister à ce genre de scène qui le fait craquer.

Quelques minutes après, Vincent quitte la maison en laissant Marianne et sa fille tranquilles. Mais Polo et Pepsi le rejoignent, et ils se promènent ensemble.

Environ deux heures plus tard.

Lorsque le chien, la chatte et Vincent reviennent à la maison, ce dernier va dans la cuisine...

… où il trouve Valérie en train de boire son biberon...

… et Marianne en pleine vaisselle.

- Hé, mais qu'est-ce que fais? Demande-t-il en approchant.
- Ben... je lave la vaisselle, répond-elle simplement.
- Il est hors de question que tu t'en occupes, dit-il en fermant le robinet.


- Il faut pourtant que je le fasse, indique-t-elle en se retournant après s'être séchée les mains. Ça ne va pas se faire tout seul.


- Je le ferai, appuie-t-il. Toi, tu dois te reposer.


- Je ne suis pas fatiguée, pour l'instant, reprend-elle. Et je pense que nous devrions discuter pour crever l'abcès. J'ai... j'ai beaucoup de choses à dire.


- Très bien, accepte-t-il. Que dirais-tu si... si j'appelais Christine pour voir si elle est dispo... et elle emmènerait la petite pour qu'on ne soit pas interrompus.
- Oui, si tu veux, rétorque-t-elle simplement.
- Ok, dit-il en prenant son téléphone portable.


- Oui allô? Dit Christine Vans en décrochant.
- Re-bonjour, lance Vincent. Je ne vous dérange pas?
- Non non, répond-elle, je vous écoute.


- Vous serait-il possible de passer prendre Valérie, et de la garder chez vous jusqu'à demain? Interroge-t-il. Ma femme et moi avons des choses à régler, et ça nous rendrait bien service, si...
- Je peux être chez vous dans une demi-heure, l'interrompt-elle.
- Super, alors à tout à l'heure, et merci! Remercie-t-il.
- Je vous en prie, à tout à l'heure, conclut-elle avant de raccrocher.

Dehors, Polo s'amuse comme un fou avec son ballon...

… tandis que Pepsi dort sur une chaise longue. Vincent sort dans le jardin, et en regardant un peu plus loin...

… il voit Marianne en train de s'amuser avec leur fille.



Il prend beaucoup de plaisir à les regarder ensemble, parce qu'il les aime toutes les deux, et parce qu'elles sont terriblement craquantes ensemble.

Le beau sauveteur se sent un peu perdu en ce moment, mais s'il y a quelque chose qu'il sait sans nul doute, c'est qu'il ne peut pas séparer une mère et sa fille.

Moins d'une demi-heure après, la nounou arrive chez les Odonel et stationne devant la maison, avant d'aller frapper à la porte.

Lorsque Vincent vient ouvrir, il est avec sa fille dans les bras.

- Merci d'être venue, lance-t-il en souriant.


- Je vous en prie, dit Christine en ouvrant les bras. Et non seulement c'est mon travail, mais c'est avec plaisir. On va bien s'amuser avec cette petite coquine.
- Tant mieux, dit-il en la lui passant.


- Alors euh... ça ne vous pose aucun problème de la garder jusqu'à demain? Interroge-t-il.
- Absolument aucun, assure-t-elle. Et ce n'est pas la première fois.
- Ok, et n'oubliez pas, reprend-il, s'il y a quoi que ce soit...


- Je vous téléphone, complète-t-elle en l'interrompant et en souriant.
- Parfait. Alors passez une bonne fin de journée, et à demain, dit-il.
- Oui, à demain, répète Christine.
- À demain, papa! Lance la petite fille.
- Sois sage, ma chérie, et à demain, conclut Vincent en les regardant partir.

Juste après le départ de la nounou et de Valérie, le beau sauveteur retourne à l'intérieur, et il trouve Marianne dans le séjour, à regarder dehors.


- Est-ce que ça va? Demande-t-il.
- Ça va, répond-elle hésitante avant de se retourner.


- Qu'est-ce que tu as, dis-moi? Réclame-t-il.


- Je suis nerveuse, répond-elle sincèrement.
- Relax, dit-il. Ce n'est pas la peine de te mettre dans des états pareils.
- C'est plus fort que moi, indique-t-elle.
- Je comprends, mais ça va aller, assure-t-il. Viens, on va s'asseoir.
- Ok, accepte-t-elle en s'exécutant.


- Tu veux commencer? Demande-t-il.
- Oui, répond-elle.
- Alors je t'écoute, dit-il simplement.


- Je ne sais pas trop par où commencer, mais... déjà... tout est parti de travers sans que je m'en rende réellement compte. Je... j'étais déstabilisée quand j'ai pris la décision d'arrêter d'écrire des romans, avoue-t-elle. Bien sûr, j'ai conscience que j'en suis là de mon propre chef, parce que... tu m'encourageais à ne pas abandonner, sauf que... je me sentais mal à l'idée que le livre que je préférais par-dessus tous les autres, n'ait aucune réponse et ne soit pas publié. Et ça m'a fait vraiment mal. J'ai donc pris cette décision de chercher un travail différent, j'ai postulé un peu partout, jusqu'à ce que j'aie cet entretien au garage.


- Mais à ce moment-là, je n'avais aucune idée que j'allais tomber sur Kevin. La vérité, c'est que... quand je l'ai vu, je me suis revue près de dix ans en arrière, quand il m'a laissé tomber, après lui avoir annoncé ma grossesse... et le fait que je voulais garder le bébé. Enfin, tout ça, tu le sais, ajoute-t-elle.


- Continue, réclame-t-il.


- Je... je l'ai envoyé promener et je suis partie, même si... en le revoyant, j'étais totalement perdue, poursuit-elle. Et puis, il a demandé à me voir, il a insisté pour que je prenne ce travail de secrétaire, et il m'avait assuré qu'il ne déborderait pas. Et je m'excuse de te dire ça que maintenant, mais... certaines pauses déjeuner, je les passais avec lui, au restaurant. La plupart du temps, on discutait travail. Mais un jour, il a commencé à semer le doute dans mon esprit, quand il a dit que notre couple avait été trop rapide, mais aussi que... qu'il m'aimait toujours. Je ne sais pas pourquoi, mais dans ma tête et dans mon cœur, tout a basculé. Et puis, j'ai fini par penser que... que je retombais amoureuse de lui. C'est alors que j'ai voulu partir chez ma sœur pour tenter de me remettre les idées en place, mais ça ne s'est pas très bien passé, alors j'en suis repartie.


- Mais finalement, continue-t-elle, en arrivant ici, j'étais encore plus perdue que lorsque je suis partie. Alors je suis allée chez Kevin pour lui parler. Je ne sais pas expliquer pourquoi, mais je voulais savoir si ses sentiments étaient réels, alors que je te jure que je m'en foutais. Mais le fait qu'il le confirme m'a chamboulée. J'ai voulu m'en aller, il m'a embrassé de force, je l'ai giflé, mais... j'ai fini par lui rendre son baiser, et au final... nous avons...


- Couché ensemble, complète-t-il.


- Crois-moi, reprend-elle, jamais je n'aurais pensé être capable de faire une chose pareille. Jamais. D'autant que j'étais tellement heureuse avec toi, Valérie, Polo, Pepsi et les deux autres bouts de chou. Jamais je n'aurais pu rêver d'un aussi grand bonheur. Je ne sais pas pourquoi, mais... c'est comme si quelque chose n'était pas normal dans notre vie.


- Comment ça? Interroge-t-il sans comprendre.
- Je n'en sais trop rien, répond-elle. Mais... on ne se disputait jamais, on faisait souvent l'amour et c'était toujours extraordinaire. Notre fille est merveilleuse, et les animaux parfaitement dressés.
- Alors quoi? Réclame-t-il. Qu'y a-t-il de mal à avoir une belle vie sans problème?


- Justement, relance-t-elle mal à l'aise, je crois quel j'ai un sérieux problème, ou que je suis dérangée, parce que... moi-même, je n'arrive pas à expliquer pourquoi j'ai osé te mentir, te cacher la vérité et te tromper, alors que je n'ai jamais été aussi heureuse.


- Mais aujourd'hui, je me rends bien compte que j'ai tout gâché, et qu'il est impossible que ça s'arrange entre nous. En fait, je ne sais pas, ajoute-t-elle.
- [long silence]


- Vincent... qu'est-ce que... qu'est-ce qu'on fait? Demande-t-elle difficilement.
- Je n'en sais rien... je ne sais vraiment pas, lâche-t-il.

Chapitre 13

Chapitre 13

Dévastée et dépassée par la situation, Marianne pleure sans cesse pendant de longues minutes. Elle repense à ce que sa sœur lui a dit, mais aussi à ce que son mari lui a dit ce matin. Tout tourne en boucle dans sa tête...

… et elle finit par s'allonger, épuisée.

Elle ferme doucement les yeux, et elle se remémore quelques doux moments passés avec son mari.

Comme leur premier rendez-vous officiel.

- Quelle belle journée, commence t-il après un moment de silence.
- Oui, c'est vrai. J'ai passé un délicieux moment avec toi, appuie-t-elle. Et je...


- Oh, regarde celle-là! S'interrompt-elle en montrant une étoile.
- Magnifique, confirme Vincent. Et qu'est-ce que tu disais? Reprend-il en souriant.


- J'allais dire que, même si... depuis que nous nous connaissons et les nombreuses sorties que nous avons faites, j'ai toujours passé des moments géniaux avec toi, cette journée surpasse tout, continue Marianne. Et c'est tout simplement parce que tout est différent entre nous, que nous sommes enfin ensemble.


- Pour moi c'est pareil, tu sais? Je ne pensais pas vivre un tel bonheur, et maintenant que je l'ai, je ne veux pas le laisser filer... je ne veux pas... te laisser filer, dit-il en s'approchant davantage d'elle.
- Je n'ai pas envie d'être séparée de toi, jamais, appuie-t-elle. Je t'aime.


- Je t'aime aussi, termine-t-il avant de l'embrasser tendrement.

La demande d'emménagement et l'annonce de l'heureux événement.

- En fait, continue Vincent, si je dis que j'ai peur que tu le prennes mal, c'est dans le sens où... je pense que... que ça risque d'être rapide à tes yeux... mais euh... comment t'expliquer... voilà, tu sais combien je t'aime. Je suis fou de toi, et je suis vraiment très heureux avec toi. Et euh... je t'avoue que je pense beaucoup à... au fait que j'aimerais que toi et moi... on... on vive ensemble. Bien sûr, tu peux vouloir attendre, c'est normal. Mais je... j'ai cette idée depuis près de deux semaines, et... j'y pense tout le temps. Tu en penses quoi?
- Je suis trop heureuse! S'exclame-t-elle en lui sautant dans les bras.

- Ça veut dire oui? Demande-t-il en rigolant.
- Oh oui! Oui oui oui! Je suis totalement d'accord avec toi, et j'ai très envie qu'on vive ensemble, certifie-t-elle.


- Je suis si content de ta réaction, dit le jeune homme.
- Et moi de ta proposition, ajoute-t-elle en se laissant poser à terre.


- Tu veux qu'on parle de la maison dans laquelle on décide de vivre tous les deux? D'une date? De la façon dont on peut s'organiser? Demande Vincent. Ou alors...
- Attends, attends, dit-elle bien plus calme. En fait... je suis heureuse par ta proposition, et l'idée que nous vivions ensemble me réjouit, mais euh... avant toute autre chose, j'ai moi aussi un truc dont je dois te parler avant qu'on envisage quoi que ce soit d'autre.
- Il y a un problème? Interroge-t-il inquiet.


- Disons que... que ça dépend de la façon dont tu peux voir les choses, dit-elle.
- Hé bien, dis-moi, parce que je suis angoissé à mon tour, appuie le jeune homme.
- Voilà, je n'en suis pas certaine à cent pour cent, mais... Vincent... je... je crois que... que je suis enceinte, annonce Marianne difficilement.


- Attends, tu es sérieuse là? Demande-t-il réjoui.
- Oui, très sérieuse, répond-elle. Ça change quelque chose entre nous?
- Mais pas du tout! Au contraire! C'est une merveilleuse nouvelle! S'exclame le jeune homme en la prenant dans ses bras tendrement.

- Je ne pourrais pas être plus heureux! Je vais être papa avec la femme que j'aime plus que tout au monde! Continue t-il. Je suis au septième ciel.


- Ne te réjouis pas trop vite, reprend Marianne en se détachant de ses bras. Ce n'est pas encore une certitude. Mais tu sais que j'ai déjà été enceinte, et j'ai les mêmes symptômes que lorsque je l'ai été, alors...
- Alors il faut absolument qu'on sache! L'interrompt-il toujours aussi heureux.
- Je n'ai fait aucun test de grossesse encore, mais je pense que le mieux, c'est d'aller faire une prise de sang, lance-t-elle.


- Tout à fait. Et si tu veux, on peut y aller tout de suite, propose Vincent.
- Ça ne te dérange pas? Demande la jeune femme.
- Pas du tout, j'ai hâte de savoir, appuie Monsieur Odonel.

La demande en mariage.

- Marianne, mon cœur, tu es l'amour de ma vie. Le seul, l'unique, le véritable. Je n'ai jamais connu autant de joie, de sérénité... et de bonheur... que depuis que je suis à tes côtés. Tu portes notre bébé, le fruit de notre amour. Tu es la seule femme avec laquelle je suis prêt à tout affronter, la seule avec qui je me sens si bien, la seule avec qui j'ai envie de finir ma vie, ajoute-t-il en prenant un écrin dans la poche de son pantalon.


- Marianne Davis, acceptes-tu de devenir ma femme? Demande-t-il enfin.


- Oh oui! Oui Vincent, je veux être ta femme! Lance-t-elle sans cesser de sourire.


- Je t'aime mon cœur, dit-il en lui caressant le dos.


- Moi aussi je t'aime... je t'aime de tout mon cœur, mon amour, dit-elle.

Le retour de l'hôpital après l'accouchement.

- Elle est parfaite, reprend Vincent en caressant l'épaule de sa fiancée.
- Oui... c'est le plus beau bébé qui puisse exister, ajoute Marianne.
- Notre petite Valérie Davis-Odonel, continue-t-il en souriant.

Le mariage.

- Marianne, mon cœur, la première fois que je t'ai vue, j'ai eu le souffle coupé, dit-il. Ta beauté, ton sourire, tes yeux, ton charme, ta façon d'être, tout ce qui fait que tu es toi, m'a complètement envoûté. Je suis fou de toi, tu es celle pour qui mon cœur bat, et je suis heureux de pouvoir enfin devenir ton époux. Parce que je t'aime plus que tout au monde, et que c'est avec toi que je veux finir ma vie.


- Vincent, commence-t-elle, je n'ai pas eu de belles expériences par le passé, tu le sais bien. Tu sais tout de moi, parce que nous avons partagé une merveilleuse amitié pendant ces sept années, où je n'arrivais pas à exprimer mes sentiments, parce que la peur de te perdre me paralysait et m'en empêchait. Aujourd'hui encore, j'ai eu cette peur, mais c'est parce que je t'aime. Comme jamais je n'ai aimé auparavant. Toi aussi, tu m'as totalement séduite dès le premier instant où j'ai posé les yeux sur toi. Tu es homme merveilleux, attentionné, plein de charme et bienveillant. C'est à tes côtés que je me sens le mieux, et à mon tour, je te remercie pour cet amour que tu me donnes et pour la vie que nous avons, termine-t-elle très émue.


- Ça y est... tu es enfin ma femme, on a réussi, dit-il tout sourire.
- Oui... enfin. Je t'aime Vincent, dit-elle sans détourner le regard sur les invités qui ne cessent de les appeler.
- Je t'aime aussi, mon cœur, répond le jeune homme en l'embrassant encore.

La jeune femme sort tristement de ses doux souvenirs, et elle se relève en réalisant dans quelle triste réalité elle se trouve aujourd'hui.

Elle sait qu'elle est la seule responsable à ce qui lui arrive, mais elle ne peut s'empêcher de se dire que si elle n'avait pas recroisé la route de Kevin, elle n'en serait pas là.

Marianne passe un long moment à regarder au loin, à réfléchir et à se sentir coupable.

Par la suite, elle se lève et retourne à sa voiture pour reprendre la route.

Elle s'arrête dans la propriété de Kevin Williams, elle stationne, sort de voiture, et prend les escaliers pour aller frapper à la porte.



- Marianne, dit Kevin en ouvrant la porte, merci d'être revenue. Je te demande pardon pour mon attitude, j'aurais dû...


- Ne te fatigue pas, l'interrompt-elle. J'ai fait la plus grande erreur de toute ma vie en acceptant de t'adresser la parole... je n'ai fait qu’enchaîner les conneries en me mettant à travailler pour toi... et encore pire quand on a couché ensemble.


- Je suis vraiment désolé, s'excuse-t-il en approchant et en refermant la porte. Je ne voulais pas te brusquer ou te faire du mal, tout à l'heure. Je l'avoue, j'avais très envie de toi, et j'ai pensé que ça t'aiderait, mais j'ai vraiment eu tort, et sincèrement, je m'en excuse. Ça ne se reproduira plus.


- Ça, tu peux être certain que ça ne risque pas d'arriver à nouveau, appuie-t-elle.
- Pourquoi tu dis ça? Interroge-t-il.
- Je vais être honnête avec toi, relance-t-elle, je croyais que mes sentiments pour toi étaient revenus... que tout remontait à la surface, mais j'ai fait fausse route.
- Réfléchis bien, suggère-t-il. Tu sais, je serai toujours là pour toi, et je...
- Vincent a toujours été là pour moi, l'interrompt-elle, ça, c'est indéniable. Mais toi? Non... tu ne l'as jamais été. Toi, tu m'as laissé tomber comme une merde, et aujourd'hui, je suis redevenue une merde en acceptant de t'approcher, mais... tu es pire que moi. Clairement pire qu'une vraie merde qui ne fait que du mal.


- Surveille ton langage, rétorque-t-il. Et puis... d'où tu oses me dire ça?


- Je sais que tu n'as pas changé, appuie-t-elle, et que tu ne m'aimes pas.
- Comment tu peux dire ça? Demande-t-il.
- Quand on aime quelqu'un, on ne fout pas le bordel dans sa vie, répond-elle. Et on ne couche pas avec dès le premier jour.
- Tu étais consentante, rappelle-t-il.
- J'étais paumée, et tu as profité de la situation, indique-t-elle. Je ne me cherche pas d'excuse, mais tu as tiré parti d'un moment de faiblesse pour coucher avec moi. Et tout à l'heure, tu me l'as prouvé une nouvelle fois. Je n'allais pas bien, et tu voulais recommencer.


- Je suis vraiment désolé, s'excuse-t-il. Et je suis prêt à faire ce qu'il faut pour te montrer que je suis loin de...


- Ma lettre de démission sera sur ton bureau demain matin, l'interrompt-elle. Je ne veux plus jamais avoir affaire à toi, et je veux que tu disparaisses de ma vie. Je vais te bloquer sur mon téléphone, et je vais changer d'adresse mail. Et je vais bientôt déménager... au moins, je suis sûre de ne plus jamais te croiser, ajoute-t-elle en commençant à partir.


