Chapitre 50

Chapitre 50

Environ une semaine plus tard.

Il est encore tôt, mais Letty est déjà dans le jardin avec Max.

Lorsque le beau chien a fini de faire ses besoins, il retourne dans la maison avec sa maîtresse.

La jeune femme va tout droit jusqu'à la cuisine, et elle commence à préparer le petit-déjeuner pour elle et ses sœurs.





- Bonjour, lance Léa en arrivant.
- Bonjour, répète Letty en souriant. Bien dormi?


- Depuis qu'on est rentré à la maison, et avec toi, je dors super bien, indique Léa.


- C'est pareil, pour moi aussi, plussoie Letty. C'est un vrai bonheur de vous avoir retrouvées toutes les trois.


- C'est clair! S'exclame joyeusement Léa.


- [pleurs de Lindsay]


- Je vais chercher Lindsay, indique Letty. Tu peux commencer à manger, si tu veux.
- D'accord, acquiesce Léa.

La jeune femme monte à l'étage, et elle va directement chercher sa plus petite sœur.

Avec une grande joie, elle la prend dans les bras...

… et elle l'emmène dans la salle de bains pour la laver et l'habiller.

Puis, elle redescend pour installer Lindsay dans la chaise haute.


- Oh, merci d'avoir servi, rétorque Letty.
- De rien, dit Léa.


- Bonjour! Lance joyeusement Linda en arrivant à son tour.


- Bonjour, ma belle, répète Letty en souriant. Tu as bien dormi?


- Oui! Répond Linda. Et l'odeur des pancakes m'a trop donné envie.
- Alors mets-toi à table avec Léa, j'arrive, rétorque Letty.

La jeune femme va dans la cuisine pour récupérer le repas de Lindsay, elle le lui donne...

… puis, elle va s'asseoir avec Léa et Linda, et elles commencent à manger.

- Mmmh, ché trop bon! T'es trop forte! Lance Linda.
- C'est gentil, mais... ne parle pas la bouche pleine, plaisante Letty.
- Elle ne sait faire que ça, rigole Léa.
- Oh, cha va! Dit Linda amusée.
- Il y a encore des progrès à faire, hein. Bon... plus sérieusement, reprend Letty, dès que nous aurons fini de manger, je voudrais avoir une discussion avec vous.


- Pourquoi? Interroge Linda.


- C'est à propos de quoi? Interroge Léa.
- D'abord, on mange, et après, on parlera, appuie Letty.
- D'accord, accepte Léa en finissant son assiette.

Par la suite, Letty prend Lindsay dans les bras...

… et elle l'emmène jusqu'au parc, pour l'y installer...

… avant de revenir auprès de ses deux autres sœurs.

- J'ai votre attention? Réclame Letty.
- Oui, répondent Léa et Linda.


- Bon... alors voilà. Maintenant, nous sommes enfin ensemble, et personne ne pourra vous enlever à moi, indique Letty. Ici, nous sommes chez nous. Enfin... chez nos parents. Mais... ils nous ont tout laissés, et nous pouvons faire ce que nous voulons. J'ai pris un maximum de renseignements auprès de mon avocat, et on peut faire deux choses, en fonction de ce que vous voulez.


- Je m'explique. Je ne sais pas pour vous, mais... même si j'adore cette maison, sans les parents... ce n'est pas pareil, poursuit Letty. Je sais que nous avons de l'espace, et que nous y sommes vraiment bien. Si vous voulez qu'on reste ici, on restera. On pourra voir si vous voulez faire certaines modifications avec le temps, et... je chercherai du travail en ville.


- Et sinon? Demande Léa.


- Eh bien... autrement, selon ce que vous voulez faire, poursuit Letty, on pourrait aussi mettre la maison en vente, et repartir vivre à Riverview. Je sais que les parents sont enterrés ici, mais... si nous repartions vivre à Riverview, nous pourrions éventuellement voir pour venir au moins une fois par an, afin de nettoyer leurs tombes et nous y recueillir. Cela dit, la décision vous appartient. Lindsay est encore trop petite, mais... vous deux, vous pouvez décider.


- Tu voudrais faire quoi, toi? Interroge Léa.


- Comme je viens de vous le dire, c'est vous qui décidez. Je ne veux rien vous imposer, et je ne veux pas vous influencer, appuie Letty.


- Mais si c'était toi qui décidais, tu voudrais quoi? Réclame Linda.


- Vous ne préférez pas me dire d'abord ce que vous, vous voudriez? Propose Letty.


- Non! Répondent Léa et Linda en chœur.


- Eh bien, soupire Letty, si je devais choisir, je préférerais retourner à Riverview. Ici, cette maison représente beaucoup. Votre enfance, nos souvenirs avec les parents. Mais je sais que nos souvenirs resteront toujours gravés en nous. Cela dit... celle que nous avions là-bas... même si elle est plus petite, c'est... c'est notre maison. Celle où nous avons choisi de rester ensemble coûte que coûte. C'est là-bas que nous avons... agrandi notre famille, avec Hershel, Glenn, Abraham et Aaron. Je tiens beaucoup à eux, et pour être honnête... je trouverai triste de ne plus les voir autant. Pour moi, c'est là-bas notre maison.


- Tu crois qu'on peut y retourner quand? Demande Linda.


- Je ne sais pas, je... attends, s'interrompt Letty en réagissant. Tu voudrais retourner là-bas? Toi aussi? Interroge Letty à Linda.


- Ouiii! S'exclament joyeusement les deux jeunes filles.


- Tout ce qu'on espérait, c'est que tu veuilles faire comme nous, lance Léa. C'est vrai que tu as raison pour cette maison et pour les parents. Mais là-bas, on était vraiment trop bien, et on s'en fiche de la place. Hershel me manquerait trop.


- Et puis, on a nos copines! Ajoute Linda. On leur a envoyé plein de lettres quand on était à City Springs, et elles nous répondaient tout le temps.


- D'ailleurs, la mère de Gisèle a essayé de t'appeler plein de fois, mais elle n'a jamais réussi, indique Léa.


- Ah bon? S'étonne Letty. Mais... ah oui, on s'était disputé, et... je l'avais bloquée. Mais euh... vous savez que ce qu'elle voulait?


- Je crois que Gisèle a dit qu'elle voulait s'excuser, ou je ne sais plus trop quoi, répond Léa.
- Et elle nous a même dit que si on pouvait te donner une lettre, ce serait bien, rétorque Linda. Sauf qu'on nous a pas laissé te l'envoyer, on n'avait pas le droit.
- Mais on l'a gardé, je l'ai dans mon sac, indique Léa. Tu veux que je te la donne?


- Oui, je... je veux bien, accepte Letty intriguée.


- Je vais la chercher, lance Léa en s'exécutant.

Après quelques minutes, Léa donne l'enveloppe à sa grande sœur, celle-ci l'ouvre, et elle s'installe à la table pour la lire, tandis que Léa et Linda restent à côté d'elle.


Letty,

Je ne sais pas si cette lettre réussira à te parvenir un jour. Mais je tiens à te présenter mes excuses pour ce que je t'ai dit. J'ai été très surprise de découvrir que tu es une adolescente de 17 ans. Sauf que j'ai commencé à trouver des vidéos et des articles qui parlent de ce qui t'est arrivé, à toi et à tes sœurs. Je suis sincèrement désolée de découvrir la mort aussi brutale de vos parents. C'est absolument terrible, et personne ne mérite de vivre une chose pareille.

J'ai longuement réfléchi, et j'ai commencé à réaliser ce que tu as fait, pour garder tes sœurs avec toi. Certes, tu as menti à beaucoup de personnes. Tu as menti sur ton identité, et celles de tes sœurs. Tu t'es faite passer pour leur mère, mais je sais à présent que ce n'était pas pour de mauvaises raisons. Tu as juste voulu qu'on ne vous sépare pas toutes les quatre. Pour ça, tu as du mérite, et tu as tout mon respect.

Aussi, je tiens à te préciser que si je t'écris cette lettre, c'est parce que j'ai essayé de t'appeler plein de fois, sans jamais réussir à t'avoir. J'imagine que tu as changé de numéro? Ou alors, tu m'as peut-être bloquée. Si c'est le cas, sache que je ne t'en veux pas. Je m'en veux d'avoir très mal réagi à ton égard.

Par Léa et Linda, je sais ce qui se passe, et je sais que tu n'as plus le droit de voir tes sœurs ou de les contacter. Ça doit être vraiment difficile pour toi, et j'ai beaucoup de peine que vous soyez séparées, avec tout le mal que tu t'es donné pour que cela n'arrive pas. Je vous souhaite de gagner le procès, et de pouvoir retrouver tes sœurs.

Et si un jour, tu revenais à Riverview, que ce soit pour une simple visite, ou pour y vivre, sache que ma porte te sera toujours ouverte. Je t'apprécie beaucoup, Letty.

Prends soin de toi. Et si tu veux me répondre, n'hésite pas, tu connais mon adresse.

Bien amicalement,

Elena Lopez.

En terminant de lire cette lettre, Letty, très touchée, s'effondre en larmes.

Linda s'approche rapidement, et elle vient tendrement enlacer sa sœur pour la réconforter, ce qui fait beaucoup de bien à la jeune femme.


- Ça va, assure Letty en se séchant les larmes, ça va.


- Bon, reprend Letty en se levant, il ne faut pas se laisser aller, hein?


- Qu'est-ce que vous avez envie de faire aujourd'hui? Interroge Letty.


- Ben... il faudrait commencer à faire nos cartons pour le déménagement, non? Suggère Léa.
- Oh oui! S'exclame Linda.


- D'accord, accepte Letty très heureuse.

Pendant les quelques jours qui suivent, Letty se charge de toutes les démarches auprès d'une agence immobilière, afin que la maison soit mise en vente. Et dès que l'annonce a été mise en ligne, en à peine quelques jours, déjà quatre visites ont eu lieu. Mais rien d'anormal, d'après l'agent immobilier, parce que ce type de maison est très recherchée dans ce quartier, et donc, dès qu'il y en a une de libre, de potentiels acheteurs s'affolent pour la visiter et faire une offre. Environ deux semaines après.

Letty vient de terminer un appel, et elle descend rejoindre ses sœurs en bas.


- Les filles, commence Letty en arrivant, je peux vous parler?


- Oui, répond Linda en se levant.
- Bien sûr, dit Léa en faisant de même.


- Bon, je viens de raccrocher avec le notaire, indique Letty, et la totalité des comptes des parents a été débloquée. Je dois aller à la banque pour faire un virement sur mon compte.


- Tu ne devais pas faire faire des modifications à ta banque? Interroge Léa.
- Si si, absolument, confirme Letty. Mais je n'ai encore rien fait, parce que... je voudrais vous parler de quelque chose. Et jusqu'à maintenant, je n'ai pas trop osé, parce que je ne savais pas trop comment aborder le sujet.
- C'est quoi? Réclame Linda.
- Voilà euh... en fait, j'ai... j'ai beaucoup réfléchi avant qu'on se retrouve, et... notre nom de famille a été un peu trop balancé à tout va, à tort et à travers, et il faut dire les choses comme elles sont, ça n'a pas été qu'en bien, appuie Letty. Et du coup... je voulais vous demander ce que vous penseriez si... si je changeais de nom de famille? Et donc... que je ne m'appelle plus Brown, mais Grey?
- Euh... je ne sais pas, dit Léa en réfléchissant.
- Et tu veux être la seule à changer? Demande Linda.
- Je ne vais pas vous contraindre à changer de nom, rétorque Letty.
- Si je dois être honnête, relance Léa, quand ce flic a débarqué à l'école pour nous emmener, quand... quand il nous a appelé Brown, je n'ai pas du tout aimé. Et ce n'était pas juste parce qu'on mentait sur notre identité. Mais... à cause de tout.
- Tout ça pour dire? Réclame Letty.
- Ben... si tu changes pour Grey, est-ce que... moi aussi je peux? Interroge Léa.
- Et moi aussi? Surenchéri Linda.
- Vous êtes sérieuses? Demande Letty. Vous voudriez vraiment ne plus porter le nom de nos parents? Parce que... là, nous avons une raison qui devrait être valable pour en changer. Mais vous ne pourrez plus changer par la suite. Vous devriez réfléchir plus longuement pour en être sûres.
- Moi j'en suis sûre, appuie fermement Léa.
- Moi aussi, assure Linda.
- Je... waouh, je ne m'attendais pas à ça, mais... je pense que c'est cool, dit Letty très surprise par leurs réactions. J'appellerais mon avocat pour voir si c'est faisable et ce qu'il faut faire.
- Cool! Disent Léa et Linda.


- Et autre chose, relance immédiatement Letty. Lorsque nous serons à Riverview, j'ai l'intention d'ouvrir un compte en banque pour chacune de vous, et Lindsay aussi. Nous partagerons équitablement ce que les parents avaient dans leurs comptes, ainsi que l'argent de la maison, quand elle sera vendue. Bien sûr, tant que vous n'êtes pas majeures, je ne vous laisserai pas vider vos comptes n'importe comment. Mais comme ça, vous aurez un peu d'argent plus tard.


- Oh! C'est trop chouette! Lance Linda.
- C'est clair! C'est excellent d'avoir pensé à ça! Ajoute Léa. Merci beaucoup!


- Mais c'est tout à fait normal. Je n'ai pas à me servir de cet argent toute seule. Vous y avez droit autant que moi, appuie Letty. Bon, du coup... est-ce que je vous laisse ici, le temps d'aller à la banque, ou vous voulez venir avec moi?


- Je veux venir, dit Linda.
- Moi aussi, surenchéri Léa.


- D'accord. Alors on y va! Lance joyeusement Letty.

Quelques minutes après, laissant Max à la maison, les quatre sœurs sortent de la maison pour rejoindre la voiture de location...

… et elles se mettent en route en direction de la banque.



Pendant près de deux heures, elles sont dans un bureau avec le directeur de la banque, et Letty se charge de toutes les démarches pour liquider les comptes de leurs parents.

Dès qu'elles ont tout terminé, elles vont faire quelques courses en ville...

… et elles rentrent à la maison.


- Dis, quand est-ce qu'on va pouvoir prévenir Kristy et Gisèle qu'on va retourner vivre à Riverview? Interroge Linda.


- Attends, réclame Letty en posant Lindsay dans le parc avant de la rejoindre.


- Ma chérie, reprend Letty en s'agenouillant face à Linda, rappelles-toi, il ne faut rien dire du tout.


- On en a parlé, et tu étais d'accord, appuie Letty. On compte faire la surprise à tout le monde. Et pour ça, il ne faut pas le dire à vos copines.


- Nous avons encore quelques affaires à régler ici, indique Letty. Alors... faisons comme on a dit, on n'en parle pas pour garder la surprise, et dès qu'on arrive là-bas, on va voir tout le monde à tour de rôle. Je sais que ce n'est pas facile pour vous, et je te promets que c'est la dernière fois que je vous demande de mentir.
- Et en plus, ça va être trop bien de voir leur réaction! Intervient Léa.


- C'est vrai, plussoie Letty, elle a raison. Tu imagines à quel point tes copines seront contentes d'avoir votre retour comme surprise?


- Oui, ça sera chouette, rétorque Linda en souriant. Je ne dirais rien, promis.
- Très bien, acquiesce Letty en se relevant.


- Bon, et maintenant, il faut s'y remettre, annonce Letty, parce qu'on a une nouvelle visite dans une heure, et j'ai vu que vos chambres étaient en désordre.


- On va aller s'en occuper, lance Léa.
- Oui, promis, on va faire ça bien, assure Linda.
- Parfait, alors allez-y, je vais m'assurer que tout est en ordre, et je vous rejoins après, indique Letty.

Quelques jours plus tard.

Max, Letty et ses sœurs sont à la plage.

Comme à son habitude, Max ne quitte pas sa maîtresse. Celle-ci fait découvrir la mer à sa plus petite sœur, et elles rigolent toutes les deux, quand les vagues arrivent jusqu'à elles.

À côté, Léa et Linda s'éclaboussent et rigolent à s'en faire mal au ventre.

Après un moment, la jeune femme entend son téléphone portable qui sonne, alors elle le prend, regarde l'écran, et elle voit qu'il s'agit de son agent immobilier.


- Oui allô? Dit-elle en décrochant.
- Bonjour, Monsieur Cox, de l'agence, s'annonce-t-il.
- Oui, bonjour, rétorque-t-elle. Il y a du nouveau?


- Et comment! Lance-t-il. La famille qui est venue visiter votre maison la semaine dernière, les Jackson, ils ont fait une offre à 245000$!


- Est-ce que c'est sérieux? Réclame-t-elle très surprise.
- Absolument, tout ce qu'il y a de plus sérieux, assure-t-il. J'ai tout vérifié.
- Mais c'est beaucoup plus que l'estimation qui avait été faite! Rappelle-t-elle.
- Effectivement, confirme-t-il. Cela dit, la famille Jackson savait qu'il y avait d'autres personnes qui étaient intéressées par votre maison, et comme je vous l'ai dit, votre type de maison, dans le quartier dans lequel vous êtes est très recherché et très demandé. Alors... si la famille Jackson a fait cette offre, c'est parce qu'ils veulent vraiment vous l'acheter.


- Ah ben oui... à ce prix-là, j'imagine qu'ils y tiennent, rétorque-t-elle.
- Et qu'est-ce que vous en dites? Vous êtes d'accord, ou vous voulez voir si vous obtenez une meilleure offre? Demande-t-il.
- C'est bien plus que ce qui était prévu, alors, non... je n'attends pas d'autre offre. J'accepte celle de la famille Jackson. Et euh... dans combien de temps vous pensez qu'on pourra tout régler? Réclame-t-elle.
- Eh bien... le couple est justement dans le bureau d'à côté. Si vous le souhaitez, comme je sais que vous êtes pressée de partir, je vais voir avec eux s'ils acceptent de renoncer à leur droit de rétraction, et en fonction de ça, et de tout le reste, je me charge de tout, et je contacterai également votre notaire pour tenter de faire en sorte que tout soit rapidement réglé, explique-t-il. Cela vous convient?
- Oui, d'accord, accepte-t-elle.
- Très bien, acquiesce-t-il. Dès que j'ai toutes les informations en main, je vous rappelle pour vous tenir informée.
- Ça marche. Et merci pour tout, remercie-t-elle.
- Je vous en prie, dit-il. J'essaie de vous rappeler en fin d'après-midi.
- D'accord, à tout à l'heure, termine-t-elle.
- À tout à l'heure, Mademoiselle Brown, conclut-il avant de raccrocher.

Dès qu'elle a rangé son téléphone portable, Letty pose sa plus petite sœur par terre...

… et en lui tenant la main, elle rejoint Léa et Linda.

- Les filles! Lance Letty. Vous pouvez venir par ici?
- On arrive! Disent Léa et Linda en s'exécutant.


- On rentre? Demande Léa.


- Non non, ce n'est pas ça, on peut encore rester, si vous voulez, répond Letty. Mais je viens d'avoir Monsieur Cox au téléphone. Vous savez, c'est l'agent immobilier qui gère la vente de la maison.


- Ah, d'accord, acquiesce Léa. Et alors?
- La dernière famille qui a visité la maison a fait une offre à 245000$, et je l'ai accepté, annonce Letty.
- Ça veut dire qu'on va pouvoir partir pour retourner à Riverview? Demande Linda.


- Pas tout de suite, indique Letty. Monsieur Cox va s'occuper d'un maximum de démarches, mais nous aurons la maison à vider, certaines décisions à prendre pour les affaires que nous avons, et le notaire, les papiers, bref... ce n'est pas encore demain qu'on va partir. Par contre, si la famille Jackson renonce à son droit de rétraction, ce qui veut dire qu'ils ne peuvent pas changer d'avis dans le délai légal, on va pouvoir partir rapidement.


- Ben j'ai trop hâte que tout soit fait et qu'on rentre, lance Linda. J'ai trop hâte de retourner à l'école.
- Sérieux? Réclame Léa. J'aime bien l'école, mais pas au point d'être pressée d'y retourner. Avec les devoirs et le reste, franchement, je n'ai pas hâte.


- Ne vous chamaillez pas, vous avez le droit d'avoir des points de vue et des goûts différents. Maintenant, si vous voulez retourner vous baigner, allez-y, et d'ici une heure, on retourne à la maison.


- On peut prendre Lindsay avec nous? Demande Linda.
- D'accord, accepte Letty, mais faites attention à elle.
- Bien sûr, assure Linda en souriant.
- Et toi, tu nous rejoins? Interroge Léa.
- Oui, dans quelques instants, indique Letty.

Sans perdre de temps, Léa prend la main de Lindsay, et avec Linda, elles courent jusqu'à l'eau pour s'amuser, tandis que Letty les observe.


La jeune femme sourit en les voyant si heureuses. Et elle-même, elle se sent très bien.

Plus tard, dans la soirée.

Max est sagement endormi dans son panier...

… pendant que les quatre sœurs regardent un film d'animation.

Elles passent un bon moment, et apprécient vraiment le film, jusqu'à ce que le téléphone portable de Letty commence à sonner.

- Tu veux qu'on arrête? Interroge Léa.
- Non non, répond Letty en se levant, continuez, je vais répondre dans la cuisine.

Quand la jeune femme arrive dans la cuisine, elle prend son téléphone portable, et elle voit qu'il s'agit de Monsieur Cox, l'agent immobilier.


- Allô? Dit-elle en décrochant.
- Bonsoir Mademoiselle Brown, Monsieur Cox à l'appareil, s'annonce-t-il.
- Bonsoir, répète-t-elle.
- Je suis désolé de vous appeler à cette heure-ci, j'espère que je ne vous dérange pas trop? Demande-t-il.
- Non non, il n'y a pas de problème, répond-elle. Vous avez oublié de m'appeler?
- Ah non, pas du tout. Mais... j'ai voulu tout régler aujourd'hui, puisque je sais que vos sœurs et vous, vous êtes pressées de vendre, indique-t-il. Alors... Monsieur et Madame Jackson sont d'accord pour renoncer à leur droit de rétractation. Ils sont assez pressés d'emménager, donc ils n'ont aucun problème pour cela. Mais ne vous inquiétez pas, ils vous laissent le temps de vider la maison, ils n'en seront pas au point de vous mettre dehors.
- D'accord, super! Acquiesce Letty ravie.
- Aussi, ils sont disponibles demain à 14h pour tout conclure avec l'agence, et aussi avec le notaire, où nous irons juste après. Et comme nous en avions parlé, dès que les papiers sont signés, et que vous avez récupéré toutes vos affaires dans la maison, je leur remettrais les clés moi-même, afin d'éviter de devoir prendre un autre rendez-vous, et bien sûr... pour vous permettre de partir plus vite. Enfin, je vous propose cela, mais vous avez le droit de refuser.


- Ah mais... c'est fantastique! S'exclame-t-elle ravie. Donc ça veut bien dire qu'on peut partir dès que les papiers sont signés?
- Absolument, confirme-t-il.


- C'est génial, je suis très contente, et je pense que mes sœurs le seront aussi. Je vais le leur annoncer immédiatement, et dès demain matin, nous nous mettrons au travail pour vider la maison, rétorque-t-elle.
- Très bien, mais n'oubliez pas le rendez-vous à l'agence à 14h, et prenez bien tous les papiers, rappelle-t-il.
- Ça marche, on y sera. Encore merci pour tout, et à demain, termine-t-elle.
- À demain, Mademoiselle Brown, conclut-il avant de raccrocher.

La jeune femme retourne dans le salon...

… elle prend la télécommande pour éteindre la télévision, avant de se placer devant ses sœurs pour leur parler.


- Je suis désolée, lance Letty, mais j'ai une grande nouvelle à vous annoncer. Vous voulez bien vous redresser?
- Oui mais... qu'est-ce qui se passe? Interroge Léa en s'exécutant avec Linda.
- C'était l'agent immobilier au téléphone, et ça y est, la maison est vendue! Annonce Letty. D'ailleurs, tout est réglé. Demain, à 14h, on a rendez-vous pour conclure la vente. Et dès que nous aurons vidé la maison, ce sera bon!
- Alors on n'a qu'à commencer maintenant! Rétorque joyeusement Linda.


- Non, refuse Letty, il est bientôt 22h, ce n'est pas l'heure pour ça. Je pense qu'il va falloir aller se coucher là, et demain matin, nous devrons nous activer pour faire le maximum. Je vais appeler une entreprise de déménageurs, et on conviendra d'un rendez-vous pour qu'ils viennent récupérer ce que nous décidons d'emmener à Riverview. On devra aussi décider des choses que nous ne voulons pas, ou que nous avons en trop, et je demanderai au responsable du dépôt-vente s'il récupère quelques trucs. Mais euh... je voudrais vous parler d'autre chose.


- C'est quoi? Réclame Linda.


- Voilà, commence Letty. J'ai... j'ai beaucoup réfléchi, et... je me disais qu'on pourrait acheter une seconde voiture. Léa... dans deux ans, tu pourras passer ton permis de conduire, et... tu pourras avoir ta propre voiture. Du coup, j'ai fait quelques recherches, j'en ai trouvé une très bien, mais c'est un coupé sport. Par contre, elle n'a pas beaucoup de kilomètres, et elle a parfaitement été entretenue. Elle se trouve dans une ville qui est très proche de Riverview, je crois que c'est... Colorado... Colorado quelque chose, je ne sais plus. Du coup, j'ai pensé à quelque chose. Si vous êtes d'accord, on pourrait prendre l'avion jusqu'à Colorado machin... on prend un taxi pour aller jusqu'au garage pour acheter la voiture, et on rentre à Riverview en voiture! Vous en pensez quoi?
- Tu as dit que c'est un coupé sport? Réclame Léa. Alors... on ne va pas avoir beaucoup de place? Tu sais combien de temps de trajet on ferait avant d'arriver?
- Seulement une heure, répond Letty. Et en roulant vraiment tranquille, sinon, en respectant les limitations, peut-être qu'en trois quarts d'heure, on y est.
- Oh ça va, je m'attendais à plus long, rétorque Léa.
- Du coup... vous seriez d'accord? Interroge Letty.
- Moi oui, répond immédiatement Linda.
- Moi aussi! Plussoie Léa. Et c'est cool, je vais avoir ma voiture!
- Oui enfin... pas tout de suite, appuie Letty.


- Bon... et dans tout ça, c'est quand qu'on retourne à Riverview? Demande Linda.


- Eh bien... logiquement, étant donné que les rendez-vous avec l'agence et le notaire auront lieu demain après-midi, cela va dépendre de nous, et de notre capacité à trier et vider cette maison, indique Letty. Mais avant tout cela, il va falloir aller monter se coucher, et se reposer pour être en forme demain matin.