- Attends, réclame-t-il.


- Quoi? Interroge-t-elle en se retournant.


- Je... je, bafouille-t-il sans savoir quoi dire, je voudrais... euh...


- Adieu, Kevin, lâche-t-elle en partant sans se retourner.

Dès que la jeune femme monte en voiture, elle quitte la propriété de son ex, et elle prend ensuite le chemin de son domicile.

Marianne est déterminée à tout faire pour arranger les choses avec son mari, et elle poursuit sa route avec cette seule idée en tête.

Mais quand elle arrive aux abords de la propriété, la jeune femme sent son cœur se serrer, et l'angoisse commence à monter.

Une fois stationnée devant le garage, elle sort de voiture et se dirige jusqu'à la porte.

Mais quand elle est devant, elle bloque pendant quelques instants, et elle redoute le fait d'être rejetée par son mari...

… alors elle retourne devant le garage.

Marianne s'effondre sur le capot de sa voiture, tellement perdue et désemparée, qu'elle n'a aucune idée de ce qu'elle doit vraiment faire.

La belle jeune femme se demande si elle a vraiment le droit d'importuner Vincent, alors qu'elle lui a menti, qu'elle l'a trahi et blessé. Elle s'interroge sur ce qu'elle va devenir sans lui, et sans sa fille, mais elle se doute que le combat est perdu d'avance.


- Qu'est-ce que tu fais là? Demande Vincent en l'interrompant dans ses pensées.

Marianne ne s'attendait pas du tout à ce qu'il la voit et sorte. Et bien qu'elle hésite, Madame Odonel se décide à le rejoindre.


- J'ai besoin de te parler, commence-t-elle.


- Je n'ai rien à te dire, et j'ai encore moins envie de t'entendre, balance-t-il.


- Je t'en supplie, réclame-t-elle tremblante, laisse-moi te parler. C'est tout ce que je te demande. J'ai vraiment besoin de...


- Un conseil, l'interrompt-il, va te faire consoler dans les bras de ton mec.


- Je te demande seulement une chance de m'expliquer, reprend-elle.


- Et parce que tu crois vraiment que tu mérites cette chance? Interroge-t-il.
- Non, répond-elle. Tu as absolument raison, je suis très loin de mériter l'occasion de m'expliquer, de te dire ce que je ressens et dans quel état je suis.
- Alors qu'est-ce que tu fais encore là? Réclame-t-il froidement. Si tu sais que tu n'as rien à faire ici, que tu sais que je ne veux rien de toi, pourquoi tu es encore là, devant moi?


- Parce que j'en ai besoin, et parce que je te le dois, indique-t-elle. Je suis consciente que jamais ça ne pourra s'arranger entre nous, mais j'ai vraiment besoin de tout t'expliquer, que tu saches tout ce qui m'est passé par la tête quand j'ai fait n'importe quoi. Et ensuite... je partirais et je te laisserais tranquille.


- Bien, c'est d'accord, accepte-t-il après avoir hésité. Je t'écoute.
- Je peux entrer? Demande-t-elle.
- Non, refuse-t-il immédiatement. Dis ce que tu as à dire ici, sinon, tu peux partir.


- Très bien, acquiesce-t-elle. Alors voilà, je sais que je n'ai absolument aucune excuse, et... mais j'ai besoin d'expliquer qu'en fait... hé bien... moi-même je.... je ne sais pas ce qui s'est passé en moi.


- Dans ce cas, je vais te le dire, lance-t-il. Du jour au lendemain, tu t'es mise à me cacher des choses. Comme le fait d'aller travailler pour un connard qui t'a largué comme une merde. Tu m'as caché ça pendant des mois. Et en plus de ça, tu m'as laissé tomber sans explications, et tu es partie chez ta sœur d'une minute à l'autre, en m'abandonnant, et sans me prévenir que tu étais bien arrivée là-bas, ou que tu reprenais la route pour rentrer, comme si je ne valais rien à tes yeux.


- Et le jour où tu reviens, poursuit-il, au lieu de venir discuter avec moi, tu as préféré aller chez ton ex, pour t'envoyer en l'air avec lui, alors que ta sœur et moi, nous étions morts d'inquiétude à l'idée qu'il te soit arrivé quelque chose. Voilà ce qui s'est passé. Et finalement, je ne suis pas prêt à en entendre davantage de ta part. Alors dis-moi quelle est ta nouvelle adresse?


- Quoi? Réclame-t-elle abasourdie. Comment ça, ma nouvelle adresse?


- Ne t'en fais pas, rétorque-t-il, je n'ai pas l'intention d'aller casser la gueule de ton chéri. Après tout, c'est toi qui m'as trompé, pas lui. Je veux seulement savoir à quelle adresse je fais envoyer les papiers du divorce.

En entendant cela, Marianne bloque et détourne le regard, sans réussir à répondre.

- Bien, tu n'auras qu'à m'envoyer un texto avec l'adresse, lâche-t-il avant de lui tourner le dos pour rentrer.

Après un court moment, trop secouée par ce qui vient de se passer, Marianne remonte dans sa voiture et quitte la propriété.

Elle retourne alors sur le lieu de travail de son mari, la plage Sud.

Elle marche jusqu'aux chaises longues...

… et elle s'y installe pour y dormir, étant donné qu'elle n'a aucun autre endroit où aller, et qu'elle ne veut pas aller dans un hôtel.

Le lendemain matin, très tôt, Marianne quitte la plage Sud.

Elle stationne non loin d'un bar, elle y entre dès l'ouverture, afin d'aller aux toilettes, de se rafraîchir, et de prendre un café.

Un peu plus tard, elle reprend la route...

… elle passe devant la plage Sud, où elle y voit le pick-up de Vincent...

… et elle poursuit son trajet, bien malgré elle et son envie de retenter de lui parler.

Par la suite, elle se rend à KWS Audi pour la dernière fois, afin de faire et laisser sa lettre de démission sur le bureau de Kevin Williams, avant de reprendre la route.

Au bout de la ville, près du phare de Roaring, Marianne s'arrête sur la plage, sort de voiture, et marche jusqu'au bord de l'eau.

Puis, elle prend son téléphone portable, et appelle la nounou de sa fille.


- Allô? Dit Christine en décrochant.
- C'est Marianne, s'annonce-t-elle. Laissez-moi voir ma fille.
- Je ne peux pas, répond Christine. Votre mari le saura, et j'aurais des ennuis.
- Je vous en supplie, réclame Marianne. C'est ma fille! Ma fille!
- Je suis désolée, s'excuse Christine, mais je refuse de prendre cette responsabilité.
- Pitié, insiste Marianne. J'ai besoin de ma fille, vous ne pouvez pas me faire ça.
- Je n'ai pas le choix, indique Christine. Je ne sais pas ce qui se passe avec votre mari, et je suis vraiment désolée, mais je ne peux pas faire autrement. Je dois vous laisser maintenant, au-revoir, ajoute Christine avant de raccrocher.

Juste après, Marianne cherche le numéro de sa petite sœur et lance l'appel.

- Allô, dit Marylou en décrochant.
- Salut, lance Marianne. Est-ce que ça va?
- Ça va, répond simplement Marylou. Mais qu'est-ce que tu veux?
- Je voudrais te parler, indique Marianne.
- Je t'écoute, rétorque Marylou.
- Voilà, je... j'ai totalement perdu les pédales, commence Marianne. J'ai conscience d'avoir fait vraiment n'importe quoi, et... je n'arrive pas à parler à Vincent, parce qu'il ne fait que me rejeter. En plus, je ne peux même plus voir ma fille, parce qu'il me l'interdit et qu'il a donné des ordres à la nounou.
- Et qu'est-ce que tu veux j'y fasse? Interroge Marylou.
- Je n'en sais rien, répond Marianne. Je... je suis désespérée.
- Qu'en pense Kevin? Réclame froidement Marylou.
- Rien, reprend Marianne, nous ne... nous ne sommes pas ensemble, et c'est fini, je ne retournerai jamais le voir. Je... j'ai fait ma lettre de démission et je l'ai laissée sur son bureau, avant qu'il n'arrive ce matin. C'était une grosse erreur d'aller vers lui, que ce soit pour le boulot, ou... ou quand j'ai couché avec lui. Et je sais qu'il est trop tard pour revenir en arrière.
- J'aimerais vraiment t'aider, relance Marylou, mais je ne vois pas ce que je pourrais faire. Il va falloir que tu te débrouilles toute seule.


- Tu me laisses tomber, lâche tristement Marianne.
- Je suis désolée, mais je ne peux vraiment rien faire. Je m'en suis beaucoup voulu d'avoir porté un jugement sur toi, sur tes agissements, mais... là, je n'ai plus envie de faire d'efforts. Tu aurais vraiment dû réfléchir avant de détruire ta famille, balance Marylou avant de raccrocher.

Marianne fixe son écran pendant quelques instants, et elle commence à pleurer, avant de ranger son téléphone portable dans sa poche.

Elle essaie de se ressaisir, mais elle n'y parvient pas et s'effondre à genoux, anéantie.

En milieu d'après-midi.

Marianne Odonel quitte la plage près du phare de Roaring, et reprend la route.

Elle va tout droit jusqu'à la plage Sud...

… elle stationne, sort de voiture...

… et elle rejoint son mari.

- Vincent, commence-t-elle en approchant.


- Qu'est-ce que tu fais ici? Demande-t-il en se levant.


- Il faut absolument que je te parle, répond-elle.


- Non, je ne veux pas, refuse-t-il. Je travaille, et j'ai autre chose à faire que d'écouter tes mensonges.


- Je t'en supplie, réclame-t-elle au bord des larmes, je veux juste...


- Tu n'as pas entendu ce que j'ai dit? DÉGAGE D'ICI! Hurle-t-il en l'interrompant.

Horriblement mal à l'aise et triste, Marianne part en courant jusqu'à sa voiture...

… où elle s'effondre en larmes avant de monter à bord.

La belle jeune femme n'a jamais vu Vincent ainsi. Elle sait qu'elle lui a fait beaucoup de mal, après ce qu'elle a fait, mais il ne lui avait jamais parlé ainsi. Il n'a jamais été aussi froid, distant, et presque méchant envers elle.

Marianne est véritablement bouleversée, et tente de se calmer, mais elle n'y arrive pas.

Dès qu'elle se sent à peu près capable de reprendre la route, elle monte dans sa voiture, et elle s'en va jusqu'à la plage du phare, pour le reste de la journée.

Plus tard, en début de nuit.

Marianne traverse la ville...

… et elle retourne à la plage Sud.

Comme hier soir, il n'y a plus personne, alors elle descend jusqu'aux chaises longues...

… et elle s'installe à l'une d'elles pour tenter de s'y reposer le reste de la nuit.

Le lendemain matin.

Marc, le collègue et ami de Vincent, arrive à la plage Sud pour prendre son service.

Quand il stationne dans le parking, il remarque la voiture de Marianne, et en sortant de son pick-up, il regarde partout, mais il ne voit pas la jeune femme.

Et en approchant du bord du parking, il observe davantage les lieux, et il remarque quelque chose qui dépasse d'une chaise longue, alors il commence à approcher.

Mais il se met à courir au plus vite...

… dès qu'il voit qu'une personne est à terre.

Et en arrivant à côté d'elle, il découvre qu'il s'agit de la femme de Vincent.


- Marianne? L'appelle-t-il. Marianne, tu m'entends?


- Marianne? Répète-t-il plusieurs fois avant de commencer à prendre son pouls.

Pendant ce temps, Vincent Odonel arrive sur les lieux...

… et en voyant la voiture de sa femme, il sent la colère monter en lui.

Dès qu'il est stationné, il regarde à l'intérieur de la voiture, mais il n'y voit personne, alors il cherche son collègue et le rejoint.

- Salut, lance Vincent en approchant. Qu'est-ce qui se passe?


- C'est Marianne, annonce Marc.


- Et qu'est-ce qu'elle fait là? Interroge Vincent.
- Je n'en sais rien, répond Marc, mais elle ne respire plus. Qu'est-ce qui s'est passé?


- Mais, je... je ne sais pas, lance Vincent très inquiet.
- Il faut appeler une ambulance, appuie Marc. Je ne sens presque plus son pouls.
- Vas-y, et fais vite! Je reste avec elle, rétorque Vincent en se dépêchant de la prendre dans ses bras.
- Ok, acquiesce Marc en partant en courant.



- Marianne, l'appelle-t-il, dis-moi que tu m'entends.
- [silence]

- S'il te plaît, fais un effort, tu n'as pas le droit de me lâcher, ajoute-t-il.


- [silence]

- Tu ne peux pas me faire ça, je t'en prie, tiens le coup, poursuit-il terrorisé. Tu ne peux pas partir de cette façon! Pas déjà! Pitié, tiens bon.
- [silence]


- Reste avec moi, chérie, réclame-t-il en commençant à pleurer. Reste avec moi.

Chapitre 12

Chapitre 12

Le lendemain matin.

Chez Marianne et Vincent Odonel.


- […] Très bien, je vous remercie, au-revoir, termine-t-il avant de raccrocher avec un énième hôpital.

Juste après, le beau sauveteur pose son téléphone portable à côté de lui et s'effondre en larmes, anéanti et horriblement angoissé, à l'idée qu'il soit arrivé malheur à sa femme.

Un peu malgré lui, il se lève pour s'occuper de sa fille, lorsque celle-ci se met à pleurer.

Une fois qu'il a fait prendre son bain à Valérie et qu'il l'a habillé, il revient dans le séjour avec elle...

… et il a une énorme surprise devant lui.

Vincent stoppe net, avec un soulagement énorme qui s'installe enfin en lui.

Et lorsque Marianne se relève et se retourne...

… Vincent dépose sa fille dans le parc...

… et il s'empresse de rejoindre sa femme, pour la prendre dans ses bras.


- Oh, mon amour, je suis tellement heureux de te voir, dit-il en la serrant fort.

Madame Odonel ne répond rien...

… tandis qu'il se détache doucement d'elle et ferme les yeux.


- J'étais tellement inquiet, ajoute-t-il. J'ai vraiment eu peur qu'il te soit arrivé quelque chose sur la route. Je n'arrivais pas à te joindre... ta sœur non plus, et...


- Est-ce que je peux te parler? Demande-t-elle en l'interrompant.
- Oui, bien sûr, accepte-t-il.


- C'est... ce n'est vraiment pas facile à dire, rétorque-t-elle. Et je ne sais pas comment m'y prendre pour...


- Tu sais que tu peux tout me dire, appuie-t-il. Absolument tout. Je t'aime de tout mon cœur, mon amour. Et je serai toujours là pour toi, quoi qu'il arrive.


- C'est fini... je te quitte, lâche-t-elle soudainement.
- Pardon? Réclame-t-il choqué. Tu peux répéter?
- Je ne peux pas rester avec toi, dit-elle au bord des larmes.


- Tu ne m'aimes plus? Interroge-t-il.
- [silence]

- Bon... est-ce que... est-ce que j'ai dit... ou fait quelque chose qui ne fallait pas? Demande-t-il. Et ne peut-on pas en parler pour tout arranger?
- Tu n'as absolument rien fait de mal, assure-t-elle. Tu as toujours été merveilleux.
- Dans ce cas, explique-moi où est le problème, réclame-t-il.


- Ça fait des mois que je te mens, reprend-elle, et... j'ai commis l'irréparable.
- Comment ça? Interroge-t-il très inquiet. Tu as des problèmes de santé?
- Non, répond-elle, je vais bien.
- Alors que se passe-t-il? Insiste-t-il.
- Mon travail de secrétaire... c'est... enfin... mon patron, c'est Kevin, avoue-t-elle.


- Quoi? Lâche-t-il choqué. Tu parles du mec qui t'a laissé tomber parce qu'il ne voulait pas...


- Oui, confirme-t-elle en l'interrompant, c'est lui.


- Comment tu as pu accepter de travailler pour une ordure pareille? Demande-t-il.


- Il disait avoir changé, et... je voulais tellement travailler au plus vite, que... j'ai accepté pour pouvoir bosser et oublier mon roman, explique-t-elle.


- Alors... en fait... si j'ai bien compris, ça fait plusieurs mois que... que tu passes tes journées avec ton ex, réalise-t-il.
- Oui, répond-elle en baissant la tête. Je suis vraiment désolée, je... je me doutais que tu ne le prendrais pas bien. Mais... ce n'est pas tout.
- Quoi? Réclame-t-il. Qu'y a-t-il de plus à ça?


- Cette nuit... j'ai... j'ai passé la nuit chez lui, lâche-t-elle.


- Pourquoi? Interroge-t-il. Tu n'osais pas rentrer? Tu es allée le voir pour démissionner? Il te harcèle? Tu veux que j'aille le voir pour...
- J'ai couché avec lui, annonce-t-elle en l'interrompant.

Très soudainement, Vincent attrape sa femme par le bras et l'emmène dehors.

- Qu'est-ce que tu fais? Demande-t-elle surprise.


- Vincent, réclame-t-elle, je t'en prie, je ne trouve pas ça drôle.
- Je ne plaisante pas, rétorque-t-il en la lâchant. Tu ne remettras plus les pieds dans cette maison, et je ne te laisserai plus jamais approcher de Valérie.


- Tu n'as pas le droit de faire ça! C'est ma fille! S'exclame-t-elle.
- Tu aurais dû y réfléchir avant, termine-t-il en retournant à l'intérieur.


- Vincent! L'appelle-t-elle.


- Vincent! Répète-t-elle en tapant plusieurs fois à la porte. Je t'en prie, ouvre-moi! J'ai besoin de voir ma fille!


- Il faut qu'on en discute! Ajoute-t-elle en entendant de la musique démarrer et en tapant plus fort. Vincent! Pitié!


- Pitiééé, réclame-t-elle en poussant la porte.

Après plusieurs minutes, la jeune femme s'effondre par terre et commence à pleurer.

Un peu plus tard, Christine arrive et stationne, tandis que Marianne se relève.

La nounou sort de voiture et se dirige jusqu'à Marianne, mais Vincent arrive.

- Bonjour Madame, lance Christine en souriant.
- Bonjour, répète Marianne.
- Entrez Christine, réclame-t-il.
- Mais je voudrais saluer votre femme, dit Christine.
- Entrez immédiatement, ordonne-t-il.


- Vincent, l'appelle Marianne. S'il te plaît, je voudrais juste...
- Va voir ton mec, l'interrompt-il froidement avant de claquer la porte.

À l'intérieur.

- Monsieur, commence Christine, excusez-moi, mais... que se passe-t-il?
- Précisez votre question, réclame-t-il.
- Avec votre femme, répond-elle.


- Ça ne vous concerne pas, lance-t-il. Vous êtes ici pour vous occuper de ma fille, et rien d'autre. Mes histoires avec Marianne, ça ne regarde que nous. Alors maintenant, soyons clairs. Marianne n'a plus le droit d'entrer ici, d'approcher ou de voir Valérie. D'accord?


- Pourquoi ça? Interroge-t-elle.
- C'est ainsi, et je ne répondrai à aucune question, indique-t-il. Si Marianne arrive à approcher Valérie ou à entrer dans la maison, je vous renvoie. C'est assez clair?
- Très bien, acquiesce-t-elle. Dans ce cas, je n'irais pas au parc... et je ne sortirai votre fille que dans le jardin.


- Non, ne la sortez pas dans le jardin, précise-t-il. Marianne pourrait sauter la barrière pour la voir, et c'est hors de question. Vous restez enfermée ici, et vous n'ouvrez pas la porte. Vous avez bien compris?
- Oui, c'est bon, appuie-t-elle. Je sais que ça ne me regarde pas, mais... j'aimerais comprendre ce qui se passe.
- Et j'ai déjà dit que ça ne vous regarde pas, donc fin du sujet. Cela dit, si vous n'êtes pas capable de tenir les consignes, vous pouvez partir, et je m'occuperai moi-même de ma fille, balance-t-il.


- Non, ça ira, assure-t-elle mal à l'aise. Je ferai ce que vous m'avez dit.

Peu après, Vincent sort de la maison et verrouille derrière lui en ignorant Marianne.


- Attends! Réclame-t-elle en courant pour le rejoindre.
- Qu'est-ce que tu veux encore? Demande-t-il en se retournant.


- De quel droit tu m'interdis de rentrer chez moi et de voir ma fille? Interroge la jeune femme.


- Je t'ai déjà répondu. Tu n'as qu'à réfléchir sérieusement à ce que tu as fait, avant d'oser demander des comptes, lâche-t-il avant de monter dans son pick-up.

Madame Odonel regarde son mari démarrer et partir, et s'effondre en larmes, anéantie.

Un peu après, comprenant qu'elle ne pourra clairement pas rentrer dans sa maison, Marianne remonte dans sa voiture et prend la route.

Elle ne s'arrête que chez Kevin, et sort de voiture pour monter frapper à la porte.

Malgré son insistance, il ne vient pas ouvrir. Puis, elle finit par réaliser que sur les trois voitures de son ex, il en manque une, et vue l'heure, elle imagine qu'il est au travail.

Alors elle retourne à sa voiture, se met en route...

… et elle va tout droit jusqu'à KWS Audi.

Dès qu'elle a stationné sa voiture, elle va jusqu'au deuxième étage...

… et sans frapper au bureau de Kevin, elle entre.

- Il faut que je te... oh pardon, s'excuse-t-elle en découvrant un autre homme.
- Marianne, dit simplement Kevin.


- Je suis désolée de vous interrompre, reprend-elle, mais il faut que je te parle.


- Je suis avec un client, dit Kevin. Ça ne peut pas attendre?
- Hé bien... pas vraiment, rétorque-t-elle.
- Je vous en prie, intervient le client, j'ai le temps. Je vous attends.


- Très bien, acquiesce Kevin en se levant. Je me dépêche.
- Prenez votre temps, je vous assure, appuie le client.
- Merci, remercie Kevin en sortant du bureau avec Marianne.


- Bon, qu'y a-t-il? Interroge-t-il. Et essaie de faire vite, parce que c'est un gros client et il s'apprête à m'acheter les trois sportives les plus chères, et je n'ai clairement pas envie de louper cette vente. Mais... tu as pleuré?


- Je suis vraiment désolée de te déranger dans ton travail, s'excuse-t-elle, mais... je ne sais plus où aller.
- Pourquoi? Qu'est-ce qu'il y a? Demande-t-il.
- Mon mari m'a jeté dehors, et il ne veut plus que j'approche ma fille, dit-elle.


- Je suis désolé pour toi, rétorque-t-il.
- Je sais que je ne devrais pas, reprend-elle, mais... est-ce je peux m'installer provisoirement chez toi? Pas longtemps... juste le temps de trouver une solution.
- Oui, accepte-t-il, et le temps que tu voudras. Tu veux y aller tout de suite?


- Non, refuse-t-elle. Je... je crois que je vais me remettre au travail, ça devrait m'aider à m'occuper l'esprit.
- Très bien, acquiesce-t-il. Alors on rentrera ensemble.
- D'accord, et merci, remercie-t-elle.
- Avec plaisir. À tout à l'heure, termine-t-il en retournant à son bureau.
- À tout à l'heure, répète-t-elle en s'installant au sien.

Pendant ce temps, à la plage Sud.

La journée est calme, et Vincent s'est isolé devant le poste de garde, où Marc le rejoint.


- Alors... est-ce que tu as des nouvelles de Marianne? Demande Marc.
- [silence]

- Vincent? L'appelle Marc. Est-ce que ça va?


- Ça va, lâche Vincent d'une voix tremblante.
- Est-ce que tu as pu voir Marianne... ou lui parler? Interroge Marc.
- Je n'ai pas envie de parler, et je veux qu'on me foute la paix, lâche Vincent.
- Ok, je n'insiste pas, rétorque Marc en repartant.

Un peu plus tard.

Un touriste est en train de se noyer...

… et Vincent fonce à son secours.


Mais le touriste perd connaissance pendant le sauvetage et il ne respire plus.

Vincent lui fait alors un massage cardiaque, et le cœur du touriste repart rapidement.


- Oh, merci infiniment, Monsieur, vous m'avez sauvé la vie! Remercie le touriste.
- Je n'ai fait que mon travail, appuie Vincent.
- Comment je peux vous remercier? Interroge le touriste. J'ai beaucoup d'argent, et je peux vous faire un chèque du montant que...


- Ce n'est pas nécessaire, l'interrompt Vincent. Vous êtes en vie, c'est la meilleure récompense à mes yeux.
- Vous êtes vraiment formidable, merci beaucoup, vraiment! Dit le touriste.
- Avec plaisir, et faites bien attention à vous, rétorque Vincent.
- C'est promis, assure le touriste en partant. Merci encore!

Juste après, le beau sauveteur retourne à sa chaise pour poursuivre sa surveillance...

… et en prenant son téléphone portable, il découvre plusieurs appels manqués de Marylou, la petite sœur de Marianne. Alors il lui envoie un message.

Vincent : Salut. Je suis au travail. Je finis dans 2 heures, je t'appelle après. Bisous.

Peu après 19h, à KWS Audi.

Kevin et Marianne quittent leurs bureaux...

… et ils rejoignent le parking en silence.

Puis, ils montent en voiture et se suivent jusque chez Kevin Williams.

Dès qu'ils sont tous les deux stationnés, ils montent et entrent dans la maison.

Mais à peine ont-ils franchi la porte d'entrée, que Kevin plaque la belle jeune femme et se met à l'embrasser dans le cou, tout en lui maintenant les mains au-dessus de la tête.


- Qu'est-ce que tu fais? Demande-t-elle en le repoussant.


- J'ai très envie de toi, répond-il.


- Tu n'as pas compris que je n'allais pas bien? Interroge-t-elle.


- Si, bien sûr, assure-t-il. Mais... je... enfin... je pensais que ça t'aiderait à penser à quelque chose d'autre.


- Le sexe ne résout pas tout, balance-t-elle en partant.

Marianne retourne à sa voiture, monte à bord, démarre...

… et elle se met en route.

La jeune femme s'arrête à la plage Sud, stationne et sort de voiture.

Elle regarde partout autour d'elle, tout en marchant jusqu'au bord de l'eau, et constate qu'il n'y a absolument personne aux alentours.

Et après quelques secondes, elle s'effondre par terre.

Madame Odonel réalise à quel point tout s'effondre dans sa vie. Et elle regrette amèrement d'avoir accepté de travailler pour Kevin, parce que tout a dégringolé à ce moment-là, alors qu'elle a conscience à quel point elle était heureuse avant.

Moins d'une demi-heure après, le téléphone portable de Marianne se met à sonner.

Elle se lève, le récupère dans sa poche et répond en découvrant qu'il s'agit de sa sœur.


- Allô? Dit Marianne en décrochant.
- Tu n'as pas honte de ce que tu as fait?! S'exclame Marylou en colère.


- Comment ça? Interroge Marianne. De quoi tu...
- Ne fais pas l'innocente! L'interrompt Marylou. J'ai eu Vincent au téléphone, et je n'arrive pas à croire que ma grande sœur, celle qui a toujours été honnête et droite ait osé faire une chose pareille! Alors je veux l'entendre de ta bouche! Je veux savoir si c'est vrai que tu as couché avec ce putain de connard de Kevin?


- Oui, c'est vrai, confirme difficilement Marianne.
- MAIS COMMENT TU AS PU FAIRE ÇA? Hurle Marylou dans une colère noire.


- Je... je, bafouille Marianne horriblement mal à l'aise, j'ai...
- NON MAIS SÉRIEUSEMENT! Continue de hurler Marylou. COMMENT TU AS PU OSER DÉTRUIRE TOUTE TA VIE POUR UN MEC QUI T'A ABANDONNÉ COMME UNE MERDE?! ET COMMENT TU PEUX ÊTRE AMOUREUSE D'UN MEC COMME ÇA?! COMMENT?!
- Je réfléchissais justement là-dessus, reprend Marianne, et en réalité, je crois...
- C'EST ÇA! Hurle encore Marylou avant de raccrocher.


- Je me suis trompée, lâche Marianne en fixant l'écran de son téléphone portable.

Chapitre 11

Chapitre 11

Marylou relit plusieurs fois la lettre que sa grande sœur a laissée en partant...

… tandis que Chris se demande ce que fait sa femme et monte la rejoindre.


- Alors? Réclame-t-il en approchant. Marianne se prépare?


- Chérie? L'appelle-t-il. Ça ne va pas?
- Lit ça, suggère-t-elle en lui montrant la feuille et en quittant la chambre.

Le beau footballeur s'exécute, et il découvre alors que sa belle-sœur est partie pendant la nuit.

Juste après, Chris se met à la recherche de son épouse, et il la trouve sur la terrasse de leur chambre.

- Chérie... est-ce que ça va aller? Demande-t-il.


- Je n'en sais rien, répond-elle déphasée.


- Il y a quelque chose que je peux faire? Demande-t-il.
- [silence]

- Tu veux que je te laisse tranquille? Interroge-t-il.


- Je me sens nulle, lâche-t-elle en se retournant.
- Pourquoi ça? Réclame-t-il.


- Ma sœur avait besoin de moi, et je n'ai pas su faire ce qu'il fallait pour l'aider, répond-elle.
- Il ne faut pas que tu penses comme ça, reprend-il. Dans la situation de Marianne, c'est compliqué de l'aider... et elle est la seule à pouvoir se sortir de tout ça.
- Elle a toujours été là pour moi, appuie-t-elle. Toujours. Tandis que moi... je ne peux clairement pas en dire autant.


- C'est faux, assure-t-il. Vous êtes mutuellement présentes l'une pour l'autre.


- Je n'ai vraiment pas cette impression. Marianne a toujours été une vraie grande sœur pour moi. Quand nos parents nous ont abandonnés, elle a endossé le rôle de parent envers moi, et je me suis toujours reposée sur elle, rappelle-t-elle. Aujourd'hui, je crois que j'ai dépassé les limites... et que c'est quand elle a eu le plus besoin de moi, qu'elle a dû ressentir que je l'abandonnais, parce que... je n'ai fait que porter un jugement, alors qu'elle n'allait pas bien.


- Chérie... Marianne était beaucoup trop perdue pour que qui que ce soit réussisse à l'aider, relance-t-il. Et comme elle l'a dit dans sa lettre, elle va faire face.
- J'aurais tellement voulu qu'elle reste davantage pour pouvoir l'aider, dit-elle.
- C'est ce que tu as fait en l'accueillant ici, appuie-t-il en la prenant dans ses bras.


- Surtout sois rassurée, ajoute-t-il en la serrant tendrement contre lui, Marianne a la tête sur les épaules, et elle réussira à savoir ce qu'elle doit faire. Et... tout redeviendra comme avant.
- Je l'espère, lâche-t-elle tristement.

Quelques heures plus tard, Marianne est sur une aire de repos pour boire un café.

Seule, assise à une table, elle ne cesse de réfléchir à tout, depuis le moment où elle s'est retrouvée face à Kevin, il y a quelques mois...

… et elle n'arrive vraiment pas à comprendre pourquoi elle ne réussit pas à savoir ce qu'elle doit faire. Elle ne s'est jamais autant senti autant perdue et désemparée de toute sa vie. Mais après presque une demi-heure, elle se décide à remonter en voiture pour poursuivre sa route, en espérant savoir où elle en est avant d'arriver à destination.

Pendant ce temps, à Roaring.

Christine Vans, la nounou de Valérie, s'amuse avec cette dernière dans le jardin...

… tandis que Vincent est sur la plage, en train de travailler avec Marc. Après un sauvetage, Monsieur Odonel s'isole un peu plus loin, tandis que son collègue le rejoint.


- Tu as l'air totalement ailleurs, lance Marc.
- C'est sûrement vrai, rétorque Vincent. Désolé.


- Ne t'excuse pas, reprend Marc en se tournant vers son ami. Je peux comprendre ta situation, même si je ne la vis pas... mais... tu devrais faire quelque chose.
- Et quoi? Réclame Vincent.


- Prends quelques jours de congé, suggère Marc.
- Pour quoi faire? Interroge Vincent en se tournant à son tour.
- Je ne sais pas, répond Marc. Te reposer... réfléchir... ou au moins pour...


- Ça ne servirait à rien, l'interrompt Vincent. Et je n'ai pas à réfléchir, parce que je ne vois absolument rien qui explique pourquoi ma femme a décidé de me quitter du jour au lendemain.
- Alors pour te reposer, relance Marc.
- Je ne me reposerai pas davantage en restant chez moi, assure Vincent. Ce serait pire, parce que je ne ferai que penser à Marianne, cogiter, tourner en rond et déprimer. J'ai besoin de bouger. Et au moins ici, je m'occupe et je suis utile.


- Comme tu veux, rétorque Marc. Mais tu devrais tout de même y réfléchir, parce que... tu pourrais louper un sauvetage, et les conséquences de...


- Ça n'arrivera pas, appuie Vincent. Je sais ce que je fais, et je continuerai de travailler. Fin de la discussion, ajoute Vincent avant de s'éloigner.

Plus tard, en fin d'après-midi.

Vincent est au poste de garde, et il surveille la plage, tandis que son téléphone portable se met à sonner. Il découvre qu'il s'agit de Marylou, la petite sœur de sa femme. Inquiet qu'il se soit passé quelque chose, il se dépêche de répondre.


- Allô? Dit-il en décrochant.
- Salut, commence Marylou. Est-ce que ça va?
- Qu'est-ce qui se passe? Interroge-t-il en panique.
- Comment ça? Demande Marylou.


- Hé bien... depuis que Marianne est partie, elle ne m'a plus donné de nouvelles, alors... si tu m'appelles, je... j'ai peur qu'il lui soit arrivé quelque chose, dit-il.
- C'est-à-dire que... Marianne est partie cette nuit, dans les environs de 3h, apparemment. Elle m'a laissé une lettre, indique-t-elle. Mais... vu l'heure qu'il est, je pensais qu'elle t'avait déjà retrouvée. Et je voulais savoir si ça allait.
- Non, non... je suis à la plage, rétorque-t-il. Je ne pars que vers 20h.
- Mince, s'inquiète-t-elle, j'ai essayé de l'appeler, mais elle est sur messagerie. J'ai cru qu'elle avait coupé son téléphone pour que vous puissiez discuter.


- Peut-être que... que si elle est vraiment partie dans les alentours de 3h... elle s'est arrêté pour dormir un peu... et qu'elle arrivera plus tard, réfléchit-il.
- Possible, dit-elle en tentant de se calmer. Est-ce que tu veux bien me prévenir dès que tu la vois? Que je sache qu'elle va bien.
- C'est promis, assure-t-il.
- Très bien, merci beaucoup. Et à très vite, termine-t-elle.
- À très vite, répète-t-il avant de raccrocher.


- Tout va bien? Interroge Marc. Que se passe-t-il?
- C'était la sœur de Marianne, indique-t-il en fixant son téléphone. Elle est partie de Paradise vers 3h du matin... et Marylou voulait savoir si elle était bien arrivée.


- Ok, acquiesce Marc. Mais tu as l'air inquiet.
- Parce que sa sœur l'était, indique Vincent. Marylou a essayé de l'appeler, mais elle est sur messagerie. Alors nous n'avons aucune possibilité de savoir où elle est.
- Tu sais... si elle est rentrée pour discuter, elle n'aura pas forcément eu envie de venir ici, sur ton lieu de travail, avec plein de gens autour, reprend Marc.


- Je m'en doute, dit Vincent. Mais... Christine! S'exclame-t-il en reprenant son téléphone portable pour l'appeler.

Pendant ce temps, chez Monsieur et Madame Odonel.

La petite Valérie est endormie dans son parc, tout comme Polo, à côté, et Pepsi sur l'un des poufs, tandis que la nounou regarde un film, lorsque son téléphone se met à sonner. La jeune femme coupe le son de la télévision, et elle se lève pour répondre.


- Oui allô? Dit-elle en décrochant.
- Christine, commence Vincent, est-ce que ma femme est rentrée?
- Ah non, répond-elle.
- D'accord, acquiesce-t-il. Pourriez-vous m'envoyer un message si elle rentre?
- Oui, bien sûr, accepte-t-elle.
- Très bien, merci beaucoup, et à tout à l'heure, dit-il.
- À tout à l'heure, répète-t-elle avant de raccrocher.

Peu après, au poste de garde.


- Alors? Réclame Marc en arrivant.
- Christine ne l'a pas vue... Marianne n'est pas rentrée, indique Vincent.
- Et si tu essayais d'appeler ta femme? Suggère Marc.


- J'ai essayé, indique Vincent. Et comme sa sœur me l'a dit, elle est sur messagerie. J'ai vraiment peur qu'il lui soit arrivé quelque chose.


- Il ne faut pas immédiatement penser au pire, appuie Marc. Et puis... si ça peut t'aider, pourquoi tu ne te mettrais pas à sa recherche, en tentant de l'appeler jusqu'à ce qu'elle réponde?


- Parce qu'il y a 1500 kilomètres entre la maison et celle de sa sœur, répond Vincent. Si elle a eu un accident, personne ne peut savoir où elle est.

Quelques heures plus tard, au domicile Odonel.

Vincent est assis sur le canapé, très inquiet pour sa femme...

… tandis que sa fille s'amuse autour de la table basse.

- Papa! Papa! S'exclame-t-elle en approchant et en se levant. On joue?


- Je suis désolé, ma chérie, mais papa n'a pas envie de jouer, répond-il tristement. Tu dois t'amuser toute seule.


- Pourquoi tu es triste? Demande-t-elle.


- Parce que... ta maman me manque, répond-il au bord des larmes.


- Maman me manque aussi, plussoie-t-elle toute triste.
- Viens là, dit-il en la prenant dans ses bras et en s'allongeant avec elle.

Après quelques minutes, la petite fille s'endort, tandis que Vincent ferme les yeux sans réussir à dormir. Le jeune homme ne fait que penser à Marianne, et il ne sait pas ce qu'il pourrait faire pour tenter de savoir si au moins elle va bien.