- Je vais me brosser les dents! S'exclame Linda en bondissant du canapé avant de partir en courant.


- Eh! Attends-moi! Réclame Léa en faisant de même.

Juste après, la jeune femme prend Lindsay dans les bras...

… et elle l'emmène à l'étage pour la coucher, pendant que Max sort de son panier.

- J'arrive, mon amour! Indique Letty en montant les escaliers.



- Bonne nuit, ma chérie, dit Letty en installant Lindsay dans le lit.


- Dors bien, ajoute Letty en lui caressant la joue et en souriant.

Juste après, la jeune femme redescend...

… elle rejoint Max, et ils sortent, afin qu'il fasse ses besoins.


Environ un quart d'heure après, dès que le chien a terminé, il rentre avec Letty, et ils montent à l'étage. Ils vont dans la salle de bains, et tandis qu'il la regarde tout content, elle se brosse les dents.

Dès qu'elle est prête, Letty ouvre la porte à Max, celui-ci entre dans la chambre...

… pendant que Letty va s'assurer que ses sœurs dorment. Elle commence par Lindsay, et celle-ci est déjà profondément endormie.

Tandis que la jeune femme se retourne, elle voit le canapé dans lequel Glenn dormait pendant son séjour ici.

C'est alors qu'elle commence à se perdre dans ses pensées...

… et elle se remémore le soir où ils ont échangé leur premier baiser.






Mais rapidement, ce joli souvenir est détruit par le moment où Glenn a débarqué chez Hershel, après avoir découvert la vérité sur elle et sa famille.

- Glenn! Lance-t-elle heureuse de le voir.


- Bonjour... Letty Brown, balance froidement Glenn.


- Hum... euh, hésite-t-elle complètement démunie.


- Je... je vais t'expliquer, dit-elle.


- Je peux le faire à ta place, si tu veux, rétorque Glenn en prenant son téléphone portable et en lisant. Letty, Léa, Linda et Lindsay Brown, orphelines de Lauren et Tyler Brown, tragiquement décédés sur la route, écrasés par un camion. Aaron et Charlotte Walker, le couple d'amis qui s'occupaient des orphelines, au moment des faits, a signalé au commissariat de Sunset Valley, la volonté de l'adolescente de tout juste 17 ans, de prendre en charge seule ses petites sœurs, alors qu'elle n'a pas de travail, ni terminé ses études.


- Le couple ne pouvant recueillir les jeunes filles, et n'acceptant pas de laisser cette adolescente tout gérer, s'en est remis aux autorités pour qu'ils fassent le nécessaire, et que les orphelines soient placées en maison d'accueil et adoptées, poursuit Glenn. Mais lorsque la police s'est rendu dans la maison familiale, en présence dudit couple et de la directrice d'un orphelinat, les quatre jeunes filles, ainsi que le chien noir et blanc, de race chien du Pharaon, répondant au nom de Max, avaient disparu.


- L'adolescente a pris soin de laisser son téléphone portable sur place, car, appréciant voir les enquêtes diverses et variées à la télévision, elle savait qu'elle pouvait être géolocalisée à cause de lui. Les quatre orphelines sont parties avec le 4x4 de marque Jeep Grand Cherokee, de couleur gris clair, qui appartenait à leur mère. De longues recherches ont été effectuées, sans jamais réussir à les trouver. Jusqu'à ce que, un jour, le 4x4 ait été retrouvé au fond de la rivière Clayton, sans personne à son bord. Des plongeurs ont cherché les jeunes filles dans plusieurs zones, mais elles ont finalement été déclarées mortes, avec une suspicion de suicide qui a été évoquée.


- Bonne nouvelle, elles sont ressuscitées! Balance Glenn en rangeant son téléphone portable dans sa poche.

Se sentant mal après ce douloureux souvenir...

… Letty sort de la chambre de Lindsay, et va dans la chambre d'amis...

… où Linda est installée.

La jeune fille dort paisiblement...

… alors Letty sort de la pièce, avant d'aller dans la chambre de Léa.

Et comme pour ses deux autres sœurs, Léa dort aussi...

… alors Letty rejoint Max dans sa chambre.

- Tu m'attendais? Demande-t-elle.
- [petit aboiement]

- Vas te coucher, j'arrive, dit-elle.

Le chien s'exécute immédiatement en faisant le tour du lit...

… et il monte dessus, avant de se coucher...

… tandis que Letty passe un moment, appuyé contre le mur, à observer Max.

Après quelques minutes, son regard se déplace légèrement, et elle se remet à penser à son premier baiser avec Abraham.


- Elle nous regarde, attends, réclame-t-elle avant de l'enlacer.




- Elle nous regarde encore? Demande-t-il.


- Non, elle est partie, indique-t-elle. Mais... elle pourrait revenir sur ses pas ou passer en voiture.


- C'est vrai, elle pourrait, rétorque-t-il avant de l'embrasser.


Et au fur et à mesure qu'elle se souvient parfaitement de ce moment, elle repense à un autre, un qui a tendance à l'exciter.












En sortant de ses pensées, Letty se met davantage à réfléchir à ce qu'elle a décidé concernant Abraham et Glenn, et même si aucun d'eux n'est au courant de quoi que ce soit, ni même de son retour à Riverview, elle est certaine d'avoir pris la bonne décision.

Le lendemain matin.

Dans les environs de 7h30, Letty, Léa et Linda se sont levées, préparées et elles ont pris leur petit-déjeuner, avant de commencer à trier entièrement la maison. Elles pensaient que ça serait beaucoup plus long, mais elles ont été tellement efficaces, qu'un camion est passé récupérer les affaires qu'elles ont décidé de garder, et qui est en route pour Riverview...

… tandis que deux autres camions sont devant le double garage, et les employés récupèrent tout ce qui va se retrouver dans le dépôt-vente de la ville.

Quand tout est chargé, le premier camion part, tandis que le second en fait autant, environ une heure après.

Aux environs de 13h30, Letty, Léa, Linda, Lindsay et Max partent à bord de la voiture de location, et ils se rendent au centre-ville, afin de conclure la vente de la maison.

Quand ils arrivent sur place, Letty stationne...

… puis, elle et ses sœurs sortent de voiture, et entrent dans le bâtiment...

… tandis que Max attend sur le siège conducteur.

Le rendez-vous avec l'agent immobilier, le notaire, les acheteurs, ainsi que l'avocat, Maître Clark, qui s'est proposé à être présent, démarre à 14h. Petit à petit, ils règlent absolument tout, afin que, comme prévu, Letty et ses sœurs puissent quitter la ville dès ce soir, pour prendre leur avion à 18h23 précisément.

Dans les environs de 16h40...

… tout est signé et conclu, et les sœurs Brown quittent le bâtiment, avant de monter en voiture, afin de retourner une dernière fois dans la maison.

Dès qu'elles sont sur place, tandis que Max suit sa maîtresse partout, Letty, Léa et Linda font le tour de la maison, pour être certaines de ne rien oublier.


- Bon, voilà, la maison est vidée, annonce Letty. Ça va, vous deux?


- Ça va, assure Léa.
- Moi aussi, plussoie Linda. Mais j'ai trop hâte d'arriver à Riverview.
- Je comprends, assure Letty, moi aussi. Par contre... juste une chose, vous êtes bien sûres de ne pas regretter, hein?
- Non, aucun risque, assure Léa.
- Pareil! Lance Linda. Et il me tarde de prendre l'avion tout à l'heure.


- D'accord, d'accord, acquiesce Letty.


- Est-ce qu'on doit faire autre chose avant de partir? Interroge Linda.


- Eh bien... je vous suggère de retourner dans les chambres, et de vous assurer que vous n'avez rien laissé, parce que dès que nous partons d'ici, c'est définitif, indique Letty. Donc regardez bien partout, d'accord?


- D'accord! Disent Léa et Linda en chœur en partant à l'étage.

Pendant près d'une demi-heure, Letty, Léa et Linda refont entièrement le tour de la maison, afin de s'assurer qu'elles ne laissent rien derrière elles. Puis, Max et elles quittent la maison, et Letty verrouille la porte.

- Allez vous installer dans la voiture, j'arrive tout de suite, dit la jeune femme.
- D'accord, acceptent Léa et Linda en partant avec Lindsay.


- Max, tu vas surveiller les bébés? Réclame Letty.

Le chien s'exécute immédiatement, et il suit les trois jeunes filles, pendant que Letty s'assure qu'elles montent bien en voiture.

Par la suite, Letty va jusqu'à la boîte aux lettres pour la vérifier, puis...

… la jeune femme se met à regarder la maison pendant quelques instants.

Elle se remémore le moment où, suite à la mutation de son père, sa famille a emménagé dans la ville, et donc, dans cette maison. Elle se rappelle plein de belles choses, mais elle sait qu'à présent, plus rien ne sera comme avant, et cet endroit n'a plus la même valeur sans la présence de ses parents.

Après quelques minutes, Letty rejoint ses sœurs et Max dans la voiture de location, et ils se mettent en route...

… et ils ne s'arrêtent qu'au cimetière.

Une fois qu'ils sont tous sortis de la voiture, ils vont tout droit jusqu'aux tombes de Tyler et Lauren Brown.

Mais, quand ils y arrivent, Letty stoppe, très surprise.

Parce que, non seulement les tombes sont fleuries, mais en plus de cela, il ne s'agit plus de tas de terres, comme c'était le jour de l'enterrement, mais de deux pierres tombales en marbre. Et Letty n'a jamais demandé à le faire.

Sans rien dire à ce sujet, elle s'avance avec ses sœurs et Max...

… et pendant quelques minutes, elles exécutent un long silence.


- Letty, l'interpelle Léa.
- Oui? Réclame Letty.
- Est-ce que je peux aller attendre à la voiture? Demande Léa.
- Tu ne te sens pas bien? Interroge Letty en se tournant vers elle.


- Si si, ça va, assure Léa. C'est juste que... je ne préfère pas rester trop longtemps devant leurs tombes, c'est... c'est trop dur.


- D'accord, je comprends, acquiesce Letty. Tu veux bien prendre Lindsay avec toi?


- Oui, bien sûr, rétorque Léa.
- Je peux aller avec elles? Interroge Linda.


- Oui, d'accord, accepte Letty avant de poser Lindsay par terre.

Léa, Linda et Lindsay commencent à s'éloigner, mais Max reste auprès de Letty...

… jusqu'à ce qu'elle lui demande d'aller surveiller les filles.

Le chien s'exécute en courant pour les rattraper...

… puis, Letty s'approche à nouveau des tombes de ses parents...

… et elle reste un moment à regarder chacune des tombes en silence.



- Maman, papa... c'est la première fois que je reviens ici, depuis... depuis que vous n'êtes plus là, commence-t-elle. Tout ce temps qui est passé... tout ce qui est arrivé. Je ne sais pas si je crois à ce genre de choses, mais... si vous pouvez nous voir de là où vous êtes, je... je voudrais vous dire que je vous aime infiniment.


- Vous... vous me manquez, ajoute-t-elle la voix tremblante. Mais... je me suis fait la promesse de ne jamais être séparée de mes sœurs. Et même si j'ai failli à cette promesse quand on me les a enlevées, aujourd'hui, nous sommes enfin ensemble. Et nous n'aurons plus à fuir.


- Mais aujourd'hui, reprend-elle, c'est à vous que je fais la promesse de toujours garder mes sœurs près de moi, de veiller sur elles, et de les aimer pour nous trois. Nous partons ce soir à Riverview, c'est là-bas qu'est notre vie maintenant. Cela veut aussi dire que rares seront les fois où nous aurons l'occasion de revenir, mais où que nous soyons... et quoi qu'il arrive, vous ne quitterez jamais nos cœurs. Reposez en paix, je vous aimerai toujours.

Un peu plus tard...

… Letty quitte le cimetière et rejoint ses sœurs et Max dans la voiture...

… avant qu'ils ne se mettent en route pour le centre-ville.

Ils se rendent à l'agence immobilière pour y laisser les clés de la maison...

… puis, quand tout est réglé, ils repartent.

Ils s'éloignent du centre-ville...

… et ils vont jusqu'au loueur de voitures, afin de rendre le véhicule. Par la suite, Letty appelle un taxi, et avec Max et ses sœurs, ils prennent la direction de l'aéroport.

En traversant la ville, ils passent devant le tribunal...

… et Letty jette un coup d’œil, avec un léger sourire, parce que même si ça aura été difficile, aujourd'hui, plus personne ne peut lui enlever ses sœurs, et c'est tout ce qui lui importe à présent.

Ils poursuivent leur route...


… et ils quittent définitivement Sunset Valley.

Après environ 9h de vol, Max, Letty et ses sœurs arrivent à Colorado dans les alentours de 4h40 du matin. En taxi, ils vont dans un hôtel où les chiens sont acceptés, et ils y passent le reste de la nuit. Peu avant 10h, ils quittent l'hôtel, et se rendent dans le garage automobile, où la jeune femme prend possession de la nouvelle voiture. Puis, lorsque tout est réglé, et que le véhicule est assuré, ils reprennent la route en direction de Riverview, même s'ils sont un peu à l'étroit.


Et après environ une cinquantaine de minutes, ils s'approchent de Riverview.






La première maison où ils s'arrêtent, c'est à celle d’Elena et Gisèle Lopez.

Une fois stationnés, ils sortent tous de voiture et se dirigent vers l'entrée.


- Les filles, vous restez là? Demande Letty. Je voudrais parler d'abord à Elena.
- Mais... on ne peut pas voir Gisèle? Interroge Linda.
- Je te signale que la rentrée a déjà eu lieu, et... à cette heure-ci, vos copines sont à l'école, indique Letty.


- Aaah, se rappelle Linda, d'accord. Alors on va rester là!
- Très bien, acquiesce Letty. Max, tu surveilles les bébés?
- [aboiement]

La jeune femme monte les quelques marches, et elle frappe à la porte...

… avant qu’Elena n'ouvre et ne sorte.

- Oh! Quelle belle surprise! Lance joyeusement Elena. Quand êtes-vous rentrées?


- À l'instant, en fait, répond Letty.
- Et tes fi... pardon, s'excuse immédiatement Elena, tes sœurs, elles sont où?


- Juste là, indique Letty en se tournant avec Elena.


- Tu dois être tellement contente de les avoir retrouvées, relance Elena.
- Ça, c'est clair. Et euh... j'ai eu ta lettre. Enfin... c'est récent, c'est Léa qui me l'a donnée, rétorque Letty avant de se tourner à nouveau face à Elena.


- Et du coup... tu m'en veux? Demande Elena.


- Non, répond Letty.
- Est-ce que tu acceptes mes excuses pour m'être aussi mal comporté avec toi? Interroge Elena.
- Oui, c'est oublié, assure Letty avant de la prendre dans les bras.


- Je te pardonne, ajoute Letty.


- Oh, merci... merci beaucoup, remercie Elena ravie. J'ai eu tellement peur de ne plus jamais avoir de tes nouvelles.
- Et je voudrais préciser un truc, relance Letty, moi aussi je t'apprécie.


- Cool, dit Elena avant de se détacher de Letty. Alors finalement... vu qu'on s'aime bien, ça aurait été bête de ne plus se parler.


- C'est ça, rigole Letty. Bon, eh bien...


- Excuse-moi, l'interrompt Elena, je ne t'ai même pas proposé d'entrer avec les filles. Vous voulez entrer, du coup?


- C'est gentil, mais non, refuse Letty. Comme je te l'ai dit, on vient à peine d'arriver, et... on doit passer voir plusieurs personnes avant de rentrer.


- Ah d'accord, acquiesce Elena. Pas de problème. Par contre euh... vous allez continuer de vivre dans la maison de Monsieur Greene?


- Je vais voir ce qu'il en pense, indique Letty. Par contre, avec les filles, on s'est dit que... pour notre retour, on pourrait faire une petite fête. Et du coup, je me dis que ce week-end, si ta fille et toi vous êtes libres, vous pourriez passer. Et vous pouvez prendre Titi aussi, Max sera content de le voir. D'ailleurs, il va bien?
- Oui, il est chez le véto pour se faire stériliser, je le récupère ce soir, dit Elena.


- D'accord, acquiesce Letty. Du coup... tu veux passer ce week-end?
- Avec plaisir, accepte Elena. Et je n'ose même pas imaginer la joie de Gisèle quand elle saura que ses copines sont revenues. C'est vraiment super. Je suis ravie que vous soyez de retour.
- Moi aussi, plussoie Letty.


- Bon allez, on va y aller, indique Letty avant de lui faire la bise.


- D'accord, tu me diras si c'est plutôt samedi ou dimanche, et à quelle heure pour que je m'organise, réclame Elena.


- Bien sûr, répond Letty en souriant. Alors à plus tard!
- Oui, à plus tard, répète Elena en la regardant partir.

Max, Letty et ses sœurs remontent en voiture, et ils reprennent la route.


Maintenant, ils s'arrêtent chez Aaron Walker.

Dès que la voiture est garée derrière celle d’Aaron, Max et les filles descendent de voiture et se dirigent vers l'entrée de la maison.

- Elle a l'air trop bien la maison! Lance Linda.
- Et en plus, il y a une piscine! On va s'éclater! Ajoute Léa toute contente.


- Ne faites pas trop de bruit, réclame Letty, sinon on va louper l'effet de...


- … surprise, lâche Letty avant de voir Aaron sortir de la maison.


- Mais non! S'exclame-t-il étonné.

Aaron court jusqu'à la jeune femme et l'enlace immédiatement, ravi de la voir.


- Ce que je suis content! Lance-t-il.


- Moi aussi, plussoie Letty.
- Salut! Rétorque Léa en approchant.
- Oh, salut, répète-t-il avant de se détacher de Letty pour enlacer Léa.


- Qu'est-ce que je suis content de te voir, rétorque-t-il.


- Moi aussi, appuie Léa. Et tu m'as manqué.
- Tu m'as manqué aussi, indique-t-il.
- Et moi? Réclame Linda.


- Aaah, comment tu vas? Demande Aaron en prenant Linda dans les bras.
- Ça va super! Répond joyeusement Linda.


- Je suis tellement heureux de vous revoir toutes les quatre, dit-il.


- Oooh, et toi, poursuit-il en prenant Lindsay dans les bras.


- Tu as bien grandi, depuis la dernière fois que je t'ai vu, ajoute-t-il. D'ailleurs, tu n'avais même pas de cheveux.
- C'est vrai, confirme Letty.


- Et du coup... elle est rousse, rétorque-t-il avant de se tourner vers Letty. C'est quand même bizarre, non?


- Je ne lui ai pas fait de couleur, tu sais? Plaisante Letty. Mais au final, quand tu regardes bien, j'ai les cheveux bien noirs, Léa et Linda les ont châtain, et elle, ben... elle est rousse. À croire qu'avec le temps, ça décolore.
- Ah ah ah, rigole-t-il amusé.
- Juste une question, relance Letty en parlant plus bas, les fleurs... et... les pierres tombales... c'est toi qui as fait ça?


- Oui, confirme-t-il. Je ne sais pas si je n'aurais pas...
- C'est très bien, assure Letty en l'interrompant. Merci beaucoup.
- De rien. Et euh... bon... sinon, reprend-il, qu'est-ce que tu me racontes? Comment ça se fait que vous soyez en ville?


- On a vendu la maison, annonce Letty. Tout a été conclu et réglé hier, et... on a pris l'avion le soir.


- D'accord, acquiesce-t-il. Mais euh... vous êtes venus en taxi?


- Non, répond Letty immédiatement. En fait, pour faire court, j'ai décidé d'acheter une nouvelle voiture, éventuellement pour Léa dans deux ans, et... on a pris un vol jusqu'à Colorado, on y a récupéré la voiture, après avoir dormi à l'hôtel, et on a pris la route pour venir ici. En sachant qu'on est passé voir Elena avant de venir te voir. Et on va encore aller voir les autres avant de rentrer.


- Ça vous fait un sacré programme, rétorque-t-il en souriant. Mais euh... si vous avez vendu la maison, ça voudrait dire que... vous restez vivre ici, à Riverview?
- Absolument, confirme Letty.
- C'est une merveilleuse nouvelle, dit-il. Et j'espère qu'on va se voir régulièrement?


- Nous n'avons pas de raison de ne pas nous voir, appuie Letty. Là, on va y aller, mais... ce week-end, on va faire une petite fête chez Hershel, alors... je t'invite.
- Avec plaisir, je viendrais, accepte-t-il immédiatement en posant Lindsay.
- Super! Bon, alors on se tient au courant, rétorque-t-elle.
- Ça marche, accepte-t-il.
- À très vite! Termine Letty en partant avec ses sœurs et Max.
- À très vite, répète-t-il en les regardant s'éloigner.


Letty, ses sœurs et Max remontent en voiture, et ils reprennent la route.


Cette fois, ils vont jusqu'à l'immeuble d’Abraham Ford.

En approchant de l'entrée du parking, Letty constate que le pick-up d’Abraham est là...

… alors elle stationne, et elle demande à ses sœurs de rester dans la voiture avec Max.

Max passe sur le siège conducteur, et pendant qu'il les surveille, Léa et Linda discutent et elles jouent à des devinettes pour passer le temps.

Quant à Letty, elle entre dans le bâtiment...

… elle monte les deux étages...

… puis, devant la porte de l'appartement d’Abraham, elle inspire et expire plusieurs fois, avant de frapper à la porte.

Quelques secondes après, Abraham ouvre, et tandis que la porte se referme toute seule, à cause d'un courant d'air, lui, est figé, les mains sur la tête, totalement surpris.

- Je n'y crois pas, ce n'est pas toi! Lance-t-il.


- En fait... si, c'est moi, assure-t-elle. Tu veux ma carte d'identité?

Sans perdre une seconde de plus, il s'empresse de la prendre dans les bras.

- Quel bonheur de te revoir, dit-il en la soulevant.


- Doucement, doucement, réclame-t-elle touchée par cet accueil.
- Excuse-moi, rétorque-t-il avant de la poser par terre.
- Ce n'est rien, assure-t-elle en souriant.


- Tu veux entrer? Propose-t-il.


- D'accord, accepte-t-elle, mais pas trop longtemps. Max et les filles m'attendent dans le parking.
- Pourquoi tu n'es pas monté avec eux? Ça ne me dérange pas, assure-t-il.
- Je sais, mais... je voulais te parler en tête à tête, indique-t-elle.
- Ah, je vois, dit-il en ouvrant la porte et en passant devant.


- Est-ce que... je peux te demander quelque chose? Interroge-t-il en se retournant.
- Bien sûr, répond-elle.
- Tes sœurs et toi, reprend-il, vous êtes juste de passage pour récupérer vos affaires, ou est-ce que...


- Non, l'interrompt-elle immédiatement. Si Hershel accepte, je voudrais retourner vivre dans la maison où on a vécu. On a vendu la maison à Sunset Valley, et... je veux vivre ici. Je n'ai plus l'intention de m'en aller.


- C'est vraiment fantastique! Lance-t-il ravi. Et surtout, je sais que je te l'ai déjà dit, mais je suis vraiment heureux que tu aies récupéré tes sœurs.


- Moi aussi, plussoie-t-elle. Si tu savais à quel point j'étais heureuse quand elles se sont toutes retrouvées dans mes bras! Un bonheur immense!


- J'imagine! Et puis... excuse-moi, mais, je n'arrive pas à réaliser que tu sois là, devant moi, rétorque-t-il. Je n'étais pas sûr que ce moment pourrait arriver, et que tu finirais par revenir.


- Et pourtant, c'est le cas, appuie-t-elle en souriant. Bon, par contre, comme je te l'ai dit, je... je ne reste pas longtemps, parce que les filles m'attendent dans la voiture avec Max, et... après toi, je dois encore aller voir Glenn et ensuite rentrer retrouver Hershel.


- Pas de problème, et je ne veux pas t'empêcher d'y aller, assure-t-il. Donc, si tu veux partir tout de suite, je comprends.


- Oui, mais... je veux te parler de quelque chose avant de partir, indique-t-elle.


- Oui, bien sûr, accepte-t-il. Je t'écoute.


- Je... je ne sais pas trop comment m'y prendre, en fait, avoue-t-elle.


- Je ne sais pas ce que tu veux me dire, mais... dis-le comme ça te viens. Ne cherche pas à m'épargner, si c'est ce que je crois que tu veux me dire. Je suis prêt à tout entendre, assure-t-il un peu inquiet.


- Eh bien... j'ai eu beaucoup de temps pour réfléchir, commence-t-elle. Et... depuis que tu es parti de Sunset Valley, je... je me suis rendu compte de quelque chose d'important... je t'aime. Je te l'ai dit, je sais, mais... je t'aime vraiment. Je ne sais pas comment te l'expliquer, mais, je me suis aperçu que j'étais bien avec Glenn, sauf que... j'ai compris que trop tard qu'en fait... je n'étais pas amoureuse de lui. Tous ces sentiments, c'était nouveau pour moi, et... je n'ai pas su les comprendre. Mais maintenant, tout est clair, c'est toi que j'aime. De tout mon cœur. C'est avec toi que je veux être, et personne d'autre. Alors... si tu as besoin de temps pour réfléchir, je comprendrais, mais... est-ce que toi, tu...
- Oui! L'interrompt-il avant de l'embrasser.

Quelques secondes après ce baiser passionné et émouvant, la jeune femme se blottit dans les bras forts et musclés d’Abraham, ressentant à nouveau ce sentiment de bien-être et de sécurité, quand elle est à ses côtés.

- Je t'aime aussi, lance-t-il, plus que tout au monde. Alors oui, je veux être avec toi. C'est tout ce que je veux, le reste n'a aucune importance.


- Je voudrais te demander autre chose, dit-elle en se détachant légèrement de lui pendant qu'ils se prennent les mains.
- Tout ce que tu veux, répond-il.


- Je sais que... ça peut paraître précipité, mais je t'assure que j'ai longuement réfléchi, appuie-t-elle. J'en ai parlé avec mes sœurs pendant qu'on était dans l'avion, et elles sont toutes d'accord. Et en fait... j'aimerais beaucoup que tu viennes vivre avec nous.


- Et moi, j'aimerais t'épouser, lâche-t-il.


- Quoi? Réclame-t-elle surprise.


- Je suis désolé, s'excuse-t-il, c'était trop direct. Ou trop tôt... ou... je n'en sais rien mais... c'est ce que je ressens. Je t'aime, et j'ai envie de passer le reste de ma vie à tes côtés. Alors je comprendrais que tu veuilles attendre un certain t...