Aux environs de minuit, dans une propriété du centre-ville...

… Marianne est là, plantée comme un piquet, à fixer la porte d'entrée de la maison, et ce, depuis plusieurs minutes.

Pendant un long moment, elle hésite...

… puis, elle se décide à monter les escaliers...

… et elle se dirige jusqu'à la porte d'entrée, angoissée.

Et en sachant très bien qu'elle ne devrait sûrement pas le faire, elle frappe à la porte.

Après quelques instants, le propriétaire vient ouvrir.

- Marianne? Dit-il étonné. Je ne m'attendais pas à ta visite.


- [silence]

- Est-ce que tout va bien? Interroge-t-il.
- [silence]


- Marianne, qu'est-ce qui se passe? Réclame-t-il en la prenant par les épaules.


- Arrête, réagit-elle en se reculant.
- D'accord, dit-il en la lâchant. Mais qu'est-ce que tu as? Que fais-tu ici?


- Est-ce que tu étais sérieux? Demande-t-elle.
- Je suis toujours sérieux, assure-t-il. Cela dit, tu parles de quoi?
- Quand tu as dit que tu n'avais que moi en tête, que tu m'aimais toujours, répond-elle, est-ce que c'était vrai?


- Oui, confirme-t-il. Jusqu'à la fin de ma vie... je n'aimerais que toi. Mais... pourquoi être venue à une heure pareille pour me le demander? Tu en doutais?


- Je... je... je suis désolée, je n'aurais jamais dû venir, lâche-t-elle en lui tournant le dos et en descendant les escaliers.


- Non, attends! S'exclame-t-il en la rejoignant et en l'agrippant.
- Qu'est-ce que tu fais? Interroge-t-elle.


- Est-ce que toi aussi, tu m'aimes? Demande-t-il.
- Non, rétorque-t-elle.
- Alors pourquoi tu es venue? Réclame-t-il.


- Je... je n'en sais rien, bafouille-t-elle, j'ai euh... je voulais... je...

Soudainement, Kevin embrasse la jeune femme de force...

… mais elle le repousse et le gifle.

Puis, sans rien dire, elle retourne à sa voiture.

Mais, arrivée à côté de la porte conducteur, elle stoppe net pendant quelques instants...

… puis, elle se retourne et regarde Kevin.

Malgré son hésitation, Marianne est encore plus perdue qu'avant, mais elle ne peut s'empêcher de faire demi-tour pour aller parler à son ex.

- Tu as menti, lâche-t-elle froidement.
- À quel sujet? Demande-t-il.


- Tu ne m'aimes pas, dit-elle.


- Tu te trompes, appuie-t-il. Je t'aime. Et je n'aime que toi. J'ai tout essayé pour t'oublier, mais ça n'a pas fonctionné. C'est pour ça que j'ai enchaîné les aventures d'un soir, après notre rupture... j'étais incapable d'aimer quelqu'un d'autre.


- Alors pourquoi tu m'as quitté?! S'énerve-t-elle en criant.


- Je te l'ai déjà dit, rappelle-t-il. J'étais jeune et stupide, et j'étais tellement effrayé à l'idée d'être père... je... je ne me sentais pas prêt.


- TU MENS! Hurle-t-elle complètement déboussolée.


- C'est la stricte vérité, assure-t-il avant de l'embrasser à nouveau de force.


- Arrête, réclame-t-elle en le repoussant. Je ne peux pas... je...
- J'ai besoin de toi, relance-t-il. J'ai tellement besoin de toi.
- Je t'en prie, arrête, dit-elle perdue.
- Je t'aime, Marianne, ajoute-t-il immédiatement.
- Tais-toi! S'exclame-t-elle avant de l'embrasser fougueusement.

Après de longues secondes sans détacher leurs lèvres, Kevin prend Marianne par la main, et ils se mettent à courir jusqu'à la chambre de Kevin Williams...

… où ils y font l'amour.

Chapitre 10

Chapitre 10


- Est-ce que j'ai bien entendu ce que tu viens de dire? Demande-t-il choqué. Tu es amoureuse de Kevin... Kevin Kevin? Le Kevin?


- Oui, confirme-t-elle. Même si je ne sais pas comment c'est possible.


- Je ne comprends pas, lâche-t-il. Je ne comprends pas, parce que... je me souviens d'une discussion en tête à tête que nous avons eue, toi et moi, et où tu me disais que tu as été amoureuse avant Vincent, mais jamais ça n'a été aussi fort et puissant qu'avec lui. Et ça ne remonte qu'à quelques mois.


- Je m'en souviens, appuie-t-elle. Mais... comme je viens de te le dire, je n'ai pas d'explication moi-même.


- Kevin t'a laissé tomber, tu t'en souviens? Il t'a laissé tomber, parce que tu étais enceinte, que tu voulais garder le bébé, mais pas lui. Et en plus de cela, tu n'as plus eu la moindre nouvelle de sa part pendant des années, rappelle-t-il.
- Je le sais, affirme-t-elle. Mais je n'ai aucun contrôle.
- Est-ce que tu regrettes ton mariage et ta vie avec Vincent? Interroge-t-il.


- Sincèrement, j'ai des doutes, avoue-t-elle. Et je suis terrorisée à l'idée de tout foutre en l'air.
- Dans ce cas, tu aimes toujours Vincent, non? Réclame-t-il.
- Oui, appuie-t-elle. Mais je ne sais pas où tout ça va nous mener. Si on analyse notre vie... nous avons été les meilleurs amis pendant 7 ans, et ensuite, tout s'est enchaîné tellement vite, que je ne sais pas si nous avons bien fait.


- Mais comment tu peux dire ça? Demande-t-il.


- Je n'en sais rien, avoue-t-elle en baissant la tête, mais c'est ce que je ressens. Je suis vraiment désolée.


- Tu n'as pas à t'excuser auprès de moi, rétorque-t-il en lui relevant un peu le visage, mais tu devrais parler avec lui. Que vous vous expliquiez. Parce que... tu es d'accord sur le fait que tu ne peux pas le laisser comme ça, n'est-ce pas?


- Oui, répond-elle tristement.


- Allez, viens, suggère-t-il en se levant, on va commencer à rentrer.
- Ok, accepte-t-elle en s'exécutant.

Par la suite, ils prennent le chemin de la maison tranquillement, en parlant de choses plus légères...

… et après quelques minutes supplémentaires, ils arrivent dans la propriété, où Chris libère Sweet, qui part en courant jusqu'à l'intérieur.


- Bonjour, lance Marylou en sortant de la salle de bains.
- Bonjour, répètent Marianne et Chris.


- Ça va, ce matin? Demande Marylou.
- Ça va, répond simplement Marianne. Et toi?
- Je vais bien, et je suis reposée. Parce que tout à l'heure, j'étais vraiment trop crevée pour sortir du lit, indique Marylou. Du coup, on pourrait aller en ville, si tu en as envie. Je te ferai visiter, et on pourrait faire du shopping.


- Merci pour la proposition, mais peut-être plus tard ou demain, rétorque Marianne. Je suis plutôt fatiguée, et je vais monter m'allonger.
- Tu n'es pas malade? Interroge Marylou.
- Non non, assure Marianne. J'ai juste besoin de dormir un peu.
- Ok, acquiesce Marylou. Reposes-toi bien alors.
- Merci, à plus tard, termine Marianne en montant à l'étage.


- Alors? Réclame Marylou en parlant tout bas.


- Viens avec moi, suggère-t-il en sortant sur la terrasse.


- Qu'y a-t-il? Interroge-t-elle. Comment ça s'est passé?
- Ça dépasse ce que j'imaginais, quand tu m'as raconté pour Marianne, répond-il.
- Comment ça? Raconte, réclame-t-elle.


- Je pensais qu'elle était juste troublée par la réapparition de Kevin, relance-t-il, mais... mais...
- Mais quoi? S'impatiente-t-elle.
- Elle m'a appris qu'elle l'aime, annonce-t-il.


- Kevin? Interroge-t-elle choquée. Elle aime Kevin? C'est ça?
- C'est ça, confirme-t-il.
- Tu es sûr que tu as bien compris ça? Demande-t-elle.


- Chérie, reprend-il en se retournant, les mots exacts de ta sœur sont : je retombe amoureuse de Kevin.


- Ce n'est pas possible! Lâche-t-elle dégoûtée. Ce n'est pas possible qu'elle retombe amoureuse d'un connard pareil! On ne peut pas laisser faire ça.


- En réalité, toute cette histoire ne nous regarde pas... et nous n'avons rien à dire, appuie-t-il tristement.


- Je suis d'accord sur le principe, rétorque-t-elle, mais là, ce n'est pas vraiment pareil. Vincent et Marianne sont faits pour être ensemble. Ils l'ont toujours été, et ce n'est pas cette enflure de Kevin Williams qui changera la donne! Alors on ne peut pas les laisser se séparer!


- Nous n'en sommes pas encore là, reprend-il. Il y a peut-être un moyen pour que ça s'arrange et que Marianne et Vincent restent ensemble. Et je suis sûre qu'elle trouvera la bonne réponse en elle.


- Sauf que je connais parfaitement ma sœur. Et si, effectivement, elle est amoureuse de Kevin, elle va quitter son mari, insiste Marylou. J'en suis sûre.

Pendant ce temps, dans la chambre d'amis, Marianne est allongée sur le lit, et elle réfléchit longuement sur sa situation et ses sentiments.

Mais tout est embrouillé dans sa tête, et elle n'arrive pas à faire le tri. Elle ne cesse de se tourmenter pour tenter de comprendre ce qu'elle doit faire, mais elle est véritablement perdue. Elle-même se sent mal à l'idée d'être retombée amoureuse de son ex, parce que c'est quelque chose qu'elle n'a pas voulu, mais elle ne peut rien faire.

Le reste de la journée passe, et Marianne ne quitte pas la chambre. À 14h30, Chris quitte la maison pour partir à son entraînement, tandis que Marylou profite d'être chez elle pour mettre des photos dans un album, trier sa boîte mail, s'occuper des factures, et jouer avec Sweet dans le jardin.

En fin d'après-midi, les enfants rentrent à la maison. Et tandis que Mallorie va dans sa chambre pour faire ses devoirs...

… Joey frappe à la porte de la chambre d'amis et entre.

- Salut tati, je... oh mince, pardon, s'excuse-t-il. Je ne voulais pas te déranger.


- Tu ne me déranges pas, assure Marianne en se levant du lit.
- Mais tu dormais, dit-il, et moi je débarque comme ça...
- Je ne dormais pas, l'interrompt-elle, je me reposais.


- Tu es sûre? Interroge-t-il mal à l'aise.


- Ben oui, répond-elle. Je sais encore quand je dors et quand je ne dors pas. Allez, ne fais pas la tête, je te dis que tu ne me déranges pas, que je ne dormais pas et que tout va bien. Alors dis-moi plutôt ce qui t'amène.


- Hé bien... je voudrais savoir si tu acceptes de m'accompagner au centre équestre, pour faire une petite promenade à cheval? Demande-t-il.
- Ah... euh... je ne sais pas trop, répond-elle hésitante.
- Allez tati, s'il te plaît, réclame-t-il. Depuis que nous sommes venus vivre ici, nous n'avons plus l'occasion de faire des sorties tous les deux, et ça me ferait vraiment plaisir qu'on aille faire un tour à cheval ensemble.


- Bon, très bien, accepte-t-elle en se forçant un peu. Je t'accompagne.
- Super! Allons prévenir maman! Lance-t-il en passant devant.

Dès qu'ils ont prévenu Marylou de leur départ, Marianne rejoint Joey dans sa voiture, et ensemble, ils partent pour l'un des centres équestres de la ville.

Quand ils arrivent, ils stationnent, et entrent pour faire le nécessaire afin de prendre chacun le cheval de leur choix.

Quand tout est réglé, Joey part chercher une belle jument et monte sur son dos...

… tandis que Marianne en fait de même. En attendant que son neveu la rejoigne, la belle jeune femme caresse son cheval avec tendresse et amour.

Marianne Odonel a toujours rêvé d'avoir un cheval rien qu'à elle, de l'avoir dans sa propriété et de pouvoir s'en occuper quotidiennement, comme elle le fait avec Polo, Pepsi, Baby; sa tortue, et Titi; son poisson rouge. Mais elle ne sait pas si elle en aura un.

Peu après, Joey arrive auprès de sa tante. Et en attendant qu'ils s'habituent aux chevaux, et que ces derniers s'habituent à leurs cavaliers, l'adolescent et Marianne restent sur le terrain du centre équestre pour faire quelques tours.

- Alors tati, commence-t-il, quand est-ce que tu t'en vas?
- Pourquoi, tu es pressé que je reparte? Interroge-t-elle en plaisantant.
- Pas du tout, répond-il. Je voudrais profiter de toi au maximum.
- C'est mignon, dit-elle touchée. Mais pour l'instant, je ne sais pas du tout.


- Et sinon, reprend-il, quand est-ce que Valérie et oncle Vincent viennent?
- Je ne sais pas non plus, répond-elle.


- Ce serait cool que très bientôt, vous veniez tous les trois, et qu'on puisse aller se promener tous ensemble, poursuit-il. On ferait tout un tas de photos pour pouvoir garder plein de souvenirs.
- Tu es sentimental, on dirait, lance-t-elle en souriant.
- Quand il s'agit de la famille, oui, beaucoup. Valérie, oncle Vincent et toi, vous êtes notre seule famille, et on s'entend tous tellement bien, que je ne voudrais perdre ça pour rien au monde, indique-t-il. Je vous aime beaucoup tous les trois.


- Oh... Joey, c'est trop mignon, appuie-t-elle touchée. Et nous t'aimons aussi énormément. Tu es un très bon garçon, et je suis convaincu que tu deviendras un jeune homme fantastique.
- C'est gentil, dit-il. J'espère juste que nous ne perdrons jamais contact avec vous trois. Vous êtes tellement cool, et oncle Vincent et toi... vous êtes trop beaux.


- Merci, lâche-t-elle émue et perturbée.

Plus tard...

… chez Chris et Marylou Bellic.

Marylou, Joey, Mallorie, Marianne et le petit Sweet sont devant la télévision, où ils viennent de regarder un film, tandis que Chris est au restaurant avec son équipe.

- Bon, ça va être l'heure d'aller se coucher, lance Marylou.
- On ne peut pas regarder un autre film? Demande Joey. Il n'est pas si tard.
- Vous avez école demain, et il est bientôt 21h45, alors le film, ce sera pour demain ou un autre soir, appuie Marylou.
- Ok, acquiesce Joey.


- Maman, tu veux bien me lire une histoire? Demande Mallorie.


- Ma chérie, je suis crevée, indique Marylou. Tu ne peux pas essayer de t'endormir sans histoire, ce soir?


- S'il te plaît maman, sinon, je ne vais pas y arriver, rétorque Mallorie.
- Et si c'est moi qui lui lisais une histoire? Propose Marianne.
- Ça ne te dérange pas? Interroge Marylou.
- Pas du tout, assure Marianne. Tu es enceinte, tu as besoin de te reposer.
- Ça te va si c'est ta tante qui te lit l'histoire? Demande Marylou à sa fille.
- Au contraire, c'est génial! Je vais me préparer! Dit Mallorie en s'exécutant.

Moins d'un quart d'heure après, Marianne est dans la chambre de sa nièce, et elle s'installe sur le lit pour lui lire une histoire.

Quelques minutes après, la petite fille s'endort sans mal. La belle Marianne pose le livre sur la table de chevet et dépose un baiser sur le front de sa nièce...

… avant de lui remonter les couvertures.

Puis, sans faire de bruit, la jeune femme quitte la chambre en éteignant la lumière.


- Elle s'est endormi? Demande Marylou en arrivant.
- Oui, confirme Marianne. Elle n'a pas mis longtemps.
- Je m'en doutais, il est tard pour elle, rétorque Marylou.
- Bon, alors bonne nuit, dit Marianne.
- En fait... je pourrais te parler? Interroge Marylou.
- Bien sûr, oui, accepte Marianne. Qu'y a-t-il?
- Entrons dans ta chambre, on sera un peu plus tranquilles, suggère Marylou.

Les deux sœurs s'exécutent et s'installent sur le petit canapé de la chambre d'amis.

- Alors raconte, réclame Marianne. Tu veux parler de quoi?
- Hé bien... tu n'as pas quelque chose à me dire? Interroge Marylou.
- Je ne comprends pas, rétorque Marianne.


- Chris m'a dit ce que vous vous êtes raconté ce matin, lance Marylou.
- Je m'en doutais, dit simplement Marianne.
- Tu peux me donner quelques explications? Demande Marylou.


- Je n'en ai pas, lâche Marianne. Ça m'est simplement tombé dessus, et... et je n'ai aucun contrôle sur mes sentiments.


- C'est trop facile de dire que tu n'as pas de contrôle et que tu n'y peux rien, poursuit Marylou. Mais analyse la situation, et ose me dire que tu n'as rien d'autre à ajouter.


- C'est pourtant la vérité, appuie Marianne en se massant la tête et en fermant les yeux. Je n'ai pas choisi cette situation, je n'ai pas choisi de retomber amoureuse de Kevin, et je n'ai pas choisi d'être autant perdue aujourd'hui.


- Ça va aller, assure Marylou en la soutenant. Cela dit... il faut que tu réalises certaines choses. Ça t'aidera peut-être à y voir plus clair.
- Quoi dont? Réclame Marianne.
- Tu es coupable d'avoir accepté ce travail sans le dire à Vincent, accuse Marylou. Il faut que tu te poses les bonnes questions, et que tu comprennes pourquoi tu n'as pas cherché à en parler avec lui. Et d'une certaine façon, tu as provoqué tout ça.


- C'est dégueulasse de dire ça! S'exclame Marianne en se levant d'un bond. Jamais je n'aurais imaginé que je retomberai amoureuse de Kevin! Jamais, tu entends?


- Je suis désolée si tu le prends mal, reprend Marylou en se levant à son tour, mais tu réalises que tu as tout fait pour retomber amoureuse de ton ex?
- C'est faux! Appuie fermement Marianne.
- Tu aurais dû en rester là dès le début... dès que tu as vu qu'il s'agissait de Kevin, tu aurais dû tourner les talons et ne plus jamais prendre contact avec lui, rétorque Marylou. Franchement... pourquoi accepter de travailler pour lui?


- Parce que je cherchais désespérément du travail, répond Marianne. Et je ne voulais pas attendre infiniment d'en trouver un, parce que... je me sentais tellement mal que mon roman ne soit pas publié. Je... j'ai besoin d'activité, de m'occuper l'esprit, parce que juste veiller sur Valérie ne me suffit pas.


- Je comprends ça, indique Marylou. Mais sois sincère... d'après toi... tu as fait ce qu'il fallait en acceptant ce travail pour Kevin? Crois-tu vraiment que tu as fait le bon choix? Et de tout cacher à Vincent... était-ce une bonne idée?