- D'accord, accepte-t-elle en l'interrompant.
- Quoi? Réclame-t-il.
- Je veux t'épouser, précise-t-elle.
- Mais attends... est-ce que tu es sûre? Interroge-t-il. Parce que... c'est peut-être...


- Oui, je suis sûre, affirme-t-elle en l'interrompant. Je ne suis pas certaine de beaucoup de choses pour l'avenir. Mais pour ça, oui. C'est toi que je veux. Toi, tout entier. Et j'ai vraiment envie de devenir ta femme.
- Oh mais... c'est fantastique! S'exclame-t-il très heureux en la prenant dans les bras et en la soulevant.


- Je t'aime tellement! Appuie-t-elle en le serrant fort.


- Je t'aime aussi, mon ange, dit-il. Je suis si heureux.

Après encore quelques minutes à se prendre dans les bras et à s'embrasser, le couple, désormais fiancé, quitte l'appartement d’Abraham.

Letty et Abraham descendent les deux étages, et ils vont tout droit jusqu'au parking.

- C'est celle qui est garée là? Demande-t-il.
- Oui, confirme-t-elle.
- Elle est vraiment stylée, très jolie, appuie-t-il.
- Merci, remercie-t-elle. J'ai craqué pour elle dès que je l'ai vue.


- Les filles! Appelle Letty.

Dès qu'elles entendent leur grande sœur, Linda ouvre la voiture, et avec Max, elles sortent toutes les trois du véhicule, avant de rejoindre le couple.

- Abraham! S'exclame Léa en fonçant dans ses bras.


- Content de te revoir, rétorque-t-il.


- Moi aussi! Rétorque Léa.


- Et toi, comment tu vas? Interroge-t-il.
- Très bien, merci, affirme joyeusement Linda en lui faisant la bise et en l'enlaçant.


- Bon, les filles, il faut que je vous annonce une grande nouvelle, relance Letty.


- Laquelle? Réclame Linda.
- Comme nous en avons parlé dans l'avion, et étant donné que vous étiez d'accord, j'ai demandé à Abraham de venir vivre avec nous, indique Letty.
- Et il a dit oui? Interroge Léa.


- Oui, confirme Letty. Mais il y a autre chose... parce qu'il m'a demandé de l'épouser, et j'ai dit oui. Ce qui fait que... nous sommes fiancés!


- Super! S'exclame Léa toute contente en sautillant.
- C'est génial! S'écrit Linda ravie.
- Félicitations! Ajoute Léa.


- Merci beaucoup, remercie Abraham.
- Oui, merci les filles, ajoute Letty très heureuse.

Après quelques minutes, ils se mettent en route. Abraham prend son pick-up, Max, Letty et ses sœurs remontent dans le coupé, et ils se suivent jusqu'au centre-ville.


Quand ils arrivent dans le parking, ils stationnent et sortent de voiture.

- Dites, commence Letty, est-ce que ça vous dérange que j'aille voir Glenn toute seule? Je pense que... avec ce que je vais lui dire, ça... ça pourrait mal se passer.


- Aucun problème pour moi, assure Abraham. Cela dit, n'hésite pas à m'appeler s'il y a le moindre souci, d'accord?
- Bien sûr, accepte Letty. Et vous, les filles, ça ne vous dérange pas?


- Non, c'est bon, rétorque Léa.
- Pareil, tu peux y aller. Si Glenn a envie de te faire la gueule, ben... on la lui fait aussi, lance Linda.


- Ne dis pas ça, réclame Letty. Les histoires entre Glenn et moi n'ont rien à voir avec vous. Bon allez, j'y vais, et ne faites pas de bêtises, ajoute-t-elle avant de leur tourner le dos pour aller jusqu'à l'animalerie.

La jeune femme arrive devant le petit bâtiment, et elle sent son cœur battre de plus en plus vite.

Elle angoisse de plus en plus et fixe la porte pendant quelques instants...

… avant de se décider à entrer.

- Bonjour, lance-t-elle en le rejoignant.


- Letty! S'exclame-t-il avant de l'approcher pour l'enlacer.


- Tu es revenue, ajoute-t-il heureux. Je n'y crois pas... tu es là. C'est une grande surprise.
- C'était le but, rétorque-t-elle en se détachant de lui.


- Alors c'est très bien joué, assure-t-il, je ne m'y attendais pas du tout. Quel plaisir de te voir!


- Cela me fait plaisir aussi, indique-t-elle. Cela dit, je suis venue ici pour te parler, et je n'ai pas beaucoup de temps, parce que mes sœurs, Max et Abraham m'attendent dans le parking.


- D'accord, acquiesce-t-il en souriant, je t'écoute.


- Voilà, commence-t-elle. Mes sœurs et moi, nous avons pris la décision de vendre la maison à Sunset Valley, et justement, hier, nous avons conclu la vente.
- Très bien, rétorque-t-il. Donc vous êtes revenues vivre ici, à Riverview, c'est ça?


- Oui, confirme-t-elle. Si Hershel est d'accord, nous nous réinstallerons dans la maison où il nous a logés... et avec Abraham.


- Ah, lâche-t-il vraiment dégoûté.


- Je te dois des explications, relance-t-elle.


- Non mais... c'est bon, j'ai compris, appuie-t-il.
- S'il te plaît, réclame-t-elle.
- Qu'est-ce que tu veux me dire de plus? Demande-t-il.


- La vérité, répond-elle immédiatement. Tu n'en as pas conscience, mais... tu as été le premier homme avec lequel j'ai échangé un premier baiser, et... tu as aussi été le premier avec qui... j'ai fait l'amour. Pour être totalement honnête avec toi, j'avais craqué sur toi, et... rapidement, j'ai cru que je t'aimais.


- Alors ça y est, finalement, tu ne m'aimais pas, c'est ça? Interroge-t-il.


- J'étais paumée, avoue-t-elle en détournant le regard. Je sais que... je n'y connaissais rien en amour. Dès que j'ai été en âge, je m'occupais de mes sœurs, afin d'éviter à mes parents de devoir prendre une nounou. Je faisais beaucoup de choses à la maison, et du coup... je n'avais qu'une seule copine à l'école, Clara. Et quand j'ai fui avec mes sœurs et Max, je ne lui ai plus jamais donné de nouvelles, et je n'ai plus cherché à en avoir. Parce que ce qui comptait le plus, et qui comptera toujours le plus, ce sont mes sœurs. Bref, ce que j'essaie de t'expliquer, c'est qu'à part ma copine, je n'avais personne, et je n'avais jamais eu la moindre expérience avec un garçon. Je m'occupais de mes sœurs, de mes devoirs, je faisais le ménage, le repas, et parfois même les courses. Ça ne me dérangeait pas de le faire. Mais c'était ça, ma vie.
- Et pourquoi tu me racontes tout ça? Interroge-t-il.
- Pour te faire comprendre que je n'avais aucune idée ce qu'était l'amour pour un garçon... enfin... un homme, corrige-t-elle. Alors... quand tu es entré dans ma vie, j'ai craqué pour toi. Je te trouvais mignon, gentil, et plein de qualités. Je me sentais bien à tes côtés, et on passait des bons moments.
- Mais tu ne m'aimes pas, lâche-t-il. Tu préfères un mec de 31 ans.
- Je ne vois pas le rapport. Cela ne change rien pour moi. Bon enfin... pour en revenir à ce que je disais, j'ai beaucoup réfléchi, et c'est quand je vous ai demandé de partir, à Abraham et toi, que je me suis rendu compte, et surtout ne te vexes pas, mais... tu ne me manquais pas. Amoureusement, je veux dire. Abraham, oui. Il m'a vraiment beaucoup manqué. J'avais tout le temps envie qu'il soit avec moi, j'avais envie d'être dans ses bras, de l'embrasser... enfin bref. Ce que lui et moi avons partagé, ce qu'il a fait pour moi, allant jusqu'à sacrifier son travail, pour rester à mes côtés... ce sont des choses qui nous ont énormément rapprochés. Alors... je suis désolée de te prendre la tête en te disant tout ça, mais c'était nécessaire. Jusqu'à... il y a quelques semaines, j'étais persuadé de vous aimer tous les deux, mais... je t'aime comme un ami... un frère.


- Et je te demande pardon de ne pas avoir compris ça avant, ajoute-t-elle. Je n'ai jamais voulu te faire de mal. Mais aujourd'hui, je te dis la vérité, même si elle est tardive. Sincèrement, pardon.


- Ok, lâche-t-il simplement.
- Cela dit, je veux que tu saches que j'ai conscience de l'homme bien et merveilleux que tu es, reprend-elle, et je...
- Non, l'interrompt-il, pas le couplet pour dire que je suis un mec génial, c'est bon.


- Je comprends, acquiesce-t-elle. Je te demande pardon. Bon... je crois que je t'ai assez embêté comme ça, alors... je vais y aller.


- D'accord, acquiesce-t-il simplement.


- Encore pardon, réclame-t-elle en le prenant dans ses bras. Je n'ai jamais voulu te faire de mal, je te le jure.


- Ça va, arrête de t'excuser, dit-il tristement. Je... je ne t'en veux pas.


- C'est vrai? Interroge-t-elle en se détachant de lui.
- Oui, confirme-t-il.
- Et euh... je sais que ça ne se ferait pas du jour au lendemain, mais... est-ce que tu crois qu'il y a une toute petite possibilité pour que... peut-être un jour... on devienne amis? Demande-t-elle.


- Sur ça, je ne peux rien te garantir, répond-il. Parce que... je t'aime, moi. Mais... disons que... dans quelque temps, peut-être qu'on pourra essayer.


- Merci, remercie-t-elle en souriant. Je dois vraiment y aller. Mais merci beaucoup.
- De rien, rétorque-t-il.
- À bientôt, termine-t-elle en partant.


- À bientôt, répète-t-il en la regardant franchir la porte.

La jeune femme sort de l'animalerie, et sans se retourner, elle va tout droit jusqu'à Max, ses sœurs et son fiancé.

En approchant, elle voit que tout se passe bien. Léa et Linda discutent et rigolent ensemble, Max surveille Lindsay, et Abraham parle à cette dernière, quand Letty arrive.

- Est-ce que ça va? Demande Abraham en voyant Letty et en se levant.
- Oh oui, répond Letty en l'embrassant immédiatement.

Depuis la porte latérale vitrée de l'animalerie, Glenn observe Letty et Abraham...

… et en les voyant aussi proches et heureux, il est tristement dégoûté.

Après quelques minutes, Abraham remonte dans son pick-up, tandis que Letty, ses sœurs et Max en font de même dans le coupé sport. Ils reprennent la route, et cette fois, ils se dirigent vers leur dernière destination, la propriété d'Hershel Greene.

Quand ils sont sur le point d'arriver, comme ils l'ont convenu avant de partir du centre-ville, Letty ralentit et s'arrête sur le bas-côté, tandis qu’Abraham continue de rouler.

Pendant ce temps...

… et comme à son habitude, Hershel travaille dans son potager.

Il entend un bruit de moteur, alors il se relève, et il voit Abraham en train d'approcher.

Hershel va jusqu'au portillon pour sortir de son potager, et rejoindre Abraham...

… tandis que ce dernier sort de voiture pour retrouver Hershel.

- Bonjour! Lance Abraham.


- Bonjour, répète Hershel. Comment tu te sens aujourd'hui?


- Oh, tu sais... obligé de faire avec, rétorque Abraham. Et toi?
- Pareil, indique Hershel. Ma vie est devenue un peu trop calme, depuis que les filles ne sont plus là.
- Je sais bien, appuie Abraham. Si on se changeait les idées? J'ai ramené un truc, c'est à l'arrière du pick-up. Tu m'aides à le sortir?
- Bien sûr, accepte Hershel en le suivant.


- Il n'y a rien dans ton pick-up, remarque Hershel.
- Ah? J'ai dû le perdre en route alors, rétorque Abraham en rigolant.
- Qu'est-ce que tu racontes? Réclame Hershel avant de tourner la tête et de voir une voiture arriver.


- Tu attendais quelqu'un? Interroge Abraham.
- Non, je ne sais pas qui ça peut être, c'est forcément une erreur, rétorque Hershel en voyant la voiture s'arrêter et les passagers en sortir. Je ne vois pas qui...


- Non! Ce n'est pas possible! S'exclame Hershel en les découvrant.


- Papy! S'exclament Léa et Linda en courant vers lui.


- Venez là, mes chéries, réclame Hershel en se baissant et en leur ouvrant les bras.


- Ce que je suis contente de te retrouver! Lance Léa en se jetant dans ses bras.


- Moi aussi! Oh, moi aussi, plussoie-t-il très content.
- On peut toujours t'appeler papy, même si tu ne l'es pas? Interroge Linda.
- Oh oui, avec plaisir, accepte Hershel avant de la prendre dans ses bras.


- C'est trop cool d'être revenues, tu as vu? Réclame Linda.


- Oui, c'est merveilleux, confirme Hershel.


- Oh... et regardez cette grande championne! Ajoute Hershel en voyant Lindsay arriver et en se levant pour la prendre dans ses bras.


- Oh, ma gentille petite championne, tu m'as manqué, toi aussi, poursuit Hershel en lui déposant un bisou sur la tête.


- Il y a du rab pour moi? Interroge Letty en approchant avec Abraham et Max.

Sans répondre, Hershel Greene pose Lindsay par terre...

… et approche de la jeune femme en souriant.

- Il y en aura toujours assez pour tout le monde, assure Hershel. Mais... avant quoi que ce soit d'autre... combien de temps vous restez?


- J'ai besoin de faire quelques calculs pour ça, relance Letty en souriant. Mais... voyons voir, nous sommes arrivés ce matin... on a vendu la maison de Sunset Valley, on s'est toutes mis d'accord pour revenir vivre ici... du coup... pour toujours? Ça te convient?


- Quoi? Sérieusement? Réclame Hershel surpris. Vous avez tout réglé?


- Absolument tout, indique Letty. Comme je vous l'ai dit, à Aaron et toi, je n'étais pas sûr que nous reviendrions vivre ici, étant donné que... je voulais que mes sœurs en aient envie. Et il se trouve que... elles aussi voulaient revenir.


- Alors finalement, c'est pour cela que tu ne m'appelais presque plus? Demande Hershel.
- Effectivement, confirme Letty. Nous avions beaucoup de choses à faire et à régler, mais... on voulait surtout faire la surprise.
- C'est une magnifique surprise, assure Hershel en souriant.


- Par contre, je voudrais savoir si... tu veux bien nous louer ta maison? Euh... pas celle-là, hein, reprend Letty en la désignant, mais... celle où nous vivions. Tu voudrais bien nous faire un contrat de location dans les règles?


- Ne le prends pas mal, mais... non, je ne veux pas, rétorque Hershel.
- Ah, lâche Letty surprise. On va essayer de trouver une...
- Attends, je n'ai pas fini, réclame-t-il en l'interrompant. J'ai réfléchi à cela il y a déjà un moment, et tout ce que j'espérais, c'est que ça se réalise, alors... écoute-moi bien, si tu veux vivre dans cette maison, ce sera avec mes conditions.
- Comment ça? Demande Letty intriguée.
- Nous allons faire délimiter ce terrain, et je vais te céder la maison et une partie de terre, indique Hershel. Tu deviendras l'entière propriétaire de cette maison, et tu seras définitivement chez toi. On est d'accord?
- Je ne peux accepter ça, appuie Letty. Mais si tu y tiens... tu fais faire une estimation, et je te l'achète.
- Non, pas d'argent, refuse Hershel.
- Alors on ira vivre ailleurs, lance Letty.
- Sérieusement? Demande tristement Hershel.
- C'est à toi de voir, reprend Letty. Nous avons vendu la maison de Sunset Valley au-dessus de son prix de vente initial, mais je t'expliquerai tout plus tard. Tout ça pour te dire que nous avons de l'argent et que nous allons le partager équitablement avec mes sœurs. Et je peux te payer la maison, si tu veux me la vendre, mais il est absolument hors de question que tu nous la donnes. Maintenant, la balle est dans ton camp.
- Bon... alors d'accord, accepte Hershel.


- Fantastique! Et merci beaucoup, remercie Letty ravie.
- Mais je t'en prie, rétorque Hershel.
- Bon, dernière chose. Abraham s'installe avec nous... et... nous allons nous marier, annonce-t-elle en souriant.


- Félicitations tous les deux! Lance joyeusement Hershel.
- Merci, remercie immédiatement Abraham.


- Oui, merci beaucoup. Et euh... même si la cérémonie n'est pas pour demain... j'espère que tu m'accompagneras devant l'autel, rétorque Letty.


- Avec un énorme plaisir, accepte Hershel. Et je suis très heureux pour vous. Sincèrement, vous êtes un très beau couple.
- Merci, remercient Abraham et Letty.
- Oh waouh, reprend Hershel, ça commence à faire beaucoup d'informations d'un coup, et puis... j'ai du mal à réaliser que vous ayez quitté votre maison.


- Cela n'a pas été une partie de plaisir, on ne va pas se mentir. Mais... sans nos parents, la maison n'avait plus la même signification. Mais... il n'y a pas que ça, indique Letty en le prenant affectueusement dans ses bras.


- Dis-moi? Réclame Hershel.


- Ma ville, c'est Riverview, commence Letty. La maison où nous nous sommes rencontrés, c'est mon foyer... et ma famille, désormais, elle est ici. Aaron, toi, Abraham, Max et mes sœurs, c'est vous ma famille. Je... et maintenant que j'ai remis de l'ordre dans ma vie... je suis véritablement heureuse. Et... je pense que mon père ne m'en voudrait pas que je te dise que... à mes yeux, tu es comme mon second père, et je t'aime.
- Oh Letty, je t'aime aussi, répète Hershel avant de déposer un baiser sur son front.


- Dites! Lance Linda.
- Oui? Réclame Letty en se retournant avec Hershel et Abraham.


- Ça vous dit qu'on fasse une photo tous ensemble? Propose Linda.
- Oh ouais! S'extasie Léa. Ça nous ferait un super souvenir!
- D'accord, accepte Letty, je vais chercher l'appareil photo dans la voiture.

Letty récupère son appareil photo dans sa nouvelle voiture, elle le donne à Abraham, qui vient de reculer son pick-up, puis, Abraham prépare et installe l'appareil, avant de le poser au bord du pare-choc de son véhicule.

- Voilà, je crois que c'est bon, indique Abraham avant d'appuyer sur le bouton.


- Cinq secondes avant que ça se déclenche! Annonce Abraham en rejoignant les autres qui prennent la pose.
- Dépêches-toi! Réclame Letty.

La minuterie de l'appareil photo arrive à son terme, et s'enclenche en réalisant une magnifique photo.

Letty Brown, qui, par choix, est devenue Letty Grey, a construit sa nouvelle famille. Une famille aimante, attachante, et remplie d'amour. Une famille qu'elle a choisie, qui est unie et soudée, envers et contre tout, envers et contre tous.

Chapitre 49

Chapitre 49

Quelques jours plus tard, la veille du jour de la suite du procès.

Hershel, Aaron et Letty sont chez l'avocat de cette dernière.

Après environ deux heures d'entretien, ils ressortent du bureau, récupèrent la voiture de location...

… et ils prennent la route pour rentrer.

Pendant le trajet.

- Dites, pâtes bolognaise pour ce soir, ça vous dit? Demande Hershel.
- Moi, ça me va, répond Aaron.
- Letty? Réclame Hershel. Tu en dis quoi?
- Je n'ai pas faim, répond-elle. Dès qu'on arrive, je sors Max et je vais me coucher.

Suite à cela, plus personne ne dit rien, et ils poursuivent leur trajet.

Dès qu'ils arrivent, Letty stationne devant le garage...

… puis, ils sortent tous les trois de voiture, avant de rentrer.

Dès qu'ils ont passé la porte d'entrée, Max sort de son panier.

L'adolescente le caresse affectueusement...

… puis, Letty et Max ressortent.


- Elle ne se nourrit pas des masses, rétorque Aaron. Et je suis sûr qu'elle ne dort pas beaucoup plus.


- Je sais, appuie Hershel. Mais... entre la dénonciation de ton ex, le fait qu'on lui ai enlevé ses sœurs et interdit de leur parler, les mensonges réguliers, le procès, et puis... Abraham et Glenn, ça doit être difficile de gérer tout ça.


- Depuis qu'ils sont partis, j'ai l'impression qu'il lui manque quelque chose, poursuit Aaron. Tu crois que c'est l'un d'eux qui lui manque?


- Le plus gros problème, c'est que ce sont sûrement les deux, répond Hershel.


- Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour l'aider? Interroge Aaron.

Ils sont interrompus par le retour de Letty et Max, et ils se tournent vers elle.

- Bonne nuit, à demain, dit-elle sans s'arrêter.
- Bonne nuit, répète Aaron.


- Bonne nuit, surenchéri Hershel, essaie de te reposer.
- Merci, remercie-t-elle en montant les escaliers, reposez-vous bien aussi.


- Alors, qu'est-ce qu'on pourrait faire? Demande Aaron.


- Rien, répond Hershel. Si elle doit être avec l'un d'eux, c'est à elle de se décider et de savoir avec qui elle veut être. Mais le plus important maintenant, c'est qu'elle puisse récupérer ses sœurs. Letty, Léa et Linda étaient d'accord pour que je les adopte. Si le juge accepte, nous pourrons tous repartir à Riverview, et avec un gros poids en moins.


- Ce serait la meilleure chose qui puisse arriver. Et ce serait un merveilleux cadeau d'anniversaire pour Letty, ajoute Aaron.


- C'est vrai, acquiesce Hershel.

Pendant ce temps, Letty est dans sa chambre, en pyjama, et installée à sa fenêtre, tandis que Max est couché sur le lit.

L'adolescente a envie de garder espoir pour l'audience de demain, mais elle a peur d'arriver là-bas et d'entendre à nouveau que c'est fini, qu'elle ne pourra pas récupérer ses sœurs. Tout ce qu'elle veut, tout ce qui compte par dessus-tout pour elle, c'est que ses sœurs et elle soient enfin et définitivement réunies.

Environ deux heures plus tard...

… Letty se décide à descendre de sa fenêtre pour se mettre au lit...

… mais avec encore beaucoup trop de doutes qui lui tournent dans la tête.

Il lui faut près de trois quarts d'heure avant d'enfin réussir à s'endormir. Et même si elle se réveille régulièrement dans la nuit, elle finit par se reposer un peu, tout comme Hershel et Aaron, qui eux, dorment mieux.


Le lendemain matin.

Dès qu'il est douché et habillé, Hershel descend.

Ne trouvant personne dans le séjour, il va dans la cuisine, où il ne trouve qu'Aaron, alors Hershel revient sur ses pas, il approche d'une des fenêtres...

… et il voit Letty et Max dans le jardin.

Après quelques instants, il décide de les rejoindre...

… pendant qu’Aaron s'occupe du petit-déjeuner.


- Bonjour, lance-t-il en approchant.


- Bonjour, répète-t-elle en se relevant.


- Comment tu te sens? Interroge-t-il.


- Comme si je vivais mon dernier jour sur Terre, répond-elle. J'ai la sensation que je vais vers l'ultime sentence, je suis vraiment très angoissée, et j'ai beau essayer de me dire qu'il faudra bien qu'on se retrouve, les filles et moi, aujourd'hui, je ne suis plus sûre de rien.


- J'imagine tellement mal ce que tu vis, rétorque-t-il. Mais... il ne faut pas que tu abandonnes, d'accord?


- Moi? Abandonner? Réclame-t-elle. Quoi qu'il se passe tout à l'heure, et même si je dois encore attendre des semaines ou des mois entiers pour les récupérer, je ne compte pas abandonner ou repartir sans elles. Tout ce qui m'inquiète, c'est que... selon ce que le juge dira, je... j'ai peur de flancher et de m'effondrer.


- Aaron et moi resteront à tes côtés, assure-t-il. On fera tout pour t'aider à ne pas craquer. Je te le promets.


- Merci, remercie-t-elle simplement.
- Bon... et si on allait manger? Propose-t-il. Il faut reprendre des forces.
- D'accord, accepte-t-elle en retournant à l'intérieur avec Max et Hershel.

Ils rejoignent Aaron à table, alors qu'il vient tout juste de servir des pancakes...

… et ils prennent leur petit-déjeuner, sans trop parler, tous les trois assez stressés, par rapport à l'audience de tout à l'heure.

Environ une demi-heure plus tard, ils s'apprêtent à partir pour le tribunal. Letty approche de son fidèle compagnon, et elle se baisse pour le caresser.

- Mon amour, lance-t-elle, je ne sais pas à quelle heure on va rentrer, mais... tu connais la chanson, pas vrai? J'aimerais pouvoir te dire que... qu'avec un peu de chance, je rentre avec les filles. Tu sais... les bébés?

Immédiatement, le chien se colle à sa maîtresse pour poser sa tête sur l'épaule de l'adolescente...

… et après quelques secondes, il lui saute dessus, et elle l'enlace en souriant.

- Ça va aller, assure-t-elle. Je t'aime, Max.

Peu après, elle se relève, elle lui fait une dernière caresse...

… puis, elle sort rejoindre la voiture de location avec Hershel et Aaron...

… avant de se mettre en route.

Après un trajet totalement silencieux, ils arrivent à destination. Letty stationne, ils sortent tous les trois de voiture...

… et ils se dirigent vers les escaliers, avant de voir que Maître Clark les attend.

- Bonjour! Lance l'avocat en tendant la main à Letty.
- Bonjour, répète-t-elle en la lui serrant.


- Comment allez-vous? Interroge l'avocat.


- Je vous répondrais après l'audience, indique-t-elle.

Quelques instants après, ils montent les escaliers, ils patientent dans le hall...

… et lorsque c'est l'heure, ils entrent dans la salle d'audience, où le juge est déjà là.


- Mes sœurs ne sont pas là, remarque Letty.
- Je vois ça, rétorque l'avocat.
- C'est déjà foutu, c'est ça? Réclame-t-elle.
- Attendons, avant de se faire de fausses idées, répond-il.

Letty et son avocat s'installent, tandis qu'Hershel et Aaron s'assoient derrière.


- Bien, commence le juge. Avant de rendre mon verdict, Mademoiselle Brown, voulez-vous dire quelque chose?


- Oui, votre honneur, confirme-t-elle.


- Allez-y, accepte le juge.


- Merci, remercie-t-elle en se levant et en approchant.


- Votre honneur, relance-t-elle, j'ai tout à fait conscience que je n'ai pas agi comme il le fallait, vis-à-vis de la loi, et je regrette d'en être arrivé là. Je veux que vous sachiez qu'en temps normal, jamais je n'aurais fait une chose pareille. J'ai toujours fait en sorte de protéger mes sœurs. Elles sont ma seule famille. J'ai rencontré des personnes merveilleuses, qui sont... qui sont devenu ma famille aussi. Mais... mes sœurs sont ce qu'il y a de plus important pour moi, et jamais, jamais personne ne passera avant elles.


- Nous étions heureux avec nos parents, poursuit-elle, et... de les avoir perdus de cette façon, tous les deux... c'est absolument horrible. Je pense que Linda et Lindsay ressentaient sûrement quelque chose, une sorte de manque de présence de nos parents, je ne sais pas trop. Mais lorsque nos parents sont... quand ils nous ont quittés, Léa et moi avons été très impactées, parce qu'on savait exactement ce que ça voulait dire, quand ils sont morts, alors que Linda et Lindsay étaient trop jeunes. Bref, sachez que... même si ça ne changera rien à votre verdict, et que ça ne changera rien non plus sur ce que j'ai fait... lorsque j'ai demandé à Léa si elle voulait qu'on s'enfuie, pour ne pas être séparées, si elle avait refusé, je n'aurais pas bougé, et j'aurais attendu. Ces six derniers mois, j'ai été séparée de mes sœurs. Et les seules fois où je les aie vues, c'est ici, dans ce tribunal, mais sans Lindsay. Sans pouvoir leur parler, ou les toucher, sans pouvoir leur dire que je les aime et que je suis désolée pour tout ça, et c'est une véritable torture.


- Votre honneur, sans mes sœurs, ma vie n'a plus aucun sens, plus aucune saveur, ni même la moindre valeur. Je me répète, mais elles sont tout ce qui me reste, et je vous le dis sans absolument aucune offense, mais... si vous me refusez le droit de les récupérer, je ferai appel, et je continuerai de me battre, parce que j'ai besoin d'elles, et il n'y a que ça qui compte. Voilà, termine-t-elle.


- Bien. Merci pour ce... discours, Mademoiselle Brown. Veuillez retourner vous asseoir, je vous prie, réclame le juge.
- Oui, votre honneur, accepte-t-elle en s'exécutant.


- C'était magnifique, dit l'avocat tout bas.
- Je ne sais pas, lâche difficilement et très stressée.
- Ça va aller, chuchote Maître Clark.


- J'aimerais, rétorque-t-elle simplement.


- Mesdames et messieurs, reprend le juge, j'ai analysé tous les éléments depuis le début de cette affaire, et... j'ai pris en considération, ce que Mademoiselle Brown vient de dire, la demande de Maître Clark, concernant le fait de donner la garde de ses trois sœurs, à Mademoiselle Letty Brown dès sa majorité, ainsi que la demande d'adoption des quatre jeunes filles, par Monsieur Greene.


- J'ai également repensé aux différents témoignages qu'il y a eu sur l'accusée, Mademoiselle Letty Brown, concernant la capacité ou non de s'occuper de ses trois petites sœurs. Pour ce qui est de l'adoption par Monsieur Greene, je me vois dans l'obligation de rejeter cette demande, annonce le juge.


- Votre honneur, réclame Maître Clark en se levant et en approchant, si vous le permettez, pourriez-vous nous expliquer cette décision?


- Bien sûr, Maître, répond le juge. La raison est simple, j'estime qu'à plus de 60 ans, adopter des enfants de cet âge n'est pas une bonne chose. Qui plus est, nous ne parlons pas d'un seul, mais de quatre enfants. Il me paraît tout à fait normal de devoir penser à cet élément-clé. Et c'est pourquoi j'ai rejeté cette demande.


- Votre honneur, avez-vous bien considéré le fait que ma cliente, Letty Brown, sera majeure dans à peine six jours? Et qu'en effet, elle sera dans la possibilité de s'occuper de ses trois sœurs, comme elle l'a toujours fait, avec l'aide de Monsieur Greene en plus? Demande Maître Clark.


- Absolument, j'ai bien pensé à tout cela, appuie le juge. J'ai soigneusement examiné le dossier, et j'en suis venu à la conclusion que Mademoiselle Letty Brown gère très bien ses sœurs, et qu'elle a largement prouvée qu'elle n'avait besoin de personne pour les élever.


- C'est pourquoi, après avoir fait le nécessaire pour accélérer les choses, et afin que cette affaire se termine dans les meilleures conditions possibles, je vous annonce que, dans six jours, le 29 août, Léa, Linda et Lindsay Brown seront officiellement sous la tutelle de Mademoiselle Letty Brown, rétorque le juge.


- Votre honneur, vous êtes donc bien en train de nous dire que la semaine prochaine, ma cliente pourra officiellement et légalement vivre avec ses sœurs? Interroge Maître Clark.


- Tout à fait, confirme le juge. Léa, Linda et Lindsay Brown seront remises à Letty Brown, le 29 août. Félicitations. Et joyeux anniversaire en avance, Mademoiselle.


- Letty? L'interpelle son avocat en se retournant. Vous avez entendu?


- Je... je... je ne suis pas sûre d'avoir bien entendu, lâche-t-elle sous le choc.


- Je vous le répète, relance le juge, le jour de votre anniversaire, vos sœurs vous seront rendues, et plus personne ne pourra vous les enlever. Sauf si, parce que... d'une manière ou d'une autre, vous ne vous en occupiez plus comme il le faut.
- Cela n'arrivera pas! Assure Letty en bondissant de sa chaise.


- Merci! Merci infiniment, votre honneur! Ajoute Letty toute contente pendant que Maître Clark, Aaron et Hershel l'applaudissent.


- Bonne chance, termine le juge.
- Félicitations, lance Maître Clark.


- Merci beaucoup, remercie-t-elle.

Immédiatement après, Letty se tourne vers ses amis, qui sont en train de se lever...

… et elle saute dans les bras d’Aaron...

… pendant que le juge et l'avocat de la défense quittent la salle.



- Bravo! Tu l'as fait! Tu vas pouvoir enfin récupérer tes sœurs! Lance Aaron ravi.


- Oui, confirme-t-elle contente. Je n'arrive pas à y croire.
- Plus que six jours pour être avec tes sœurs pour toujours, intervient Hershel.
- Oui! Dit-elle en lâchant Aaron pour foncer dans les bras de Monsieur Greene.


- Tu as réussi! S'exclame Hershel sans s'arrêter de sourire. Tu as été incroyable!


- ON a réussi! Corrige-t-elle en le serrant fort.

Tandis que Letty garde Hershel contre elle pendant un moment, beaucoup trop heureuse par ce verdict, Aaron remercie Maître Clark...

… et après quelques minutes, ils quittent le tribunal.


- Maître, lance-t-elle, accepteriez-vous de venir déjeuner avec nous au restaurant, afin que nous fêtions cette superbe victoire inespérée?


- Avec plaisir, accepte l'avocat. Par contre, je dois d'abord retourner voir le juge, afin qu'il me communique la procédure pour que vous récupériez vos sœurs.


- Bien sûr, allez-y, rétorque-t-elle. Personnellement, nous ne sommes pas pressés. Nous allons au... je ne sais plus comment il s'appelle, mais c'est le restaurant qui est face au bâtiment, où il y a votre cabinet.
- Très bien, parfait. Je vous y retrouve, dès que j'ai terminé, indique l'avocat.
- Ça marche, acquiesce-t-elle en souriant.

Immédiatement après, pendant que Maître Clark retourne voir le juge, Hershel, Letty et Aaron descendent les escaliers...

… puis, pour ne pas encombrer le parking du tribunal, ils prennent la voiture de location, et ils vont jusqu'au restaurant, à peine un peu plus loin.

Dès qu'ils sont stationnés, ils sortent de voiture, et se dirigent tranquillement vers l'entrée de l'établissement.

- Dites, est-ce que ça vous dérange d'entrer sans moi? Demande-t-elle. Je voudrais appeler les garçons pour les prévenir du verdict.


- Non, aucun problème, assure Hershel.
- On va choisir une table, et on attend que Maître Clark et toi arriviez, dit Aaron.
- Et prends ton temps, ajoute Hershel, nous ne sommes plus pressés désormais.
- Cool, merci, remercie-t-elle.

Aaron et Hershel entrent ensemble dans le restaurant, tandis que Letty s'arrête un peu avant, et elle cherche le numéro de téléphone de Glenn dans son répertoire, avant de lancer l'appel.



- Allô? Dit-il en décrochant.


- Salut, lance-t-elle. Tu n'es pas au travail?


- Si, assure-t-il. Ma patronne n'est pas là, et il n'y a personne pour le moment.
- D'accord, acquiesce-t-elle en faisant quelques pas. Je ne veux pas te déranger longtemps, mais... nous venons de sortir du tribunal.
- Et alors? L'audience a encore été reportée? Demande-t-il.
- Non, répond-elle. C'est terminé. Le... le procès est terminé.
- Ah, lâche-t-il inquiet. Comment ça s'est passé?


- Je vais récupérer mes sœurs! Lance-t-elle joyeusement.


- Sérieusement? Mais quand? Elles sont avec toi? Interroge-t-il.
- Non, pas encore. Ils veulent attendre mon anniversaire, donc dans six jours, indique-t-elle. Et tu sais... je trouve ça dingue, parce que... je pensais qu'il y aurait encore des questions posées, mais non. Quand l'audience a commencée, le juge m'a demandé si je voulais ajouter quelque chose, avant qu'il ne rende son verdict, et j'ai parlé. J'ai dit ce que je ressentais. Je ne sais pas si ça a eu son effet ou s'il avait déjà pris sa décision, mais bref, je vais récupérer mes sœurs lundi prochain!
- Je suis vraiment content pour toi, bravo! Rétorque-t-il. Vous allez fêter ça avec Hershel et Aaron?
- Oui, et avec mon avocat aussi, précise-t-elle. D'autant que... je n'ai pas beaucoup mangé ces derniers jours, alors... je t'avoue que je suis affamée.
- D'accord, alors ne faisons pas plus long, suggère-t-il.
- On ne va pas manger immédiatement, ce n'est pas encore l'heure. Et puis, on attend mon avocat avant de commander, rétorque-t-elle. Cela dit, je vais appeler Abraham pour lui annoncer la bonne nouvelle.
- Très bien. Encore bravo, et tu embrasseras les filles pour moi, dit-il.


- Ça marche, accepte-t-elle. À bientôt.
- À bientôt, termine-t-il avant de raccrocher.


- Mademoiselle Brown! L'interpelle Maître Clark en approchant.


- Ah, c'est bon? Réclame-t-elle en rangeant son téléphone portable dans sa poche et en se retournant.


- Oui, c'est réglé, confirme-t-il. J'aurais juste quelques documents à vous faire signer, et le lundi 29 août, vos sœurs seront avec vous.


- Et... j'imagine que non, mais est-ce que je peux les voir avant? Interroge-t-elle.


- Justement, j'allais vous en parler, reprend-il. J'en ai fait la demande au juge, mais elles sont actuellement en famille d'accueil à City Springs. Alors... comme vous vous en doutez, entre le fait de trouver un vol et le temps du voyage, on aura déjà dépassé lundi.


- Ok, je vois, acquiesce-t-elle en souriant.


- Je me doute que c'est loin d'être suffisant à vos yeux, parce qu'après tous ces derniers mois sans elles, j'imagine que vous auriez aimé les voir le plus tôt possible, dit-il, et c'est tout à fait normal. Mais... en y réfléchissant bien... prenez bien conscience que dans quelques jours, vos sœurs seront avec vous. D'autant que... désormais, vous n'aurez plus à fuir ou à mentir. Personne ne pourra vous les enlever, sauf... comme le juge l'a dit, si vous ne vous en occupez pas correctement, mais je sais que cela n'arrivera pas.


- Ça, c'est clair, assure-t-elle. Par contre, je voudrais vous faire une demande particulière, mais je ne sais pas si vous pouvez me renseigner.
- Dites toujours, réclame-t-il.
- Vous connaissez toute l'histoire, alors... je ne vais pas la refaire. Mais... je voudrais savoir si... d'après vous, il est possible que mon nom de famille ne soit plus Brown? Interroge-t-elle.
- Pour changer de nom, il faut un motif valable, indique-t-il. Quel est le vôtre?
- Je ne sais pas s'il est valable, mais... je ne veux plus qu'on me voie comme ce que j'ai été décrite dans les médias, c'est-à-dire une gamine de 17 ans, irresponsable, qui a fait des tas de conneries, et qui a enlevé ses sœurs. Alors... malgré ce que j'ai fait d'illégal, j'aimerais définitivement m'appeler Letty Grey.


- Je vois, lance-t-il. Je ne vous garantis rien, mais... je vais faire la demande au...


- Attendez, l'interrompt-elle. Ne faites pas une demande officielle. Enfin... je ne sais pas comment on dit, mais... avant de procéder aux démarches nécessaires, je veux en parler avec mes sœurs, et savoir ce qu'elles en pensent. Cette décision m'appartient totalement, puisque je ne vais pas demander à mes sœurs de changer de nom. C'est juste pour moi. Mais il faut que je voie ça avec elles.


- Aucun problème, assure-t-il. Je me renseigne et je vous dirais ça.
- Très bien, acquiesce-t-elle.
- Bon, et si on allait déjeuner? Propose-t-il.
- Allez-y, vous, suggère-t-elle. J'ai un coup de fil à passer et j'arrive.
- D'accord, à tout de suite, rétorque-t-il en souriant avant de s'éloigner.

Pendant que l'avocat entre dans le restaurant, Letty ressort son téléphone portable, cherche le numéro d’Abraham dans son répertoire, et elle lance l'appel.


- Allô, Letty? Dit-il en décrochant. Est-ce que ça va? Comment ça s'est passé?


- Ça va, répond-elle. Ça va très bien. Je récupère mes sœurs lundi!
- Oh, c'est fantastique! S'exclame-t-il très heureux. Toutes mes félicitations!


- Merci, remercie-t-elle. Je t'avoue que... je commençais à avoir du mal à y croire, mais ça y est! Non seulement, je les récupère, mais on ne pourra jamais me les enlever! Je suis tellement heureuse, si tu savais!
- Je n'en doute pas, appuie-t-il. Tu peux quand même voir tes sœurs avant?
- En fait, elles sont à City Springs, et mon avocat m'a dit qu'au final, même si je devais attendre six jours, à côté de tous ces mois que j'ai dû vivre sans elles, ça sera vite passé. Et ça va me permettre de régler quelques petites choses ici, indique-t-elle. Ou en tout cas... d'essayer.
- D'accord, acquiesce-t-il. Je suis vraiment très content pour toi, et pour elles aussi. C'est un magnifique cadeau d'anniversaire.


- C'est clair, confirme-t-elle. Avec mon avocat, Hershel et Aaron, on va fêter ça au resto ce midi. On va discuter de tout ça, je pense, et je vais aller les rejoindre.
- D'accord. Je te remercie beaucoup de m'avoir prévu. Je vais passer une super journée, rétorque-t-il. Encore félicitations.
- Merci beaucoup, remercie-t-elle. À très bientôt.
- Oui, à très bientôt, répète-t-il. Et prends bien soin de tes sœurs et toi.
- C'est promis. Bisous, termine-t-elle.
- Bisous, bye, conclut-il avant de raccrocher.

Letty rejoint les autres à l'intérieur...

… elle s'installe à table, ils choisissent leur déjeuner et commandent...


… et quand ils sont servis, ils mangent joyeusement, en discutant, en plaisantant, tous ravis par l'issue très positive du verdict du juge Smith.

Un peu plus tard, tandis qu'ils s'apprêtent à partir...

… la serveuse accepte de prendre Aaron, Letty, Hershel et Maître Clark en photo.

Ces derniers, avec leurs verres d'eau à la main, et avec de jolis sourires, posent joyeusement pour immortaliser la fin du procès.

Par la suite, ils vont dans le cabinet de l'avocat de Letty, ils règlent tout, et en fin d'après-midi...

… Letty, Hershel et Aaron prennent la route pour rentrer.



Dès qu'ils arrivent, ils laissent sortir Max dans le jardin, et celui-ci fait ses besoins.



- Dites, je voudrais vous parler, rétorque-t-elle en se retournant.


- Bien sûr, on t'écoute, appuie Hershel.


- Voilà, commence-t-elle, le procès a fini par bien se dérouler, avec une très belle victoire, et j'en suis plus heureuse que jamais. Alors... je voudrais vous remercier d'être resté jusqu'à aujourd'hui, parce que... dès que le juge vous a dit que vous étiez libres, vous auriez pu rentrer à Riverview. Vous ne l'avez pas fait, et je suis heureuse d'avoir partagé cette fin de procès avec vous.


- Mais? Réclame Aaron.


- Mais je crois qu'il est temps pour vous... de rentrer à Riverview, lance-t-elle.


- Tu ne veux plus de nous? Interroge tristement Hershel.


- Ce n'est pas ça, répond-elle, je vous assure. Mais... je vais avoir un certain nombre de choses à régler ici, et... pour être honnête, je ne suis pas sûre de revenir à Riverview avant un moment, ou... de revenir tout court, si les filles ont envie de rester, maintenant que nous n'avons plus à fuir. Et puis... c'est peut-être égoïste, mais... je voudrais pleinement profiter de mes sœurs, quand elles me seront rendues. Cela dit, je vous promets que... dès que ce sera possible, nous viendrons vous rendre visite à Riverview.


- Tu es sûre que tu veux te retrouver seule jusqu'à lundi? Demande Hershel.
- En plus, ce sera ton anniversaire, rappelle Aaron.


- Oui, je sais, assure-t-elle. C'est ce que je veux, et... je ne serai pas totalement seule, Max est avec moi. Je vais avoir le plus beau cadeau d'anniversaire en retrouvant définitivement mes sœurs. Tout va parfaitement bien.


- Bien, acquiesce Hershel, dans ce cas, si c'est vraiment ce que tu veux, je vais... je vais voir quand est le prochain vol pour Riverview, si... si j'y arrive.
- Je vais le faire, intervient Aaron. Si on le peut, nous partirons ensemble.
- Ça me va, accepte Hershel.


- Alors, vous ne m'en voulez pas? Interroge-t-elle.


- Absolument pas, appuie Aaron.
- Non, pas du tout, assure Hershel.


- Merci. Merci beaucoup, remercie-t-elle en souriant.

Deux jours plus tard, en début d'après-midi.

Letty papouille joyeusement Max...

… tandis qu’Aaron et Hershel arrivent de l'étage, valises en main.

- Voilà, nous sommes prêts, annonce Aaron.


- D'accord, acquiesce-t-elle. Vous êtes sûrs de n'avoir rien oublié?


- Normalement, on a tout, répond Hershel.
- Et au pire, ce n'est pas perdu, ajoute Aaron. Tu pourras nous les apporter quand tu viendras nous voir avec tes sœurs.


- Oui, rétorque-t-elle simplement.


- Bon, eh bien... il faut y aller, indique Aaron, notre taxi ne devrait pas tarder.


- D'accord, lance-t-elle en lui suivant dehors avec Max.


- Hershel, l'interpelle Letty.


- Oui? Réclame-t-il en se retournant.


- Je voudrais te remercier, commence-t-elle. Pas seulement pour ces derniers jours et pour être resté jusqu'à la fin du procès, mais pour absolument tout ce que tu as fait pour moi... pour... nous.


- Tu euh... tu as rendu notre quotidien de cavale bien plus agréable, que ce soit pour nous avoir couverte jusqu'au bout, ou pour avoir fait en sorte d'améliorer nos conditions de vie, poursuit-elle.


- Ton soutien, ton amitié... ce sont des choses qui resteront gravées dans ma mémoire toute ma vie, continue-t-elle. Et euh... tu as été bien plus qu'un oncle de substitution totalement inventé. Si mes sœurs et moi ne revenions pas vivre à Riverview, sache que tu vas énormément me manquer. Ne pas te voir régulièrement sera difficile, mais... on continuera de s'appeler assez souvent, parce que je ne veux absolument pas rompre le contact.


- Je ne veux pas rompre ce qui nous unit, ajoute-t-elle en détournant le regard.


- Oooh, dit Hershel touché en posant sa valise avant de déposer un tendre baiser sur le front de l'adolescente.


- Ma chère Letty, reprend-il en lui prenant la main et en lui relevant doucement la tête. Depuis ma femme, tu es la plus belle rencontre que j'ai faite dans toute ma vie. Tes sœurs et toi, vous êtes merveilleuses, et je suis heureux d'avoir pu vous aider. Tout ce que nous avons partagé ensemble est précieux pour moi.


- Et sincèrement, j'espère que... si vous deviez rester vivre ici, nous aurons tout de même la possibilité de nous voir de temps en temps, en fonction de nos disponibilités, dit-il. Je te remercie également, parce que tu m'as fait confiance, alors que les circonstances ne s'y prêtaient pas du tout. Je t'aime Letty, et à mes yeux, je te considérerai toujours comme la fille que j'aurais aimé avoir.


- Hershel! S'exclame-t-elle avant de l'enlacer tendrement.

Peu après, le taxi que les deux hommes ont commandé arrive. Après un dernier au-revoir, Hershel et Aaron rangent leurs valises dans le coffre de la voiture, et ils montent à bord, avant que la conductrice ne redémarre...

… sous les yeux de Letty qui leur fait signe.

Trois jours plus tard.

Letty jette les poubelles, et fait le ménage de la maison, afin que celle-ci soit prête pour l'arrivée de ses trois sœurs, demain.


Quand tout est fait, la jeune femme monte à l'étage...

… et elle fait le tour des chambres pour récupérer le linge et les draps, afin d'aller faire des lessives.


Quand elle est dans la chambre d'amis, où Aaron a séjourné, après le départ d’Abraham, au lieu de prendre le linge, elle dépose celui qu'elle a en main dans le panier...

… elle se retourne, et en fixant ce grand lit vide...

… elle se remémore la fois où, après qu'ils se soient embrassés en ville, Letty est venue rejoindre Abraham ici-même.

- Abraham, lance-t-elle en approchant.


- Oui? Réclame-t-il en se tournant. Ça ne va pas? Ajoute-t-il en se levant.


- Non, ça ne va pas du tout, répond-elle. Parce que... je ne peux pas faire comme si rien ne s'était passé entre nous.


- Moi non plus, dit-il. Je n'y arrive pas.

Elle se repasse ce beau moment en boucle dans sa tête...

… puis, elle se décide à récupérer le reste du linge et à redescendre...

… avant d'aller dans le garage pour démarrer une première machine.

Et bien sûr, toujours fidèle à lui-même, l'adorable Max suit sa maîtresse partout.

Après environ une heure, dès que le linge est lavé, la jeune femme le sort de la machine, pour le mettre dans le sèche-linge.


En fin d'après-midi, Letty décide de partir faire un tour dans le parc avec Max.

Et ils passent un très bon moment à jouer tous les deux.




Et après environ une heure de jeux divers et variés, Letty passe un long moment à parler à son fidèle compagnon, en lui tenant la patte...

… tandis que le chien ne bouge pas, semblant être très attentif à ce qu'elle dit.

Ce n'est qu'en début de soirée qu'ils retournent dans la maison.

Et dès leur arrivée, Letty s'occupe de se préparer une bonne salade...


… avant de passer à table dans le silence, pendant que Max est sagement couché dans son panier.

Quand elle a fini de manger, Letty débarrasse la table, et s'occupe de faire la vaisselle, pendant que Max se décide à manger à son tour.

Puis, pour sa dernière soirée, avant l'arrivée de ses sœurs, Letty s'installe avec Max dans le salon, et elle met la suite de sa série à la télévision.


Dès que l'épisode est terminé, Letty sort Max. Par la suite, ils remontent, elle fait entrer son chien dans la chambre, avant d'aller dans la salle de bains pour se préparer.

Quand elle est prête, au lieu de se coucher, elle s'installe devant son ordinateur, et elle fait quelques recherches précises pendant près de deux heures.

Commençant à sérieusement fatiguer, alors que Max est endormi sur le canapé, la jeune femme se met au lit.


Dans les environs de 3h20 du matin...

… Letty se lève, incapable de s'endormir.

Et dans ces cas-là, comme elle le fait presque à chaque fois, elle va jusqu'à sa fenêtre préférée, et elle s'y installe.

L'idée de récupérer ses sœurs dans la journée, c'est quelque chose qui la comble de bonheur, au plus haut point. En en réfléchissant, elle se dit qu'elle a eu vraiment beaucoup de chance d'être tombée sur le juge Smith, parce que, au fond d'elle, même si elle ne comptait jamais lâcher, elle était pratiquement sûre que qu'elle ne pourrait pas retrouver ses sœurs. Ou en tout cas, pas avant leur majorité.

Elle se sent très excitée, et elle est vraiment pressée d'arriver au moment où elle pourra les prendre dans ses bras, surtout, en sachant que plus jamais personne ne pourra les lui enlever.

Et puis, elle se remet à penser à Glenn et Abraham. Elle se remémore les premiers baisers avec chacun d'eux, les divers moments passés avec eux, et en rêvassant, elle ne pense finalement qu'à un seul, et elle se met à sourire.

Plus tard, en début de matinée.

La jeune femme a fini par s'endormir, très tard dans la nuit, mais sur sa fenêtre.

Et quand elle commence à se réveiller et à ouvrir les yeux, elle se rend compte immédiatement des courbatures qui parcourent tout son corps, et, bien que difficilement, elle descend de sa fenêtre...

… elle va chercher ses vêtements de la veille dans la salle de bains...

… elle s'habille, et avec Max, elle descend, pour qu'il fasse ses besoins.



Et dès qu'il a terminé, Letty remonte, Max la suit dans la salle de bains, et pour la première fois, au lieu de simplement se doucher, elle prend un bain.

Environ une heure plus tard, ils redescendent tous les deux, et ils vont dans la cuisine. Max mange ses croquettes...

… et Letty se prépare un café.

Elle reste dans la cuisine pour le boire, et elle constate que le bain l'a soulagé pour les douleurs et les courbatures, même si ce n'est pas encore passé. Après un moment, la jeune femme entend un bruit de moteur.

Alors elle pose sa tasse sur le comptoir, elle se lève...

… elle court pour sortir de la maison, afin d'accueillir ses sœurs.

Mais une fois dehors, elle découvre que ses sœurs ne sont pas là, mais que c'est son avocat, Maître Clark, qui vient d'arriver et approche.


- Bonjour, lance-t-il.


- Bonjour, répète-t-elle angoissée. Le juge a changé d'avis, c'est ça?


- Ah... pas du tout, assure-t-il en souriant. Mais... après tout ce qui s'est passé, je voulais simplement vous souhaiter un joyeux anniversaire en personne.


- Oh, merci, remercie-t-elle touchée. Je vous avoue que... en fait... j'avais presque oublié ça. J'étais trop focalisée sur le fait que cette date correspond au moment où je récupère mes sœurs.
- Je comprends, rétorque-t-il en rigolant.