- Je... je n'ai plus envie de parler, lâche tristement Marianne. J'ai sommeil.
- Très bien, je te laisse tranquille, dit Marylou. Mais tôt ou tard, il faudra que tu prennes conscience de ce que tu as fait et provoqué.
- Je t'ai dit que je n'avais plus envie de parler, rappelle Marianne.
- Comme tu veux... bonne nuit, termine Marylou en partant.


- Bonne nuit, répète Marianne en la regardant quitter la chambre.

Sans perdre de temps, Madame Odonel va dans la salle de bains pour se préparer, puis, elle revient dans la chambre d'amis pour s'y coucher...

… tandis que Marylou en fait de même.

Dans les environs de 1h30 du matin...

… Chris arrive chez lui, et stationne devant le garage.

Par la suite, il monte pour se changer, et il rejoint la chambre conjugale, où sa femme est endormie, et où le petit Sweet dort sagement dans son panier.

Tout doucement, le beau footballeur se glisse sous les couvertures et éteint la lumière...

… avant de se blottir tendrement contre sa femme.

Plus tard, en début de matinée.

Dans le jardin, l'adorable petit chien s'amuse avec son gros ballon...

… tandis que Chris rejoint sa femme dans la cuisine-salle à manger.

- Bonjour, lance-t-il en approchant.
- Bonjour répète-t-elle en se séchant les mains avant de l'embrasser.


- Ça va ce matin? Ton ventre aussi? Demande-t-il en souriant.
- Le bébé et moi allons bien, répond-elle. C'est juste Marianne qui m'inquiète. J'ai eu une petite discussion avec elle, hier soir, et... ça n'a pas aidé.
- Je pars faire un jogging, indique-t-il. Et je me souviens qu'à l'époque, ta sœur aimait bien ça... tu penses que ça peut être sympa de lui proposer de venir?


- C'est une bonne idée, dit-elle en souriant. Ça pourrait l'aider à se défouler et à avoir les idées un peu plus claires. Tu veux que j'aille lui demander?
- Ah oui, merci, remercie-t-il. Je vais préparer le petit-déjeuner en attendant.
- D'accord. Je reviens tout de suite, rétorque-t-elle avant de monter à l'étage.

Madame Bellic frappe à la porte de la chambre d'amis, mais il n'y a pas de réponse. Elle retente plusieurs fois d'affilée, mais toujours rien.

Inquiète, Marylou entre dans la chambre...

… et son cœur commence à s'emballer devant le lit, parce qu'elle découvre une feuille posée dessus. La jeune femme croit comprendre ce qui se passe et se sent mal.

Marylou attrape la feuille, la pose sur la petite table à côté des fauteuils, puis, elle s'assoit et se met à lire.

Petite sœur,

Je suis venue te trouver parce que j'avais besoin de réconfort et de parler, mais après nos discussions, je me suis aperçu qu'en réalité, ça ne servait à rien. Ne te méprends pas, je ne le dis pas en mal, mais en vérité, je crois que je suis bien trop paumée pour savoir moi-même ce que je veux aujourd'hui.

Mais ce que je sais, c'est que je ne peux m'imposer davantage au milieu de ta vie et de ta famille, alors que je ne suis pas de bonne compagnie et que tu es enceinte, donc tu ne peux pas tout gérer. J'ai alors décidé de rentrer à Roaring, et je vais faire face comme je le pourrais.

Embrasse les enfants pour moi. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas d'être partie sans leur dire au-revoir, mais dans mon état, je n'en avais plus vraiment la force.

ps : Il est presque 3h du matin. J'espère que je n'aurais réveillé personne en partant. Je laisse le double de la clé dans la boîte aux lettres.

Je vous aime tous.
Marianne.

Chapitre 9

Chapitre 9


- Ne fais pas de connerie, réclame Marylou. Tu vas foutre en l'air le bonheur et la vie que tu as construit avec Vincent et votre fille. Et tout ça à cause de quoi? D'un connard qui t'a abandonné quand tu étais enceinte.


- Je viens de te dire que je suis paumée. Complètement et horriblement paumée, appuie Marianne. Je n'ai pas les réponses.


- Dans ce cas, explique-moi pourquoi tu es partie de chez toi? Interroge Marylou.
- Je ne pouvais pas continuer de faire comme si tout allait bien, alors que ce n'était pas le cas, répond Marianne.
- Bon... et si on parlait de la réaction de Vincent? Suggère Marylou.


- Il était triste, dit simplement Marianne.
- Je ne te parle pas de ton départ, mais de sa réaction lorsque tu lui as dit que tu travaillais pour ton ex, précise Marylou. Nous n'en avons jamais parlé.
- [silence]


- Attends, reprend Marylou, on est bien d'accord sur le fait que depuis tout ce temps, tu as bien dit à Vincent que Kevin est ton patron, n'est-ce pas?
- En fait... non, avoue Marianne.
- Tu es sérieuse? Demande Marylou. Pourquoi lui cacher la vérité?


- Je n'en sais rien. Je ne sais pas pourquoi j'ai agi de cette façon, rétorque Marianne. Je n'ai plus de repères. Mais... depuis que j'ai retrouvé Kevin, je... je...
- Tu quoi? Réclame Marylou.
- J'ai envie d'être avec lui, lâche Marianne. J'ai envie de le voir, de le regarder travailler, et de bosser avec lui. Et le matin, je suis contente de partir au bureau, parce que je sais que je vais le voir.


- Est-ce que ça veut dire que tu n'es pas heureuse de retrouver ton mari et ta fille, quand tu rentres le soir? Interroge Marylou.
- Valérie, c'est mon bébé, mon petit ange, alors... je serais toujours heureuse de rentrer la retrouver et d'être avec elle, appuie Marianne.
- Et Vincent? Réclame Marylou.


- Je ne sais pas, répond Marianne, je... je n'arrive plus à savoir ce que je veux.
- Sérieusement, relance Marylou, il va falloir que tu fasses un sérieux bilan de la situation, parce que même si Vincent est seulement mon beau-frère... je refuse que tu continues de lui mentir. Tu peux rester tout le temps que tu veux ici, mais quand tu retourneras chez toi, soit, tu lui dit toute la vérité, soit, je le fais.
- Comment tu peux dire une chose pareille? Interroge Marylou.
- Tu ne me laisses pas le choix, appuie Marylou. Vincent ne mérite pas ça. Et ce n'est pas lui qui part en vrille, c'est toi. Alors tu dois assumer.


- Bien, dit Marianne en se levant, je pars demain matin.


- Non! Lance Marylou en agrippant.


- Tu dois te reposer davantage avant de reprendre une route aussi longue, ajoute Marylou. Et je n'ai pas dit tout ça pour te faire partir, mais...


- Je sens bien que je ne suis pas la bienvenue, l'interrompt Marianne.
- C'est faux, et tu le sais, appuie Marylou en la lâchant.


- Alors quoi? Réclame Marianne en se retournant.
- J'essaie juste de te faire réagir avant que tu perdes tout, répond Marylou. Alors ne pars pas sur un coup de tête, reste.
- Ok, accepte Marianne. Mais je suis fatiguée... je monte me recoucher.
- Très bien, acquiesce Marylou.

Marianne monte à l'étage et entre dans la chambre d'amis...

… avant de s'asseoir au bord du lit. Elle se met à réfléchir longuement, mais elle n'arrive pas à avoir les idées claires.

Alors la belle jeune femme se couche, et après plus de deux heures, elle finit par enfin s'endormir. Mais ce n'est pas pour se reposer, mais pour tenter d'oublier tout ça.

Pendant ce temps, à Roaring.

À la plage.

Vincent est à son poste, et il surveille les lieux...

… tandis que Marc, son collègue et ami, le rejoint.

- Salut, dit Marc.
- Salut, répète Vincent.
- Excuse-moi de te dire ça, mais... tu as une sale gueule, rétorque Marc.
- Je sais, lâche tristement Vincent.


- Désolé, je ne voulais pas te blesser, s'excuse Marc.
- Ne t'en fais pas, reprend Vincent, je ne suis pas comme ça à cause de toi.
- Qu'est-ce qui t'arrive alors? Interroge Marc.
- Marianne est en train de me quitter, avoue Vincent la gorge serrée.
- Tu es sérieux? Réclame Marc.
- [long silence] Excuse-moi, dit Vincent en partant.

Le beau sauveteur va jusqu'aux toilettes, et pendant quelques secondes, il se regarde dans le miroir.

Mais il finit par baisser la tête et craque en lâchant de douloureuses larmes...

… tandis que Marc frappe et entre.

- Dis-moi, que se passe-t-il avec Marianne? Interroge Marc.
- Qu'est-ce que ça va changer d'en parler? Demande Vincent en séchant ses larmes.
- Je ne sais pas, répond Marc, mais je peux essayer de t'aider. De vous aider.


- Bon écoute, relance Vincent en se retournant, ce n'est ni le lieu, ni le moment.
- Dans ce cas, viens dîner chez moi ce soir, propose Marc.
- Ce n'est pas la peine, rétorque Vincent.


- Allez, insiste Marc, on pourra discuter tranquillement. S'il te plaît.
- Bon, très bien, accepte Vincent. Mais... au lieu de venir chez toi... tu veux bien venir chez moi? Et... si tu penses que ça ne va pas créer de problèmes entre Michelle et toi, tu penses pouvoir venir seul?
- Il n'y aura aucun souci, assure Marc, sois tranquille.

Marc et Vincent poursuivent leur journée de travail. Et même si ce dernier est anéanti, ça ne l'empêche pas de sauver des vies.








En début de soirée...

… Vincent et Marc se changent, puis, chacun récupère son pick-up pour se mettre en route jusqu'au domicile de Vincent.

Quand ils arrivent, ils stationnent tous les deux devant le garage et entrent.


- Bonsoir! Lance Christine en leur faisant un signe et en souriant.
- Bonsoir, répètent-ils en chœur.


- La journée a été bonne? Demande Vincent.
- Oui, très bonne, répond Christine en se levant et en approchant.
- Bien, acquiesce Vincent. Je vous libère pour ce soir, et... demain, même heure.


- Je serai là. Passez une bonne soirée, et à demain, dit Christine en souriant.
- Bonne soirée à vous aussi, répète Vincent. À demain.
- Au-revoir, Marc, termine-t-elle en partant.
- Au-revoir, rétorque Marc.

Juste après le départ de la nounou, Vincent approche du parc...

… et il prend sa fille dans les bras...

… avant de lui faire un gros et tendre baiser.


- Bon, je vais m'occuper du repas, relance Vincent. Tu as envie de manger quoi?


- Hé bien... au lieu de cuisiner, ça ne te dirait pas de commander une pizza? Propose Marc.
- Ok, accepte Vincent en lui passant sa fille, vendu!

Juste après, tandis que Marc installe la petite Valérie dans son trotteur, Vincent téléphone à la pizzeria pour passer sa commande.

Par la suite, en attendant d'être livré, les deux amis s'installent au salon, tandis que Valérie se promène joyeusement.

- Alors dis-moi, commence Marc, qu'est-ce qui a pu se passer entre Marianne et toi, pour que vous en soyez à la séparation?
- Il est là le problème. En vérité... je n'en sais absolument rien, répond Vincent.
- Elle ne t'a pas donné d'explication? Interroge Marc.


- Non, si ce n'est qu'elle ne sait plus où elle en est. Cela dit, il est vrai que depuis qu'elle a décidé d'arrêter d'écrire, elle semblait différente, mais tout se passait bien entre nous. Ensuite, elle a commencé à travailler dans ce garage... et elle avait vraiment l'air d'aimer ce boulot. Et vraiment, je me répète, mais tout allait bien entre nous. Tout du moins... c'est ce que je pensais, jusqu'à ce qu'elle m'annonce qu'elle veut qu'on se sépare quelque temps, indique Vincent.


- Mais elle ne t'a vraiment pas expliqué pourquoi? Interroge Marc.


- Elle m'a juste dit qu'elle ne savait plus où elle en était, et... qu'elle avait besoin de prendre du recul, parce que tout est allé vite entre nous... et dès le lendemain, elle est partie à Paradise pour s'isoler chez sa sœur, répond Vincent.


- Je vois, acquiesce Marc. Mais d'après toi, tu ne penses pas qu'il y a quelque chose de particulier qui a fait qu'elle soit comme ça en un rien de temps?
- Non, dit Vincent. Vraiment, je n'y comprends absolument rien. Mais je me demande si la raison pour laquelle nous en sommes là, c'est... c'est parce qu'elle ne m'aime plus, et qu'elle regrette ce que nous avons construit ensemble.
- Tu le penses vraiment? Interroge Marc.


- Je n'en sais rien du tout, lâche tristement Vincent.

Quelques minutes plus tard, la livreuse arrive et frappe à la porte. Vincent sort pour payer et réceptionner la pizza...

… puis, il s'installe à table avec son collègue et ami, après avoir donné son biberon à l'adorable petite Valérie.

Le lendemain matin, à Paradise.

Chez Chris et Marylou Bellic.

Cette dernière dort encore, tandis que Chris est réveillé depuis quelques minutes.

Après un moment, la belle jeune femme ouvre doucement les yeux et se retourne...

… tandis que son mari l'enlace tendrement.

- Bonjour Madame, lance-t-il d'une douce voix.
- Bonjour, beau gosse, répète-t-elle en souriant.
- Bien dormi? Demande-t-il.


- Oui, répond-elle. Mais je t'avoue que je suis encore fatiguée.
- Tu n'as qu'à rester couchée et te rendormir, suggère-t-il. Je m'occupe des enfants.
- Je ne peux pas, je voudrais proposer à Marianne d'aller faire un tour en ville. Tu vois... pour tenter de lui changer les idées, indique-t-elle.


- Rien ne presse, appuie-t-il.
- Je ne sais pas, rétorque-t-elle. Je suis vraiment inquiète pour elle et Vincent, et je voudrais essayer de faire quelque chose pour les aider.
- Est-ce que tu me donnes l'autorisation de l'emmener faire un tour? Demande-t-il.


- Pourquoi? Interroge-t-elle.
- Hier soir, tu m'as dit toi-même que tu ne savais pas quoi faire ou dire, dit-il. Alors... je voudrais essayer de lui parler pour voir si j'ai des chances de l'aider. Tu veux bien que je le tente?
- Oui, si tu veux, mais tu dois aller à ton entraînement, rappelle-t-elle.


- Ce n'est pas avant 15h, indique-t-il, alors j'ai le temps.
- Très bien, acquiesce-t-elle en souriant.
- Allez, reposes-toi, je m'occupe de tout, dit-il avant de l'embrasser.

Juste après, Madame Bellic se réinstalle pour dormir, tandis que le beau footballeur se lève et part prendre une bonne douche.

Lorsqu'il est prêt, il descend pour préparer le petit-déjeuner, et peu après, ses enfants arrivent dans la cuisine-salle à manger.

- Bonjour papa, lancent Joey et Mallorie en chœur.
- Bonjour les enfants, répète Chris en servant les plats. L'un de vous a vu Marianne?
- Non, pas encore, répond Joey.


- D'accord, acquiesce Chris. Commencez à manger, je reviens.

Chris monte à l'étage et frappe à la porte de sa belle-sœur.

- Entrez! Dit la jeune femme.


- Bonjour, commence-t-il en entrant et en refermant la porte.
- Bonjour, répète-t-elle sans bouger.
- Le petit-déjeuner est servi, indique-t-il.


- Je n'ai pas très faim, répond-elle.


- Ce n'était pas une question, mais un ordre, appuie-t-il.

La jeune femme se retourne...

… et le beau jeune homme lui sourit.

Elle sourit à son tour, et elle finit par le suivre pour descendre...

… tandis que Marylou vient de se rendormir.

Dans la cuisine-salle à manger, Chris, ses enfants, et Marianne prennent leur petit-déjeuner en discutant.

- […] Mais tu n'as pas révisé? Interroge Chris.
- Si si, assure Joey. Mais c'est devenu de plus en plus difficile.
- Ta mère et moi essaieront de t'aider, rétorque Joey.
- Cool, merci, remercie l'adolescent.
- Ah, le bus est là, remarque Marianne.


- Alors on y va, lance Joey en se levant. Dépêches-toi Malo.
- J'arrive, dit la petite fille en sortant de table.


- À ce soir, disent les deux enfants en partant.
- À ce soir, répètent Chris et Marianne.

Juste après le départ de Joey et Mallorie, Sweet arrive et mange, tandis que Chris et Marianne poursuivent leur petit-déjeuner tranquillement.

- Dis-moi, relance-t-il, je vais aller faire un tour avec le chien. Ça te dirait de m'accompagner?


- Oh euh... je ne sais pas trop, hésite-t-elle. Tu devrais proposer à Marylou de venir avec toi. Et vous passerez un moment en amoureux.
- Oui, je pourrais, mais elle est épuisée, indique-t-il. Alors... dans son état, je veux qu'elle profite de se reposer un maximum avant de retourner travailler.
- Et tu n'as personne d'autre à qui demander? Interroge-t-elle.


- Je pourrais essayer de trouver un pote disponible, bien sûr, appuie Chris. Sauf que j'ai envie d'y aller avec toi. Après tout, rares sont les fois où on a l'occasion d'être rien que tous les deux, tu ne crois pas?
- Si, c'est vrai, confirme-t-elle. Bon ok, je vais venir avec toi.
- Super, merci beaucoup, remercie-t-il en souriant.

Quand ils ont fini de manger, ils débarrassent la table et rangent, puis, Chris met la laisse à Sweet, et tous les trois partent se promener jusqu'à une plage.

Dès qu'ils y sont, Chris enlève la laisse à l'adorable petit chien, et celui-ci se met à courir dans tous les sens, tandis que Chris et Marianne marchent tranquillement.



- Tiens, si on s'asseyait? Propose-t-il.
- Si tu veux, accepte-t-elle en s'exécutant.


- Tu sais, j'ai de la peine de te voir comme ça, relance-t-il.


- Je suis désolée, s'excuse-t-elle, je n'aurais pas dû venir.


- Au contraire, tu as bien fait, appuie-t-il. C'est juste que... à un moment... il faudrait que tu saches où tu en es. Pour Vincent, pour Valérie. Mais aussi pour toi. Je sais que ça ne me regarde pas, mais... j'aimerais comprendre ce qui a pu se passer pour que tu partes de chez toi.
- Je n'en sais trop rien, rétorque-t-elle.
- Je suis sûr que tu le sais, insiste-t-il. Tu le portes tout au fond de toi... tu es la seule qui sait... alors s'il te plaît... dis-moi simplement la vérité.


- Je... je crois que... je retombe amoureuse de Kevin, avoue-t-elle mal à l'aise.

Chapitre 8

Chapitre 8


- Pourquoi? Réclame-t-il perdu. Je ne comprends pas pourquoi tu...


- Je ne préfère pas t'en parler, l'interrompt-elle.
- Tu ne peux pas me quitter sans explications, relance-t-il.
- Je n'ai pas dit que je te quittais, mais... pendant un moment... on va se séparer, indique-t-elle. J'ai appelé ma sœur tout à l'heure, et je vais aller chez elle.