- Et euh... sans vouloir vous embêter, est-ce que vous savez à quelle heure mes sœurs sont censées arriver? Interroge-t-elle.
- Non, avoue-t-il avant de remarquer le monospace qui arrive. Cela dit, je pense que la réponse est en train d'arriver. Retournez-vous, suggère-t-il.

Letty remarque immédiatement ses sœurs dans le véhicule, et commence à afficher un grand sourire, réalisant que le moment qu'elle espérait tant est en train d'arriver.

L'assistante sociale stationne, Léa et Linda sortent de voiture et commencent à courir en direction de leur grande sœur, pendant que la femme blonde récupère Lindsay.


- Letty! S'exclament les deux jeunes filles toutes contentes.


- Venez là! Réclame Letty en se baissant et en leur ouvrant les bras.


- Letty! S'exclame encore Léa en atterrissant dans les bras de sa grande sœur.
- Ma puce, rétorque Letty. Tu m'as tellement manquée.


- Toi aussi, tu m'as trop manqué! Plussoie Léa.
- Et moi? Et moi?! Réclame joyeusement Linda.

Léa se détache de sa grande sœur, avant que Linda ne saute dans les bras de Letty.

- Oh, ma chérie, dit Letty en la serrant fort. Est-ce que ça va?


- Maintenant, oui! Répond Linda. J'ai eu tellement peur qu'on ne te revoit plus.
- Moi aussi, j'ai eu la plus grosse peur de ma vie, appuie Letty.

Pendant ce temps, l'assistante sociale dépose Lindsay par terre...

… et cette dernière se met à marcher tout droit jusqu'à Letty.


- Maman! S'exclame la petite fille.


- Non, ce n'est pas ça, rappelle Léa. Comment elle s'appelle, tu le sais?
- Letty! C'est Letty! Répond Lindsay.
- Voilà, bravo, félicite Linda.
- Viens là, ma belle, rétorque Letty en se baissant et en lui ouvrant les bras.

Lindsay se blottit dans les bras de la jeune femme, et celle-ci, vraiment très heureuse, la serre contre elle.


- Toutes mes félicitations, rétorque l'assistante sociale. Et bonne chance.


- Merci beaucoup, remercie Letty.
- Au-revoir, termine l'assistante sociale.
- Au-revoir, répètent-elles toutes.

La femme blonde retourne à son véhicule et s'en va...

… tandis que, sous le regard attendri de Maître Clark, Letty reçoit une multitude d'amour de la part de ses sœurs, qui ne peuvent s'empêcher de l'enlacer.

Pendant ce temps, à Riverview.

Depuis son retour en ville, Glenn a repris son travail, et avec les mêmes horaires.

Comme habituellement, en plus de tenir la caisse, il s'occupe de nettoyer les cages des animaux, et de leur donner à manger, comme en ce moment.

Après avoir nourri les oiseaux, Glenn reçoit un message, il le consulte...

… et il sourit.

Exactement au même moment, chez Aaron.

Celui-ci fait exceptionnellement du télétravail de chez lui, car il attend la livraison de meubles pour sa maison.

Tandis qu'il tapote sur son clavier, son téléphone portable, posé sur le bureau, se met à vibrer, alors il le prend...

… et il découvre un message qui le fait sourire.

Pendant ce temps, dans l'appartement d’Abraham.

Ce dernier est en train de serrer le robinet qu'il vient de changer...

… quand il entend son téléphone portable sonner dans sa poche.

Abraham le prend, il consulte le message qu'il vient de recevoir...

… et il sourit.

Dans la propriété d'Hershel.

Le vieil homme est en train de planter des nouveaux légumes dans son potager...

… quand, de la même manière que pour les autres, il entend un message arriver.

Hershel se relève, il prend son téléphone portable dans sa poche de pantalon...

… et en consultant le message, il découvre, comme pour Glenn, Aaron et Abraham, une photo de Letty avec ses sœurs, toutes souriantes, ainsi que Max à leurs côtés.

Et exactement comme pour les autres, en découvrant cela, Hershel sourit, mais en laissant échapper une larme de bonheur, ravi que les filles Brown se soient retrouvées.

Chapitre 48

Chapitre 48


- Votre honneur, lance Letty désespérée, est-ce que je peux dire quelque chose?


- Allez-y, accepte le juge.

L'adolescente se lève, tandis que tous les regards sont rivés sur elle...

… et elle va tout droit jusqu'au juge pour être face à lui.


- Monsieur... quand nos parents étaient en vie, nous étions vraiment tous heureux, commence Letty. Mon papa me disait toujours que j'étais une vraie petite femme, et que je m'occupais bien de mes sœurs. Ce soir-là, quand j'ai entendu Aaron et Charlotte, de l'autre côté de la porte... et que j'ai compris qu'ils partaient chercher la police... je me suis souvenu de ce qu'était la vie quand nos parents étaient avec nous. Je savais pertinemment que jamais je ne pourrais les remplacer, mais j'ai une quantité illimitée d'amour à leur donner, et ce, pour le reste de ma vie. Je ne me suis jamais sacrifié pour elles, parce que... elles font partie de moi, alors je ne considère pas que de les élever, les gérer, les éduquer correctement ou les aimer soit un sacrifice.


- À la mort de nos parents... je me suis juré que nous ne serions pas séparées. Nous avions une très belle complicité, et elle s'est renforcée après. Votre honneur, Léa, Linda et Lindsay sont tout ce qui me reste comme famille. Avec elles, nous sommes les fruits de l'amour que nos parents avaient l'un pour l'autre. Aucune de nous n'a été un accident, nous avons été voulu, chacune d'entre nous. Et aujourd'hui, je vous demande d'y réfléchir encore, d'accepter que nous restions ensemble, et rendre nos parents heureux et fiers, de là où ils sont. Merci, remercie-t-elle la voix tremblante.


- Mademoiselle Brown, relance le juge un peu perturbé, ce que vous avez dit est vraiment beau, mais la loi est la loi. Comme vous n'avez aucun casier, et qu'il n'y a aucun antécédent, je ne retiendrais aucune charge contre vous. Aux vues des circonstances, vous n'irez pas en prison. Monsieur Walker et Monsieur Greene ne seront pas inquiétés, et vous repartirez tous les trois libre, comme vous êtes venus. Maintenant, pour la garde de vos sœurs, vous n'êtes pas majeure, vous ne pouvez pas les récupérer.


- Votre honneur, intervient Maître Clark.


- Oui? Réclame le juge.


- Veuillez m'excuser, mais... Letty Brown atteindra ses 18 ans le 29 août, soit dans exactement 14 jours, précise Maître Clark. N'y aurait-il pas un moyen de trouver un arrangement, et éventuellement faire en sorte qu'elle puisse les récupérer à partir de cette date-là, et rendre cette fratrie heureuse?


- Objection, votre honneur, réclame Maître VanOwell en se levant. L'accusation tente de vous attendrir pour vous faire craquer.


- Objection rejetée, rétorque le juge. Je ne suis pas en sucre, et je vous rappelle que je suis le seul à prendre cette décision.


- Oui, votre honneur, dit Maître VanOwell en se rasseyant.


- Quelqu'un voudrait-il ajouter quelque chose, avant que je prenne ma décision? Demande le juge.


- Oui, moi! Annonce Hershel en se levant.
- Approchez Monsieur Greene, je vous en prie, réclame le juge.
- Merci, remercie Hershel en s'exécutant pendant que Letty se rassoit.


- Votre honneur, reprend Hershel, je ne suis pas très doué avec l'informatique, mais... j'ai essayé de me renseigner sur internet, ainsi qu'auprès de mon avocat, Maître Steele. Et je voudrais savoir quel est le meilleur moyen de garantir à Letty et ses trois sœurs d'être ensemble?


- La seule solution, c'est qu'une personne ou un couple sain d'esprit veuille adopter ces quatre jeunes filles ensemble, répond le juge.
- Je vois, acquiesce Hershel avant de se retourner.


- Letty, reprend relance Hershel, et...


- … les filles, poursuit-il en se tournant vers Léa et Linda, je n'ai pas la prétention de remplacer vos parents, jamais.


- Mais je peux vous offrir un bon foyer. Alors... est-ce que vous accepteriez que je vous adopte? Propose Hershel.


- Ouiii! Répondent joyeusement Léa et Linda en chœur.


- Tu es sérieux? Demande Letty très étonnée.


- Oui, absolument, confirme Hershel. Tu veux bien?


- Je euh... oui, évidemment, accepte Letty.


- Votre honneur, poursuit Hershel en se tournant à nouveau vers le juge, est-ce que c'est possible? Puis-je les adopter toutes les quatre?


- J'ai besoin de réfléchir aux éléments nouveaux, indique le juge. La prochaine audience aura lieu mardi prochain, à 9h. L'audience est levée, termine le juge avant de partir.

Tout le monde quitte le tribunal, sauf Maître Delgado et Maître Steele qui vérifient quelques éléments, concernant leurs clients, afin de s'assurer qu'ils sont bien libres, tandis que dehors, Maître Clark rattrape Letty.


- Letty! S'exclame-t-il en souriant.
- Dites-moi, réclame-t-elle, cette fois, surtout avec ce qu'il m'a dit au début... est-ce que vous maintenez toujours le fait que ce soit bon signe qu'il reporte l'audience encore une fois?
- Sincèrement, pour moi, c'est bon signe, assure-t-il, parce qu'il était justement en train de vous dire que vous ne pourrez pas récupérer vos sœurs, mais...


- Mais on aurait dit qu'il avait l'air d'envisager la possibilité de me les confier à partir de ma date d'anniversaire, complète-t-elle.


- Exactement, confirme-t-il. Voilà pourquoi je suis aussi confiant. Mais vous devez continuer de tenir le coup. Et gardez confiance.


- Je vous le promets, je ne lâche rien, assure-t-elle.
- Letty? L'appelle Hershel.
- Excusez-moi, dit-elle avant d'aller enlacer Hershel.




- Letty, lance Hershel en se détachant d'elle, j'espère que tu n'as pas mal pris la proposition que j'ai faite?


- Non, pas du tout, pourquoi je le prendrais mal? Interroge-t-elle.


- Parce que nous n'en avions jamais parlé, répond-il, je t'ai mise devant le fait accompli, et... je veux que tu saches que jamais je ne chercherai à...


- Je sais, l'interrompt-elle. Mais... si ça me permettait de récupérer mes sœurs, ce serait absolument fantastique!


- Oui, c'est vrai, confirme-t-il.


- Ah attends, je reviens, réagit-elle avant de partir en courant pour rattraper Glenn.


- Glenn! S'exclame-t-elle. Attends!


- Où tu vas? Demande-t-elle.


- Je pense que tout va bien se passer maintenant, et... tu es bien entourée, alors... je me dis que je vais rentrer à Riverview, annonce-t-il.


- Quoi? Hershel et Aaron sont libres, oui, moi aussi, mais... il nous reste à savoir si je vais pouvoir récupérer mes sœurs, rappelle-t-elle.


- Que je sois ici ou non, ça ne changera rien, appuie-t-il.


- Au contraire, ça peut changer beaucoup de choses, assure-t-elle. Tu ne peux pas rester jusqu'à mardi prochain?


- Tu n'as pas besoin de moi, lance-t-il.


- Ne dis pas de bêtises, réclame-t-elle. Je n'ai pas assuré, je sais, et je m'en excuse sincèrement. Mais je serais contente que tu sois là jusqu'au bout.


- C'est ce que je voulais faire, je t'assure. Mais... je ne peux pas, je... je ne peux plus. Désolé, ajoute-t-il avant de partir.

Letty le regarde s'éloigner, perdue, et sans savoir quoi faire pour le retenir.

Peu après, tout le monde rentre.

Puis, Letty s'en va avec Max, afin de le promener un peu.


L'adolescente ne s'arrête qu'au parc, où elle passe près d'une demi-heure à jouer avec son fidèle compagnon.









Mais après un moment, elle ne lance plus le bâton à Max, et elle se fige. Elle repense à tous les événements de sa vie actuelle, et même si elle a encore envie de croire qu'il y a une chance pour qu'elle récupère ses sœurs, elle n'arrive pas à voir le bout de toute cette histoire, qu'elle a provoquée.

En se remettant à penser à Glenn qui est parti, au fait qu'elle a détruit l'amitié qui le liait à Abraham, elle se sent vraiment nulle, et elle finit par s'effondrer par terre, en commençant à pleurer.

Et comme il l'a toujours fait, Max arrive à la rescousse pour être près de sa maîtresse, avec son soutien et son amour sans failles et sans conditions.


Et puis, alors que ça fait environ une heure que Letty est par terre, en train de pleurer, Glenn arrive dans le parc.

Attristé de la voir ainsi...

… il décide de la rejoindre.


- Letty, ne reste pas par terre, réclame-t-il en lui tendant les mains.


- Qu'est-ce que tu fais là? Demande-t-elle en lui donnant la main et en se relevant.


- Je ne veux pas renoncer à toi aussi facilement, répond-il.


- Quoi? Réclame-t-elle.


- Rappelles-toi ce que nous avons vécu tous les deux, demande-t-il. On est allé un peu vite dans notre relation, mais on était bien. Toi, moi, les filles et Max. On était presque comme une vraie famille. C'était le bonheur, et moi... je t'aime tellement. Tu représentes tant à mes yeux, que... je m'en voudrais toute ma vie de ne pas avoir fait ce qui fallait pour que tu sois avec moi.


- Mais... je suis avec Abraham, rappelle-t-elle, et...


- Tu l'aimes? Réclame-t-il en l'interrompant.


- Glenn, reprend-elle, je ne pense pas que...


- Est-ce que tu l'aimes? Répète-t-il en lui coupant à nouveau la parole.


- Oui, répond-elle.


- Plus que moi? Interroge-t-il.


- Je t'en prie, poursuit-elle, cette discussion n'est pas...


- Attends, dit-il avant de l'embrasser.

Mais cette fois, alors qu'elle est totalement perdue, Letty ne le repousse pas, et elle va même jusqu'à répondre à ce baiser en l'enlaçant.



- On est bien ensemble, non? Demande-t-il en lui caressant la joue.


- Arrête, ce n'est pas la question, et tu le sais, appuie-t-elle. J'aime Abraham. Il me fait rire, il me soutient, et il me rend heureuse.


- Nous aussi on était heureux tous les deux, rappelle-t-il. Notre histoire est tellement belle, tellement pure et...


- S'il te plaît, l'interrompt-elle. Tu as vu comment ça s'est terminé?
- Je te l'ai dit, je ferai tout ce qu'il faut pour me faire pardonner ma sale réaction. Mais ne me repousse pas, j'ai tant besoin de toi, dit-il en tentant de l'embrasser.


- Arrête, réclame-t-elle en le repoussant doucement. Je suis désolée, mais... je ne peux pas faire ça, ajoute-t-elle avant de s'éloigner.

Après quelques pas, elle s'arrête et se met à réfléchir pendant un instant.

- Tu veux bien faire quelque chose pour moi? Demande-t-elle.


- Tout ce que tu voudras, répond-il immédiatement.


- Très bien, acquiesce-t-elle en se retournant, je voudrais que tu m'accompagnes à la maison. D'accord?
- Ok, accepte-t-il.

Avec Max, Glenn et Letty reprennent le chemin de la maison, mais sans se parler.

Ils entrent, et ils rejoignent les autres, qui sont dans le salon.


- Je dérange? Demande-t-elle.
- Pas du tout, assure Aaron. Tout va bien?
- Je voudrais parler à Glenn et Abraham, indique-t-elle.


- Est-ce qu'on irait pas se faire un petit tour? Propose immédiatement Hershel à Aaron en fermant son livre et en se levant.


- Oui oui, répond Aaron en se levant à son tour, bonne idée.


- Tu veux qu'on emmène Max avec nous? Interroge Hershel.


- Il ne me dérange pas, indique-t-elle, mais si tu vois qu'il a envie, oui, tu peux.
- D'accord, acquiesce Hershel.


- Max? Tu veux aller faire un tour? Demande Hershel en se tournant vers le chien qui revient de la cuisine.



- Ah ben... je crois qu'il n'a pas très envie, rétorque Aaron.


- Ok, allons-y, rétorque Hershel en partant avec Aaron.

Dès qu'ils sont partis, Letty se tourne vers Glenn et Abraham et elle entre dans le vif du sujet sans perdre de temps.

- Bon, écoutez, commence-t-elle, ça devient de plus en plus difficile pour moi. Par rapport au procès, on a eu une première victoire, en sachant qu’Aaron, Hershel et moi, nous resterons libres après tout ça. Je m'estime déjà chanceuse pour ça, mais maintenant, c'est la dernière ligne droite pour le plus important, mes sœurs. Glenn, tu sais que je suis avec Abraham. Abraham, tu sais ce qui s'est passé hier, mais... pour être totalement honnête, quand Glenn m'a rejoint au parc, là, tout à l'heure, il m'a embrassé, et je n'ai pas refusé ce baiser. Je n'avais pas l'intention de te le cacher, et je suis désolée.


- Je vois, acquiesce Abraham inquiet.


- Pour continuer dans... dans l'idée d'être honnête et vraiment franche, poursuit-elle, vous savez que je suis amoureuse de vous deux. Je ne l'ai jamais caché. Mais aujourd'hui, ça commence sérieusement à me poser un problème, parce que je suis dans un moment de ma vie, où il faut absolument que je reste focalisée sur l'idée de récupérer mes sœurs. La prochaine audience est mardi prochain, et je ne sais pas si ce sera la dernière. Enfin bref... tout ça pour vous dire que... aucun de vous deux n'a été impliqué dans cette histoire, et c'est très bien. Abraham, je ne te remercierai jamais assez pour avoir fait tout ce que tu as fait pour moi. Que ce soit ton soutien sans limite, ta compréhension, ta douceur, et tout ce qu'on a vécu depuis que je te connais, mais surtout depuis que nous sommes ici. Glenn, ta venue m'a surprise, mais au fond de moi, j'ai été très touchée que tu l'ait fait, alors que nous sommes séparés.


- Où est-ce que tu veux en venir? Demande Glenn.


- Je voudrais que vous retourniez tous les deux à Riverview, annonce-t-elle.


- Quoi? Réclame Glenn. Mais qu'est-ce que ça veut dire?


- Ça veut dire que j'ai la pression en permanence, répond-elle. J'ai l'impression de devoir tout le temps te rendre des comptes, et je me suis senti mal tout à l'heure, quand je t'ai rendu ce baiser, parce que... je trompais Abraham. Je ne supporte plus de me demander ce que je dois faire avec l'un ou avec l'autre. Vous êtes tous les deux des mecs super, sur ça, je n'ai aucun doute. Mais aujourd'hui, et jusqu'à la fin du procès, il n'y aura que mes sœurs qui vont occuper mon esprit. C'est pourquoi je vous demande de rentrer. C'est ce qu'il y a de mieux à faire. J'ai l'impression d'être une mauvaise personne, du fait de vous aimer tous les deux. Je crois que je ne peux être en présence d'aucun de vous, tant que je ne sais pas ce qu'il en est pour mes sœurs, ni tant que je ne saurais pas exactement avec qui je veux réellement être. Est-ce que vous comprenez?


- Oui, c'est très clair, lance Abraham.
- Oui, rétorque Glenn.


- Bon, alors euh... merci de m'avoir écouté, et... désolée, s'excuse-t-elle.


- Ne le sois pas. Je vais préparer mes affaires, indique Abraham en s'exécutant.



- J'y vais aussi. Avec un peu de chance, j'aurais peut-être la possibilité d'avoir un avion d'ici ce soir. Au-revoir, rétorque Glenn avant de partir.


- Au-revoir, répète-t-elle en le regardant franchir la porte.

Près de trois quarts d'heure plus tard...

… Aaron et Hershel reviennent de leur promenade improvisé.

Et quand ils entrent, ils découvrent Letty, assise dans un fauteuil, et seule.



- Letty? Est-ce que tout va bien? Demande Hershel.


- Ça devrait aller, répond-elle en se levant et en approchant.
- D'accord, acquiesce Hershel. Et... où sont...


- C'est bon, je suis prêt, l'interrompt Abraham en descendant les escaliers.


- Mais... où tu vas? Réclame Hershel en se retournant.


- Je rentre à Riverview, annonce Abraham.


- Quoi? Pourquoi? Interroge Hershel.
- C'est à cause de moi, rétorque Letty.
- Comment ça? Réclame Hershel en se tournant vers l'adolescente.


- J'ai demandé à Glenn et Abraham de partir, indique-t-elle.


- Excusez-moi, mais... j'ai un taxi qui ne va pas tarder, intervient Abraham, alors... je vous souhaite bonne continuation à tous.


- Merci, remercie Hershel.
- Bon voyage, si je peux me permettre, intervient Aaron.
- C'est gentil, merci, dit Abraham.


- Letty, reprend Abraham, je te souhaite bonne chance pour tes sœurs et toi. J'espère que tout se passera bien. Et... tiens le coup.
- Merci, remercie-t-elle difficilement.
- À bientôt, et prenez soin de vous, termine Abraham en partant.

Letty ne lâche pas Abraham du regard.

Mais dès que la porte se referme, l'adolescente court pour le rattraper.


- Attends! Réclame-t-elle en refermant la porte derrière elle. Je suis désolée pour tout à l'heure. J'aurais préféré éviter de t'avouer que je venais d'embrasser Glenn de cette façon, mais...


- Ne t'en fais pas, l'interrompt-il en se retournant, je ne t'en veux pas.
- Tu en es sûr? Interroge-t-elle étonnée.


- Oui, confirme-t-il avant de poser son sac et sa valise.
- Je t'ai trompé, rétorque-t-elle. Ça... ça ne te fait rien?


- Si, assure-t-il, ça me fait mal. Mais je sais que... dans ta situation, tu n'as pas forcément les idées claires, et tu as besoin d'être seule pour réfléchir. Je t'avais dit que quelles que soient tes décisions, je les respecterai, et c'est ce que je fais.


- Pourtant, j'ai l'impression que tu m'en veux pour quelque chose, dit-elle, ou qu...


- Non, l'interrompt-il, ce n'est pas le cas. Mais c'est à moi que j'en veux.


- À toi? Pourquoi? Réclame-t-elle.


- Je t'ai promis que je resterai à tes côtés jusqu'à la fin du procès, rappelle-t-il. Je voulais te soutenir, être là pour toi, et... je ne suis pas foutu de m'y tenir.


- Mais enfin... c'est moi qui te demande de partir, indique-t-elle, tu n'y es pour rien. Tu as tenu ta promesse.


- Ouais... mais pas comme je l'aurais voulu, appuie-t-il. Est-ce que... est-ce que je peux te poser une question?


- Bien sûr, accepte-t-elle.


- En nous demandant de partir, Glenn et moi, est-ce que... en même temps, tu as rompu avec moi? Interroge-t-il. Et avant que tu répondes, je veux que tu sois vraiment sincère, sans essayer de m'épargner.


- Je... je n'ai pas rompu avec toi, appuie-t-elle. Mais... j'ai du mal à me décider entre Glenn et toi. Tout ce qu'on a vécu ensemble, lui et moi, et ensuite... toi et moi... c'est très fort à mes yeux.


- Mais? Réclame-t-il.


- Mais je ne sais plus où j'en suis, avoue-t-elle perdue. J'ai besoin de tout régler avec mes sœurs. Il faut que je trouve un moyen de les récupérer. Et... avec la maison... tu te rappelles, mon avocat nous a lu le testament de mes parents, et ils nous ont tout laissé. Alors... je ne sais pas si je pourrais revenir à Riverview. En tout cas, pas avant longtemps.


- Je vois, lâche-t-il tristement. Donc c'est fini?


- Je n'en ai pas envie, répond-elle, mais je n'ai pas le droit de te faire espérer, alors que je n'ai aucune idée de la suite.


- Je comprends. Je ne suis pas croyant, tu le sais, mais je vais prier pour que tu puisses retrouver tes sœurs, indique-t-il. Et... si ça arrive vraiment, je vous souhaite d'excellentes retrouvailles.


- Merci Abraham, remercie-t-elle la voix tremblante.


- Je t'aime, Letty. Prends soin de toi, termine-t-il avant de s'éloigner.


- Attends! Réclame-t-elle.

Abraham se retourne à nouveau, tandis qu'elle approche...

… et qu'elle se jette à son cou pour l'embrasser.

Après quelques secondes, ils se détachent l'un de l'autre, ils se regardent dans les yeux sans rien dire...


… puis, Abraham récupère son sac et sa valise...

… il monte dans le taxi, qui vient d'arriver...

… puis, le chauffeur redémarre, tandis qu’Abraham craque, désespérément triste d'être contraint d'abandonner la femme qu'il aime.

De son côté, Letty regarde le taxi s'éloigner...

… jusqu'à ce qu'il disparaisse dans un virage.

Chapitre 47

Chapitre 47

Quelques minutes après, devant le tribunal.


- Qu'est-ce qui se passe? Demande Letty. Vous le savez?


- Non, répond Maître Clark, je n'en ai aucune idée. Mais rien n'est encore perdu. Voulez-vous qu'on aille discuter de tout ça dans mon cabinet?


- Oui, d'accord, accepte-t-elle.

Tous se mettent d'accord, et partent à pied jusqu'au bureau de Maître Clark, quelques rues plus loin.


Dès qu'ils arrivent, tout le monde s'installe, tandis que les trois avocats restent debout.


- Bon alors, vous savez ce qui se passe avec le juge, oui ou non? Demande Letty.


- Non, répond Maître Clark. À ce stade, il est difficile de savoir comment les choses vont tourner. Mais à partir du moment où personne n'a menti, et que la défense n'a rien d'autre sous la main, je pense qu'on est bon pour gagner ce procès.


- Mais vous n'en êtes pas certain? Réclame Glenn.


- Non, répond Maître Clark. Mais c'est normal, nous commençons à peine le procès. Autant, lundi matin, il y aura encore quelques questions, et le juge donnera son verdict, autant, il faudra attendre encore quelques jours, voire même quelques semaines avant d'arriver au bout de ce procès.


- Des semaines? Réclame Letty désespérée.


- Je sais que cela vous inquiète, mais vous saviez que ça pourrait être long, rappelle Maître Clark. Cela dit, je trouve que ça ne se déroule pas si mal.
- C'est vrai, intervient Maître Steele. Je pense que le juge a été impacté par ce que Monsieur Walker a dit, et il va peut-être revoir certaines choses, avant de reprendre l'audience.


- Et ce n'est pas mauvais signe qu'il veuille prendre environ quatre jours pour y réfléchir? Interroge Hershel.