- Combien de temps? Interroge-t-il.
- Je ne sais pas trop, répond-elle. Quelques jours... ou semaines.
- J'ai vraiment besoin de comprendre, reprend-il. Tu... tu ne m'aimes plus?


- Je... je... je ne sais plus où j'en suis, rétorque-t-elle difficilement.
- Je t'en supplie, essaie de m'expliquer ce qu'il y a, réclame-t-il.
- Hé bien... depuis plusieurs semaines, j'ai... j'ai des doutes sur notre vie... sur ce que nous sommes depuis que nous sommes en couple, dit-elle.


- Mais... comment ça? Demande-t-il.


- Tout est allé très vite entre nous, relance-t-elle en détournant le regard. Et aujourd'hui, je ne suis plus sûre que nous devrions continuer tous les deux.
- Comment est-ce possible? Interroge-t-il. On se connaît par cœur, pourtant. Et ces derniers temps, je voyais bien que quelque chose semblait te perturber, mais... tu disais tout le temps que c'était un coup de mou ou de la fatigue, et que ça allait.
- Je ne sais pas quoi te dire d'autre, rétorque-t-elle, à part que j'ai besoin de prendre du recul sur nous deux. Et si tu veux, je peux prendre Valérie avec moi. Je suis sûre que Marylou et Chris en seront ravis.


- Si ça ne t'embête pas, je... je préférerais la garder auprès de moi, dit-il tristement.
- Bien, accepte-t-elle.
- Tu... tu me donneras de tes nouvelles? Interroge-t-il.


- Je n'en sais trop rien, dit-elle franchement. J'ai besoin de réfléchir... de m'isoler.
- Je vois, acquiesce-t-il.


- Bon, reprend-elle après un court silence, je... je vais préparer mes affaires, et... je prendrais la route demain matin.
- Ok, lâche-t-il difficilement. Tu veux manger quoi ce soir?
- Je n'ai pas faim, merci. J'y vais, termine-t-elle en partant.

Plus tard.

Dans la chambre de la petite Valérie.

- […] Et je reviendrais bientôt, poursuit Marianne, mais il faudra être bien sage avec papa, et avec la nounou aussi. D'accord?
- D'accord, accepte la petite fille.
- Très bien. Maintenant, tu vas faire un gros dodo, dit Marianne en l'embrassant.


- Je t'aime, lance Valérie.
- Je t'aime aussi, ma chérie, répète Marianne en souriant. Bonne nuit.

Peu après, l'adorable petite fille s'endort, tandis que Marianne reste à côté, perdue dans ses pensées et ses doutes.

Un peu plus tard.

Vincent est seul dans son lit, sans réussir à s'endormir ou se reposer. Le beau jeune homme ne comprend absolument pas ce qui se passe, et pourquoi sa femme semble être sur le point de le quitter. Il se sent mal et totalement démuni face à cette situation.

Pendant ce temps, dans la chambre d'amis, Marianne ne dort pas non plus. Polo est endormi à ses côtés, tandis que Pepsi vient d'entrer et de s'installer sur un fauteuil.

La jeune femme se demande encore si elle fait le bon choix en agissant de la sorte, mais à l'heure actuelle, elle ne voit aucune autre porte de sortie. Et pourtant, elle a bien conscience qu'elle est sûrement en train de faire une grosse erreur.

Le matin, dans les environs de 5h.

Difficilement, Marianne ouvre les yeux et éteint son réveil, tandis que chien et chat restent imperturbables et endormis.

Pendant quelques instants, la belle jeune femme reste assise au bord du lit. Mais finalement, elle se décide et part prendre une douche.

Quand elle est prête, elle va dans le garage pour sortir sa voiture, avant de revenir observer sa fille qui dort paisiblement. Par la suite, après avoir fait une dernière caresse à Polo et Pepsi, et dès qu'elle a nourri sa tortue et son poisson rouge, Marianne récupère sa valise et ressort pour la mettre dans le coffre de sa voiture.

Lorsque c'est fait, elle va dans le garage pour éteindre la lumière et enclenche la fermeture du portail.

Et alors qu'elle s'apprête à monter dans sa voiture pour partir, elle stoppe net en regardant la porte d'entrée de la maison.

Son mari est juste devant et il la regarde avec insistance.

Pendant quelques instants, elle hésite à lui faire un signe.

Mais elle se met à courir jusqu'à lui...

… et elle ne s'arrête que dans ses bras, où il la serre fort contre lui, pendant presque deux minutes silencieuses et remplies d'émotion.


- Fais bien attention à toi, se résout-il à dire.

Sans un mot, Marianne se détache de son mari sans oser le regarder, puis, elle retourne à sa voiture. Juste après, elle démarre et se met sur la route...

… sous le triste regard de Vincent...

… en larmes.

Marianne prend la direction du centre-ville en suivant son GPS...

… mais elle ne cesse de pleurer, anéantie par le dernier regard de son mari.

La jeune femme traverse toute la ville et prend le chemin de l'autoroute, partant ainsi pour environ 1500 kilomètres de trajet.

Environ 17 heures plus tard...

… Marianne arrive à Paradise en suivant son GPS...


… et elle arrive chez sa sœur et son beau-frère aux alentours de 21h.

Madame Odonel stationne devant la maison, et lorsqu'elle sort de voiture, la propriétaire des lieux, Marylou Bellic, arrive.

En la voyant, Marianne se met à courir jusqu'à elle...

… et elle s'effondre en larmes dans les bras de sa petite sœur.


- Ça va aller, assure Marylou inquiète.
- [pleurs]

- Allez, reprend Marylou en se détachant de Marianne, ne t'en fais pas. Je suis là.


- Mais il faudrait que tu essaies de te ressaisir, ajoute Marylou. Autrement, Joey et Mallorie ne vont pas comprendre pourquoi leur tante adorée est triste.


- Je sais, rétorque Marianne, mais... c'est tellement dur en ce moment.
- Je ne peux pas dire que je comprends, étant donné que je ne sais pas ce que tu as, relance Marylou. Cela dit, je peux te faire monter rapidement, et je dirais aux enfants que tu étais trop épuisée, et...


- Non, l'interrompt Marianne, ça va aller. Je... je vais me reprendre.
- Tu es sûre? Interroge Marylou.
- Oui, répond Marianne en se séchant les larmes. Allons-y.

Marianne récupère sa valise dans le coffre de sa voiture, puis, sa petite sœur lui prend la main pour l'emmener dans la maison.

Quand elles passent la porte, Marianne pose sa valise, et avec sa sœur, elles avancent jusqu'au salon, où l'adolescent et sa petite sœur regardent la télévision.


- Les enfants, j'ai une belle surprise pour vous! Lance joyeusement Marylou.


- Tata! S'exclame Mallorie en bondissant du canapé.
- Bonsoir, ma belle, rétorque Marianne en souriant.
- Ce que je suis contente de te voir! S'exclame Mallorie en lui sautant dans les bras.


- Tu m'as trop manqué! Ajoute la petite fille en serrant fort sa tante.


- Toi aussi, tu sais? Lance Marianne en souriant légèrement.
- Tu vas rester combien de temps? Interroge Mallorie.
- Je ne sais pas encore, indique Marianne en la posant par terre. Hé, mais tu portes toujours ce collier que je t'ai offert!


- Je ne m'en sépare jamais! Et je l'adore! Assure Mallorie en souriant.
- Ça me fait très plaisir, appuie Marianne.
- Bonsoir tati, les interrompt Joey en approchant.


- Tu es toujours aussi belle, ajoute-t-il en souriant.
- Tu es trop gentil, lance Marianne en le prenant dans ses bras.

- Tata? L'appelle Mallorie. Tu viens regarder la télévision avec nous?
- Elle doit être trop fatiguée, suppose Joey en se détachant de Marianne.


- C'est vrai, confirme Marianne, je suis épuisée. Ça ne vous dérange pas si je vais me reposer? J'ai vraiment besoin de reprendre des forces.
- Bien sûr que non, ne t'en fais pas pour nous, on a le temps, assure Joey.
- Je vais te montrer ta chambre, intervient Marylou.
- D'accord, acquiesce Marianne. Bonne nuit les enfants.
- Bonne nuit, répètent Joey et Mallorie.

Les deux sœurs montent à l'étage...

… et elles se suivent jusqu'à la chambre d'amis.

- Voilà, c'est ici, annonce Marylou.
- C'est une pièce spacieuse, constate Marianne en regardant autour d'elle et en allant poser sa valise.
- C'est un des avantages à être marié avec un footballeur, rétorque Marylou en rigolant, on a une grande maison et plein d'argent.


- C'est sûr, dit Marianne en souriant légèrement. En tout cas... je te remercie de m'accueillir comme ça.


- Tu plaisantes ou quoi? C'est un vrai plaisir de t'avoir là, appuie Marylou. Alors merci d'avoir pensé à moi pour te poser quelque temps. D'ailleurs... est-ce que... est-ce que tu veux discuter et m'expliquer ce qui t'arrive?


- Non, pas ce soir, refuse Marianne, je suis bien trop fatiguée.
- Je comprends, acquiesce Marylou. Tu as besoin de quelque chose en particulier?
- Je ne crois pas, répond Marianne. Tu m'as montré où était la salle de bains, j'ai ma chambre, alors... pour l'instant, ça me semble bon.


- D'accord. En tout cas, n'hésite surtout pas, dit Marylou. Et... bonne nuit.
- Bonne nuit, répète Marianne.

Marylou fait demi-tour et quitte la chambre, tandis que Marianne va jusqu'au lit...

… où elle s'effondre pour pleurer.

Plus tard, pendant la nuit.

Tandis que Marianne est endormie, Sweet, le petit chien de la famille Bellic, entre dans la chambre d'amis...

… et il monte sur le lit pour renifler l'invitée.

Dès qu'il a reconnu la jeune femme, il lui lèche plusieurs fois le coude, puis, il s'allonge contre elle et s'endort à son tour.

Le lendemain matin.

Chris Bellic, le mari de Marylou, est rentré pendant la nuit, et c'est à presque 7h, qu'il se lève pour aller prendre une bonne douche.

Lorsqu'il est prêt, il descend, et trouve sa femme dans la cuisine-salle à manger.

- Bonjour, commence-t-elle en approchant.


- Bonjour, répète-t-il avant de se faire embrasser.


- Tu as vu Sweet? Demande-t-elle.
- Non, répond-il, pourquoi?
- Je comptais l'emmener en promenade avant que les enfants se lèvent, mais je ne le trouve nulle part, indique-t-elle.
- Tu as regardé dans leur chambre? Interroge-t-il.
- Oui, confirme-t-elle, il n'y est pas. Je t'avoue que ça m'inqui...
- Bonjour, l'interrompt Marianne en arrivant.


- Bonjour, répète Marylou. Mais où as-tu trouvé Sweet?
- Sur mon lit, répond Marianne. Il était à côté de moi quand je me suis levée.


- Hé bien, maintenant, on sait où il était, rétorque Chris avant de prendre sa belle-sœur dans les bras.


- Je suis vraiment content de te revoir, ajoute-t-il.
- Moi aussi, plussoie Marianne.
- Et désolé de ne pas avoir pu être là hier soir, reprend-il. J'étais à une soirée.


- Il n'y a pas de soucis, assure Marianne, ce n'est que moi. C'est déjà bien sympa de m'accueillir alors que j'ai prévenu au dernier moment.
- C'est avec plaisir, appuie-t-il. On est ravis que tu sois là.
- C'est gentil, dit Marianne en souriant.


- Oh euh... est-ce qu'il y a du café? Interroge Marianne.
- Bien sûr, confirme Marylou. Assieds-toi, je te l'apporte.
- Merci, remercie Marianne en s'exécutant.

Peu après, Joey et Mallorie arrivent à leur tour...

… et ils s'installent à table pour prendre le petit-déjeuner.

- Voilà, dit Marylou en posant la cafetière et en s'asseyant.
- Merci, remercie Marianne en remplissant sa tasse.


- Dis, tata, lance Mallorie, tu veux bien qu'on aille faire du patin ce soir?
- Hé bien, hésite Marianne, je ne sais pas... je...


- C'est non, l'interrompt Marylou. Vous aurez tous les deux des devoirs, ce soir. Si tu veux faire du patin, ça devra attendre le week-end. Ok?
- D'accord maman, acquiesce Mallorie.

Après le petit-déjeuner, Chris part se changer, tandis que les enfants se lèvent...

… ils récupèrent leur sac, et partent rejoindre le bus pour aller en cours.

Quelques minutes après, le beau footballeur est sur la terrasse, face à l'océan, à faire des exercices pour entretenir ses muscles...

… tandis que dans le jardin, Sweet s'amuse joyeusement avec son ballon.

Pendant ce temps, dans la cuisine-salle à manger, Marylou débarrasse la table, tandis que Marianne est totalement perdue.

Lorsque la propriétaire des lieux a terminé, elle revient auprès de sa sœur, qui n'a pas bougé d'un cil, et s'assoit face à elle.


- Voilà, j'ai tout rangé, annonce Marylou.
- Oh, je suis désolée, réagi Marianne, tu es enceinte, et je ne t'ai même pas aidé.
- Je n'en avais pas besoin, je fais ça tous les jours, indique Marylou. Bon, et sinon, on discute pour que je sache enfin ce qui se passe, ou pas?


- Je suis complètement paumée, lâche Marianne.
- De ce côté-là, j'avais compris l'idée, rétorque Marylou. Mais qu'est-ce qui se passe exactement? Raconte!


- C'est parti d'un rien, dit Marianne en se redressant, mais vraiment d'un truc insignifiant. Sauf que je ne sais pas pourquoi, ça s'est amplifié dans ma tête. Alors... depuis... je ne sais plus du tout où j'en suis et ce que je dois faire.


- Bon... tu pourrais préciser? Réclame Marylou. Parce que là, et très honnêtement, je te vois parler, et je ne comprends absolument rien.


- Il y a quelques semaines, reprend Marianne mal à l'aise, et comme je le fais de temps en temps, j'ai déjeuné avec Kevin avant de retourner au bureau. Et ce jour-là, au lieu de parler uniquement de boulot... on a commencé à se poser des questions perso. Et quand je lui ai dit que j'étais mariée, et que j'avais une petite fille, il a dit que c'était bien, mais... quand il a compris que j'avais épousé mon meilleur ami, il... il a dit que ça avait été rapide entre Vincent et moi.


- Mais franchement, qu'est-ce que tu en as à faire de ce que peut te dire ce con? Réclame Marylou intriguée.


- Justement, ça ne m'aurait jamais atteint, normalement. Mais je ne sais pas pourquoi... depuis qu'il m'a dit ça, j'ai de sérieux doutes sur ma relation et mon avenir avec Vincent, lâche Marianne.


- Mais... comment ça? Interroge Marylou inquiète. Tu ne comptes pas demander le divorce, quand même? N'est-ce pas?


- Je n'en sais rien, avoue Marianne. Je... je n'en sais vraiment rien.

Chapitre 7

Chapitre 7


- Désolé, s'excuse-t-il, je t'ai mise mal à l'aise?


- Il est temps de retourner au bureau, lance-t-elle en commençant à se lever. J'ai beaucoup à faire.
- Bien, acquiesce-t-il en se levant à son tour.

Une fois l'addition payée, Kevin et Marianne retournent à la concession automobile sans prononcer le moindre mot...

… puis, chacun rejoint son bureau.

La jeune femme se remet au travail immédiatement, et elle tente de se concentrer autant que possible.

Mais malgré tous ses efforts, elle se sent mal. Parce que, même si elle a conscience qu'effectivement, tout s'est passé assez vite avec Vincent, ça ne l'a jamais troublée, étant donné qu'elle était sûre d'elle et de ses sentiments. Mais aujourd'hui, le fait que Kevin lui fasse la remarque, cela lui impose un sérieux doute sur sa vie avec Vincent, alors qu'elle n'a aucun problème avec ce dernier, et que tout se passe merveilleusement.

En début de soirée...

… Marianne quitte son bureau et rejoint rapidement les ascenseurs, sans attendre Kevin.

Par la suite, elle salue ses collègues au rez-de-chaussée, puis, d'un pas rapide, elle va jusqu'au parking, pour récupérer sa voiture avant de se mettre en route.

Pendant le trajet, elle ne cesse de se demander ce qui ne va pas chez elle. Parce que, non seulement sa vie avec Vincent est merveilleuse, mais elle l'aime de tout son cœur.

Alors elle se tourmente l'esprit, en essayant de comprendre pourquoi la discussion avec Kevin lui fait autant de mal, et pourquoi elle y accorde autant d'importance.

Après quelques minutes supplémentaires de trajet, Madame Odonel arrive chez elle.

Une fois la voiture stationnée, Marianne entre dans la maison, traverse le séjour, et retrouve tout le monde dans le jardin.

- Bonsoir, commence Marianne en approchant.
- Ah, bonsoir, répète Christine en se levant.


- Votre journée s'est bien passée? Interroge Christine.
- Oui, répond simplement Marianne. Et la vôtre?
- C'était une très belle journée. Votre fille m'a écouté à chaque fois, elle a bien fait ses siestes et on a beaucoup joué, indique Christine.


- Très bien, rétorque Marianne. Vous pouvez rentrer, et... à demain.
- D'accord, bonne soirée, dit Christine en commençant à partir.
- Bonne soirée à vous, lance Marianne.
- Merci! À demain, conclut Christine en refermant la porte.

Christine Vans traverse le séjour et s'en va, tandis que Marianne rejoint sa fille.


- Coucou! Lance joyeusement la jeune femme en la prenant dans ses bras.
- Maman! S'exclame Valérie toute contente.
- Tu as envie de marcher avec moi? Demande Marianne.
- Ouiii! S'écrit la petite fille.
- Allons-y, rétorque Marianne en la posant par terre.

Pendant une dizaine de minutes, Valérie s'exerce à marcher comme une grande, avec sa maman qui l'encourage...

… et elles jouent longuement par la suite.


Seulement, après presque une heure, alors que sa fille est debout devant elle, Marianne s'arrête de jouer et ferme les yeux.

Puis, elle se remémore plusieurs moments passés, comme l'une des nombreuses fois où sa petite sœur lui parlait de Vincent.

- Hallucinant! S'exclame Marylou en souriant.
- De quoi tu parles encore? Demande Marianne.
- Je trouve hallucinant que tu ne t'en rendes toujours pas compte, dit Marylou.
- Mais de quoi? Redemande encore Marianne.
- Les sentiments que Vincent a pour toi, c'est fou quand même! Lance Marylou.


- Tu dis n'importe quoi, nous sommes juste amis, Vincent et moi, et rien d'autre, maintient Marianne en s'accoudant à la table.
- Vraiment? Alors pourquoi tu sembles si perturbée par ce que je viens de dire? Interroge Marylou sûre d'elle.

Le moment où Vincent lui a avoué ses sentiments, et qu'elle l'a rejeté.