- Pas du tout, assure Maître Delgado. Au contraire, cela pourrait jouer en notre faveur. S'il n'avait pas le moindre doute, la prochaine audience aurait été pour cet après-midi, ou demain au plus tard. Bien sûr, je ne cherche pas à vous donner de faux espoirs. Mais rien n'est fini.


- Et qu'est-ce qu'on fait maintenant? Interroge Letty.


- Si vous le souhaitez, intervient Maître Clark, nous pouvons reparler de tout, afin d'être prêts pour lundi matin?


- D'accord, accepte-t-elle.

Ils reprennent alors tout depuis le début, et s'assurent qu'il n'y a aucun élément qui manque aux avocats, afin qu'ils puissent faire en sorte de contre-attaquer, à n'importe quel moment du procès.

Plus tard, en milieu d'après-midi, ils quittent le cabinet de Maître Clark, et ils retournent dans la maison des parents de Letty.

Et à peine arrivés, Letty demande à Aaron de l'accompagner pour sortir Max, il accepte, et vont jusqu'au petit parc habituel.


- Ce que tu as dit pendant le procès... c'était vraiment gentil, lance-t-elle.


- Ça n'a rien de gentil, c'est seulement la vérité, appuie-t-il. Je tenais à dire ce que je pensais vraiment, au moins une fois, quitte à me faire jeter dehors.


- Tout ce que je voulais, c'est que le juge entende ce que j'avais à dire, ajoute-t-il.


- Si seulement ça pouvait l'aider à prendre une décision positive, rétorque-t-elle.


- Je comprends que ce soit difficile pour tes sœurs et toi, reprend-il, mais il faut que tu continues d'y croire et de t'accrocher. D'après mon avocat, le juge Smith est un homme très bien.
- Il peut être très bien, mais pour autant, il ne s'empêchera pas de m'envoyer en prison ou de ne pas m'accorder la garde des filles, indique-t-elle. Et ça, c'est ce qu'il y a de plus difficile à imaginer.

Ils poursuivent leur promenade en continuant de discuter...

… et en début de soirée...

… ils rentrent.

Tandis qu'ils approchent de la porte d'entrée...

… Letty tourne légèrement sa tête sur la droite, et elle découvre Glenn, tout au fond du jardin, et seul.


- Tu veux bien vérifier que Max a des croquettes? Il doit avoir faim, indique-t-elle en se tournant vers Aaron. Je... je voudrais aller voir Glenn.


- Bien sûr, je m'en occupe, assure-t-il en souriant.
- Merci, remercie-t-elle en partant rejoindre Glenn pendant qu'il rentre avec Max.



- Qu'est-ce que tu fais là, tout seul? Interroge-t-elle.


- Je prends un peu l'air, indique-t-il.


- Tu veux que je te laisse tranquille? Demande-t-elle.


- Non, répond-il immédiatement. En fait... tu te rappelles que... qu'hier soir, je te demandais si on pourrait se parler, et tu as dit oui, alors... on pourrait parler maintenant, tu crois?


- Si tu veux, accepte-t-elle.


- J'ai euh... je voudrais te dire que... je suis prêt à t'attendre tout le temps que tu voudras. Tu dois rester focalisée et concentrée sur le procès, et sur tes sœurs, et je n'ai absolument aucun problème là-dessus, appuie-t-il. C'est tout à fait normal.
- Mais? Réclame-t-elle.
- Mais... je voudrais savoir si je dois vraiment t'attendre, ou... ou si tu as déjà tiré un trait sur nous? Interroge-t-il. Si tu ne le sais pas, ou si tu n'as pas envie de répondre, j'attendrais. Je ne suis pas pressé, mais... j'ai toujours cet espoir que... que... fff... je t'aime, ajoute-t-il avant de l'embrasser par surprise.

Pendant ce temps, Abraham, qui sortait de la cuisine, aperçoit Glenn et Letty en train de s'embrasser...

… et il se sent tristement mal.

Alors, il se retourne et monte directement dans la chambre d'amis, pendant qu'Hershel lit un livre dans le salon.



- Arrête, réclame-t-elle en le repoussant.


- Je te demande pardon, s'excuse-t-il, mais... tu me manques tellement. Je suis convaincu qu'on peut trouver une solution pour qu'on puisse mettre de côté ma façon de réagir, et...


- Attends, dit-elle en l'interrompant. Il y a quelque chose que... que je dois te dire, avant que tu me dises quoi que ce soit d'autre.


- Bien sûr, je t'écoute, rétorque-t-il.


- Je n'ai pas voulu t'en parler au téléphone, indique-t-elle, parce que... je trouvais que c'était délicat, et euh... maintenant, il faut que je le fasse. Alors voilà... depuis quelques mois... Abraham et moi, nous... nous sommes ensemble.


- Pardon? Réclame-t-il très surpris. Dis-moi que c'est une blague.


- Je suis désolée, s'excuse-t-elle.


- Pourquoi tu ne m'as rien dit à mon arrivée? Interroge-t-il.


- Je n'en sais rien, répond-elle. Je crois que... je... je bloquais un peu, je... je ne savais pas où j'en étais.


- Et maintenant, tu le sais? Demande-t-il.


- Non, avoue-t-elle. Abraham m'a dit que... que si je voulais revenir avec toi... il comprendrait, qu'il me laissait faire mon choix sans me mettre la pression.


- Waouh, quel grand seigneur, balance-t-il avant de partir.

L'adolescente le regarde s'éloigner, jusqu'à ce qu'elle ne le voie plus...

… et elle retourne à l'intérieur, dégoûtée par la tournure de cette discussion, même si elle sait bien qu'elle devait en passer par là.

Pendant ce temps, Hershel est toujours en train de lire dans le calme...

… pendant qu’Aaron s'occupe du repas pour tout le monde.




- Eh ben... heureusement qu'il y a des rideaux côté rue, rétorque-t-elle en approchant. Sinon, quelqu'un aurait pu te dénoncer, parce que finalement... tu aimes lire, contrairement à ce que tu as dit au tribunal.


- Ah ah, rigole Hershel, oui mais... ce n'était pas un gros mensonge.


- [silence]


- D'accord, reprend-il en fermant son livre et en le posant, je n'aurais peut-être pas dû dire ça. Excuse-moi.
- Ça n'a rien à voir, assure-t-elle, c'est moi qui t'ai provoqué.


- Dans ce cas, qu'est-ce qu'il y a? Interroge-t-il en se levant et en approchant.


- Je viens d'avouer ma relation avec Abraham, à Glenn, indique-t-elle. Et... il a très mal pris. Il est parti.


- Tu as fait ce qui fallait, assure Hershel. Ça finira par lui passer, et c'est plus sain que tous les concernés soient au courant, plutôt que de devoir se cacher et mentir, tu ne crois pas?
- Si, répond-elle, mais je...


- Le repas est presque prêt! Annonce Aaron en les interrompant. Oh, oups... je vous ai dérangé.


- Non, c'est bon, assure Letty en se retournant. À y être, vu que tu n'es toujours pas au courant, il faut que tu saches que... Abraham et moi, nous sommes ensemble. Alors voilà... maintenant, tu le sais.


- Euh... ok, acquiesce Aaron. Ça ne me concerne pas, mais... j'ai mal compris ou... enfin... tu ne m'as pas dit que tu aimais Glenn?


- Je suis un peu paumée en ce moment, mais Glenn et moi, c'est bien fini. J'espère quand même qu'un jour, lui et moi, nous pourrons être amis, parce que je tiens beaucoup à lui. Et j'espère aussi que vous ne changerez pas d'attitude envers Abraham parce que nous sommes ensemble, ajoute-t-elle avant de partir.

L'adolescente monte les escaliers, et elle va tout droit jusqu'à la chambre d'amis, pour frapper à la porte.



- Entrez! Dit simplement Abraham.



- Qu'est-ce que tu fais ici? Demande-t-elle. Ça ne va pas?


- J'ai préféré m'éclipser, répond-il.
- Pourquoi ça? Interroge-t-elle.


- Tu es venue me parler, c'est ça? Réclame-t-il en se retournant.


- Oui, effectivement, confirme-t-elle. Comment tu...


- Je vous ai vu, l'interrompt-il, Glenn et toi. Et comme je te l'ai dit, je respecte ton choix. Je t'avoue juste que... que je pensais que tu me le dirais avant.


- Tu nous as vus quand il m'a embrassé, ok, mais... est-ce que tu es resté jusqu'au bout? Demande-t-elle.


- Non, je n'ai pas pu, rétorque-t-il, ça... ça m'a fait quelque chose. Mais ne t'en fais pas, tout va bien. Le temps de digérer, et je serais paré pour te soutenir dès lundi au procès. Tu peux compter sur moi.


- C'est très gentil à toi, mais... je ne suis pas venu te dire que j'avais choisi de me remettre avec Glenn, si c'est ce que tu crois, appuie-t-elle.


- Mais vous vous êtes embrassé, dit-il, on est d'accord? Tu ne le nies pas?


- Pour être tout à fait exacte, il m'a embrassé, et je l'ai repoussé, précise-t-elle. C'est pour ça que je te demandais si tu étais resté jusqu'au bout.


- Qu'est-ce qui s'est passé? Demande-t-il.


- Je lui ai avoué que... que toi et moi, nous sommes ensemble, annonce-t-elle.


- C'est vrai? Réclame-t-il surpris.


- Oui, affirme-t-elle. Écoute euh... je ne peux rien te garantir quant à notre avenir, parce que... tant qu'il y a le procès, je ne sais pas ce qui peut se passer. Mais... j'ai réalisé que... je ne suis pas juste bien à tes côtés. Je suis tombée amoureuse de toi. Et je n'ai pas envie d'arrêter notre relation.


- Je n'en ai pas envie non plus, assure-t-il en lui prenant les mains. Je t'aime aussi, tu sais? Je... je suis carrément fou de toi. Et je veux que tu saches que... quoi qu'il se passe, où que tu ailles, à Riverview, ici, ou n'importe où ailleurs, je serai toujours prêt à te suivre. Je t'en fais la promesse.


- Oh, Abraham, lâche-t-elle émue avant de l'embrasser.

Peu après...

… le couple officiel redescend.

- Il manque quoi? Réclame Aaron qui est dans la cuisine.
- Il y a les verres, la bouteille d'eau, et... c'est tout, indique Hershel.
- Ok, j'apporte les couverts, et on peut servir, lance Aaron.


- Glenn est revenu? Interroge Letty.


- Non, répond Hershel en approchant.
- Bon sang, lâche-t-elle, il doit vraiment m'en vouloir à mort.


- Glenn est un grand garçon, relance Hershel. Il va sûrement lui falloir un peu de temps, mais il finira par passer à autre chose.


- Je pars à sa recherche, annonce Abraham.


- Tu ne sais même pas où il peut être allé, rétorque-t-elle en se tournant vers lui.
- Tu as vu dans quelle direction il est parti? Interroge Abraham.
- Il a pris la route face à la maison, mais à la prochaine intersection, tu ne pourras pas savoir s'il est allé à gauche ou à droite, rétorque-t-elle.


- Je finirais par le trouver, assure Abraham. À tout à l'heure.

Abraham part immédiatement...

… mais Letty est inquiète.

- Ça va aller, ne t'en fais pas, appuie Hershel.

Abraham marche et regarde partout autour de lui.

Quand il arrive à l'intersection dont parlait Letty, il décide de tenter à gauche, il grimpe une montée...

… et il arrive à côté d'un terrain à spectacle, où il n'y a pas de représentations, mais quelques personnes qui se détendent.

Et en y regardant bien, il voit Glenn assis à un banc.

Abraham traverse alors la route et va tout droit jusqu'à Glenn.


- Salut, mec, commence Abraham.


- Salut, répète Glenn sans bouger et sans le regarder.


- Letty m'a dit qu'elle t'avait tout avoué, indique Abraham. Je suis désolé.


- Tu es désolé de quoi? Demande Glenn en se levant d'un bond. De m'avoir piqué la seule femme que j'étais prêt à attendre toute ma vie? De ne pas avoir été foutu de me le dire? Ou de vous foutre de ma gueule, parce que j'espérais comme un con, alors que vous étiez ensemble depuis des mois?


- Nous ne nous sommes jamais foutu de toi, assure Abraham. Et je suis désolé de n'avoir rien dit, mais Letty est perdue depuis qu'elle n'a plus ses sœurs av...


- C'est ça, l'interrompt Glenn, mais pour se taper un autre mec, elle n'est pas aussi perdue que ça, hein?


- Ne parle pas d'elle comme ça, réclame fermement Abraham. Tu ne l'as pas vu ces derniers mois, tu ne sais pas comment elle était. Seulement... c'est parti d'un truc idiot, et... finalement... j'ai commencé à éprouver quelque chose pour elle. Je crois que... qu'elle aussi, mais elle n'était pas sûre, et au final, une chose en entraînant une autre, on a fini par se mettre ensemble, mais... elle n'était pas sûre de vouloir rester avec moi, et moi... je savais que ça pourrait s'arrêter. Elle tient énormément à toi, et tu n'as pas idée à quel point, sinon... elle ne t'en aurait pas autant voulu, quand tu as merdé avec elle. Je ne suis pas parfait, et je ne prétends rien, mais... j'ai l'impression qu'elle et moi, on est bien ensemble. Je me surprends même à penser que je l'apaise un peu quand c'est trop dur pour elle. Mais je ne sais pas vraiment ce qu'elle ressent. Rien ne garantit que notre histoire, c'est pour la vie. Et je sais que ses sentiments pour toi ne l'ont jamais quitté. C'est pourquoi je... je ne veux pas me mettre de faux espoirs en tête.


- Qu'est-ce que tu racontes? Interroge Glenn intrigué.


- Je crois qu'elle t'aime toujours, avoue Abraham. Elle n'a pas voulu te dire que nous étions ensemble dès ton arrivée en ville, et d'après moi, ce n'est pas juste parce qu'elle ne savait pas comment s'y prendre, ou je ne sais quoi. Je pense sincèrement que... elle veut vraiment être avec toi. Je me trompe peut-être, mais peut-être pas. Arrive ce qui arrivera, je suis prêt.


- J'aime Letty, et je suis prêt à la suivre jusqu'au bout du monde, mais si elle préfère être avec toi, ou avec un autre, je respecterai son choix, et si elle le souhaite, je suis prêt à rester ami avec elle. Et dans cette même optique, je pense que... que tu devrais faire la même chose. Ne te mets pas en tête que vous allez vous remettre ensemble, tu vas te faire du mal et souffrir. Laisse faire les choses, mais soit présent pour elle. En tout cas, si tu tiens suffisamment à elle pour ça. Et si tu ne veux plus jamais m'adresser la parole, parce qu'à tes yeux, je suis un enfoiré, alors ok, termine Abraham avant de partir.

Perturbé par tout ce qu’Abraham vient de lui dire...

… Glenn reste planté là, à réfléchir à toute la conversation...

… pendant qu’Abraham retourne à la maison.

Quand il arrive, il voit Letty et Max dans le jardin.

- Salut, dit-il en approchant.


- Salut, répète-t-elle en se relevant. Tu l'as trouvé?


- Oui, confirme Abraham. Il était dans une espèce de terrain à spectacle.


- D'accord, je vois où c'est, comprend-elle. Tu as pris à gauche à l'intersection, et tu as dû monter pendant quelques mètres?
- Tout à fait, confirme-t-il. Par contre, je ne sais pas s'il va rentrer et quand.
- Vous vous êtes disputés, pas vrai? Réclame-t-elle.


- On peut dire ça, rétorque-t-il.


- Je suis désolée d'avoir foutu le bordel entre vous, relance-t-elle tristement. C'est tout moi, ça. J'entre dans la vie des gens, et je ruine tout.


- Je t'interdis de dire ça, appuie-t-il en lui prenant les mains. Tu n'es pas comme ça, et tu n'as pas à t'en vouloir pour quoi que ce soit, d'accord?


- Mais je me sens responsable, dit-elle. Finalement... je n'aurais pas dû entrer dans vos vies et...


- Ça aussi, je t'interdis de le dire, rétorque-t-il fermement en l'interrompant. La vie serait beaucoup trop dure sans toi, et je ne peux pas l'envisager. Rien que le fait d'imaginer que tu ne disparaisses de ma vie... je ne l'accepte pas.


- Moi non plus, je n'arrive pas à accepter cette idée, plussoie-t-elle avant qu'il ne l'embrasse tendrement.

À ce moment-là, Glenn arrive...

… et en les voyant, il se sent mal.


- Ça va aller, d'accord? Demande Abraham en se détachant d'elle. Et quels que soient tes choix, je serais à tes côtés, tant que tu voudras de moi.


- Je voudrais toujours de toi, assure-t-elle, et je... Glenn! Réagit-elle en le voyant avant qu’Abraham ne se retourne pendant que Glenn approche.


- Je.... je suis désolée, s'excuse-t-elle.


- Ce n'est pas la peine, assure Glenn.


- J'ai surréagi, et je n'aurais pas dû, ajoute Glenn. Par contre, je vais prendre une chambre dans un hôtel.


- Tu n'es pas obligé, intervient Abraham. Si tu veux, on ne fait rien devant toi, et...


- Ça ne changera rien, assure Glenn en l'interrompant, puisque je sais que vous êtes ensemble. Si je prends une chambre ailleurs, je pense que je serais mieux, et je préfère, vraiment.
- On ne peut pas te convaincre de rester? Interroge Abraham.


- Non, répond immédiatement Glenn. Je vais bien... mais j'ai juste besoin de m'isoler quelque temps. Et, poursuit-il en s'adressant à Letty, si tu veux que je sois au tribunal lundi, je viendrais.


- Oui, bien sûr, confirme-t-elle, mais...


- Je vais préparer mes affaires, indique Glenn en l'interrompant. Je veux essayer de trouver une chambre au plus vite. À plus tard, ajoute-t-il avant de partir.


- Tout ça, c'est de ma faute, lâche-t-elle en soupirant.
- Ne culpabilise pas, réclame Abraham. Glenn sait ce qu'il fait. Et s'il a besoin de passer quelques jours éloignés de nous, ça lui fera sûrement du bien.


- Sûrement, lâche-t-elle simplement.

Le week-end se passe bien, malgré l'absence de Glenn. Letty se sent mieux parce qu'elle n'a plus besoin de se cacher avec Abraham, et lundi matin...

… ils vont tous au tribunal pour la suite du procès.

Juste avant d'entrer, Glenn les rejoint, comme prévu...

… et dès que c'est l'heure, tout le monde entre dans la salle d'audience et s'installe, avant que le procès ne commence.


- Mademoiselle Brown, vous rendez-vous compte que votre comportement était contraire à nos lois, lorsque vous avez fui avec vos sœurs? Demande le juge.


- Pour être honnête, en faisant ce que j'ai fait, je... je n'ai pas pensé à la loi, avoue Letty. Je ne voulais qu'une seule chose, c'est que nous restions ensemble.


- Eh bien, Mademoiselle Brown, il est vraiment temps de penser à la loi, et au fait que vous avez désobéi à certaines décisions. Ce que vous avez fait en plus de ça, je le mets de côté. Mais je veux vraiment que vous preniez conscience qu'il ne vous est pas possible d'avoir la garde de vos sœurs, annonce le juge.

Chapitre 46

Chapitre 46



- Madame Fisher, commence Maître VanOwell, pourriez-vous me dire quel type de relation vous entreteniez avec les filles Brown, avant le décès de leurs parents?


- Elles étaient bonnes, répond Charlotte. Avec mon mari... mon... ex-mari, nous allions les voir de temps en temps, ou ils venaient chez nous, et on passait des bons moments ensemble.


- Quel a été votre ressenti, lorsque, après les décès de Monsieur et Madame Brown, l'accusée, Letty Brown, a exprimé le fait d'élever seule ses sœurs? Interroge Maître VanOwell.


- Même s'il est vrai que... qu'elle s'en occupait bien, c'était uniquement pour des courtes durées, et elle n'en reste pas moins une adolescente. Alors... la première chose que je me suis dite, c'est qu'elle ne pourrait pas assumer ses sœurs à la longue, ou qu'elle finirait par leur en vouloir, parce qu'elle n'aurait plus qu'une vie centrée sur ses sœurs, sans avoir du temps pour elle, indique Charlotte.


- Quelle pétasse, chuchote Letty.
- Restez calme, conseille Maître Clark tout bas.


- Madame Fisher, relance Maître VanOwell, comment avez-vous découvert que les quatre filles de Monsieur et Madame Brown étaient finalement en vie?


- En fait... suite à notre séparation avec mon ex-mari... j'ai euh... j'ai commencé à avoir peur, parce qu'il ne répondait plus au téléphone. Je savais qu'il était parti de la ville, mais même après qu'on se soit quitté, il me répondait, et là... plus rien, indique Charlotte.


- Alors... je suis allée voir la police, et j'ai signalé sa disparition. Ils l'ont alors géolocalisé, et retrouvé à Riverview. Et... après quelques recherches, il s'est avéré qu'ils ont découvert l'existence des filles, explique Charlotte.


- Et lorsque vous les avez revu plus récemment, lundi, si je ne me trompe pas, que s'est-il passé? Interroge Maître VanOwell.


- Oui, c'était lundi, confirme Charlotte. En fait... je suis allée là-bas pour leur donner mon soutien, et... j'ai été jetée dehors.


- Pourquoi une telle réaction? Demande Maître VanOwell.


- Je ne sais pas du tout, répond Charlotte. Je n'ai toujours voulu que leur bien.
- Merci, Madame Fisher. Je n'ai pas d'autres questions pour ce témoin, indique Maître VanOwell avant de retourner s'asseoir.

Maître Clark se lève à son tour, et va tout droit jusqu'à Charlotte.


- Madame Fisher, lance Maître Clark, je voudrais revenir sur votre dernière réponse, et vous poser une question. Êtes-vous vraiment sûre et certaine, de ne pas savoir pourquoi vous avez été, comment vous avez dit... jetée dehors?


- Oui, j'en suis certaine, je ne vois pas ce que j'ai fait de mal, pour être traitée de cette façon, rétorque Charlotte.


- Lorsque Monsieur Walker était à Riverview, et que vous avez signalé sa disparition, vous n'avez pas évoqué la façon de procéder pour savoir que Letty Brown et ses sœurs étaient là-bas, rétorque Maître Clark. Pour quelle raison?


- Objection, votre honneur, réclame Maître VanOwell. Il n'y a aucun intérêt à poser ces questions, et elles ne concernent pas le dossier.


- Vous voulez dire le même type de question qui n'a rien à voir, mais ces questions ont forcément un sens, quand c'est vous qui les posez? Demande Maître Clark.


- Silence! Ordonne le juge.


- Maître Clark, où voulez-vous en venir? Demande le juge.


- Je voudrais démontrer quelque chose, votre honneur, mais il me faut la réponse de Madame Fisher, indique Maître Clark.


- Bien, objection rejetée, lâche le juge. Madame Fisher, répondez à la question.


- Je ne vois pas trop ce que je peux dire, rétorque Charlotte, je suis allée voir la police, j'ai expliqué mon angoisse, suite au fait que mon ex-mari ne me répondait plus... et ils ont ouvert un dossier, si c'est comme ça qu'on dit.


- Maintenez-vous cette version? Demande Maître Clark.


- C'est la seule qui existe, appuie Charlotte.


- Madame Fisher, lorsque vous êtes allée voir la police, vous n'avez pas signalé la disparition de votre ex-mari, lance Maître Clark. En réalité, vous avez eu un entretien avec votre amant, le Lieutenant Nichols, et vous vouliez savoir si Monsieur Walker communiquait avec une autre femme.


- Après cela, le Lieutenant Nichols l'a mis sur écoute, sans autorisation, il a récupéré tous ses SMS, et c'est à ce moment-là, qu'en consultant les messages envoyés et reçus, que le Lieutenant Nichols et vous, avez découvert que Letty et ses sœurs étaient toujours envie, poursuit Maître Clark. Après cela, vous les avez simplement dénoncées, et Monsieur Walker a encore un SMS de votre part, où vous lui dites clairement que c'est bien fait pour lui. Je cite le SMS ''Alors, tu as voulu me quitter pour ces gamines, dommage pour toi, tu aurais dû rester avec moi. Maintenant, c'est la prison, et c'est bien fait pour toi''.


- Qu'avez-vous à répondre à cela, Madame Fisher? Demande le juge.


- Je...je, hésite Charlotte totalement coincée.


- Vous savez ce que vous encourrez pour faux témoignage et obstruction à la justice? Interroge le juge.


- Je suis désolée, s'excuse Charlotte très mal à l'aise.


- Je vais vous demander de quitter le tribunal sur-le-champ, et je ne veux plus vous revoir ici, lance le juge. Sinon, vous irez en prison. Est-ce que c'est bien clair?
- Oui, votre honneur, rétorque difficilement Charlotte.


- Je suspends l'audience pour aujourd'hui. Nous reprendrons demain à 9h30, indique le juge avant de se lever et de partir.

Dégoûtés, ils sortent tous de la salle. Et dehors, Charlotte les attend.


- Aaron! L'appelle Charlotte. On peut parler?
- [silence]

- S'il te plaît, insiste Charlotte, c'est important.


- Sérieusement? Tu vas vraiment m'ignorer? Réclame Charlotte. Je te rappelle que nous avons été mariés! Tu pourrais au moins me répondre! Tu me dois bien ça!


- Pardon? Réclame Aaron en se retournant brusquement.
- Reste calme, suggère Hershel.


- Je te dois quelque chose? Interroge Aaron en s'énervant. Moi? Tu es sûre? Je ne te dois absolument rien! Tu as cherché à foutre la merde, et tu as foiré! Tu t'es ridiculisée devant tout le monde.


- Je ne sais pas ce que tu as cherché à faire, poursuit Aaron, même si j'ai ma petite idée sur la question. Tu es vraiment lamentable! Tu n'es qu'une roulure sans cœur, et tu es plus pitoyable que jamais! Alors maintenant, écoute-moi bien, va jouer ailleurs, et que je ne te revois plus! Sinon, j'irais porter plainte pour harcèlement, et on verra qui gagnera! Ajoute-t-il avant de partir avec les autres.

Ils remontent dans la voiture de location, et ils prennent le chemin de la maison, sans que personne ne dise rien.

Dès qu'ils arrivent, Abraham stationne, ils sortent de voiture, et rentrent...

… et immédiatement après, Letty repart seule avec Max...

… tandis qu’Abraham la regarde s'éloigner, inquiet pour la femme qu'il aime.

Après quelques courts instants, Hershel approche.