- Je n'ai pas arrêté d'hésiter, de me dire que ce n'était pas une bonne idée, parce que je tiens énormément à toi, et que l'idée de te perdre m'est insupportable, continue t-il dans sa lancée, mais là, j'ai trop attendu. Marianne, je suis fou amoureux de toi depuis notre première rencontre. Et si je n'ai jamais été avec une autre femme depuis, c'est parce que j'espère depuis longtemps que tu seras celle avec qui je partagerais ma vie.


- Vincent, je... je ne sais pas quoi te dire, rétorque-t-elle difficilement.
- Je comprends, dit-il doucement.
- Tu me dis vraiment la vérité, ou c'est une manière détournée de tenter de m'empêcher d'aller rejoindre James? Interroge-t-elle.


- Jamais, jamais je ne ferai une chose pareille, répond-il. Je suis désespérément sincère, je t'aime Marianne, et je suis désolé de te l'avouer comme ça, devant l'aéroport, alors que tu es sur le point de partir.


- Qu'est-ce que tu attends de moi? Parce que là... je me sens perdue, dit-elle.
- Je voudrais... je voudrais juste savoir si... si tu ressens quelque chose pour moi. Je veux dire... autre que de l'amitié, précise Monsieur Odonel.


- Il est peut-être temps que tu y ailles, lâche-t-elle.
- Je t'ai posé une question, j'aimerais avoir une réponse, insiste-t-il.
- Je ne sais pas quoi te dire. Et pourquoi m'avoir dit ça seulement maintenant? Demande Mademoiselle Davis en tentant de détourner la question.


- Je suis désolé encore une fois, désolé de te le dire là, maintenant, alors que tu es sur le point d'embarquer, mais j'ai fini par me dire que... que si je ne le faisais pas maintenant, je n'y arriverais jamais, répond-il. Mais Marianne, ne part pas en me laissant des doutes. Dis-moi si tu ressens quelque chose pour moi.


- Tu es mon meilleur ami, et... je t'aime en tant que tel, rien d'autre, répond-elle la gorge serrée.
- [silence]

- Je suis désolée mais je dois vraiment y aller, continue la jeune femme. Merci encore de m'avoir emmenée... et euh... à bientôt.

Mais aussi le moment où c'est elle qui a enfin avoué ce qu'elle ressentait.

- C'est fini entre James et moi, commence la jeune femme, et en fait, c'était déjà fini il y a longtemps.
- Comment ça? Ne comprend pas Vincent. Si c'était fini, pourquoi tu es allée...
- Attends, je vais t'expliquer, l'interrompt-elle. Déjà, quand tu as dit ce que tu m'as dit, je t'avoue que... que j'ai eu du mal à l'affronter réellement à cause de ce que moi je ressentais pour toi. Puis, il se trouve que moi, je croyais que James était mon petit-ami jusqu'à hier. C'est pourquoi, malgré ce que tu as dit, je suis partie. Pendant tout le voyage, je ne faisais que penser à toi et à ce que tu m'as dit. J'ai compris alors que je ne pouvais que mettre fin à ma relation avec James. Et finalement, je me suis retrouvée confrontée à sa femme.


- Il est marié?! Lâche Vincent choqué. Putain, quel enfoiré! S'il était en face de moi, je te jure que je lui ferais passer un sale moment, tu peux me croire.


- Ça ne servirait à rien, et ça ne résoudrait pas le mal que ça m'a fait d'apprendre que celui qui disait que jamais il ne me ferait souffrir, en certifiant qu'il n'était pas comme mes ex, avait finalement été pire, continue-t-elle. Mais quoi qu'il en soit, c'est comme je disais, même s'il avait été sérieux et qu'il n'avait pas fait de moi sa maîtresse en fin de compte, je l'aurais quitté. La vérité... Vincent... c'est que... je... je suis amoureuse de toi.


- Sérieusement? Interroge-t-il.
- Oui, répond-elle.
- Dans ce cas... pourquoi... pourquoi n'avoir rien dit avant? Demande-t-il.
- Il y a déjà le fait que... notre amitié s'étant installée petit à petit, je ne voulais pas te perdre, je trouvais que c'était vraiment risqué, rétorque Marianne.
- En même temps, je pensais pareil. On a l'air malins, dit-il en croisant les bras.


- Et puis... il y a une autre raison, continue la jeune femme en détournant le regard. Tu vois... je n'ai jamais pris l'initiative de faire le premier pas envers un homme. Sincèrement. Alors même si j'étais tombée sous ton charme quand je t'ai vu sortir de la dépanneuse, quand tu es venue me remorquer... la toute première fois que j'ai posé les yeux sur toi, lorsque nous nous sommes ensuite fréquentés régulièrement en tant qu'amis, je me suis dit que si tu ne faisais pas le premier pas, c'est que tu ne ressentais rien pour moi.


- C'est aujourd'hui que je le fais ce premier pas, dit-il en lui prenant les mains et en chuchotant.


- Et... je t'aime Marianne, continue le jeune homme en souriant.
- Je t'aime aussi Vincent, répond-elle en frissonnant.

- Maman? Appelle Valérie en la sortant de ses pensées.


- Oui, ma puce? Réclame Marianne perdue.
- J'ai faim! Lance la petite fille.


- D'accord, on y va, indique Marianne en se baissant pour la prendre dans ses bras.

Un peu plus tard, après que Valérie ait pris son biberon et fait son rot, Marianne l'emmène avec elle dans sa véranda, au bout du jardin, puis, elle lance un appel.


- Bonsoir, mon cœur, lance Vincent en décrochant.
- Bonsoir, chéri, répète-t-elle. Tu rentres quand?
- Ça ne va pas? S'inquiète-t-il. Tu as une voix bizarre.


- Si si, assure-t-elle en mentant, ça va. J'ai juste hâte de te prendre dans mes bras.
- Il me tarde aussi, appuie-t-il. Je partirais vers 20h, et je me dépêcherai.
- Non, je veux que tu sois prudent, rétorque-t-elle. On se retrouve tout à l'heure.
- Oui, bisous mon cœur, termine-t-il.
- Bisous, conclut-elle avant de raccrocher.

Après trois quarts d'heure à tourner en rond, la jeune femme part se changer, puis, elle revient dans sa véranda pour peindre un peu...

… tandis que l'adorable petite Valérie s'amuse sagement sur sa table de jeu.

Mais Marianne a beau essayer de ne pas y penser, elle ne fait qu'entendre et réentendre Kevin lui dire que ça a été trop rapide. Dans sa tête, tout se mélange, et elle se demande même si son union avec Vincent était vraiment ce qu'elle voulait. Pourtant, elle est convaincue de l'aimer de toutes ses forces. Mais les doutes qui sont encrés en elle, sont en train de la consumer à grande vitesse, et ça lui fait de plus en plus peur.

Au bout de quelques minutes, Marianne abandonne son pinceau et sa peinture, et elle s'assoit sur le canapé, en tremblant de désespoir...

… tandis que Vincent arrive. Il s'apprête à saluer sa femme, mais il l'entend gémir...

… alors il se précipite jusqu'à elle.


- Chérie, que se passe-t-il? Demande-t-il inquiet en s'agenouillant devant elle.
- Rien, répond-elle, ne t'en fait pas. Ça a été ta journée?
- Ne détourne pas le sujet, tu sais que j'ai horreur de ça, appuie-t-il.


- Mon cœur, reprend-il immédiatement, jamais je ne t'ai vu comme ça, sauf quand tu étais enceinte, parce que tu avais peur de l'accouchement. Alors... est-ce qu...
- Non, l'interrompt-elle, je ne suis pas enceinte.


- C'est juste un coup de mou, poursuit-elle en mentant et en détournant le regard, ça va passer. J'avais... j'avais juste hâte que tu rentres, parce que... j'étais pressée de pouvoir me blottir dans tes bras, ajoute-t-elle en l'enlaçant.


- Je suis là, assure-t-il inquiet et en la serrant fort. Ça va aller... ça va aller.

Le lendemain matin.

Marianne dort encore...

… lorsque Vincent revient dans la chambre et allume la lumière. Voyant qu'elle ne réagit pas, il fait le tour du lit et s'installe à ses côtés.


- Chérie? L'appelle-t-il doucement en lui caressant le bras. Il faut se réveiller.


- Mmmh, grogne-t-elle.
- Allez, fais un effort, mon amour, tu vas être en retard, rétorque-t-il.


- Mmmh... quoi? Réclame-t-elle en ouvrant les yeux.


- Je te disais que tu vas être en retard au travail, répète-t-il en lui caressant tendrement les cheveux et en souriant.
- Pourquoi? Il est quelle heure? Interroge-t-elle.
- Il est presque 8h40, répond-il.


- Oh non, je suis déjà en retard! S'exclame-t-elle soudainement en bondissant du lit et en fonçant jusqu'à la salle de bains.

Moins d'une vingtaine de minutes après, Marianne est prête et se brosse les dents.

- [toc toc toc] C'est moi, s'annonce Vincent.
- Entre! Lance-t-elle.


- Je dois partir travailler, mais Christine est là, elle est avec Valérie, indique-t-il.
- D'accord, acquiesce-t-elle.
- Bien, alors passe une bonne journée, et à ce soir, ajoute-t-il.


- À ce soir, répète-t-elle en le regardant partir à travers le miroir.

Quelques instants après, Marianne quitte la salle de bains et passe par le séjour.

- Bonjour, lance Marianne.
- Bonjour, répète Christine. Vous allez bien?
- Oui, dit Marianne, je [sonnerie de téléphone]


- Il faut que je file! Rétorque Marianne en voyant qu'il s'agit de Kevin. À ce soir!
- À ce soir! Répète Christine.

Sans avoir répondu à l'appel de son ex, Madame Odonel fonce récupérer sa voiture dans le garage...

… puis, elle se met en route pour le centre-ville.

N'ayant pas trop respecté les limitations de vitesse, Marianne arrive rapidement chez KWS Audi et stationne...

… avant de foncer jusqu'à l'intérieur en courant.

La jeune femme est tellement stressée, qu'elle trouve les ascenseurs trop longs à descendre, et décide de prendre les escaliers...

… pour poursuivre sa course jusqu'au bureau de Kevin Williams, et elle frappe à la porte.



- Tiens donc, lance-t-il en ouvrant la porte, tu t'es décidé à venir travailler.
- Je te présente toutes mes excuses, commence-t-elle.
- Tu as plus d'une demi-heure de retard! Indique-t-il.
- Je sais, oui, appuie-t-elle. Mais... je ne me sentais pas très bien, et j'ai eu beaucoup de mal à me lever.


- Tu es malade? Interroge-t-il.
- Non, assure-t-elle. Ne t'en fais pas, je me mets au travail immédiatement.
- Ça va, je te taquinais pour ton retard, ce n'est pas grave, dit-il en souriant.
- Si ça avait été un autre de tes employés, tu les aurais pourris, je le sais bien. Alors je te jure que je ferai tout pour que ça ne se reproduise pas. Je vais travailler, rétorque-t-elle en s'exécutant.

Plus tard, peu avant midi.


- On mange ensemble? Demande Kevin en sortant de son bureau.
- Non, merci, refuse-t-elle.


- Pourquoi ça? Interroge-t-il. J'ai fait quelque chose de mal?
- N... non, je... je dois rattraper mon retard, à cause de ce matin, répond-elle.
- Je ne suis pas d'accord, rétorque-t-il. Tu dois faire une pause et déjeuner tranquillement. J'insiste, et je ne partirai pas d'ici avant que tu acceptes.


- Bien, cède-t-elle en se levant.

Ensemble, Kevin et Marianne partent de KWS Audi pour se rendre au restaurant habituel, ils se font installer à table, puis, ils commandent.


- […] Et au pire, j'appellerai la maintenance pour régler le problème, dit-il.
- D'accord, acquiesce-t-elle.
- Bon, et sinon... depuis que je te connais, c'est vraiment la toute première fois que tu arrives en retard, rétorque-t-il. Tu es sûre que tu vas bien?


- Oui, je t'assure, appuie-t-elle. Et encore une fois, je suis vraiment désolée pour ce retard, ça ne se reproduira pas.


- Ça va, ce n'est pas dramatique, relance-t-il. On vend des voitures, nous ne sommes pas chirurgiens. Cela dit, je t'avoue que je préférerais qu'il n'y ait plus de retard, ou en tout cas, le moins possible, parce que...
- Je te le promets, assure-t-elle en l'interrompant.


- Bien... très bien, acquiesce-t-il. Et euh... je ne voudrais pas être trop insistant, mais... j'ai l'impression que ça ne va pas fort. Tu as des soucis avec ton mari?
- Pas du tout, appuie-t-elle fermement.
- Non, parce que... tu peux m'en parler, hein... je suis là pour toi, dit-il en souriant. S'il y a quoi que ce soit, surtout n'hésite pas.
- Il n'y a absolument aucun problème, assure-t-elle.
- Alors tant mieux, rétorque-t-il.

Par la suite, en attendant d'être servis, Marianne et Kevin discutent uniquement du travail et des dossiers qu'ils doivent préparer pour leurs clients.

Plusieurs semaines plus tard.

À la concession automobile KWS Audi.

Marianne est en train de travailler à son bureau, mais elle ne va pas très bien.

Les heures, les jours et les semaines passent, mais depuis que Kevin lui a dit qu'entre elle et Vincent, c'était trop rapide, elle ne peut s'empêcher d'y penser. Même si elle n'arrive pas à se l'expliquer, depuis ce moment-là, quelque chose de très étrange s'est déclenché en elle.

Et elle a beau tout faire pour que ses doutes cessent, il n'y a rien à faire, elle y pense tout le temps. Au point que ça en est devenu une véritable torture mentale.

En milieu d'après-midi, et après un long moment à réfléchir, Marianne se lève de son bureau et frappe à la porte de celui de Kevin.


- Entrez! Dit-il simplement.


- Excuse-moi de te déranger, commence-t-elle en entrant, mais est-ce que tu as quelques minutes pour te parler de quelque chose?
- Bien sûr, accepte-t-il. Assieds-toi.
- Merci, remercie-t-elle en s'exécutant.


- Bien, relance-t-il immédiatement, je t'écoute.


- Alors voilà, débute-t-elle. Je sais que je suis ici depuis seulement trois mois... mais je vais avoir besoin d'un congé. J'ai... j'ai conscience que je n'y aie pas encore droit, mais... si ça peut me permettre de garder mon travail, j'accepte sans problème le congé sans solde.


- Attends attends... Marianne, que se passe-t-il? Interroge-t-il.


- C'est personnel, répond-elle. Et puis... je n'arrive plus à être efficace, et tu le sais aussi. Je traîne plus, je... j'ai du mal à terminer des tâches simples. Et je sais aussi que si tu ne me cries pas dessus, comme tu le fais aux autres, c'est parce que c'est moi. Mais je suis convaincu que tu n'es pas satisfait de mon travail.


- Il faut que... enfin... j'ai besoin de comprendre, rétorque-t-il. Qu'y a-t-il?
- Je te l'ai déjà dit, c'est personnel, appuie-t-elle, et je n'ai pas l'intention de t'en parler, alors ne perdons pas davantage de temps. Je fais mal mon travail, ça ne me plaît pas de ne pas bien travailler, et tu n'es pas satisfait également.
- Marianne, reprend-il, il ne faut pas que tu penses qu...


- Tu acceptes mon congé sans solde, oui ou non? Réclame-t-elle en l'interrompant.
- Ok, répond-il.
- Merci, remercie-t-elle.


- Je le prends après ma journée de travail, ajoute-t-elle en se levant.
- D'accord, acquiesce-t-il. Je vais prendre mes dispositions pour te remplacer.
- Très bien. Je retourne travailler, dit-elle en s'exécutant. Merci de m'avoir reçu.


- De rien, soupire-t-il en baissant la tête.

En début de soirée.

Marianne Odonel se dépêche de quitter son bureau et la concession automobile pour récupérer sa voiture dans le parking, avant de se mettre en route.

Mais elle prend la route opposée de son domicile et traverse tout le centre-ville.

Dans la direction qu'elle prend, elle passe devant son ancienne petite maison, mais elle est tellement perturbée, qu'elle n'y fait pas tellement attention.

Elle stationne peu après, dans le parking d'une plage, sort de voiture et elle fait quelques pas jusqu'au bord de l'eau.

Pendant un long moment, presque figée, la belle jeune femme pose son regard loin devant elle, tentant de bien réfléchir à ce qu'elle est en train de faire.

Marianne se sent tellement bizarre, qu'elle a l'impression qu'elle commence à perdre pied, tant elle est tourmentée...

… et rapidement, des larmes se mettent à couler le long de ses joues.

Au bout d'un moment, la jeune femme prend son téléphone portable et lance un appel.


- Bonsoir grande sœur! Dit joyeusement Marylou en décrochant.
- Bonsoir, répète Marianne la voix tremblante.
- Qu'est-ce qu'il y a? Interroge Marylou inquiète.
- J'ai besoin de toi, lance Marianne.
- Oui, bien sûr, assure Marylou, mais que se passe-t-il?
- Je ne veux pas en parler au téléphone. Est-ce que... est-ce que je peux venir passer quelques jours chez toi? Réclame Marianne.


- Tu seras toujours la bienvenue chez moi, appuie Marylou, mais j'aimerais quand même comprendre ce qu'il se...
- Je te raconterai tout quand on sera ensemble, l'interrompt Marianne.
- D'accord, accepte Marylou. Tu veux venir quand? Que je pose quelques jours pour qu'on soit bien tranquilles.
- Je te tiens au courant dès que je le sais, indique Marianne. Je dois y aller.
- Ok, j'attends de tes nouvelles. Bisous, termine Marylou.
- Bisous, conclut Marianne avant de raccrocher.

Juste après, Madame Odonel retourne au parking, monte en voiture et repart.

Cette fois, quand elle repasse devant son ancienne petite maison, elle y fait attention, et elle se rappelle à quel point elle adorait vivre là.

La jeune femme poursuit sa route, et après presque une demi-heure, elle arrive à son domicile, et stationne dans le garage.

Marianne prend plusieurs profondes inspirations avant de sortir de voiture, puis, une fois ses larmes séchées, elle en sort et quitte le garage.

Et quand elle entre dans la maison, elle découvre Vincent en train de jouer avec leur adorable petite fille.


- Regarde mieux la forme, ma chérie, dit-il en lui indiquant, ce n'est pas là.
- Là? Interroge Valérie.
- Vas-y, essaie, suggère-t-il.
- Bonsoir, lance Marianne.


- Bonsoir, mon cœur, répète-t-il en se levant.


- Tu rentres un peu tard, non? Tout va bien? Interroge-t-il.


- En fait, non, répond-elle immédiatement, ça ne va pas. Il faut que je te parle.
- C'est grave? Demande-t-il.
- Tu devrais emmener la petite dans sa chambre, rétorque-t-elle.
- Très bien, accepte-t-il en s'exécutant.


- Allez, viens ma puce, relance-t-il inquiet en prenant sa fille dans les bras.

En le regardant, Marianne est prise de sérieux doutes sur ce qu'elle s'apprête à faire...

… mais elle est tellement malheureuse et perturbée, qu'elle ne voit plus de solution.

Pendant ce temps, dans la chambre de Valérie.