- Tu as l'air vraiment accroché à Letty, pas vrai? Demande Hershel.


- Ouais, confirme tristement Abraham en se retournant. La voir souffrir... malheureuse, ça me brise, je te jure.


- Ça se voit, appuie Hershel. Alors... pourquoi tu ne vas pas la rejoindre?


- Si elle voulait que je vienne, elle me l'aurait demandé, lance Abraham.


- Sauf si elle préférait éviter par rapport à Glenn, rétorque Hershel.


- Tu crois? Réclame Abraham. Mais si elle voulait vraiment être seule?


- C'est peut-être le cas, mais... rien ne t'empêche d'aller la trouver, et lui demander. Tu sais qu'elle peut te dire qu'elle veut être seule, alors... tu pourras toujours revenir et la laisser, suggère Hershel.


- Tu as raison, j'y vais, indique Abraham en partant en courant.


Ayant vu Letty tourner vers le parc, Abraham prend la même direction...


… et quand il arrive, il découvre l'adolescente assise sur un banc, avec Max à ses côtés.

Finalement, il hésite à la rejoindre. Mais il se remet à penser à ce qu'Hershel vient de lui dire...

… et il s'avance pour la rejoindre.


- Salut, dit-il en approchant doucement.


- Salut, répète-t-elle sans lever la tête.


- Je ne savais pas si tu voulais être seule, mais... si c'est le cas, je peux repartir, il n'y a pas de problème, assure-t-il.
- Non, tu peux rester et t'asseoir si tu veux, répond-elle.
- Merci, remercie-t-il en s'exécutant.


- Comment tu te sens? Interroge-t-il.


- Je ressens trop de choses, lance-t-elle. Je suis énervée contre Charlotte et sa prestation de menteuse, je suis en colère, parce que... même si je savais que jamais ça ne serait réglé le premier jour, plus il y a de temps qui passe, plus ça m'angoisse. Et puis... toutes ces questions, des fois on ne sait pas ce qu'elles viennent faire là. C'est vraiment lourd tout ça.


- Il y a autre chose, pas vrai? Réclame-t-il. Tes sœurs.


- Oui, confirme-t-elle en baissant la tête. Quand Léa et Linda ont passé la porte... j'étais tellement soulagée de les voir, même si... je me suis demandé où était Lindsay. J'étais émue de pouvoir prendre Léa dans les bras, alors que je n'ai pas pu le faire depuis tellement de temps.


- Mais... quand le juge a ordonné à ce qu'on se sépare, parce que je n'avais pas le droit de leur parler ou de les approcher, putain... c'est tellement cruel de faire ça. Je ne leur ai jamais fait le moindre mal, poursuit-elle. J'aurais fait n'importe quoi pour elles, pourvu qu'elles soient heureuses et qu'on reste ensemble. Jamais je ne leur aurais fait de mal.


- Je n'ai aucun doute là-dessus, assure-t-il en posant sa main sur l'épaule de Letty.


- J'ai le cœur brisé, Abraham, avoue-t-elle en laissant échapper une larme. Je crois que je ne pourrais jamais les récupérer.


- Oh non, ne dis pas ça, réclame-t-il. Je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire, mais tu dois te battre pour elles. Elles ne peuvent pas, alors c'est à toi de le faire.
- Et si je n'y arrivais pas? Elles m'en voudront peut-être pour toujours, lâche-t-elle avant de commencer à pleurer.


- Allez, viens là, réclame-t-il en s'agenouillant devant elle et en lui ouvrant les bras.


- Tu trouves que je pleure trop, c'est ça? Demande-t-elle en se blottissant entre ses bras. Je préfère que tu le dises clairement.


- Tu plaisantes? Interroge-t-il. Je serais à ta place, j'aurais craqué des centaines et des centaines de fois. Tu es impressionnante, et je t'admire beaucoup. Mais tu sais... même si on ne sait pas ce qui peut se passer, lorsque le juge rendra son verdict, quoi qu'il arrive, il faut que tu te sois battue au maximum. Que tu fasses en sorte de ne pas regretter. S'il y a quelque chose, n'importe quoi, qui puisse changer la donne, alors... tu dois le faire.
- Tu crois? Réclame-t-elle.


- Oui, confirme-t-il avant de se relever et de lui tendre la main. Alors maintenant, si on rentrait pour appeler ton avocat, et lui demander de venir.


- D'accord, accepte-t-elle en la lui donnant et en se levant.

Plus tard, en début de soirée.

Maître Clark vient de partir à l'instant...

… et après l'avoir raccompagné dehors, Letty revient à l'intérieur et ferme la porte.

- Tu as entendu ce qu'il a dit? Réclame Hershel en approchant.


- Sur quoi? Demande-t-elle en se retournant.


- Quand il a dit qu'il y a de grandes chances pour que tu n'ailles pas en prison, rappelle Hershel. Et qu'avec Charlotte qui est venu témoigner un ramassis de conneries, la défense ne va pas pouvoir faire grand-chose.


- Sauf que nous avons menti aussi, rappelle-t-elle.


- La différence, c'est que ça ne se saura jamais, assure Hershel. Même nos avocats ne savent pas tout. Nous nous sommes mis tous d'accord, tes sœurs connaissent aussi la chanson depuis longtemps, alors... nous avons un avantage certain.
- Peut-être, lâche-t-elle avant de ressortir avec Max.

Quelques minutes après, tout le monde se prépare. Hershel est le premier à se mettre au lit.

Mais il est très préoccupé par l'état de Letty.

Pendant ce temps, Abraham se brosse les dents dans la salle de bains...

… pendant qu’Aaron patiente dans le salon...

… et que Glenn rejoint l'adolescente dehors.


- Letty, l'appelle-t-il.


- Oui? Réclame-t-elle en se retournant pendant qu'il approche.


- Je ne veux pas te déranger longtemps, rétorque-t-il. Je... je voudrais seulement te demander si... plus tard, un autre jour, on pourra discuter un peu?


- Oui, répond-elle simplement avant de se retourner pour regarder Max.

Glenn n'ose plus rien dire, et il reste avec elle...

… jusqu'à ce qu'ils retournent à l'intérieur.


- Bonne nuit, lance-t-elle avant de monter à l'étage avec Max.
- Bonne nuit, rétorque Aaron, et essaie de te reposer.
- Bonne nuit, répète Glenn.

Après une vingtaine de minutes, Glenn se couche dans le canapé de la chambre de Linda et Lindsay...

… et il s'endort sans difficulté.

De son côté, Letty sort de la salle de bains, et retourne dans sa chambre...

… où Max est endormi sur le petit canapé.

L'adolescente s'assoit au bord de son lit...

… mais elle se remet à penser à cette journée.

Et elle se remémore le moment où ses deux sœurs ont franchi la porte de la salle d'audience.

Elle se rappelle l'instant précis où, du coin de l’œil, elle voyant Léa, mais qu'elle faisant en sorte de ne pas tourner la tête pour éviter de craquer. Mais qu'elle n'a pas pu s'empêcher de réagir dès lors que Léa l'a interpellée.

Letty était ravie de pouvoir serrer sa petite sœur dans les bras, même si elle aurait voulu en faire autant avec Linda et Lindsay.

Elle repasse ces moments en boucle dans sa tête, et elle finit par s'effondrer en larmes sur son lit.

Près de deux heures passent...

… et Letty est incapable de fermer l’œil. Elle se sent complètement épuisée, mais elle ne parvient pas à s'endormir, et prend son téléphone en main.

Pendant ce temps, c'est exactement la même chose pour Abraham. Celui-ci est dans la chambre d'amis, et tout comme Letty, il ne dort pas.

Il ne fait que penser à Letty, et au moment où elle a pris Léa dans les bras. À ses yeux, c'était beau, et horrible à la fois. Il ne parvient pas à comprendre pourquoi tout a basculé, alors que Letty et ses sœurs avaient déjà vécu le pire en perdant leurs parents.

Au bout d'un moment, alors qu'il est toujours plongé dans ses pensées, Abraham entend son téléphone vibrer.

Il descend alors du lit, et va jusqu'au bureau pour consulter un nouveau message.


Letty : Coucou. Je sais qu'il est très tard, mais si tu ne dors pas et que tu en as envie, tu veux bien me rejoindre dans ma chambre? Je n'arrive pas à dormir. Ps : tu peux entrer directement sans frapper, ce sera plus discret. Sinon, ce n'est pas grave, et bonne nuit.

Sans répondre, Abraham sort immédiatement de la chambre...

… et il va tout droit jusqu'à celle de Letty.

Il entre, comme elle le lui a dit, et il la trouve devant une fenêtre.

- Je suis là, s'annonce-t-il en parlant très bas.


- Je ne t'ai pas réveillé? Interroge-t-elle en se retournant.


- Non, assure-t-il, je ne dormais pas.

L'adolescente approche...

… et elle ne s'arrête que dans les bras d’Abraham.


- J'ai peur, avoue-t-elle perdue.


- Ça va aller, appuie-t-il. Je ne peux qu'imaginer ton état, mais... tu dois rester forte pour tes sœurs.
- Je sais, rétorque-t-elle en se détachant de lui.


- J'ai beaucoup réfléchi, reprend-elle. En même temps... je ne fais que ça, mais... bref, tout ça pour dire que... je veux faire en sorte que tout se passe au mieux. Je veux récupérer mes sœurs plus que n'importe quoi d'autre au monde. Alors je ne lâcherai pas l'affaire. Et quel que soit le moyen que je devrais employer pour y arriver, que ce soit des recours, des appels ou je ne sais pas quoi, je le ferai. Mais tu peux être sûr que je ne lâcherai rien.


- C'est une très bonne attitude, appuie-t-il. Et tu sais que tu as mon appui et mon soutien. Maintenant, je pense qu'il faut que tu te reposes, d'accord?
- Oui, et toi aussi, indique-t-elle.
- Accessoirement, oui, ça peut servir. Allons-y, suggère-t-il.

Abraham et Letty partent chacun d'un côté du lit, ils se couchent, éteignent la lumière...

… et enlacés l'un contre l'autre, ils ferment les yeux, et réussissent enfin à s'endormir.

Le lendemain matin.

Hershel et Aaron arrivent de l'étage, et ils croisent Glenn qui sort de la cuisine.

- Bonjour, lance Glenn.
- Bonjour, répètent Aaron et Hershel.


- Quelqu'un a croisé Letty? Interroge Glenn. Généralement, elle est du matin, et comme elle n'est pas encore là, je me demande si elle est réveillée.


- Ne t'en fais pas, rétorque Aaron. Elle est dans la salle de bains depuis un petit moment. Elle ne devrait pas tarder.
- Ok, acquiesce Glenn. Et pour Abraham, est-ce...
- Bonjour, dit Abraham en descendant les escaliers avec Max.


- Bonjour, répètent les trois autres.
- Je vais sortir Max, indique Abraham en s'exécutant.
- D'accord, à tout de suite, dit Hershel.

Après quelques secondes, tandis que Max s'apprête à faire ses besoins, Glenn sort de la maison et rejoint Abraham.



- Est-ce que ça va? Demande Glenn.
- La nuit a été courte, mais ça ira, assure Abraham. Le plus important, ce sont Letty, ses sœurs, et ce foutu procès.
- Tu as raison, plussoie Glenn. En tout cas... je voulais te remercier.


- En quel honneur? Interroge Abraham en se retournant.


- Pour avoir fait tout ce que tu as fait. D'avoir accompagné et soutenu Letty ces derniers mois, et d'être là pour elle à n'importe quel moment, précise Glenn. Je pense qu'elle en a bien besoin.


- Je trouvais ça naturel et tout à fait normal, reprend Abraham. Elles méritent de se retrouver toutes les quatre, d'être réunies. Elles ont déjà trop souffert.


- Je suis d'accord, appuie Glenn.


- Dites! Intervient Aaron.
- Oui? Réclame Abraham.
- Le petit-déjeuner est prêt, vous venez? Demande Aaron.
- On arrive, indique Abraham.

Avec Max, Abraham et Glenn retournent à l'intérieur et ils mangent tous ensemble.

Un peu plus tard, ils sont tous au tribunal...

… et le procès reprend.

- Mesdames et messieurs, l'audience est ouverte, annonce le juge.


- Mais avant de démarrer, poursuit le juge, j'espère qu'il n'y aura pas d'autres témoins qui mentiront, que ce soit pour la défense ou l'accusation, sinon, les conséquences pourraient être graves. Alors je vous prie de bien y réfléchir.


- Maître Delgado, vous voulez commencer? Interroge le juge.

L'avocat d’Aaron se lève et s'arrête devant le juge.


- J'appelle Aaron Walker à la barre, réclame Maître Delgado.

Aaron s'exécute immédiatement, et va tout droit se mettre en place.



- Monsieur Walker, commence Maître Delgado, dans cette salle d'audience, vous êtes la personne qui connaît le mieux, et depuis longtemps, la famille Brown. Pour cela, j'aimerais savoir si vous pourriez me décrire les relations entre Letty et ses trois sœurs? Comment elle s'en occupait, et à quelle fréquence?


- Objection, votre honneur, réclame Maître VanOwell, c'est hors de propos.


- Au contraire, c'est important, appuie le juge. Objection rejetée.


- Poursuivez, réclame le juge.


- Monsieur Walker, je vous pose la question à nouveau? Demande Maître Delgado.


- Non, ce n'est pas nécessaire, répond Aaron. Si je devais décrire les relations entre Letty et ses sœurs, je dirais que... qu'elles sont plus que des sœurs, les unes pour les autres. Elles sont aussi des meilleures amies, et elles ont besoin d'être ensemble et unies pour vivre. D'ailleurs... je pense que Monsieur Greene avait raison, quand il disait que Letty était presque devenue une seconde mère pour Léa, Linda et Lindsay. Parce que Letty s'est toujours merveilleusement bien occupée de ses sœurs. Ça lui tenait à cœur. Quant à la fréquence, c'était très régulier, et... je dois avouer que... lorsque mon ex-femme et moi allions chez elles et leurs parents, parce qu'on devait s'en occuper, on ne faisait quasi rien.


- Comment ça? Interroge Maître Delgado.


- Eh bien... si je prends seulement l'exemple du week-end où... où leurs parents sont morts, Letty gérait ses sœurs et la maison, à elle toute seule. Elle s'occupait de la vaisselle, du nettoyage, du bain des petites, des devoirs, et elle prenait même le temps de leur lire une histoire, lorsque Léa ou Linda le souhaitaient. De toute ma vie, je n'ai jamais connu quelqu'un d'aussi impliqué, indique Aaron.


- Je vous remercie, je n'ai pas d'autre question, dit Maître Delgado en retournant s'asseoir à sa place.



- Monsieur Walker, rétorque Maître VanOwell en approchant, si on vous écoute, la famille Brown est une famille parfaite et exemplaire.


- Personne n'est parfait, appuie Aaron. Mais... exemplaire, oui, totalement.


- Donc, si je vous comprends bien, poursuit Maître VanOwell, dans ces belles choses que vous déclarez, il n'y a jamais eu le moindre incident, rien qui aurait pu faire que l'une ou plusieurs des petites sœurs de l'accusée, aient pu être en danger?


- Non, jamais, appuie Aaron.


- Et pourtant, lorsqu'elle a pris ses sœurs pour prendre la fuite, elle a enfreint la loi, et agi illégalement à plusieurs reprises, et vous persistez à dire que ces petites filles n'ont jamais été en danger? Interroge Maître VanOwell.


- Elles n'ont pas été en danger une seule fois, parce que Letty a fait tout ce qu'il fallait pour les protéger, insiste Aaron. Letty Brown est une jeune femme forte, solide, et elle n’abandonnera jamais ses sœurs. Elle ne devrait pas se retrouver ici, à devoir être jugée, parce qu'elle veut garder ses sœurs auprès d'elle et s'en occuper. D'autant que ses trois sœurs veulent être avec elle. Il n'y a absolument rien de mal à ça, alors que des choses horribles se passent dans le monde, et nous sommes ici, à débattre sur le sort de ces quatre orphelines, privées de parents.
- Je n'ai pas d'autre question, rétorque Maître VanOwell en allant s'asseoir.


- Je suspends l'audience, annonce le juge. Nous reprenons dans vingt minutes.

Tout le monde quitte la salle, et ils se rassemblent dans le hall.


- Pourquoi il y a eu une interruption, alors qu'on ne faisait que commencer? Interroge Aaron intrigué.


- Je ne le sais pas, indique Maître Clark, mais... je pense que le juge a été touché par ce que vous avez dit, et ça, c'est très bon signe. Est-ce que l'un de vous a vu l'expression du visage de l'avocat de la défense, après ce que vous avez dit? Il était dégoûté, parce qu'il n'avait plus d'argument pour contre-attaquer.


- Est-ce que vous êtes sûr de ce que vous dites? Réclame Letty.


- On ne peut pas être sûr et certain dans ce genre de situation, relance Maître Clark, mais je crois sincèrement que nous tenons le bon bout. Il faut absolument que ça continue dans ce sens, et c'est gagné.


- Je ne lâcherai pas, assure-t-elle.
- Alors nous avons déjà gagné, appuie Maître Clark.
- Je l'espère dit-elle.

Quelques minutes après...

… tout le monde est à nouveau en place.

Un silence pesant s'installe, et personne ne dit rien...

… jusqu'à ce que le juge se lève.


- Mesdames et messieurs, j'ai besoin de réfléchir à tous les éléments, et aux divers témoignages depuis hier. C'est pour cela que je reporte l'audience à la semaine prochaine. Nous reprendrons lundi matin, à 10h, annonce le juge.

Chapitre 45

Chapitre 45

Le lendemain matin, Mercredi 10 Août, jour du procès.

Letty est dans sa chambre, devant son miroir, qu'elle est allée chercher dans le garage, et après avoir essayé plusieurs tenues, en espérant trouver la bonne...

… elle bloque complètement.

L'adolescente est tellement stressée par le procès et tout ce qui peut arriver...

… qu'elle s'effondre par terre, totalement perdue. Quelques minutes après, on frappe à la porte, mais elle ne répond pas.

- C'est moi, s'annonce Abraham.
- Entre, dit-elle simplement.

Abraham s'exécute, avant de découvre sa petite-amie par terre.


- Hé, dit-il inquiet en se mettant à genoux, qu'est-ce que tu as?


- Je n'y arriverai pas, rétorque-t-elle en pleurant. Je... je ne suis pas assez forte pour tenir le coup face à tout ça.


- Si, bien sûr que si, appuie-t-il. Tu es la femme la plus forte, la plus courageuse, la plus exceptionnelle et la plus déterminée que je connaisse. Personne n'est plus capable d'affronter tout ça que toi. Et je suis sûr que quelque part... il y a une possibilité pour que tout finisse bien. Mais pour ça, il faut que tu arrives à faire face à tout ce procès, et à faire ce qu'il faut. Tu peux y arriver.


- Tu crois? Demande-t-elle.


- Absolument, confirme-t-il en lui prenant et baisant la main. On se lève?
- D'accord, accepte-t-elle en s'exécutant avec l'aide d’Abraham.


- Je risque de craquer, indique-t-elle en se relevant et en séchant ses larmes.


- C'est possible, c'est vrai. Parce que tu es sensible, que tu es un être humain, et ça veut aussi dire que tu as tes petites faiblesses, poursuit-il en la soutenant. Mais c'est tout à fait normal. Letty, je t'aime, et je serai à tes côtés jusqu'au bout, et quoi qu'il arrive. Je n'ai pas l'intention de t'abandonner, d'accord?


- D'accord, dit-elle en se blottissant dans ses bras.


- Merci, ajoute-t-elle en le serrant fort.


- [toc toc toc] Letty? L'appelle Aaron. C'est l'heure!
- Oui, j'arrive tout de suite, répond-elle.
- Ça marche, rétorque Aaron en redescendant.


- Ça va aller? Demande-t-il.


- Oui, assure-t-elle, ça ira. On peut y aller.


- Bien, acquiesce-t-il. Je t'attends en bas.


- D'accord, accepte-t-elle en le regardant sortir de la chambre.

L'adolescente se tourne à nouveau vers son miroir...

… et elle se met à inspirer et expirer plusieurs fois, afin de tenter de calmer ses angoisses.

Puis, une fois prête, elle sort de sa chambre et descend avec Max.

Abraham, Hershel, Glenn et Aaron l'attendent, tous prêts...

… mais elle prend le temps de parler à son fidèle compagnon, et de le papouiller.




- Je t'aime, mon amour, lui chuchote-t-elle.

Max lui saute dessus pour lui faire un câlin...

… et elle le serre tendrement contre elle, avec un léger sourire.

Par la suite, l'adolescente se relève...

… et avec les hommes, ils vont jusqu'à la voiture de location, avant de se mettre en route pour aller au tribunal.

Quand ils arrivent sur les lieux, Abraham stationne...

… ils sortent tous de voiture, et entrent dans le bâtiment.

Ils sont ensuite invités à patienter dans le hall...

… jusqu'à ce que Maîtres Delgado, Steele et Clark arrivent auprès de leurs clients, et annoncent que c'est l'heure.

Ils entrent tous et s'installent...

… tandis que le juge arrive à son tour.


- Bonjour, Mesdames et Messieurs, lance le juge avant de s'asseoir.


- Je suis le juge Smith, ajoute-t-il. Je vais vous demander de respecter les consignes qui vous ont été communiquées avant d'entrer ici. Soyez respectueux, et... je ne veux aucun débordement.


- Bien, poursuit le juge, l'État contre Mademoiselle Letty Brown pour enlèvement sur mineures, obtention de faux papiers, création d'une fausse identité, et obstruction à la justice. L'État est représenté par Maître VanOwell. Maître Clark pour Mademoiselle Brown, Maître Delgado pour Monsieur Walker, et Maître Steele pour Monsieur Greene. Je déclare l'audience ouverte! Maître VanOwell?
- Merci, votre honneur, dit Maître VanOwell. J'appelle Letty Brown à la barre.

L'avocat de l'adolescente lui dit d'y aller, alors elle s'exécute...

… et l'avocat de la défense se lève pour la rejoindre.


- Mademoiselle Brown, confirmez-vous avoir fui avec vos trois sœurs, Léa, Linda et Lindsay Brown, en emportant également le chien de la famille, prénommé Max, et ce, à bord de la voiture de votre mère? Demande Maître VanOwell.


- Oui, répond Letty.


- Confirmez-vous, par la même occasion, avoir créé une fausse identité, de façon à vous faire passer par la mère de vos propres sœurs, sans oublier le fait que vous vous soyez procuré des faux papiers pour tout cela? Demande Maître VanOwell.


- Oui, dit simplement Letty très inquiète.


- À ce sujet, pourriez-vous nous expliquer, comment... une jeune adolescente de 17 ans, a pu trouver ces faux papiers? Interroge Maître VanOwell.


- Objection, votre honneur, réclame Maître Clark en se levant, ce n'est pas le sujet.


- Objection rejetée, lance le juge. Répondez à la question, Mademoiselle Brown.


- Je les ai fait moi-même, ment-elle. Je... je ne sais plus si c'était dans un reportage à la télévision... ou dans une vidéo sur internet... mais... quand on est arrivé à Riverview, je me suis souvenu de ça, et je l'ai fait.


- C'est beaucoup de travail, indique Maître VanOwell. La vidéo dont vous parlez me semble fort intéressante! Comment s'appelle cette vidéo?


- Objection, votre honneur, recommence Maître Clark. Ma cliente n'est pas ici pour cela, mais pour son avenir avec ses sœurs. Et elle a déjà répondu aux policiers.


- Objection retenue, accepte le juge. Maître VanOwell, ne vous éloignez pas du sujet principal.


- Oui, votre honneur, dit Maître VanOwell. Mademoiselle Brown, lorsque vous êtes partie avec vos sœurs, mesuriez-vous la gravité de vos actes?


- Comment ça? Interroge Letty.


- Saviez-vous que vous enfreigniez la loi? Demande Maître VanOwell.


- Non, répond Letty. Je n'y ai pas pensé. Je n'avais qu'une chose en tête, que mes sœurs et moi on reste ensemble.


- Pas d'autres questions pour le moment, lance Maître VanOwell en s'asseyant.

À son tour, Maître Clark se lève, et il rejoint sa cliente.


- Mademoiselle Brown, commence Maître Clark en se levant et en approchant, pourquoi vous teniez tant à rester avec vos sœurs?


- Parce que je les aime, répond immédiatement Letty. Toutes les trois... elles sont la seule famille qui me reste.


- À part la fuite, connaissiez-vous un autre moyen pour que vous restiez ensemble? Interroge Maître Clark?


- Non, parce qu'il n'y en avait pas, indique Letty.


- Donc, vous avez agi de la sorte pour vous maintenir soudées. Pour vos parents, peut-être? Demande Maître Clark.


- Objection, votre honneur, réclame Maître VanOwell en se levant. Maître Clark influence les réponses de sa cliente.


- Objection rejetée, lance le juge. Poursuivez.


- Mademoiselle Brown, je vous repose la question. Avez-vous agi de la sorte pour vous maintenir soudées, éventuellement pour vos parents? Répète Maître Clark.


- Oui, pour nos parents, c'est évident, appuie Letty. Mais aussi pour nous.


- Je n'ai pas d'autre question pour le moment, dit Maître Clark avant de retourner s'asseoir à sa place.


- Nous allons faire une pause de vingt minutes, et nous reprendrons après, indique le juge. L'audience est levée.

Tout le monde sort de la salle...

… et Letty rejoint son avocat pour lui parler.

- Maître, commence-t-elle, je... je ne comprends pas trop comment tout cela fonctionne. J'ai... j'ai l'impression que certaines questions ne sont pas logiques, les unes avec les autres.


- Ce sont des méthodes pour vous déstabiliser et vous embrouiller, indique l'avocat. Mais vous vous débrouillez très bien, rassurez-vous.


- Je n'en suis pas sûre, rétorque-t-elle. C'est... c'est tellement impressionnant, angoissant et... frustrant, que... je ne sais pas si je tiendrais.
- Mais si, appuie-t-il. Vous tiendrez, j'en suis sûr. Je sais que nous démarrons à peine, mais vous vous en sortez bien.
- Et qu'est-ce qui va se passer, après la pause? Interroge-t-elle.


- Il y aura encore des questions, certaines qui pourraient ressembler à d'autres, mais tournées différemment pour vous déstabiliser... mais dites la vérité, comme nous en avons parlé, et personne ne pourra nous contrer, appuie-t-il.


- Ok, acquiesce-t-elle simplement.

Après la pause...

… tout le monde retourne dans la salle et se réinstalle.

- L'audience est ouverte, annonce le juge. Maître VanOwell?