- Voilà, lance-t-il en l'embrassant, tu vas jouer toute seule un moment, d'accord?


- D'accord, accepte-t-elle. Je peux jouer au coffre?
- Oui, mais tu fais attention, dit-il. Tu ne dois pas te faire mal.
- Oui papa! S'exclame-t-elle en souriant.
- Sois sage, termine-t-il en sortant de la chambre.

Immédiatement, la petite fille se lève doucement, puis, elle ouvre son coffre à jouets pour pouvoir s'amuser...

… tandis que Vincent retourne auprès de sa femme.


- Bien, reprend-il, Valérie joue dans sa chambre, le baby-phone est allumé, et je suis là. Alors raconte, parce que... je suis inquiet.


- Je... je ne sais pas trop comment m'y prendre, dit-elle en se levant.


- Chérie, c'est moi, appuie-t-il. Tu sais bien que tu peux absolument tout me dire. Alors quoi que ça puisse être, dis-le tout simplement.


- J'ai... je voudrais que tu saches que... je, hésite-t-elle fortement, je veux qu'on se sépare pendant quelque temps.


- Quoi? Lâche-t-il très choqué.

Chapitre 6

Chapitre 6

Quelques jours plus tard.

Marianne se réveille doucement, et sans faire de bruit, elle sort du lit.

La jeune femme quitte sa chambre et entre dans celle de sa fille.

Celle-ci étant toujours endormie, Marianne sort de la pièce...

… puis, elle va se préparer un café dans la salle à manger.


- Bonjour, lance Vincent en arrivant avant de l'embrasser sur la joue.

- Bonjour, répète-t-elle avec un petit sourire. Je t'ai réveillé?
- Non, assure-t-il en se reculant un peu. J'ai beau être de repos aujourd'hui, tu sais que j'ai pour habitude de me lever tôt.
- Oui, acquiesce-t-elle.


- Je te fais un vrai petit-déj’, pendant que tu te prépares? Propose-t-il.
- Merci, mais ce n'est pas la peine, refuse-t-elle.
- Pourquoi ça? Interroge-t-il. Si je te le propose, c'est parce que ça me fait plaisir.


- Je sais, oui, appuie-t-elle, mais sincèrement, je n'ai pas très faim ce matin. Je vais me contenter du café, et ça ira très bien.
- Tu es sûre? Demande-t-il.
- Certaine, assure-t-elle.
- [son de pleurs à travers le baby-phone] J'y vais, lance-t-il en s'exécutant.

Et pendant que le beau jeune homme part s'occuper de sa fille, Madame Odonel s'installe pour terminer son café, avant d'aller dans la salle de bains pour se préparer.

Lorsque la jeune femme est prête, elle revient dans le salon, tandis que Polo approche.


- Je dois y aller, mon grand, rétorque-t-elle en se baissant pour le caresser.
- [petit aboiement]

- Je sais bien que ça ne te plaît pas, mais je reviens ce soir. En attendant, sois sage et veille sur Pepsi, ajoute-t-elle avant de se relever pour rejoindre son mari.


- Chéri, je dois y aller, annonce Marianne en approchant.
- D'accord, rétorque-t-il en prenant Valérie dans ses bras. Quant à notre princesse, elle a pratiquement englouti son biberon.
- Ça ne m'étonne pas, dit Marianne en rigolant.


- Câlin! S'exclame la petite fille.
- D'accord, accepte Marianne en la prenant dans ses bras pour la serrer contre elle.


- Voilà ma puce, poursuit Marianne en souriant. Tu verras, ça sera bien aujourd'hui, papa reste avec toi.
- Oui! S'écrit joyeusement Valérie.

Juste après, Marianne emmène sa fille dans le salon et l'installe dans son parc...

… puis, Vincent l'embrasse tendrement.

Par la suite, la belle jeune femme rejoint le garage...

… elle enclenche l'ouverture de la porte, puis elle monte en voiture...

… avant de se mettre en route pour le centre-ville.

Lorsqu'elle arrive à KWS Audi Roaring, Marianne stationne dans le parking réservé au personnel, et elle entre dans la concession automobile en saluant ses collègues.

Puis, comme à son habitude, elle monte au deuxième étage, s'installe à son bureau...

… et se met au travail.

Environ une heure après, Kevin Williams arrive.

- Bonjour, lance-t-il en souriant.
- Bonjour, répète-t-elle.


- J'ai une info à te donner, ajoute-t-elle en se levant.


- Bien sûr, acquiesce-t-il. Je t'écoute.
- Monsieur Anderson a décalé son rendez-vous à cette après-midi, parce qu'il est bloqué ce matin, indique-t-elle. Ce sera pour 15h45.
- Bien, dit-il. Il faudrait que tu fasses quelques petites choses pour moi.


- Lesquelles? Interroge-t-elle.
- Je voudrais que tu appelles Madame Freys pour la prévenir que sa voiture est prête, commence-t-il. Et précise bien qu'il faut qu'elle amène sa carte grise.
- D'accord, accepte-t-elle.


- Ensuite, il faut que tu prépares les papiers de la A8 pour Monsieur Voyd, et il faut voir avec lui s'il a obtenu son prêt ou non pour préparer la voiture, poursuit-il. Et enfin, tu appelleras Monsieur Gauvin pour la TT, et pour la même raison, donc savoir s'il a obtenu son prêt ou pas.
- Ok, acquiesce-t-elle, je m'en occupe de suite.
- Très bien, rétorque-t-il en partant à son bureau tandis qu'elle en fait de même.

Dans les environs de 11h40.


- [toc toc toc]

- Entrez! Lance Kevin.


- J'ai des réponses, commence-t-elle en entrant et en approchant.
- Attends, réclame-t-il sans quitter l'écran des yeux. Assieds-toi une minute, je termine d'abord.
- Très bien, accepte-t-elle en s'exécutant.



- Voilà, annonce-t-il en fermant son ordinateur portable, je t'écoute.


- Madame Freys passe récupérer sa voiture demain à 17h, débute Marianne. Le dossier du prêt de Monsieur Voyd a été rejeté, alors il va tenter de faire un nouveau dossier dans une autre banque. Quant à Monsieur Gauvin, lui c'est bon, donc on peut lancer la préparation de la TT.


- Bien, acquiesce-t-il. Seulement, il va falloir que tu rappelles Monsieur Voyd pour lui dire que je ne peux pas lui laisser trop de temps parce qu'il y a deux autres clients qui sont intéressés par la A8 qu'il veut.
- Je lui donne un délai? Interroge-t-elle.
- Une semaine, répond-il.


- Kevin, reprend-elle, je ne veux pas t'apprendre ton travail ou ta façon de faire tourner cette boîte, mais... trouver une autre banque, faire les démarches, l'étude du dossier, et tout ça... ça se rapproche plus de deux semaines, voire plus.


- Dans ce cas, ce sera 10 jours, dernier délai, rétorque-t-il. Je ne peux pas plus. Et s'il ne veut pas, je la vendrai à un autre client, je ne m'en fais pas.


- Bon, dit-elle sur le point de se lever, dans ce cas, je vais m'en occuper de s...
- Attends, l'interrompt-il.
- Oui? Réclame-t-elle.


- Ça fait plusieurs jours qu'on n'a pas mangé ensemble, lui fait-il remarquer, alors... ça te dit qu'on déjeune tous les deux ce midi?
- Ok, accepte-t-elle sans difficulté et en se levant. À tout à l'heure.


- À tout à l'heure, répète-t-il en rallumant son ordinateur.

Madame Odonel retourne à son bureau, puis, elle lance l'appel du client.


- Allô? Dit Monsieur Voyd en décrochant.
- Oui, bonjour, Marianne Davis, KWS Audi Roaring à l'appareil, s'annonce-t-elle.
- Ah, re-bonjour, rétorque-t-il. Il y a un problème?
- Hé bien, reprend-elle, j'ai discuté avec Monsieur Williams de votre problème pour le prêt, mais il ne va pas pouvoir attendre plus de dix jours pour avoir une réponse de votre part.
- Mais c'est beaucoup trop court! Lance-t-il.
- Je sais bien, et je suis désolée, s'excuse-t-elle, mais je ne peux rien faire d'autre. Si vous voulez vraiment cette voiture, il faut que vous fassiez vite.
- Et je fais comment, hein? S'énerve-t-il. Je n'ai qu'un jour de repos par semaine.


- Sincèrement, je suis désolée Monsieur Voyd, s'excuse-t-elle encore, mais...
- Que se passe-t-il? L'interrompt Kevin en arrivant.


- C'est Monsieur Voyd, répond-elle en chuchotant. Il n'est pas très content du délai.
- Donne-moi ça, réclame Kevin en prenant le téléphone et l'appel.


- Allô? Kevin Williams à l'appareil, s'annonce-t-il. Que se passe-t-il, Monsieur Voyd?
- J'expliquais justement que je n'ai qu'un jour de repos par semaine, et les autres jours, je finis après la fermeture des banques, alors ça ne me laisse clairement pas assez de temps pour faire le nécessaire dans les temps, indique Monsieur Voyd. Vous comprenez?
- Je le comprends très bien, assure Kevin. Mais maintenant, comprenez à votre tour que je ne peux pas bloquer un véhicule indéfiniment.
- Mais ça laisse tellement peu de temps pour tout faire, se plaint Monsieur Voyd.


- Dans ce cas, je vous suggère de choisir un véhicule moins cher, rétorque Kevin.
- Non, c'est vraiment cette voiture que je veux, appuie Monsieur Voyd. Je vais faire mon maximum et au plus vite. Je vous rappelle rapidement.
- Très bien, acquiesce Kevin. Passez une bonne journée.
- Merci, bonne journée à vous aussi, répète Monsieur Voyd avant de raccrocher.


- Bien, relance Kevin en posant le combiné sur la base, il est l'heure de passer à table. On y va?
- Oui, répond-elle simplement.

Quelques instants après, Kevin Williams et Marianne Odonel vont au restaurant...

… puis, ils se font installer à table et commandent.


- Tu es plutôt ferme en affaires, commence-t-elle. Pourquoi tu ne lui as pas accordé plus de temps? Il a l'air de tellement tenir à cette voiture.


- Je le sais qu'il y tient, assure-t-il. Mais c'est encore un mec dans la quarantaine qui veut faire son beau dans une voiture qu'il n'a pas les moyens d'acheter. Et quand on ne peut pas, on ne le fait pas. Ça te choque ce que je dis?
- Ce n'est pas que ça me choque, rétorque-t-elle. Disons que je te trouve dur.
- Mais la vie est dure, appuie-t-il. Tu sais, il faut se forger une carapace, quel que soit le travail dans lequel tu es, sinon, tu prends tout le monde en pitié, et tu ne risques pas de gagner ta vie.


- Peut-être, lâche-t-elle absolument pas convaincu. Mais ce n'est pas comme ça que tu te feras le moindre ami. C'est... c'est triste.


- Je ne fais pas ce travail pour me faire des amis, mais de l'argent, c'est aussi simple que ça, balance-t-il. Il faut savoir se détacher pour avancer, sinon, tu n'arriveras jamais à rien de bien.
- C'est une vision un peu drastique de la vie, non? Interroge-t-elle.
- Mais c'est ma vision, répond-il. Je ne vois pas les choses autrement.
- Ok, acquiesce-t-elle simplement.

Peu après, ils se font servir et déjeunent en discutant du travail...

… puis, avant 13h30, ils retournent travailler au bureau.

Le soir...

… après une heure de travail supplémentaire, Marianne prend le chemin de la maison.

Quand elle arrive, elle stationne dans le garage, puis entre dans la maison.

En passant dans le salon, elle ne voit personne.

Elle sort alors dans le jardin, et c'est là qu'elle découvre Pepsi en train de faire sa toilette, Polo qui joue avec son ballon...

… et son mari et sa fille, endormis sur une chaise longue. Madame Odonel s'assoit sur la table et les observe pendant un long moment, le sourire aux lèvres.

Après presque une demi-heure, Marianne décide d'aller marcher un peu avec Polo, alors ils quittent la maison et commencent à partir...

… tandis que Pepsi court pour les rejoindre.

Et ils partent se promener tous les trois.

Moins d'une heure après...

… Marianne, son chien et sa chatte reviennent à la maison et entrent.


- Bonsoir, lance Marianne en souriant.


- Bonsoir, répète-t-il. Alors ils étaient avec toi, moi qui les cherchais partout. Je commençais vraiment à m'inquiéter.


- Oh, je suis vraiment désolée, reprend la jeune femme. Quand je suis arrivée, je vous ai regardés dormir tous les deux, et puis... j'ai eu envie d'aller faire un tour avec Polo, et Pepsi nous a suivis. J'aurais dû laisser un mot pour te...


- Mais non, l'interrompt-il, ne t'en fais pas. Je me suis inquiété, mais ce n'est pas la fin du monde. L'important, c'est que tout le monde aille bien. Le reste, ce n'est qu'un détail. Et sinon, comment a été ta journée? Tu es arrivée tard, non?


- Oui, une heure sup, mais elle sera payée, précise-t-elle. Autrement, j'ai été pas mal débordée, mais ça a été. Et pour vous deux?
- Très bien, assure-t-il. Nous sommes allés au parc, et on a tellement joué, que nous étions tous les deux épuisés.
- Oui, j'ai vu ça, rétorque-t-elle en souriant.


- Si tu avais été là, ça aurait été parfait, poursuit-il.
- J'aurais adoré, avoue-t-elle. Cela dit, à partir de la semaine prochaine, nous aurons un jour de repos commun, le mercredi.
- D'accord, mais c'est déjà super pour nous trois, appuie-t-il.
- Oui. Bon, je fais une salade pour le dîner, ça te va? Demande-t-elle.
- Absolument, ce sera très bien, répond-il.
- Alors je m'en occupe, dit-elle avant d'aller dans la cuisine.

La jeune femme prend le nécessaire et commence à faire sa préparation...

… tandis que Vincent arrive peu après et observe sa femme.

Après quelques secondes, il arrive doucement derrière elle, et il commence à la caresser délicatement, tandis qu'elle laisse tomber la préparation du repas.

Le séduisant jeune homme poursuit en l'embrassant dans le cou et en lui mordillant l'oreille, ce qui fait frissonner Marianne.

Le désir monte de plus en plus, et elle se retourne soudainement pour embrasser son mari avec fougue et passion, pendant de délicieuses secondes.


- J'ai envie de toi, là, tout de suite, lance-t-il sans la quitter du regard.


- Où est la petite? Demande-t-elle.
- Dans la véranda, dans son parc, répond-il.
- Et le baby-phone? Interroge-t-elle.
- À côté d'elle, indique-t-il avant de la pencher en arrière pour l'embrasser à nouveau dans le cou tout en lui caressant les fesses.

Quelques instants après, Vincent porte sa femme et la déplace vers le comptoir juste derrière, tout en continuant de l'embrasser.

Au bout d'un moment, ils se retirent mutuellement leurs vêtements, qu'ils envoient valdinguer contre la porte de la cuisine. Par la suite, Vincent détache les cheveux de sa femme, tandis que celle-ci met une barrette pour qu'ils ne la gênent pas. Juste après, le couple s'installe à même le sol, se dévorant du regard, en se caressant et s'embrassant.





Après presque une vingtaine de minutes de préliminaires, Vincent et Marianne laissent tomber leurs sous-vêtements et commencent à faire l'amour en alternant les positions.









Un peu plus tard.

- J'adore ta façon de me faire l'amour, soupire-t-elle d'aise.
- Je t'avoue que moi aussi, plussoie-t-il en lui caressant le dos.
- On remet ça quand Valérie sera endormie? Réclame-t-elle.
- Ça va dépendre si tu es sage, plaisante-t-il.
- Même si ce n'est pas le cas, je saurais me faire pardonner, dit-elle en souriant.
- Oh, ça, je le sais bien, rétorque-t-il en souriant également.

Près d'une semaine et demie plus tard.

Chez KWS Audi Roaring.

Il est midi, et Marianne termine un mail pour un client.


- Allez, c'est l'heure, annonce Kevin. Tu viens manger avec moi?
- D'accord, accepte-t-elle en se levant après avoir envoyé le mail.

Kevin et Marianne se rendent au restaurant, comme très souvent, et ils y déjeunent tranquillement, où la conversation est centrée sur un nouveau logiciel, même après qu'ils se soient fait débarrasser la table par la serveuse.


- […] Oui enfin, je n'ai pas dit mon dernier mot, rétorque-t-il. Je suis sûr que je peux le maîtriser rapidement. Sinon, tu me montreras comment tu le gères.
- Ça marche, dit-elle simplement.
- Bon, relance-t-il, sinon pour changer de sujet... depuis que nous nous sommes retrouvés, nous n'avons jamais parlé de nos vies privées. Je sais que nous avons dit que nous ne le ferions pas, mais étant donné que ça se passe bien, je me demandais si on pouvait changer ça?


- Si tu veux, accepte-t-elle. Du coup, dis-moi, tu as une copine? Tu es... fiancé? Marié? Ou carrément divorcé?


- Rien de tout ça, répond-il, je suis célibataire. En fait... pour être totalement honnête avec toi, depuis notre séparation, je n'ai fait qu’enchaîner les aventures d'un soir. Je crois que je ne pourrais jamais passer à autre chose, puisque... je t'aime toujours.


- Tu... tu quoi? Réclame-t-elle très surprise.
- Pas de panique, rassure-toi, il n'y a pas de problème, assure-t-il.
- Tu m'as proposé un travail, Kevin! Rappelle-t-elle. Tu m'as donné un travail alors que tu es amoureux de moi! Tu as conscience que c'est malsain?


- Non, ça ne l'est pas, appuie-t-il. Je te dis qu'il n'y a aucun problème, et je ne suis pas là pour que ça se passe mal entre nous, alors ne t'inquiète pas. Et... si tu me disais plutôt où tu en es, toi?


- Tu veux qu'on parle de moi, après ce que tu viens de me dire? Demande-t-elle.
- Absolument, confirme-t-il. S'il te plaît.
- Bien, alors euh... en ce qui me concerne, je suis mariée à un homme merveilleux, et nous avons une adorable petite fille, indique-t-elle.
- Cool, lance-t-il. Et je connais ton mari?
- Il s'appelle Vincent, rétorque-t-elle, et tu ne le connais pas.


- Dis-moi-en plus, réclame-t-il. Comment vous vous êtes connu?
- Je suis tombée en panne sur l'autoroute, et à l'époque, il avait son garage. C'est lui qui est venu me dépanner, et en fait, on a commencé à faire des sorties, et on a été les meilleurs amis pendant plus de sept ans, indique-t-elle.
- Ah? Alors c'est récent entre vous? Demande-t-il.
- Nous nous sommes avoués nos sentiments il y a moins de trois ans, et... ça va faire bientôt deux ans que nous sommes mariés, explique-t-elle. Quoi?
- Je n'en sais rien, j'ai juste l'impression que tout a été très rapide, lâche-t-il.

À cet instant, Marianne ne sait pas ce qui se passe en elle, mais en entendant Kevin lui dire ça, elle commence à se sentir mal et se met à douter.