- Merci, votre honneur, dit Maître VanOwell en se levant. J'appelle Aaron Walker.

Aaron se lève et va à la barre...

… tandis que l'avocat de la défense s'approche.


- Monsieur Walker, Monsieur Tyler Brown était votre ami, n'est-ce pas? Demande Maître VanOwell.


- Oui, confirme Aaron. C'était mon meilleur ami.


- Lorsque Monsieur Brown a trouvé la mort avec sa femme, que pensiez-vous faire pour leurs quatre filles? Interroge Maître VanOwell. Vous vouliez les prendre avec vous? Ou vous vouliez les faire placer?


- Ni l'un, ni l'autre, répond Aaron. Je voulais qu'elles puissent rester ensemble, et Letty a toujours su s'occuper de ses sœurs à merveille. Alors... quand elle a dit qu'elle voulait les gérer, même si j'étais sceptique, et que je me demandais quel avenir elles pourraient avoir, je voulais les laisser faire.


- Ce que vous êtes en train de dire, c'est que vous n'aviez donc aucune intention d'avertir les services compétents, afin qu'elles soient prises en charge? Demande Maître VanOwell. Et donc, de les laisser livrées à elles-même, illégalement?


- Objection, votre honneur! Intervient Maître Steele en se levant. Quel est le but de ces questions?


- Excellente remarque, Maître, objection retenue, rétorque le juge.


- Maître VanOwell, je vous prie de passer à une autre question, réclame le juge.


- Bien, votre honneur, acquiesce Maître VanOwell. Monsieur Walker, saviez-vous que les filles de votre meilleur ami avaient choisi de fuir de Sunset Valley?


- Non, pas du tout, répond Aaron. J'étais très surpris quand j'ai compris.


- Je vois, acquiesce Maître VanOwell. Mais quelques mois plus tard, on finit pourtant par vous retrouver à Riverview, et en présence de l'accusée, Mademoiselle Brown. Vous maintenez toujours que vous ne le saviez pas?
- Je vous le confirme, oui, appuie fermement Aaron.
- Dans ce cas, comment expliquez-vous que vous ayez tout quitté, et que vous ayez été retrouvé à Riverview, avec Mademoiselle Brown? Réclame Maître VanOwell.
- Sincèrement, je ne l'explique pas. J'ai quitté ma femme, et nous avons lancé la procédure de divorce, commence Aaron. Mais... rester dans cette ville, ça me rappelait constamment la mort de mon meilleur ami et de sa femme, mais aussi les décès de leurs quatre filles, parce qu'elles avaient été déclarées mortes, et je m'en voulais terriblement. J'ai fini par partir, effectivement, et chaque soir, quand je m'arrêtais dans une chambre d'hôtel, je recherchais du travail, jusqu'à ce que je trouve mon emploi à Riverview. Et je peux le prouver.
- Et pour les filles de votre ami? Demande Maître VanOwell.
- Je suis tombé sur Letty un soir, par hasard, indique Aaron. Nous nous sommes brièvement parlé, et... on a fini par se revoir quelques fois.
- Mais sans en avertir les services compétents, n'est-ce pas? Réclame Maître VanOwell. Vous confirmez donc que vous saviez qu'elles étaient en vie, et où elles se trouvaient? Correct?


- Je ne l'ai su que quand je suis tombé sur Letty, en arrivant à Riverview, dit Aaron.
- Mais vous confirmez ne pas avoir prévenu les services compétents? Demande Maître VanOwell.
- Oui, répond Aaron.


- Je n'ai pas d'autres questions, indique Maître VanOwell en se rasseyant.

L'avocat d’Aaron se lève, et rejoint son client.


- Monsieur Walker, commence Maître Delgado en se levant, pourriez-vous m'expliquer les raisons de votre divorce?


- Objection, votre honneur, lance Maître VanOwell, cela n'a aucun rapport.


- Si, appuie Maître Delgado, je vous assure que ça en a.


- Objection rejetée, rétorque le juge. Répondez à la question, Monsieur Walker.


- Si j'ai quitté mon ex-femme, c'est parce que... le soir où les filles ont disparu, elle insistait beaucoup pour que nous allions trouver la police, afin qu'elles soient placées, comme si... comme si elle ne voulait pas avoir à s'en préoccuper. Elle a tellement insisté, que j'ai fini par céder. Sauf que... quand nous sommes revenus sur place, avec des policiers et la directrice d'un orphelinat, Letty et ses sœurs avaient disparu. Je m'en voulais énormément, et... j'en voulais beaucoup à mon ex-femme, qui vivait normalement, sans plus jamais chercher à parler d'elles ou à s'en inquiéter, explique Aaron. À cause de cela, quand elles ont été déclarées mortes, je me suis senti responsable, mais je trouvais que mon ex-femme l'était encore plus, et je ne pouvais plus la supporter, suite à tout cela.


- Monsieur Walker, pourquoi vous n'avez pas, une nouvelle fois, contacté la police, dès que vous avez découvert l'existence des filles de votre ami? Interroge Maître Delgado.


- Parce que j'estimais avoir fait une erreur, quand j'ai accepté d'écouter mon ex-femme et de prévenir la police. Letty, Léa, Linda et Lindsay vivaient très bien toutes les quatre, et elles ne manquaient de rien, appuie Aaron. Et puis... Letty se comporte parfaitement bien avec ses sœurs. Elle est devenue leur mère de substitution, et elles sont toutes les quatre très attachées les unes aux autres.


- Merci, Monsieur Walker. Je n'ai pas d'autres questions pour le moment, indique Maître Delgado en allant se rasseoir.
- Retournez à votre place, Monsieur Walker, réclame le juge.


- Monsieur le juge, rétorque Maître VanOwell en se levant, je voudrais faire entrer Léa et Linda Brown.


- Quoi? Lâche Letty très étonnée. Je vais les voir?


- Restez calme, conseille Maître Clark.


- Allez-y, Maître, accepte le juge.


- Mademoiselle Brown, je vous rappelle que vous n'avez pas le droit d'approcher vos sœurs ou de leur parler. Est-ce bien clair? Demande le juge.


- Oui, votre honneur, répond Letty sous le choc.

L'avocat de la défense va jusqu'à la porte pour faire entrer les deux jeunes filles...

… il s'entretient brièvement avec elles...

… puis, ils avancent. Seulement, Letty fait tout pour ne pas regarder à côté et voir ses sœurs, mais Léa n'obéit pas à ce que Maître VanOwell lui a dit, et elle va tout droit jusqu'à sa grande sœur.

- Letty! Tu es là! S'exclame Léa toute contente.
- Oh... Léa, lâche Letty avant de se jeter à terre pour prendre Léa dans les bras.


- Oh, ma puce, est-ce que ça va? Vous allez bien toutes les trois? Demande Letty.
- Ça va, assure Léa. Tu nous manques trop.
- Mademoiselle Brown! Lance le juge.


- Mademoiselle Brown! Répète le juge. Je vous ai averti que vous n'aviez pas le droit de lui parler ou de vous en approcher!


- C'est ma sœur! Rappelle Letty.
- Voulez-vous aller directement en prison, Mademoiselle Brown? Demande le juge.

En entendant cela, Abraham bondit pour relever Letty et la faire s'éloigner de Léa.


- Arrête, chuchote Abraham en la tenant. Tu vas empirer la situation.


- J'ai besoin d'elles! S'exclame Letty. Ce sont mes sœurs!
- Je t'en prie, réclame Abraham, calmes-toi. S'il te plaît.

À côté, tous les regards sont rivés sur l'adolescente, tandis qu'Hershel se sent tellement mal pour elle.

Quant à l'avocat de la défense, il retient Léa, afin qu'elle ne s'approche pas de Letty.


- Bon, ça suffit! Réclame le juge. L'audience est suspendue et nous reprendrons après le déjeuner. Mademoiselle Brown, je vous conseille de vous tenir à carreau.


- Oui, votre honneur, lâche tristement Letty.

Sans rien pouvoir faire, l'adolescente regarde Maître VanOwell sortir de la salle avec Léa et Linda.


- Pourquoi? Réclame-t-elle en joignant ses mains et en commençant à pleurer. Pourquoi il a fallu que ça nous arrive? Pourquoi?
- Je... je ne sais pas, répond tristement Abraham.


- J'ai besoin de mes sœurs, lâche-t-elle en se retournant pour s'effondrer dans les bras d’Abraham. Je ne peux pas survivre sans elles.

Abraham lui caresse les cheveux, et la maintient contre lui, mais sans savoir quoi dire exactement, parce qu'il est bouleversé par ce qui vient de se passer.

Après quelques instants, ils quittent le tribunal.


- Dites, lance Hershel, on pourrait aller déjeuner quelque part?


- Je vais rentrer voir Max, intervient Letty.


- Tu veux que je t'accompagne? Propose Abraham.


- Non, refuse-t-elle. J'ai besoin d'être un peu seule.
- D'accord, acquiesce Abraham.


- Et tu manges à quel moment? Demande Hershel.


- Je mangerais à la maison. Je serais de retour à l'heure, assure-t-elle avant de s'éloigner sous les yeux des quatre hommes.


Après quelques minutes, ils se décident à aller dans le restaurant le plus proche.

Ils entrent, choisissent une table et s'installent.

Puis, ils prennent la carte pour passer leur commande...

… mais Abraham est contre sa chaise, un peu avachi, se fichant complètement du menu.

- Tu sais déjà ce que tu vas commander? Interroge Hershel.


- En fait, je n'ai pas faim. Excusez-moi, dit Abraham en se levant et en partant.


- Bon, rétorque Hershel en fermant et en posant sa carte, si le serveur passe prendre la commande, vous pouvez me prendre la spécialité du chef?


- Bien sûr, accepte Aaron.
- Merci, remercie Hershel en se levant et en sortant du restaurant.

Quand il est dehors, Hershel regarde autour de lui...

… jusqu'à ce qu'il aperçoive Abraham sur sa droite, assis dans les escaliers.

Monsieur Greene le rejoint et se place devant lui.



- Tu es inquiet pour Letty, c'est ça? Interroge Hershel.


- Oui, confirme Abraham. C'était tellement beau de la voir prendre sa sœur dans les bras, et tellement horrible qu'elle n'ait pas le droit de lui parler ou de l'approcher. Ça a dû être totalement blessant pour Letty, et... j'ai peur de ne pas assez la soutenir.


- Tu l'aimes, n'est-ce pas? Demande Hershel.


- Plus que tout au monde, répond Abraham en se levant.


- Tu n'as pas l'air surpris par ma question, remarque Hershel.


- Letty m'a dit qu'elle te l'avait avoué, indique Abraham. Mais Glenn...


- Ne t'en fais pas, l'interrompt Hershel, il ne sait rien. Aaron non plus. Mais... comme je l'ai dit à Letty, il faudra qu'à un moment ou un autre, vous discutiez avec Glenn. Il a le droit de savoir.


- C'est à Letty de décider le meilleur moment, sauf si elle choisit de ne rien dire, rétorque Abraham.


- Vous voudriez vous cacher indéfiniment? Interroge Hershel.


- Ce n'est pas ça que je veux dire, répond Abraham. Je sais qu'elle est amoureuse de Glenn, alors... ça se pourrait qu'elle retourne avec lui.


- Et tu serais d'accord avec ça? Réclame Hershel étonné. Tu ne te battrais pas pour rester avec elle?


- Je n'ai pas à me battre, assure Abraham. Letty est une vraie femme, elle sait ce qu'elle fait, et elle sait ce qu'elle veut. Si elle est davantage heureuse auprès de Glenn, plutôt qu'avec moi, je l'accepterai et me plierai à sa volonté.


- Tu es impressionnant, lance Hershel. Parce que... tu fais passer son bonheur avant le tien, alors que tu sembles vraiment accroché à elle.


- Je... j'ai besoin d'aller marcher. Va déjeuner, et on se retrouve tout à l'heure, rétorque Abraham en partant.

Hershel fait demi-tour, et il retourne à l'intérieur pour déjeuner avec Aaron et Glenn...

… pendant qu'à la maison, dans le jardin...

… Letty est en larmes tout en caressant Max, et ce dernier ne bouge pas.

Un peu plus tard.

Environ un quart d'heure avant que le procès ne reprenne, Letty arrive au tribunal.

L'adolescente va tout droit jusqu'à son avocat...

… pendant qu’Abraham arrive auprès des autres.

Glenn se lève, et le rejoint.


- Est-ce que ça va? Demande Glenn.
- Ouais, ment Abraham. Et toi?


- Personnellement, je vais bien. Je suis juste inquiet pour la suite, indique Glenn.


- Pareil, rétorque Abraham.


- Je sais que... que ce n'est ni le lieu, ni le moment, mais... tu crois qu'un jour... toi et moi, nous redeviendrons amis comme avant? Demande Glenn.


- Peut-être, répond Abraham, c'est... c'est possible.


- Excusez-moi, c'est l'heure, annonce Maître Clark.

Ils retournent tous dans la salle, et s'installent, tandis que Linda est à côté de l'avocat de la défense, alors que Léa est déjà à la barre.

Après quelques instants, le juge arrive et s'assied à son tour.


- Bien, commence le juge, avant de poursuivre, je tiens à ce que les choses soient claires. Au moindre débordement, ce sera jusqu'à dix ans d'emprisonnement pour entrave à la justice. Pour n'importe lequel d'entre vous.


- Maintenant que ceci est dit, je déclare l'audience ouverte, ajoute le juge. Maître VanOwell?


- Merci, votre honneur, dit Maître VanOwell en se levant et en approchant de Léa.


- Dis-moi, tu peux me raconter comment s'est passé votre départ de Sunset Valley? Interroge Maître VanOwell.


- Ma grande sœur, Letty, elle est venue me voir dans ma chambre, et elle m'a dit qu’Aaron et Charlotte voulaient nous faire séparer, et qu'ils étaient partis chercher la police. Alors Letty m'a dit de préparer des affaires pour partir loin d'ici, et pour qu'on puisse rester ensemble, explique Léa.


- Tu veux dire qu'elle ne t'a pas donné le choix en quittant la ville? Elle t'y a donc forcée, contre ta volonté? Et tu n'as pas pu dire non? Interroge Maître VanOwell.


- Objection, votre honneur, réclame Maître Clark. Il essaie d'influencer cet enfant.


- Objection retenue, accepte le juge. Maître VanOwell, poser simplement vos questions, sans chercher à manipuler cette petite.


- Bien, votre honneur. Léa, je te pose la question une nouvelle fois, est-ce que ta grande sœur t'a laissé le choix pour vous enfuir de la ville? Ou est-ce qu'elle t'a simplement demandé de préparer des affaires? Demande Maître VanOwell.


- Elle m'a demandé si je voulais qu'on reste à la maison, jusqu'à ce qu'on vienne peut-être nous chercher, ou si j'étais d'accord pour partir, répond Léa. Et comme je ne voulais pas être séparée de mes sœurs, ben... je voulais partir.


- Je vois, acquiesce Maître VanOwell perturbé. Dis-moi, dans quelles conditions viviez-vous avec tes sœurs, après votre départ? Vous dormiez dans une maison?


- Non, les premières semaines, comme Letty conduisait beaucoup, on vivait dans la voiture, indique Léa. Mais après, on s'est installé chez Hershel, et c'était super d'être toutes les quatre, avec Max.


- Bien, acquiesce Maître VanOwell avant de s'avancer vers le juge.


- Votre honneur, comme vous l'avez entendu, ces petites filles vivaient dans des conditions très difficiles, et ce, pendant plusieurs semaines, lance Maître VanOwell, et c'est exactement pour cela, que confier à nouveau ces trois petites sous la responsabilité de leur grande sœur, me paraît totalement inimaginable. Je n'ai pas d'autre question, ajoute-t-il avant d'aller s'asseoir.


- Votre honneur, intervient Maître Clark en se levant, puis-je poser une ou deux questions?


- Je vous en prie, accepte le juge.
- Merci, remercie Maître Clark en se levant et en rejoignant Léa.


- Bonjour Léa, je suis l'avocat de ta sœur, se présente Maître Clark, et je voudrais te demander quelque chose. Quand vous êtes parties de la maison où tu vivais avec ta famille, est-ce que tu étais triste?


- Oui, j'étais très triste, parce que... ma grand-mère venait de mourir, et juste après, ça a été le tour de nos parents. Et c'était terrible, parce que je savais qu'on ne les verrait plus jamais, répond Léa.


- Est-ce que tu étais également triste, parce que ta grande sœur a voulu partir loin d'ici? Demande Maître Clark.


- Pas du tout, assure Léa.


- Pourquoi? Interroge Maître Clark. Tu veux essayer d'expliquer?


- Parce que nous étions ensemble, toutes les quatre, et avec Max. On a rencontré Hershel, puis Glenn et Abraham, et même si ce n'était pas pour de vrai, Letty était comme une vraie maman avec nous. Les premiers temps, quand on a commencé à vivre dans la maison, il n'y avait pas assez de meubles, et Letty dormait par terre. Ça ne devait pas être confortable, mais elle n'a jamais rien dit, et elle a toujours tout fait pour nous, appuie Léa, même avant que nos parents meurent. Letty n'avait pas beaucoup d'amis à son lycée, parce qu'elle était toujours avec nous, et on s'amusait toujours très bien avec elle. Mais maintenant, on est plus avec elle, et elle nous manque. Elle me manque.



- Merci, remercie Maître Clark, tu peux aller te rasseoir.

Léa s'exécute, tandis que Maître Clark s'avance devant le juge.


- Votre honneur, reprend Maître Clark, avec mes questions, j'ai voulu démontrer... prouver, que Letty Brown, malgré son jeune âge, est plus qu'apte à s'occuper de ses sœurs. Elle privilégie leur confort et leur bien-être avant le sien, et ce, en toutes circonstances. C'est pourquoi, je vous demande d'étudier le fait de rendre Léa, Linda et Lindsay Brown à leur grande sœur, Letty Brown, dès qu'elle aura ses 18 ans, ce 29 août.


- Je note, rétorque simplement le juge.
- Merci, votre honneur, remercie Maître Clark avant de retourner s'asseoir.


- J'appelle Hershel Greene à la barre, lance Maître VanOwell en se levant.

Hershel inspire et expire calmement, puis, il se lève et va se mettre en place.




- Monsieur Greene, commence Maître VanOwell, comment avez-vous rencontré les quatre filles Brown?


- À Riverview, en ville, répond Hershel. Au détour d'une banale conversation de fruits et légumes, au supermarché, elle m'a dit qu'elle cherchait un logement pour elle et ses filles. Ayant une petite maison sur ma propriété, en plus de ma propre maison, je lui ai proposé de les loger quelque temps.


- Saviez-vous qui elles étaient, quand vous les avez vu? Interroge Maître VanOwell.


- Pas du tout, appuie Hershel. Pour moi, c'était simplement une mère célibataire avec trois enfants et un chien.


- Et vous n'avez jamais vu leur signalement aux informations ou dans le journal? Demande Maître VanOwell.
- Je ne lis jamais, je préfère jardiner, et je ne regarde pas les informations, ment Hershel. Il y a toujours que des mauvaises nouvelles, et... depuis le décès de ma femme, j'ai totalement abandonné.
- Monsieur Greene, poursuit Maître VanOwell, pourriez-vous me dire à quel moment vous avez su la véritable identité de Letty Brown et de ses sœurs?
- Lorsque j'ai été interrogé au commissariat, répond Hershel.


- Donc, pendant de longs mois, vous avez hébergé gratuitement ces quatre filles et ce chien, sans demander un loyer ou une petite participation? Demande Maître VanOwell. Et vous avez, à ce qui a été écrit dans le rapport de police, fait faire des travaux dans ladite maison, afin d'agrandir et isoler. Est-ce vrai?


- Objection, votre honneur, réclame Maître Steele. Ces questions ne mènent à rien.


- Objection retenue, accepte le juge. Maître VanOwell, vos questions ont-elles un but, ou essayez-vous de gagner du temps?


- Pas du tout, votre honneur, assure Maître VanOwell. Je voudrais simplement souligner le fait que Monsieur Greene a hébergé ces quatre filles sans chercher à en savoir plus sur elles, et en leur facilitant la vie, qui plus est.


- Qu'y a-t-il de mal à ça? Demande Hershel. J'ai bien vu qu'elles n'avaient rien de dangereux, et elles avaient besoin d'un logement. J'en avais un, et je n'ai rien fait payer, parce que la maison n'était pas encore en état pour cela. Ayant une bonne retraite, j'ai estimé que je pourrais rendre service. Et c'est simplement parce que je ne suis pas du genre à économiser indéfiniment, pour finalement mourir et ne pas avoir profité de la vie. Et là, je faisais une bonne action.


- Avez-vous une autre question Maître? Demande le juge.


- Pas pour le moment, répond Maître VanOwell perturbé.


- Vous pouvez retourner à votre place, Monsieur Greene, indique le juge.

Hershel s'exécute et retourne s'asseoir, avant de faire un petit clin d’œil à Letty.


- Votre honneur, je voudrais maintenant appeler l'ex-femme d’Aaron Walker à la barre, Madame Charlotte Fisher, réclame Maître VanOwell.

Aaron est le premier surpris, et il commence sérieusement à douter du déroulement de ce procès.

Charlotte entre dans la salle...

… et elle va s'asseoir directement, tandis que tous les yeux sont rivés sur elle.


Charlotte affiche un sourire, apparemment ravie...

… mais du côté de Letty et des autres, l'angoisse est à son comble. Chacun d'entre eux se demande ce qui va maintenant se passer.

Chapitre 44

Chapitre 44

Sous le choc, Letty et Abraham sont figés...

… tandis que Glenn pose sa valise et approche.

- Salut! Lance Glenn.


- Salut, répète Abraham.
- Qu'est-ce que tu fais là? Demande-t-elle.


- Je voulais te faire une surprise, répond Glenn. Je me suis organisé avec ma patronne, et du coup... je serais près de toi tout au long du procès.


- Hum, reprend-elle difficilement, c'est gentil à toi, mais...


- Ne t'en fais pas, l'interrompt-il, je compte prendre une chambre dans un hôtel. Je n'avais pas l'intention de m'imposer, alors que tu ne savais même pas que j'allais débarquer.


- Non, mais euh... c'est bon, dit-elle mal à l'aise, ça va te coûter une fortune d'aller à l'hôtel. Tu peux rester dormir ici. C'est... je suis juste perturbée.


- Je te promets que je ne chercherais pas à te parler de nous, appuie-t-il. Je resterais tranquille dans mon coin. Je veux juste être là pour te soutenir.


- Ok, acquiesce-t-elle avant d'aller rejoindre Aaron et Hershel.


- Comment tu vas, ma grande? Demande Hershel.
- Ça peut aller, répond-elle en le prenant dans les bras.


- Je suis tellement content de te revoir, ajoute Hershel.


- Moi aussi, plussoie-t-elle. Tu m'as manqué.


- Tu m'as manqué aussi, assure Hershel en souriant avant qu'elle ne se tourne vers Aaron.


- Ça va, toi? Demande-t-elle.


- C'est plutôt à moi de te poser la question, rétorque Aaron.
- Je fais aller, répond-elle avant de le prendre dans les bras.


- Ça me fait plaisir de te voir, ajoute-t-elle.


- Moi aussi, relance Aaron en souriant.
- Bonjour, intervient Abraham en approchant et en tendant la main.


- Content de vous revoir, dit Aaron en se retournant et en la lui serrant.
- Pareil, rétorque Abraham. Et... si vous avez envie... on pourrait se tutoyer?
- Avec plaisir, accepte Aaron.

Juste après, Hershel et Abraham se saluent à leur tour...

… avant que Glenn ne tende la main à son ami.

Pendant un instant, Abraham hésite...

… et finalement, il la lui serre, mais très perturbé par sa présence.

- Bon allez, lance Letty en passant devant, suivez-moi.

Hershel, Aaron et Glenn récupèrent leurs valises et entrent, puis, ils les déposent dans l'entrée, tandis que Max approche...

… et Hershel s'avance pour le caresser, content de le voir.

- Est-ce que je peux avoir l'attention de tout le monde? Demande Letty.
- Bien sûr, répond Hershel en se relevant et en rejoignant les autres.


- Bon, je vous explique, commence-t-elle. Pour les nuits, vous n'allez pas être dans le plus grand luxe. Hershel, tu prendras la chambre de Léa. Tu es le plus fragile d'entre nous, sans vouloir t'offenser, donc tu dois être bien installé. Aaron, je sais que tu aimes beaucoup le canapé du salon, alors...
- Aucun problème, accepte Aaron en l'interrompant. Il est tellement confortable, que pour moi, ce sera parfait.
- Très bien. Et Glenn... tu pourras t'installer dans le canapé qui est dans la chambre de Linda et Lindsay, ajoute-t-elle.


- Vous dormez où, Abraham et toi? Interroge Hershel.


- Moi, dans ma chambre, et Abraham dans la chambre d'amis, indique-t-elle. Et je suis désolée si je ne veux personne dans la chambre de mes parents, mais... c'est... c'est comme un lieu sacré.
- C'est tout à fait normal, assure Hershel.


- Merci de comprendre, remercie-t-elle. Maintenant, allez vous reposer, vous rafraîchir, ou ce que vous voulez, Abraham et moi allons préparer le déjeuner. Ah et... Aaron, tu veux bien montrer les chambres à Hershel et Glenn?
- Bien sûr, accepte Aaron.

Un peu plus tard, Hershel et Glenn sont dans le salon en train de discuter...

… dans la cuisine, Letty et Abraham s'occupent du déjeuner...

… tandis que dehors, Aaron joue avec Max.


Au bout d'un moment, un 4x4 arrive et stationne dans l'allée.

Intrigué, Aaron se retourne, il voit Charlotte sortir du véhicule et approcher...

… alors qu’Aaron sent la colère monter. Mais il veut se contrôler, parce qu'il ne veut pas que Letty l'entende, et que son moral chute totalement.


- Qu'est-ce que tu viens faire ici? Demande-t-il.


- Je suis venue voir si tu étais de retour pour le procès de ta petite protégée, commence-t-elle. C'est normal, non? Je suis ta femme.


- Ex-femme, rappelle-t-il.


- Oui, et à cause de qui? Réclame-t-elle. D'une ridicule gamine d'à peine 17 ans, et qui a réussi à te mener par le bout du nez. Et maintenant, tu vas devoir passer devant le juge pour t'expliquer. Alors que si tu n'avais pas pris parti pour elle, toi et moi, on serait encore ensemble, à vivre tranquillement.


- Tu n'as absolument aucun état d'âme, balance-t-il. Finalement, il a fallu tous ces événements pour que je me rende compte quel genre de femme j'ai épousé.